‹ Précis élémentaire des maladies réputées chirurgicales [electronic resource] (volume 2)Chapitre 31 sur 49 · Signes de · texte numérisé non relu

Signes de

plèvre s'enflamme seule, sans la participation au rinflamma-

, tioa de la

tissu pulmonaire. L'une et 1 autre s annoncent par pièvieetdu

. . Ai'**t poumon.

une douleur tantôt vive , tantôt légère , plus ou moins profonde, répondant à l'un des côtés de la poitrine ; cette sensation douloureuse gène plus ou moins la respiration , et la rend quelquefois presque impossible ; il survient de la toux tantôt rare , tantôt fréquente , plus ou moins vive , quelquefois suffocante, quelquefois sèche , souvent accompagnée d'expectoration sanguinolente , muqueuse , ou puriforme , selon la part que la membrane interne des bronches prend à l'inflammation ; quelquefois l'oppression est très-marquée, sans que la douleur soit vive , et lors même qu'elle est nulle : dans ce cas, qui annonce une violente inflammation du tissu pulmonaire , la face est extrêmement colorée , et le pouls très-embarrassé ; le décubitus a lieu sur le côté douloureux, ou sur le dos. Du cinquième au neuvième jour on voit diminuer la vivacité du pouls, ainsi que les symptômes inflammatoires; mais si l'inflammation ne se termine pas par résolu lion , la fièvre ne s'efface pas complètement , il ne paraît aucune évacuation critique , aucuri phénomène judicateur , et l'oppression se maintient et augmente chaque jour , sans qu'on puisse l'at-

Cha.p. v. tribuer à quelque sensation douloureuse suffisante j

deconthmké ^ survient des frissons vagues et fréquens ; la toux en^ païucu- ge ma"mùcnt et.aUgmeu(e ? sans amener une cxpecpÏ

poitrine.

la toration proportionnée ; le corps, et surtout le

cou , la poitrine et les épaules , se couvrent pendant le sommeil de sueurs visqueuses; le malade maigrit chaque jour ; l'épiderme devient dur, sec, écailleux , les ongles se recourbent, et deviennent bruns; la paume des mains , la plante des pieds , les pommettes conservent une chaleur acre , incommode , et présentent une coloration qui contraste avec la pâleur de la face.

Signes d'un Ces phénomènes annoncent la formation d'une

épanche-

ment puri- collection purulente ou puruorme, clans Ja cavité

forme dans . 1 1 • j r»

la plèvre, ou dune plèvre, ou dans le tissu du poumon. Dans dano vomi- ^ prer,,ier cas ? si |a niasse du liquide épauclié est considérable, le côté correspondant de la poitrine est soulevé et les côies plus écartées emre elles; quelquefois on peut sentir la fluctuation du liquide à travers l'intervalle de ces os , soit en percutant un autre point de la poitrine , soit en faisant tousser Je malade ; le tissu cellulaire sous-cutané est infiltré de sérosité surtout vers les lombes ; en faisant asseoir le malade sur un siège bas , et secouaut fortement le tronc en le saisissant par les épaules , on entend quelquefois le flot du liquide contenu , et le malade éprouve en même temps des sensations qui s'accordent avec le bruit que Ton distingue; quelquefois, eufin , un point de la peau de l'extérieur de la poitrine s'enflamme, s'ulcère,

laisse couler au dehoïs la matière de l'épan- Cdap. v. chement, et l'ouverlure dégénère en fistule plus Dessoiurion»

' P * de continuité

on moins durable ou incurable ; mais le plus sou- eu Particuvent, quand les secours de l'art n'interviennent fia** de la

. j i i poitrine.

ipomt , I oppression augmente de plus en plus, et Ile malade meurt. Dans le cas d'abcès dans le tissu i pulmonaire , il n'y a point d'augmentation sensible tdu volume de la poitrine , cependant l'oppression est grande et la toux suffocante ; le plus souvent Ile malade périt par la constance et les progrès de l'inflammation dans le tissu du poumon-; mais quelquefois le pus se fait jour dans l'une des bronches et est expectoré, ou bien il est dirigé par le travail de l'ulcération vers l'extérieur de la poitrine et : s'échappe par une ouverture spontanée des légumens. Jl est plus commun de voir guérir complètement les individus affectés d'abcès au poumon évacué spontanément , que ceux dont la plèvre a contenu un épanchemeut puriforme , quel que soit le parti qu'on ait pris à leur égard.

Dans la presque impossiblilé où l'on est d'abord ïndiôations. tde savoir si le siège de l'inflammation est le tissu pulmonaire, la plèvre, ou l'un et l'autre à la fois, lil est évident que, à moins de cause particulière que l'on puisse reconnaître et combattre efficacement, l'art ne peut, dans le principe, qu'opposer lies méthodes générales du traitement de l'inflam- : mation. Il est pareillement manifeste que lorsque •inflammation du péricarde, celle du cœui'j celle du poumon , ont produit un épanchement dans le

Chav.v. premier, ou un abcès dans le dernier, il n'est pas Des solutions au pouvoir de l'art d'évacuer la matière accumu-

de continuité 1 . ,

en partica- lée : dans le premier cas , on ne peut jamais reunir hepiaies de la un nombre suffisant de sigues démonstratifs , pour pounne. autorisé à l'ouverture du péricarde ; dans le

second , on ignore absolument la situation ët l'étendue de la collection purulente. Le premier cas est donc absolument mortel ; les individus qui se trouvent dans le second sont très-exposés ; heureux ceux d'entre ces derniers , dans lesquels la nature parvient à vider l'abcès par les bronches ou à travers les tégumens !

Opération de Mais lorsqu'à la suite d'une inflammation ma-

rempyèrae . - * J> ' -

dansiesépa». mfesle, on voit survenir les symptômes a un epanrifomes Pdé chement dans la plèvre , il reste une ressource que la plèvre. ^ peut en usage • loul incertaine qu'elle

est: l'opération de l'empyème a souvent été pratiquée en pareil cas , mais ses succès n'ont pas été fort nombreux. Il semble que le contact de l'airt sur les surfaces enflammées qui ont fourni la matière de l'épanchement, a le plus souvent aggravé, ou du moins entretenu fort long -temps l'état inflammatoire et les sécrétions qui en sont le résultat : de là, une colliquation mortelle; ou bien un. affaiblissement proportionné à l'abondance dé l'fexsudalion puriforme , une susceptibilité singulière pour céder aux influences atmosphériques et à; toutes les causes générales de maladie ; en sorte que dans le cours des suites, ordinairement fort longues, de l'opération de l'empyème , il n'est oai

rare qu'il survienne, ou une recrudescence de cnAP.v. l'inflammation, ou toute autre Maladie aiguë qui Des aàîyio** fait périr le malade. Dans quelques cas, cepen- |^«S^ dant, on a vu l'épanchement être vidé complètement, le poumon se développer de nouveau, les surfaces devenir adhérentes, la cavité s'oblitérer, et le malade guérir assez promptement. Une re- Renia marque qui peut paraître singulière, c'est que dans quelques faits qui ont été observés assez récemment , le succès a paru dépendre en grande ^ partie de l'usage d'injections toniques que l'on substituait au pus immédiatement après avoir évacué ce dernier. Du reste, réservation, et surtout les , recherches d'anatomie pathologique n'ont pas encore éclairci suffisamment la question suivante : le Dom* succès de l'opération de l'empyème, en cas de suppuration de la plèvre ou de toute autre exsudation produite par l'inflammation, n'a-t-il pas dépendu en grande partie de ce que l'épanchement était borné à un espace médiocre , circonscrit par ides adhérences inflammatoires entre la plèvre costale et la pulmonaire ; en sorte que ces adhérences aient pu servir à restituer en peu de temps le «développement du poumon, et le contact des sur- 1 faces ?

Malgré les dangers attachés au contact de l'air, Oudoitpré- -on ne peut évacuer l'épanchement par le moyen s™ p] t ' du trois-quarts, que dans les cas où le fluide épan- ^ratfoT ché se montre manifestement sous la peau : dans £è Itoute autre circonstance on ne peut être assuré s'il ^

Chm-.v. n'existe pas d'adhérence du poumon dans le lieu Dessolution* que l'on a choisi pour l'opération, et l'on s'expo-

serait à blesser cet organe par une ponction. Yl" Piaks de la II suffit de la solution de continuité des parties FU'uine' renfermées dans la poitrine , pour déterminer leur inflammation ; mais quelques causes particulières peuvent aussi produire le même effet , et l'inflammation qui en résulte peut présenter quelques indications qui ne se rencontrent pas dans d'autres cnnsespart;- cas. Nous exposerons .ici ces occasions spéciales d'inflammation, en les réduisant à trois : i°. l'hémorragie cachée et l'épanchement sanguin qui en résulte; 2°. les contusions violentes; 3°. les coups de feu. Ce que nous aurions à dire sur les fractures communitives des côtes , sur les corps étrangers introduits dans le poumon, sur les plaies contuses de ce même organe , se trouvera naturellement compris dans le dernier chef de notre division.

mflaxn-na. (A) Nous avons déjà dit que le sang épanché dans ta" i'TP"ne la plèvre peut être considéré comme un corps étran- Xmentsan- ^ finir par enflammer la membrane qui le contient , et qu'il importe de l'évacuer avant que son séjour ait produit celte fâcheuse conséquence. Si déjà l'inflammation est développée, quoique le cas en soit beaucoup aggravé, on ne doit, pas hésiter à donner issue à l'épanchement , mais il importe de combattre l'inflammation. On conçoit les funestes effets du contact de l'air sur les surfaces membraneuses enflammées , et Ton doit chercher ■

les moyens de l'éviter : l'obliquité de l'ouverture, Chap. v. que l'on peut obtenir en déplaçait les parties molles Destinions

, . i , .. . decontiouito

extérieures avant de les diviser, nous paraît un en punicumoyen insuffisant, en ce qu'on ne peut éviter de ' delà réserver une issue pour les sécrétions subséquentes p de la .plèvre, et que cette condition ne se trouve pas remplie par ce procédé. Nous sommes loip de partager la prévention de certains praticiens contre les injections; nous pensons, au contraire, que c'est le seul moyen d'éviter le contact de l'air, si l'on, s'en sert pour remplacer, à chaque pansement, les matières épanchées que l'on vient d'évacuer. Ce moyen a été utile dans des cas plus graves, et nous sommes Irès-portés à l'admettre dans celui çi.

(B) Dans les contusions violentes de la poitrine , inflammadont les effets se sont fait sentir profondément , paTie il peut y avoir meurtrissure plus ou moins grave du poumon , solution de continuité par déchirure ou par écrasement : l'air dont cet organe peut s'être trouvé rempli au moment de là percussion , suffit pour faire concevoir le mécanisme de l'un et l'autre genre de lésion. Il faut ne point perdre de vue alors la débilité profonde dans laquelle a été plongé l'ôrgaue lésé , et la prendre en considération dans le traitement par lequel on cherche à prévenir l'inflammation. Ainsi , les règles que nous avons posées ailleurs relativement à ce genre de solutions de continuité en général , sont applicables au cas qui nous occupe.

{ C ) Les coups de feu qui intéressent la poitrine ,

tioa causée [es contusions vio»

section in.

CHAf.v. peuvent pénétrer perpendiculairement , ou ramper Dessoiations dans l'épaisseur des parois ou à la superficie du

de continuité

en. particu- poumon.

U Plaies de la Dans le premier cas , ils peuvent avoir introduit poitrine. ^ le poumon des Corps éfrangers de diverse Corps étran- nalUre , tels qu'une balle , des fragmens des côtes ircoupt$e ou du sternum , des pièces de vêtemens , etc. La fcU" plaie étant alors ouverte et assez ample pour per-

mettre l'introduction du doigt sans effort , et les dilatations par le -bistouri étant pratiquâmes , au moins par rapport aux tégumens et aux muscles intercostaux ; si ces corps étrangers ne sont pas situés fort profondément , s'ils peuvent être facilement reconnus avec les doigts et saisis , ils doivent être extraits ; mais si la profondeur de leur situation rendait leur présence difficile à constater , si leur extraction immédiate nécessitait des manœuvres pénibles et périlleuses, il faudrait s'en abstenir , et malgré les dangers attacbés à l'inflammation , attendre que son travail et la suppuration les eussent mis plus à portée.

Lorsqu'un coup de feu a rampé obliquement dans l'épaisseur des parois de la poitrine , ou à la surface du poumon en l'entamant légèrement, il ne peut y avoir d'indication particulière à remplir , que lorsqu'en même temps quelque corps étranger a été introduit , ou qu'une ou plusieurs côtes ont été brisées. Dans le premier cas , l'inflammation produite par la présence 'de quelque corps étranger , sera vive et long-temps entretenue , parce

que c'est particulièrement la plèvre qui éprouve Chat. v. l'irritation. Dans le second cas , il est commun Jf^Kîé qu'une ou plusieurs côtes soient brisées*dans une j£r Particaassez grande e'tendue de leur longueur ;* en sorle p!ai.es de la

^ o I poitrine.

que presque tout le trajet de la balle est rempli d'esquilles , plus ou moins enfoncées dans la substance du poumon , et qui ne cessent de l'irriter jusqu'à leur séparation et leur issue. On ne peut guère se dispenser en pareil cas , d'inciser la totalité ou la plus grande partie du trajet parcouru par la balle , pour enlever toutes les esquilles. On a quelquefois fait usage d'un séton , par les mouvemens duquel on espérait accélérer la chute et l'issue des esquilles ; mais l'expérience a prouvé que ce moyen n'a pas même été capable d'écou- , duire des fragmens osseux totalement séparés , et qu'il a singulièrement aggravé l'inflammation , par les mouvemens qu'il ne cessait d'imprimer aux esquilles.

ARTICLE VI

Des solutions de continuité de .V abdomen.

Dans les solutions de continuité de l'abdomen , TonterecKercomme dans celles de la poitrine , il importe peu ânsStT u de savoir si l'instrument vulnérant a pénétré ou Pénélrati°u

r , ^ dane plaie

non dans la cavité ; mais il est important d'appren- est iQUtiledre s'il y a eu quelque lésion des parties intérieures : ©r , dans certains cas , ces complications sont évidentes dès le premier mpment , par la nature des symptômes immédiats ; dans d'autres ,

5g0 SECTION III.

Chat-.v. elles se manifestent plus tard par des phénomène» Dessoiniiots particuliers ; ainsi, toute recher#ne propre à confi^panicu- stater la révision complète des parois de l'abdomen ^Plaies de pouvant être pénible , dangereuse , inutile ; des Vabdomm. j,^^ g),avcs fe% parties intérieures pouvant avoir lieu sans une plaie pénétrante, ces recherches nous paraissent devoir être abandonnées.

L'hémorragie Les suites connues des solutions de continuité ^fbu*Ss- de l'abdomen , sont nombreuses , et la plupart "Siffi très-graves. Il ne faut pourtant pas croire qi>'il soit ftZt:meU' nécessaire pour la thérapeulique , de former le di* gnoslic exact des diverses espèces de lésions que peuvent avoir éprouvé les organes nombreux renfermés dans l'abdomen : ces lésions ont entre elles des ressemblances, des analogies fondées sur 1 etiologie , sur le diagnostic , et sur les indications thérapeutiques qui permettent de les gfoupper, et de les rapporter à un petit nombre de chefs principaux de considérations fondamentales. Ainsi , l'hémorragie et l'inflammation peuvent être considérées comme les deux circonstances les plus importantes de cette sorte de blessures ; et toute autre suite des solutions de continuité de l'abdomen , peut être étudiée comme pouvant devenir cause ou occasion de l'une ou de l'autre.

§. 1er. De l'hémorragie à la suite des solutions do continuité de l'abdomen.

sonrec* de Elle peut provenir des vaisseàux des parois du . i-fiomgie. ycntre • ou Je ceux qui sont renfermés dans cette

DES SOLUTIONS DE CONTINUITÉ. 3g l

cavité. Parmi les premiers , l'artère épigastrique Cbàp.v; et l'extrémité de la mammaire interne sont les J™'^"^ seuls qui puissent fournir une hémorragie inquié- ^ pamcutante. A moins d'une plaie extérieure assez éten- Plaies de.

, . - „ , • , • r, • l'abdomen.

due , ces vaisseaux , surtout 1 extrémité intérieure « de l'artère épigastrique , ne peuvent verser le sang que dans l'intérieur de l'abdomen , et la quantité peut en être considérable. On a parlé du danger de la blessure des ligamens qui résultent de l'oblitération de la veine ombilicale et des artères du même nom , que l'on dit être susceptibles de conserver leur structure vascùlaire , et de rester perméables au sang liquide; mais celte anomalie anatomique ne nous paraît pas suffisamment démontrée par des observations exactes.

L'artère aorte et ses principales branches , les artères iliaques , les hypogastriques , la veine cave et ses divisions peuvent être blessées, et répandre dans la cavité de l'abdomen une plus ou moins grande quantité de sang dans un temps donné , . selon le diamètre de l'ouverture qu'elles ont soufferte : si la blessure de l'un de ces vaisseaux est considérable , le sang peut s'extravaser de suite en très-grande quantité ; si elle est moins étendue , l'extravasation peut devenir abondante , mais elle se fait lentement ou à plusieurs reprises.

Les blessures du foie, de la rate, sont à craindre surtout , à cause de l'hémorragie dont ces viscères peuvent être la source : ils renferment des vaisseaux considérables qui peuvent être compris dans

3g2 SECTION III.

Chap. v- leurs lésions. Cependant , des blessures du foie ; decoSuhé surlout > peuvent avoir lieu sans héniorragie , du m particu- moins grave , si cet organe n'est pas atteint vers sa plaies de face inférieure , ou vers son bord postérieur.

V abdomen. f . • 1

L observation et des expériences positives, prouvent qu'il est rare que les artères coronaires stomachiques soient comprises dans des blessures dont l'estomac est le siège , même lorsque ce viscère a été surpris dans un état de distension, et plein d'alimeUs et de boissons : peut-être a-t-on , exagéré les changemens de position que l'on attribue généralement à cet état.

Les artères mésentériques peuvent fournir une grande quantité de sang à l'occasion de leur blessure; mais leurs dernières ramifications sur les intestins, et celles de Tarière coronaire stomachique dans l'épiploon, sont rarement la source d'une hémorragie grave.

Hémorragie Un instrument aigu et très-étroit comme une

produite par

des instra- épée, pénétrant dans l'abdomen et blessant un

Biens picjuaus. . • ■ 1 1 m 1

vaisseau principal, tel que 1 aorte, ses principales branches , la veine cave et ses premières divisions, peut donner lieu en peu d'instans à une hémorragie très-abondante ou même mortelle. Cependant, ce cas est le seul dans lequel ces vaisseaux puissent être ouverts sans que la mort s'ensuive promptement : la première hémorragie peut amener une syncope prolongée, pendant laquelle un caillot ferme l'ouverture du vaisseau. Ce bouchon , tout fragile qu'il est , peut résister pendant

DES SOLUTIONS DE CONTINUITÉ. 3g 3

quelque temps à l'impulsion du sang, jusqu'à ce Chap.v. qu'un effort suffisant le détache et renouvelle Dessolutions l'hémorragie; mais ces intervalles ne peuvent que m°9iSïS retarder plus ou moins l'événement fatal: plus tôt ^Plaies de ou plus tard, les récidives deviennent mortelles. Vabdomvn- Un instrument de celte nature peut blesser des vaisseaux d'un moindre diamètre , sans détruire la possibilité^ d'une guérison spontanée. Dans l'épaisseur du foie, des reins, dans les parois de l'estomac , dans le mésentère , une piqûre peut intéresser des vaisseaux sanguins ; et l'étroitesse du trajet de l'instrument peut ne permettre que difficilement l'effusion du sang dans la cavité du péritoine. Dans ces cas , le sang s'extravase , il remplit le trajet parcouru par l'instrument vulnérant, il infiltre le tissu de l'organe blessé, comprime le vaisseau ouvert , et peut parvenir ainsi à suspendre totalement la circulation dans ce dernier , et 'à déterminer son oblitération.

Il n'en est pas ainsi d'un instrument piquant et Hémorragie tranchant tout à k fois, tel que serait un sabre : ^SrT un instrument de cette nature plongé dans l'ab- Sïïi. tr,m' domen fait des blessures bien plus étendues aux vaisseaux et aux organes qu'il rencontre sur son trajet; et dans tous les cas, l'hémorragie doit être abondante , si le vaisseau intéressé est d'un diamètre suffisant.

11 n'y a pas de doute que la balle ne soit capable H*morrad'une destruction telle , dans les vaisseaux san- IllfVot guins qu'elle rencontre ; que si les plus considé-

tuscs.

Chxp v. rablcs sont blessés par elle , il doive en résulter I Dessolûtion, sur-le-champ une hémorragie des plus abondantes. irSS- Cependant cet accident est assez rare à la suite Jler>/^ * des coups de feu qui pénètrent l'abdomen ; soit rabdçmen. ^ 1& balle esl souvent réfléchie et détournée

de sa direction première , soit parce que les vaisseaux échappent à son action , à la faveur des déplacerons que le tissu cellulaire qui les environne rend extrêmement faciles. Quant aux vaisseaux médiocres, l'écrasement qui accompagne leurs blessures par cette espèce d'instrumens , peut être suivi d'un engorgement inflammatoire tel, que leur oblitération en soit la conséquence.

H^ie ; Une contusion violente exercée sur 1 abdomen SSÎTS par un corps volumineux mû avec une grande g£. eXté- vitesse , peut sans entamer le parois de cette cavité , rompre quelque vaisseau considérable ou bien faire une déchirure plus ou moins etendne au mésentère, au foie, à la rate, et aux artères que ces organes renferment. On a vu des hémorragies promptement mortelles être la suite de semblables blessures, que le boulet, une grosse pierre, une poûtre , sont capables de produire.

U pi— Quoique dans l'ordre naturel il ny ait pom peut admet- i - X , i péritoine , cette membrane esti

ire une plus de cavité dans le peuu» ,

-raudequan- , . i^jm„,frP une grande quantité cie sau0. Ti é de sang capable d aclmeiu e une & 1 .. . i

„Uc les Pi£ n faut à rabdomen , comme à la poitrine , que

contact des parties soit détruit par 1 interposition de ce liquide, pour que V êxtravasaUon ait heu; „fais dans là dernière de ces deux cavités , le sang,

DES SOLUTIONS DE CONTINUITÉ. 0g5

pour s'épancher, doit cive versé, comme nous Chap.v. savons déjà ol serve , avec une force au moins ^l^l^iil Egale an poids de la colonne d'air nui agit sur la fu PilIllcu-

o I 1 O ]ier.

jface interne du syslème bronchique. L'abdomen pJaies

. J 1 l abdomen.

m'offre rien de semblable : l'expansion des gaz inilestinaux est la seule résistance que le sang ait à

vaincre; elle peut bien balancer la force avec lai quelle ce lipide serait expulsé* d'un petit vaisseau,

mais elle doit être inefficace dans tout autre cas;

aussi , les hémorragies abondantes sont-elles bien

plus faciles dans l'intérieur du bas-ventre.

Ce contact immédiat et cOnstaut dans lequel les Le contaet

immédiat des

surfaces péritonéales sont tenues, n est pas sans viscères, raseftet, quoiqu'il soit sans efficacité, dans les hémor- sang extiZ

, n vase snr les

ragies les plus abondantes , pourvu quelles ne côtés delà ii. soient pas mortelles immédiatement : quel que soit Sneblaucliele siège de la source de l'hémorragie , il est presque inouï, tant que subsistent les forces vitales, que le sang se dissémine et se répande indifféremment entre les circonvolutions des intestins, sur les deux faces du mésentère , sous la concavité du foie, dans les hypocondres , etc. ; il se rassemble constamment entre la masse représentée par les circonvolutions réunies des intestins , et la paroi antérieure de l'abdomen , sur l'un ou l'autre côté du bas de la ligne blanche. La distension des parois du ventre est plus aisée, sans doute, que la réduction des gaz intestinaux; et il est probable que le déplacement du Sang extravasé- et sa collection vers le bas , est l'effet des mouYeraens du diaphragme.

Chap.v. Parmi les viscères de l'abdomen, il n'en est Dessoiutions aucun dont les fonctions puissent être sensiblement

de continuité f

eu particu- gênées par la compression que pourrait exercer la plaies de masse de sang exlravasé. On ne peut donc recon-

V abdomen. . , , , . , , jfc , • -, '

naître les hémorragies cachées île 1 intérieur du signes de bas-ventre , que par l'affaiblissement subit ou pro-

I hemqrragie * * *•

cachée de gressif, continu ou intermittent , dont le blessé

l'abdomen. ° . . '

pêut présenter les signes. Ainsi la fa^ce pâlit , la vue s'obscurcit , il survient des tintemens d'oreilles , des baillemens , des syncopes , le pouls devient faible , petit , précipité , irrégulier , intermittent , les extrémités deviennent froides , le corps se couvre de sueur , et la mort peut tout terminer , si l'hémorragie est extrême, signes pro- On peut former des conjectures plus ou moins

pies de la r ■ p • i i

source de probables sur la source de 1 hémorragie , selon la

l'hémorragie. r ... .

situation de la blessure-, sa direction apparente , sa profondeur présumée, et la situation connue des viscères ou des vaisseaux qui peuvent avoir été exposés à l'action de l'instrument vulnérant ; on peut même avoir des probabilités d'une certaine valeur , lorsque des vomissemçns ou des déjections de sang ont lieu : il est certain alors que les voies, alimentaires ont été blessées , et il est probable qu'elles sont la source de l'hémorragie. Mais le plus souvent , et même alors , on peut être dans l'ignorance à cet égard : un vaisseau principal peut être blessé en même temps que l'estomac ou les intestins; les apparences peuvent en imposer facilement, sur la direction de la blessure, surtout quand!

DES SOLUTIONS DE CONTINUITÉ. 3g J

îl s'agit de coups de feu; on n'a pas toujours à sa Chat. r. disposition l'instrument vulnérant pour l'iieer de la Dessolut,on!!

I 1 J o de continuité

profondeur à laquelle il peut avoir été porté; la «n particucomparaison de son diamètre dans les divers points P^ies de

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