POIDS 80IB 80IB
VARIÉTÉS. de obfenae pour lOQi' obUoa pour lOO^
lOcoconi. decocooi. defeoillea.
Sauvageon Ss^ 30 14.50 21^330
Multîcaule 2 20 14.30 3 210
Rosé 2 32 15. or 3 080
Moretti 2 20 15.00 3 210
Hybride 2 23 14.25 2 940
Comparant le sauvageon au mûrier greffé, Dandolo avait constaté par des expériences que 7 kilogr. 500 de feuilles de mûrier sauvageon , pesées immédiatement après la cueillette , lui ont fourni kilogr. 764 de cocons, tandis qu'il lui fallait 10 kilogr. 267 de feuilles de mûriers greffés pour obtenir le même prodoit. D'un autre côté , 3 kilogr. 900 de cocons provenant de vers alimentés avec le sauvageon fournirent kilogr. 428 de soie très-fine, tandis que le même poids de cocons nourris à la feuille greffée ne donne que kilogr. 367. Dans d'autres expériences , 100 kilogr. consommés de feuilles de sauvageon ont donné 7 kilogr. 550 de cocons; 100 kilogr. de feuilles de mûriers greffés n'ont donné que 4 kilogr. 875 de cocons.
Il est bien entendu que les qualités de la feuille dépendent beaucoup aussi du climat, de la nature et de la richesse du sol , de l'âge des arbres , toutes
circonstances qui font varier dans des limites trèsétendues la proportion d'eau et de substances nutritives.
En résumé, M. Robinet, après avoir expérimenté les différentes variétés au point de vue du rendement en feuilles , en cocon , en soie , et des qualités mêmes de la soie obtenue , croit pouvoir les ranger par ordre suivant de supériorité : 1^ sauvageon; 2* rosé ; 3*" multicaule; 4** Moretti.
Quant aux autres genres , Maclura et Broussonettia, nous n'en parlerons que pour dire qu'on les a proposés k tort comme succédanées du mûrier, bien que, dans certains cas exceptionnels, ils puissent suffire à la nourriture des vers pendant les deux premiers âges , mais non plus tard , comme lorsqu'une gelée 4ardive a détruit la végétation des mûriers. Dans ces cas pressants, on a quelquefois réussi à faire franchir sans trop de dommages les deux premiers âges aux vers , en les nourrissant de jeunes feuilles de ronces, de rosier, d'orme, d'épinevinette, de pissenlit, de pariétaire, de laitue, de scorsonnère, de cameline, etc. Mais la scorsonnère seule parait apte à suffire à une éducation complète pour certaines races rustiques et à petits cocons, ainsi qu'on le fait quelquefois dans le nord de l'Europe, et particulièrement en Suède, où le mûrier ne réussit pas. Mais ce sont des éducations d'amateurs de curiosité et non de produit.
On connaît le Maclure orangé ( Maclura aurantiaca ) ou Mûrier des Osages , originaire de l'Amérique du Nord, d'où il fut importé en France en
1815; c*est un arbre épineux et très-beau, qui peut former des haies défensives et servir à rornement d'un jardin. Le Maclure tinctorial (M. Tinctoria)» originaire de TAmérique du Sud , fournit le fustet ou bois jaune employé en teinture. Il a été importé en France en 1739.
Le Broussonetier à papier (Broussonetia Papy^ ri/erû), originaire de la Chine et du Japon, a été introduit en Europe eu 1751. Cest un arbre à croissance rapide, dont, en Chine, on utilise le liber pour la fabrication, du papier.
§ 3. — GULTUBE DU MURIRR.
Les seuls climats où le mûrier puisse être utilisé pour la nourriture du ver à soie sont ceux : où la température s'abaisse en hiver jusqu'à 25* c^nt.; où la température moyenne reste au moins trois mois au-dessus de 12*5 après la récolte des feuilles, pour que les nouvelles pousses aient le temps de s'aoûter; où les gelées blanches et tardives sont rares au printemps. Les seuls lieux où ils se plaisent sont ceux où ils ne sont exposés aux gelées blanches en aucune saison ; où il ne se dégage ni effluves ni miasmes ; qui ne sont pas ombragés ; enfin sur les hauteurs , mais non dans les fonds; dans le Midi plutôt que dans le centre, et surtout le Nord.
Le mûrier vient dans tous les sols; mais sa végétation y est plus ou moins vigoureuse, et sa feuille y est plus ou moins bonne. Il ne refuse que les ter-
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rains marécageux » trop calcaires , trop superficiels » et conséquemment trop secs. II permet d^utiliser des coteaux arides , caillouteux, mais non situés sur des roches continues ; son produit y est peu abondant , mais d*excellente qualité. Dans les terres riches, fraîches, profondes ,^ sa feuille est trop aqueuse.
On le multiplie par semis , par greffe , par marcottage et par bouture. Par le premier procédé , on obtient des sujets plus vigoureux, plus durables, plus résistants à la sécheresse. La greffe donne des arbres plus productifs en feuilles et d'un développement plus rapide. Le marcottage est d'une réussite plus assurée que la bouture, mais on n'en peut obtenir une aussi grande quantité sur la même superficie. Enfin, la bouture, moins prompte et moins assurée que le semis et que la greffe, ne réussit guère que sur les variétés multicaule, hybride et Lhou ; on l'emploie surtout pour obtenir des arbres nains ou à mi-tige.
Les mûriers à haute tige, c'est-à-dire élevés de l^ySO à 2 mètres, et taillés en gobelets, sont plantés en bordures de champs cultivés ou en mûraie. Leur produit en feuilles est plus considérable; ils sont moins exposés aux gelées blanches ; mais la cueillette des feuilles est plus longue, plus difficile, et ne peut commencer qu'après la sixième ou septième année de plantation. Les mûriers à mitigé, qui n'ont que 1 mètre environ de hauteur au-dessus du sol , sont préférés pour les terres sèches, arides, en coteaux. La cueillette y est plus facile, mais ils sont plus sujets à geler au printemps. Les mûriers nains.
qui n'ont qaeO^^SOà O^.SO de hauteur de tige, sont d'un développement plus rapide, d'une récolte plus économique que les autres; mais ils craignent encore davantage la gelée, et leur feuille, poussant plus à l'ombre , est moins bonne ; on leur destine les terrains légers des plateaux un peu élevés. Les mûriers en haies n'ont point de tiges et buissonnent comme l'épine blanche , mais ne sont point défensifs comme elle. Leur développement est plus rapide encore que celui des mûriers nains, leur végétation plus précoce au printemps , mais plus grand aussi pour eux le danger de la gelée.
Les mûriers en bordures doivent être plantés à 10 ou 12 mètres les uns des autres , afin de ne pas porter un trop grand dommage aux récoltes au milieu desquelles ils sont placés. Les mûriers en mû* raie seront plantés : ceux en hautes tiges , à 6 ou 7 mètres de distance en quinconce; à mi-tiges,' à 5 à 6 mètres; nains, à 3 à 4 mètres, d'autant plus éloignés que le sol sera moins riche , d'autant plus rapprochés que le climat sera plus sec et plus chaud. Pour former une haie , les sauvageons, ayant un an de repiquage ou les pourrettes de mnlticaules fi^ncs de pieds, seront plantés à une distance de 0",30 à 0",50 l'un de l'autre, d'autant plus espacés que le terr;iin leur conviendra mieux.
La plantation des mûriers se fait comme celle de^ tons les arbres , c'est-à-dire qu'on creuse des trous ou qu'on ouvre des tranchées dont les dimensions en largeur et en profondeur sont proportionnées au développement que doivent prendre les arbres : d'or-
dînaire , 2 mètres carrés sur l'^SO de profondeur pour les hautes tiges ; 1 mètre de largeur et 1 mètre de profondeur pour les mi-tiges ; 1 mètre de largeur et 0",70 de profondeur pour les nains; 0",80 de large et 0",50 de creux pour les haies. On déplante et habille le plant comme de coutume , c'est-à-dire qu'on taille et rafraîchit les racines; qu'aux hautes et moyennes tiges on ampute les branches de façon à ne laisser que , suivant Tàge, de un ou deux ans de tête , trois ou six rameaux ; qu'enfin , pour lés nains et les haies, on taille leur unique tige à moitié environ de sa longueur.
Dans certaines circonstances, on établit des taillis, plantés à 3 mètres ou 3", 50 de distance entre les souches , et qu'on exploite comme les nains ; ou même des prairies de mûriers , que l*on sème sur place, et qui durent cinq ans, donnant de bonne heure de très-petites feuilles , mais assez bonnes.
La cueillette des feuilles comhience dès que les bourgeons ont développé un certain nombre de petites feuilles, c'est-à-*dire , en France et selon le climat, du 15 avril au P'mai. On suit dans la récolte l'ordre suivant : haies, taillis, arbres nains, mi-tiges et hautes tiges. On commence le travail le matin , après que la rosée a disparu , et on doit cesser à la nuit , dès que le serein tombe ; on ne doit pas non plus cueillir parla pluie. Pour les mi-tiges, on emploie une petite échelle double; pour les hautes tiges, une grande échelle simple; l'une et l'autre peuvent être rendues plus aisément transportables en les installant en forme de brouettes, avec une
roue. L'ouvrier, muni d'unsac attaché à sa ceinture, et qu'un fragment de cerceau maintient ouvert par en haut , monte sur l'échelle , saisit successivement chaque rameau par sa base , et faisant glisser rapidement sa main de bas en haut,'en détache sans peine toutes les feuilles-qu'il place dans son sac. Quand ce réceptacle est rempli , on le vide sur un drap placé à l'ombre ou recouvert d'un autre drap , et que , quand il est plein à son tour, on noue par les quatre coins pour le porter aussitôt à la magnanerie , afin de ne pas laisser flétrir la feuille. Les haies, les taillis, les nains, se récoltent de la même façon, mais sans échelles , bien entendu.
On ne saurait sans danger dépouiller, chaque année, le mûrier de ses feuilles; aussi est-on obligé d'organiser un assolement ou aménagement qui peut être biennal dans le Midi, triennal dans le centre et le Nord ; c'est-à-dire qu'on n'effeuille que de deux années l'une dans le premier cas, et qu'une fois sur trois dans le second.
Aussitôt après la cueillette , on coupe toutes les branches qui portaient les bourgeons effeuillés, audessus des deux boulons les plus rapprochés de la base : c'est la taille d'été; l'arbre élevé sur douze à vingt^cinq branches conserve toujours sa forme primitive en gobelet. Au printemps suivant (février ou mars), on supprime tous les rameaux maigres , chétifs ou trop rapprochés les uns des autres; on enlève tous les chicots de bois sec et on récolte em;ore les feuilles sur les rameaux poussés deux à deux sur chaque bouton taillé en été , si l'assolement est an-
noel. S*il est biennal , on sapprime Tun de ces deux rameaux, et, après la cueillette, on rabattra celui qui vient d'être effeuillé. C'est la taille du printemps^ On procède ensuite de la même façon chaque année en alternant la cueillette et la taille , la récolte précédant toujours la taille d'une année. Enfin, on peut rajeunir les vieux mûriers, en rapprochant les branches principales sur le tronc, de la moitié ou du tiers de leur longueur, au printemps, et pinçant, durant Tété qui suit , les bourgeons qui s'y développent , sauf l'un ou les deux plus vigoureux développés à l'extrémité. En continuant pendant trois ou quatre ans, et s'abstenant de cueillir pendant ce temps, on a reformé la tête de l'arbre.
Dans les Cévennes, aux environs du Vigan (Gard), des mûriers à hautes tiges , plantés à 7 mètres de distance en quinconce, occupant conséquemment chacun 49 mètres carrés , fournissaient les produits suivants en feuille récoltée chaque année :
à 3 ans 3)^200 à 13 ans rSi'lOO
à 4 ans il 400 à 14 ans . 77 600
à 5 ans 17 900 à 15 ans 84 500
à 6 ans. S5 700 à 16 ans 88 600
à 7 ans. 32 700 à 17 ans 91 800
à 8 ans 42 600 à 18 ans . 94 300
à 9 ans 48 300 à 19 ans 96 500
à 10 ans 52 800 à 20 ans.. 98 200
à il ans 64 600 à 21 ans 99 000
à 12 ans 69 000 à 22 ans 100 000
Soit, en moyenne, 57 kilogr. 800 par arbre et par an, ou 12,022 kilog. par hectare; déduisant un vingtième
pour les risques de gelées blanches , il reste net par arbre , en moyenne , 54 kilogr. 900 par an , oa ll,4fl9 kilogr. par hectare.
Avec Taménagement biennal , les hautes tiges en bon terrain, bien conduites et entretenues, peuvent fournir en moyenne 100 kilos de feuilles de printemps tous les deux ans , dès Tâge de neuf à dix ans ; ce produit augmente successivement jusqu'à Tâge de vingt ans , où il atteint 200 kilos ; il se maintient à ce chiffre jusqu'à Tâge de quarante-cinq ou cinquante ans où il commence à décroître; à soixantecinq ou soixante-dix ans, il devient urgent de le rajeunir en le rabattant.
Les mûriers mi-tiges commencent à fournir une récolte un peu plus tôt (cinq à six ans); mais leur produit, à âge égal, est inférieur de trois cinquièmes environ à celui des hautes tiges. Les mûriers nains, plantés à 4 mètres de distance en tous sens (400 par hectare), à Tâge de sept ans, produisent en moyenne de 20 à 25 kilos de feuilles chacune ( 8 à 10,000 kilos par hectare).
Le prix de la feuille de mûrier varie suivant la prospérité ou la décadence de la sériciculture; on s'en rendra compte en comparant le prix des 100 lilos de cette feuille en 1842, d'après M. Robinet, et les prix moyens fournis par la statistique officielle de 1862, pour les mêmes départements :