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ration, la gangrène , qui peuvent en être la conséquence.
En traitant des solutions de continuité , nous avons dû écarter des questions importantes, parce que nous n'avions pas entrepris un traité général de pathologie. Ainsi, par exemple, les diverses espèces de fièvres , les convulsions , et notamment le tétanos, qui peuvent compliquer une plaie, une fracture, la suppression de la suppuration, etc., ne sont pas traités comme faisant partie des considérations propres à ce genre d'affections , parce que l'observation démontre que ce sont autant d'accidens indépendans de la lésion locale, et qui sont constamment produits par une affection morbifique générale. Cependant ces complications se rencontrent dans la pratique, et celle-ci ne pourra jamais être heureuse si le médecin ne réunit l'ensemble des lumières nécessaires ; mais la nécessité de tirer une ligne de démarcation en rapport avec l'état actuel de l'enseignement médical, nous a forcé de tronquer ce sujet.
Les lésions organiques offrent les exemples les plus frappans des vices d'un isolement trop absolu des diverses branches de la médecine. La carie, la nécrose , dépendent le plus souvent des diathèscs scrophuleusc ou vénérienne : fallait-il
X DISCOURS décrire les scrophules, la vérole, à leur occasion? devions-nous exposer tout ce que Ton connaît sur ces deux affections générales, pour en décrire un seul symptôme? Les ulcères sont dans lé même cas, et nous ne pouvions pas entreprendre à leur occasion la description des diathèses correspondantes.
En un mot , un système scientifique chirurgical, qui devrait nécessairement précéder les études de Fart thérapeutique , ne pourrait être exposé dans son entier sans des empiétemens continuels dans ce que la médecine a de plus profond. Quelle est la maladie réputée chirurgicale qui ne se trouve pas nécessairement unie à quelque désordre général? dans combien de cas n'est-elle pas un simple symptôme d'une affection qui intéresse toute la constitution? Il a donc fallu, pour ne pas faire des incursions fréquentes et déplacées hors de notre sujet , supposer de la part du lecteur une instruction étendue et variée , conforme , en un mot , au plan d'études qui résulte de l'organisation actuelle des Facultés de médecine en France.
La concision nécessaire dans un ouvrage de la nature de celui-ci ne nous a permis que rarement de nous livrer aux discussions que le sujet aurait pu comporter ni de citer les auteurs des
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observations que nous avons employées. Nous n'avons discuté- que les questions à l'occasion desquelles il fallait combattre quelque erreur ou e'noncer une opinion insolite ; de même , nous n'avons cité que les auteurs des observations inédites dont nous avons fait usage. Si l'on fait attention que notre ouvrage tout entier n'est composé, pour ainsi dire, que de formules abrégées, renfermant l'expression simple des faits, on sentira que l'érudition aurait plus que doublé son volume. Néanmoins nous n'avons pas la vanité de nous croire une autorité assez respectable pour que nos jugemens doivent être reçus sans examen ; nous souhaitons que nos erreurs soient relevées , et, pour en fournir nous-même l'occasion , nous prenons l'engagement de publier, à la suite de notre Traité de Thérapeutique, une série de commentaires où tous les faits sur lesquels nous avons opéré seront exposés, avec les motifs de l'opinion que nous avons embrassée sur chaque question chirurgicale.
Sur l'immensité de faits que nous avons du rassembler pour chercher la vérité dans chaque point scientifique , nous n'avons employé que ceux qui nous ont paru bien authentiques. A cet ëgard , une grande sévérité nous semble nécessaire , afin de ne pas s'en laisser imposer par
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l'autorité des noms ou par quelques apparences: Nous avons entendu dire à des hommes éclairés et même à des écrivains Irecommandables , que si Ton était d'un certain pirrhonisme en médecine , on réduirait trop le nombre des propositions fondamentales ; que l'on détruirait la science. Nous pensons que celle-ci touche de trop près les intérêts humains pour devoir se décider légèrement. Si un inventaire général devait démontrer que nous ne possédons que quatre vérités hors de toute contestation , nous ne craindrions pas d'en publier le résultat ; et nous croirions avoir rendu un grand service à ceux qui professent la science , en leur apprenant qu'ils n'avaient dans les mains qu'une fausse richesse à laquelle il faut renoncer, et en leur démontrant qu'ils doivent réunir leurs efforts pour mettre des vérités à la place des erreurs que nous aurions renversées. Si la crainte de l'erreur donne tant de circonspection aux naturalistes, aux astronomes, etc., pourquoi cette crainte salutaire ne semblerait-elle pas aussi importante aux médecins ? Nous pensons ,#au contraire , qu'ils doivent être au moins tout aussi rigoureux, et ne conclure qu'autant qu'un nombre suffisant de faits s'étant reproduits avec les mêmes circonstances capitales , ont rendu ainsi une démonstration
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évidente. Avant la grande révolution que la chi-> mie a éprouvée dans le dix-huitième siècle , la science n'existait presque pas ; les chimistes avaient édifié un grand échafaudage , tout composé de vaines chimères. Ils avaient admis des probabilités : à quel point d'égarement ne les avaient-elles pas conduits ! Des esprits gigantesques portent les mains sur cet édifice mensonger; il disparaît : mais la véritable science est fondée sur des bases solides , inébranlables , sur l'observation rigoureuse et réitérée des faits.
Cet exemple devrait occuper sans cesse tous ceux qui cultivent les sciences naturelles. Les médecins doivent y puiser leur part de la circonspection inséparable de ce genre d'études ; ils doivent y apprendre combien l'impatience naturelle de l'esprit humain le rend accessible à l'erreur ; avec quelle facilité celle-ci nous éblouit et se perpétue d'âge en âge, en acquérant une nouvelle autorité des années qui s'écoulent sur elle et du crédit des hommes respectables qu'elle a séduits. Les vérités médicales sont difficiles à acquérir ; les faits que nous étudions ne présentent ni la simplicité, ni l'uniformité de ceux qui sont du domaine de la physique , de la chimie , de l'histoire naturelle, etc. ; ils sont variables et compliqués ; un petit nombre de cir-
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constances ont un caractère assez certain pour fixer l'attention d'un observateur exercé : il n'en faut que plus d'habileté , de patience , de retenue , pour ne pas conclure avant la démonstration d'une" vérité. Profondément imbu depuis long-temps de ces principes, sans lesquels il n'y aura jamais de science solide , c'est avec eux que nous avons parcouru la carrière que nous nous étions proposée ; c'est en nous les rappelant sans cesse, que nous avons voulu faire l'inventaire scientifique de la partie chirurgicale de l'art de guérir : aussi ne nous sommes-nous décidé légèrement sur aucune question. Nous n'avons pas voulu garantir ce qui ne nous a pas paru suffisamment démontré ; nous n'avons présenté des probabilités que comme telles, et nous avons remis en question tout ce qui nous a paru douteux d'après le témoignage des faits.
On nous ferait une grande injustice si l'on pensait que nos jugemens proviennent de l'inquiétude d'un esprit frondeur, qui renverse une science, faute d'y trouver des travaux solides à entreprendre : nous ne nous croyons pas appelé à changer la face de celle que nous cultivons , mais nous croyons du devoir d'un homme qui se respecte , de signaler les erreurs qu'il croit reconnaître ; et si nous ne sommes pas abusé par
préliminaire; xv quelque prévention, nous aurons peut-être fourni l'occasion à ceux qui en sont dignes , de réparer certains points défectueux, de remplir des lacunes que nous avons indiquées. Il est pourtant des erreurs fort accréditées , parce qu'elles ont été sanctionnées par des hommes d'un rare mérite : elles sont d'autant plus difficiles à renverser. Porter la main sur de semblables objets, peut passer pour un attentat, pour une profanation aux yeux de ceux qui n'approfondissent pas les choses : nous n'en citerons qu'un exemple , mais nous le choisirons parmi les plus éclatans. Depuis des siècles, on cherche les moyens de guérir sans difformité les fractures du col du fémur; les procédés se sont succédé en grand nombre, et chacun a cru le sien exempt de tout défaut et susceptible d'un résultat complet. Des hommes de génie pouvaient seuls faire à cet égard des entreprises mémorables : aussi leurs contemporains ont été dupes de leur erreur, et chaque génération s'est écoulée sans se douter que la suivante pût trouver quelque chose à faire sur ce point. La vérité, pour nous qui n'avons pas •de procédés à faire valoir, est cependant, que nous sommes encore loin du but. Ceci pourra paraître un blasphème ; mais nous sommes si convaincu que l'opinion générale à cet égard est