‹ Précis élémentaire de sériculture pratique. Mûriers et vers à soie; production, industrie, commerce de la soieChapitre 25 sur 38 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

La soie , produit de sécrétion de notre séricaire du mûrier, vulgairement appelé ver à soie, présente des propriétés chimiques et physiques intéressantes à étudier pour le producteur et le manufacturier.

§ i«'. — pROPKlitis GHIMIQUKS.

Elémentairement , la soie présente à Tanalyse chimique la composition suivante :

Carbone i . 50.69

Oxygène 34.04 f ^^ ç^

Hydrogène 3.94 ^ *

Azote 11.33

Le brin de la soie , au moment où il est expulsé de la filière du bombyx, se trouve extérieurement enduit d'une matière grasse, cireuse, sorte de vernis appelé grèz, grès, gluten , gomme, qui parait évi demment destiné à préserver le brin de soie, et par conséquent le cocon, de Tinfluence de Thumidité, dans le mode normal d* existence de Tinsecte sauvage. D'après M. Roard, il serait composé d'une matière azotée soluble dans l'eau, d'une matière azotée insoluble , d'une matière grasse analogue à la

cire , d'une hoile irolatile odorante » enfin d'une matière colorante jaune quand la soie est de cette couleur. U est probable que la matière azotée soluble dans Teau, indiquée par Hoard, est une matière extractive dont M. Robinet a trouvé la proportion de 44 pour 100 seulement. Le grèz est insoluble dans Teau chaude aussi bien que dans Teau froide , tout au plus l'action prolongée de la première, ou son élévation à 80^ cent, au moins , peuvent-elles le ramollir un peu. Il n'en est pas de même de l'eau alcaline; contenant un trente-deuxième de souscarbonate de soude, elle a dissous 20.4 pour 100 du poids total de la soie , mais en proportions variables suivant les races , les variétés ^ la couleur de la soie, le régime auquel avaient été soumis les vers, et dans les limites extrêmes de 17.7 à 23.3.

Toutes les soies, en effet, ne contiennent pas la même proportion de grèz , ce qui ne laisse pas que d'avoir une notable importance pour le grand industriel. M. Robinet a constaté que diverses races élevées dans des conditions identiques en contenaient les proportions suivantes :

Races ttLANCHSS. Syriens S5.0 pour 100.

Fossombrone blanc. 4 . 5K7.4

Ëspagnolet blanc. . . . 26.7 -^

Tigrés 22.2 —

Sina , . . 25.4 —

Moyenne. ... 25.3 —

Ragks munbs. Loodun. . 23.8 pour iOO.

Fossombrone jaune. . . 25 . 8 —

Giali 26.0 —

Loudun 27.2 —

Pesaro * 26.0 —

Dandolo 24.0 —

Gora. . ,..•.-,... 25.8 —

Vigevano 25.8 -7-

Jaune d'or 27. T —

Jaune de soufre. .' . . 26.4 — * •

Lorioi 27k4 -—

Saint-Jean. ....;. 26.0 —

Annonay 25.4 —

LaMastre 27.2 —

Aubenas. é ..... . 25.2 —

Trevoltini ^ • 25.6 —

Espagnolet de Tours. . 27.4 —

Trois mues jaunes. . . 24.8 —

Moyenne. • . . 25.9 —

Ainsi ^ la moyenne serait de 25.3 pour les races blanches et de 25.9 pour les jaunes , différence peu appréciable dans Tensemble; mais dans le détail, il est frappant que le minimum soit de 22.2 (race tigrée), et le maximum de 27.7 (race jaune d*or). La grosseur ou la finesse du brin jaune ne paraissent avoir aucune influence à cet égard. La variété à laquelle appartenaient les mûriers qui ont nourri les vers, la région où les insectes ont été élevés, midi ou centre de la France , ne paraissent pas non plus avoir d'effet notable.

a La soie, débarrassée de son vernis, difti^re chi* miquement de la laine, parce qu'elle ne contient pas de soufre , et du coton , du chanvre et du lin , parce

qu'elle est azotée. Elle est insoluble dans Teau, Tesprit-de-vin, les acides et les alcalis faibles. Mais elle est attaquée profondément par les acides concentrés et par les alcalis caustiques, qui la dissolvent en grande partie. Plongée humide dans le gaz sul* fureux; elle blanchit d* abord , finit par jaunir, et s*altère. Le chlore Tattaque aussi avec énergie. Exposée au feu, elle se fond , noircit , se boursoufle , répand une odeur empyreumatique , et laisse un charbon difficile à réduire en cendres. Elle s^unit à un grand nombre d'oxydes métalliques et de sels. Elle prend généralement les matières colorantes organi* ques mieux que le lin et le coton , mais mœns bien que la laine; elle s*unit. avec moins de force aux couleurs .métalliques que les tissus végétaux. Comme sa texture est moins serrée que celle de la laine » eUe se laisse pénétrer plus facilement par les principes colorants , qui ne se £xent réellement qu*à la sur* face de cette dernière. » (GmiiaDiN, Chimie.)

Ajoutons enfin que, danason état normal , la soie ccmtient en moyenne de 10 à 11 pour 100 d*eau hygrométrique, dont la dessiccation à Tair ambiant ne peut lui enlever qu'environ 5 pour 100, et dont les S à 6 pour 100 restants s'évaporent à une température de 135* cent. Nous verrons on peu plus loin que la soie normale peut, en outre, absorber encore dans l'atmosphère de 20* à 24 pour 100 d'humidité, tandis que la même soie, quand elle aura été cuite , débarrassée conséquemment de son grèz, n'en absorbera plus que de 17 à 18 pour 100 en moyenne.

S 2, — Propri^t^s physiques.

Au moment de sa sécrétion , le fil de soie produit par deux glandes latérales ^ dont les deux canaux excréteurs viennent aboutir un peu en avant de la base de la filière, reçoit le grèz produit par une autre petite glande spéciale ; ce vernis agglutine ensemble les deux fils , et les réunit en un brin unique. En examinant ce brin au microscope , on peut se convaincre de la réalité de ce mode de production , puisqu'on aperçoit sur chaque face .le sillon longitudinal qui indique le point de sutare, et que quelquefois môme on découvre des points , très*bornés, sur lesquels cette suture ayant manqué , les deux fils présentent de légers intervalles où Ton peut loger la pointe d'une fine aiguille.

Le brin de la soie n'est pas régulier dans son diamètre ni sa contexture, il eàt presque toujours sensiblement aplati sur deux de ses faces correspondantes , et les deux fils qui le composent sont loin de présenter les mêmes dimensions régulières , soit en largeur, soit en épaisseur. Extérieurement» le brin présente de légères aspérités, qui sont inhé« rentes à sa nature et de la môme substance.

Lorsqu'on décreuse ou cuit la soie dans une lessive alcaline, le grèz, se dissolvant, détruit l'agrégation des deux fils, et chaque brin se divise alors en deux.

Beaucoup plus fine que les autres textiles végétaux, (coton, lin, chanvre, jute, etc.), et animaux (laine, poil, duvet), la soie ne présente guère, en moyenne,

ÉTUDE DE LA SOIE. â09

qu'un diamètre de un quatre-vingt millième de millimètre. Le diamètre du brin diminue» en outre, à mesure qu*on se rapproche du centre du cocon , c'est-à-dire, qu'en commençant son cocon, le ver file plus gros qu'en le finissant. Cette difiièrence est quelquefois de moitié, d'autres fois elle est peu sensible; chaque brin est transparent et agit d'une manière remarquable sur la lumière polarisée; la réunion des deux fils parallèlement accolés qui le composent lui donnent une forme générale aplatie , et sa largeur moyenne est de 0"",007 à O'""*,015 environ sur une épaisseur de beaucoup près de moitié moindre. Jamais on n'y trouve de canal central. Ses filaments cassent net sans qu'on puisse découvrir dans leur cassure de fibrilles élémentaires. (Charles Robin.)

Le diamètre du brin peut varier avec le climat sous lequel a eu lieu l'élevage, selon la race qui a produit le cocon , suivant Talimentation fournie au ver, suivant le diamètre du cocon lui-même.

Disons d'abord que la soie est un peu plus lourde que l'eau et que sa densité est égale à 1,367; que le poids d'une certaine longueur donnée de brins de soie constitue ce qu'on appelle le titre de cette soie ; à longueurs égales, plus le titre est élevé , plus cela signifie que la soie est grosse et dense.

Or, on a remarqué que : les soies produites dans le Nord sont généralement plus fines que celles obtenues dans le Midi ; les soies produites par des vers alimentés dans une atmosphère humide ou avec de la feuille mouillée ofirent un titre plus élevé que celles obtenues dans des conditions opposées; les

soies provenant de vers d'éducation automnale sont constamment plus fines que celles des éducations de printemps , dans la proportion des titres 794 pour les premières et 887 pour les secondes , soit une différence de 93 milligrammes pour une longueur de 500 mètres de brin ; à volume égal du cocon , les races jaunes semblent donner un brin plus fin que les races blanches ; le mûrier dont les feuilles constituent Taliment le plus nutritif est aussi celui quidonne relativement les plus gros vers» les plus gros Gocbns et la soie la plus grosse , et dans ses expériences , M. Robinet a trouvé que c'était la variété de mûrier rose , tandis que celle dite multicaule fournit la soie la plus fine ; enfin, dans les cocons d'un^ même race et d*une même éducation , la grosseur du brin est en rapport constant avec le volume du cocon ^

Quant à la longueur du fil qui compose chaque cocon, on Ta très-divevsement évaluée : Isnard Testimait de 8,000", Tabbé Rozier de 4,000», Malpighi de 364", Lionnet de 233 à 300", Pittaro de 300 à 333", miss Rodes de 404"; M. Robinet s'est assuré que certains gros cocons fournissent un 61 dévidable de plus de 1,250" , on en a mêine trouvé de 1,450 et 1,500" de long ; mais la moyenne n*est guère que d'environ 900".

On appelle ténacité d'un fil la résistance qu'il oppose à la rupture lorsqu'il est étiré dans le sens

^ ^ Les ouvrages de M. Robinet : Mûrier, — Magnaneries, — Education des vers à soie, — ProdwHon et traitement de la soie, muscardine, etc. — 9 vol. in-8<>. — Librairie A. Goin, 62, rae 4e8 Éçolep, Paris.

de sa longueur. Dans diverses expériences fort in« téressantes, M. Robinet a trouvé que pour faire rompre les fils réunis de six cocons de diverses longueurs et provenant de différentes races, il a fallu les poids suivants :

1^ Fils de 0<»,50 de longueur 37sr 94

2» Fils de 0%50 de longueur. 41 02

30 Fils de 1 mètre de longueur 37 00

4» Fils de i mètre de longueur 4S 00

&> Fils de 1 mètre de longueur 51 06

6» Fils de 2 mètres de longueur 36 00

Il conclut que la ténacité de la soie est la même dans des fils de différentes longueurs, et que les différences doivent être attribuées à la difficulté d'avoir toujours des fils sans défauts. Il s'est, en outre, assuré que rhumidité diminuait la ténacité dans la proportion de 48.5 pour la soie sèche, à 38.0 pour la soie humide. Enfin , il s*est assuré que le climat ne parait pas avoir d'influence appréciable sur la ténacité de la soie qu'il a produite ; il en est de même du régime sec ou humide et de l'alimentation à la feuille mouillée auxquels ont été soumis le^ vers, de môme aussi de l'année en opérant sur les mêmes races et dans des conditions semblables; de même encore quant à la saison, éducation de printemps ou d'au- .tomne; les variétés de mûriers sauvageon et rose paraissent produire des soies plus tenaces que celles moretti et multicaule.

On appelle ductilité la propriété que possède un fil de s'aÛonger sous l'influence d'une traction. Opé-

au LE VER A SOIE.

rant sur des soies normales , M. Robinet a constaté que Télongation que pouvait supporter un brin de soie était en moyenne de 12.5 pour 100 :

Un brin de 0°^,50de longueur s'est allongé de. li ,4 pour 100.

Un brin de 1 mètre de longueur 12.5 —

Un brin de 8 mètres de longueur 13.5 —

L'allongement est donc presque proportionnellement le même , quelle que soit la longueur du brin ; mais il se manifeste plus promptement dans un fil long que dans un fil court. La race parait avoir dans cer* tains cas une influence notable sur cette qualité de la soie , comme le prouvent les chiffres suivants :

BRINS DE 0", 50. BRINS DK !■* ponr 100. poar 100.

Race commune 10.87 13.22

Blanc de Tours 11.4 12.0

Sina 12.2 15.1

Blanc de Tours élevé en plein air. . 16.8 17.0

Rousse de Sauves 15.9 14.7

Trois mues 15.9 12.9

Moyennes ; . 13.83 14.15

On sait que Vhumidité augmente la ductilité de la soie , c'est-à-dire que la soie produite par des vers entretenus en magnanerie humide, est plus ductile que celle qui provient des éducations sèches ou normales.

On entend par élasticité la faculté dont est doué un fil de tendre à revenir vers sa longueur primitive après qu'il a subi une élongation. M. Robinet a trouvé que des brins de soie de 1 mètre de longueur.

après avoir été allongés de 10 centimètres , se raccourcissaient ensuite, en moyenne, de 51 pour 100, soit 0",051 , savoir :

Grége jaune d'AIais 0°» 045

Rousse de Sauves 047

Sioa 048

Grége blanche de Ganges , . 048

Trois mues jaunes 048

Grége jaune d'AIais 049

Sina d'Annonay 049

Tours, élevée en plein air 050

Blanche de Tours, éducation normale. 050

Grége hlanche d'AIais. . .0 051

Grége jaune d'Espagne 078

Si nous négligeons la dernière , soie d'Espagne trèsgrossière qu'on ne fait allonger que de O'jOS, nous trouvons pour moyenne des autres 48.5 pour 100. . Dans Findustrie, on évalue en moyenne à 50 pour 100 la ductilité des soies.

On entend par hygroscopicilé la faculté dont est douée la soie d'absorber. Thumidité de Tair dans le-i quel elle est plongée. MM. Talabot ont expérimentalement déterminé que des soies grèges conservées en lieu sec contiennent à l'état normal , en moyenne, 10.27 pour 100 d'eau ; les mêmes soies normales, placées dans un endroit humide, peuvent encore absorber en moyenne 11.73 pour 100 d'eau, en sorte qu'alors une balle de 100 kilogr« de soie grége arriverait à peser 112 kilogr., tout en continuant à ne fournir que 78 kilogr. de soie réelle. La soie cuite, c'est-à-dire débarrassée de son gréas est moins hygrométrique que la soie écrue ou grége, et que les

soies teintes sur cru. Lès soies de diverses races de vers diffèrent peu entre elles au point de vue hygrométrique.

On comprend que cette propriété dont la soie est douée à un si haut degré, peut donner lieu à de coupables et importantes fraudes dans le commerce de la matière première aussi bien que dans la fabrication des tissus. C*est pour remédier à ces pratiques frauduleuses qu'on a établi dans les principaux centres dMndustrie des soieries des établissements spéciaux chargés de contrôler , de vérifier, sur la demande des intéressés, la condition des soies grèges livrées après vente et des tissus rendus après tissage. Ces établissements portent les noms de condition ou conditionnement des soies. Le premier fut fondé à Turin en 1750 ; celui de Lyon fut établi par un décret du 25 germinal an XIII; depuis lors, Saint- Etienne, Saint - Chamond , Nimes, Lavaur, Avignon, etc., en furent successivement dotées. En 1855, le seul établissement des conditions publiques de soie, à Lyon, avait à examiner 39,251 balles, pesant 3,044,312 kilogr.

§ 3. — Qualités industrielles des soies.

Nous venons de voir quelles sont les propriétés physiques et chimiques de la soie. Le lecteur a pu facilement conclure que la bonne soie doit être d'une finesse variable suivant Tusage auquel on la destine; tenace» c'est-à-dire résistante en proportion dé sa

finesse ; extensible , mais élastique en même temps. Ajoutons que la couleur d'un blanc pur lui donne un prix supérieur » parce qu'elle peut recevoir à la teinture des couleurs plus claires et plus pures.

Nous avons vu que le producteur, au moment du déramage, devait opérer un premier triage des cocons y mettant à part ceux qui sont parfaits de forme, de grain , de couleur ; ceux qui sont doubles (doupions), ceux qui sont tachés (chiques). Tantôt la vente s'opère en ce moment et avant débourrage, tantôt c'est l'éducateur qui exécute cette opération , qu'accompagne un second triage définitif.

Les filateurs qui achètent une récolte entière lui font subir un triage industriel, dans lequel on distingue neuf qualités différentes :

1*^ Les cocons de bonne qualité , qui sont sains , de forme régulière, à grain serré, moyens plutôt que gros , blancs plutôt que jaunes ;

2^ Les cocons pointus , moins riches en soie , plus difficiles h dévider, parce que le brin est cassant et irrégulier à l'extrémité aiguë du cocon;

3^ Les cocalons , cocons très-gros relativement à ceux de même race, à grain lâche, peu riches en soie malgré leur volume , et qui doivent être isolément dévidés à une température moins élevée ;

4^ Les doupions ou cocons doubles, dont le fil souvent entrelacé rend le dévidage très-difficile , souvent même impossible ;

5** Les soufflons ou cocons de formes irrégulières, à coque mince, peu soyeuse, à contexture lâche, presque impossibles à dévider;

216 LE VEB A SOIE.

6° Les cocons percés ou perforés , ceux dans lesquels un é touffage tardif a permis au papilloD d'éclore, et qui sont également impossibles à dévider d'après les pratiques ordinaires , bien que la soie n'en soit pas coupée;

7° Les bonnes choquetles oa cocons dans lesquels le ver est mort avant d'avoir achevé sou Iravaiï ; la soie est aussi fine mais moins abondante, moins

tenace et pins terne que dans ceux parfaits de même race. On les reconnaît à ce que le cocon ne rend aucun sou quand on l'agile , le ver étant resté adhérent à la Goque interne. On les dévide isolément, parce qu'ils s'embrouillent parfois ;

8* Les mauvaises choquetles ou chiques, cocons défectueux , tachés ou gfttés , qui ne donnent qu'une soie terne et brun&tre ;

9° Les cocons calcinés dans lesquels le ver est mort après avoir accompli sou travail , et se durcit

ÉTUDE DB LA SOIE, m

sans se changer en chrysalide ( cocons confits ) ou se délite en une poussière blanche.

Quant à la bourre ou matière soyeuse qui enveloppe le cocon et a servi à Tinsecte à fixer son enveloppe entre les rames , elle ne peut se dévider, mais se carde et se file. On y réunit sous le môme nom la soie extraite des cocons percés, des doupions qui n'ont pu se dévider, et enfin les déchets qui se sont produits pendant les deux opérations du dévidage des bons cocons et du moulinage de la soie. Ces diverses sortes de bourre réunies, cardées, puis filées, sont employées à la fabrication d*étofies appelées bourre de soie ou fantaisie , de certaines passementeries , etc. La bourre qui enveloppe le cocon est à la coque de celui-ci dans les rapports de poids de un dix-huitième à un vingtième, c*est-à-dire que 100 kilogr. de cocons en bourre ne fourniront qu'environ 95 kilogr. à la vente.

11 n'est pas jusqu'à la coque soyeuse restant après le dévidage du fil, que l'induslrie ne soit parvenue à utiliser fructueusement. Après d'assez longues macérations dans une eau légèrement alcaline , entrecoupées par de puissants pressages, on parvient à dissoudre et expulser toute la matière gommeuse ; on sèche , on bat, on carde à plusieurs reprises, puis on file la bourre obtenue, dont on fabrique des étoffes légères et communes , dites brocatelles , sati-' nades, etc.

Il y a mieux encore; mettant à profit, il y a quelques années , la propriété dont sont doués l'ammoniure de cuivre et le chlorure de zinc , de dis-

218 tE VËh A àOtB.

soudre la soie, on a cherché à imiter les procédés de la nature en liquéfiant la soie, qui se dessécherait par évaporation , et pourrait être coulée en cuirs souples, légers, tenaces et imperméables ; ou à la filer sous Tétat demi-fluide de la soie du ver à Taide de filières artificielles disposées comme celles de Tinsecte. On utiliserait ainsi, non-seulement les diverses sortes de bourres, mais aussi la soie d'effilochage des vêtements hors d'usage.

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