‹ Précis élémentaire des maladies réputées chirurgicales [electronic resource]Chapitre 21 sur 43 · II. On ne conçoit pas facilement comment le Altératum · texte numérisé non relu

II. On ne conçoit pas facilement comment le Altératum

des sccon."

cordon ombilical peut être rompu pendant le se- dines. jour du fœtus dans la matrice 3 mais des faits coi-ïîon'^omsans réplique démontrent que la chose est arri- l^'''*^**/ P^'*^-

^. . / dant la ges-

vée, et qu'il s'en est suivi des hémorragies ca- tatioa. chées , proportionnées au développement que la matrice avait acquis jusqu'alors. Le sang coule également et du placenta et des artères ombilicales, comme il est démontré par les syncopes que la mère éprouve lorsque cet accident a lieu à une époque assez avancée de la gestation, et par la mort rapide de l'enfant. Il est évident que, quand bien même ce dernier ne périrait pas d'hémorragie , sa mort serait le résultat inévitable de la perte de ses communications avec Vutérus. Lorsque la rupture du cordon survient dès le principe de la grossesse , la perte du sang est trop peu de chose pour qu'il puisse en résulter des symptômes remarquables chez la mère. La cavité de Vutérus est peu développée ; elle est occn{)ée par le produit de la conception j ses * parois sont trop épaisses et trop consistantes pour II. 20

3o6 SECTION r.

CnAP.IV. se prêter à une distension soudaine et considcétiang.*'°o?- J'î^^j'c ' "^"^'^ ^'^st fait un épanchement ; quelque ^''tT/leius ™<^<-liocie qu'il soit, il en est résulté des violences eu/as secoii- pour les parois de la matrice : le sani? épanché,

Allies ^ L y

l'enfant et les secondines frappés de mort, ne tardent pas à se décomposer. Ces causes sont plus que suffisantes pour déterminer un état d'irritation, dont le premier effet sera d'exciter des contractions périodiques qui tendront à l'expulsion de la totalité du contenu. Si la rupture du cordon ombilical a lieu à une époque avancée de la grossesse et surtout vers la fin, les parois de Yutérus, Lien plus amincies, bien plus extensibles, cèdeut aisément à l'effort avec lequel le sang s'extravase ; cet effort lui-même est beaucoup plus grand, parce qu'il est proportionné au volume du j^lacenla, au diamètre que ses vaisseaux ont acquis, et à la facilité de la circulation^ en peu d'iustans il peut se former un épanchement considérable de sang dans la cavité de l'amnios , d'où résultent l'accroissement rapide et considérable du volume et de la cpnsistauce de la tumeur utérine, des syncopes réitérées, profondes, alarmantes, quelquefois même mortelles. Si la mort de la mère n'est pas le résultat immédiat de l'accident dont il s'agit^ si la réplétion de la matrice, un caillot solide, les syncopes ellesmêmes suspendent l'écoulement du sang j si la mort du placenta et le commencement du travail de sa séparation interrompent ses communica-

j DES CORPS ÉTRANGERS. -307

! lions avec la matrice, l'cnfaiit, les secondines Chap.iv.

; /. 1 / 1 • j ^''^ corps

j et le sang épanche deviennent autant de corps ^i;

tiarig. or-

étrani^ers qui ne manqueront pas d'irriter, d'ex- ^'^^^''^i^^, citer le travail de l'accoucliement , ou de dé- euhssecon-

diites.

velopper un état inflammatoire plus ou moins grave.

On a souvent trouvé des nœuds plus ou moins Nœuds du

- , 1 •!• 1 J 1 cordon oiu-

nombreux au cordon ombilical , surtout dans les bilical. cas où ce dernier présentait une longueur extraordinaire : contre la vraisemblance et les suppositions qu'on avait faites à cet égard, l'expérience a démontré que , quelque serrés que ces nœuds aient paru, ils n'ont jamais causé la mort de l'enfant; ils n'ont même pas gêné sensiblement sa nutrition et son développement.

Les adhérences du placenta et de la matrice ne Décollesont pas, le plus souvent, dune telle solidité centa. qu'elles ne puissent être altérées, quelquefois même avec une grande facilité : l'observation prouve qu'il est , à cet égard , de grandes différences. Une percussion sur le ventre; une chute sur les pieds, sur les fesses ; un effort ; l'ébranlement produit par l'explosion des armes à feu ; des accès de toux, le vomissement, la constipation, l'emportement, la colère, le coït, la plus légère émotion , suffisent quelquefois pour opérer la séparation plus ou moins étendue du placenta , e£ donner lieu à une hémorragie apparente. Dans d'autres circonstances, au contraire, les excès les plus dangereux peuvent être faits impuné-»

3o8 SECTION V.

Chap.IV. ment, comme le prouve rimpuissante fureur «tSng.*^°or- d'une foule de mères coupables et dénaturées. ^''iTjh'Mis plusieurs observations de toute autre

eu/cssecon- espècc , sur Icsquels nous aurons occasion de revenir, prouvent qu il est des grossesses fragiles de leur nature, qui ne sont point destinées à* prospérer , et que les plus légères causes peuvent troubler. Il est incontestable que , dans ces derniers cas , le molimen hémorragique qui correspond à la menstruation, et qui se reproduit par les lois de l'habitude durant les premiers mois de la grossesse , peut suffire pour opérer la sépa- / ration du placenta. Néanmoins il ne faut pas confondre, et il est pourtant difficile de distinguer, la menstruation légitime, qui peut avoir lieu durant la grossesse, et les hémori'agies qui la compromettent et qui proviennent de la séparalion du placenta. Dans le premier moment , si les époques offrent quelque rapport; si l'effusion extérieure du sang est égale à l'extravasation,- si la quantité de sang n'est pas extrême , la ressemblance peut être parfaite: mais la menstruation est exempte de douleur, sinon pendant sa durée, du moins dans ses suites; l'hémorragie, au contraire, est bientôt suivie de douleurs périodiques, fréquentes, croissantes. La séparation du placenta a décidé du sort de la grossesse ; le produit de la conception est déjà devenu une masse étrangère, et qui sera bientôt nuisible : il est dans les lois de la nature de travailler incessamment à son expulsion.

DES CORPS ÉTRANGERS. SoQ

On a , sans raisons suffisantes , refusé à la sai- Chap/IV,

, , . 1 • Des corps

gnée tout autre e/Tet que la déplétion des vais- étrang. orseaux, et nié la possibilité de produire une fluxion ^^2>2"/àém* artificielle sur la matrice pendant la gestation, ejdessecon^ en ouvrant hors de propos les veines du pied. Nous avons observé nous -même plusieurs fois l'ébranlement dangereux produit par un semblable moyen , ainsi que les contractions utérines et les hémorragies qui en ont été la conséquence très-prochaine. Sans doute , de semblables effets ne résultent pas toujours de la même cause -, sans doute , il existait des conditions défavorables dans les cas où il est survenu des accidens j et voilà tout ce que prouvent les faits contradictoires; La vérité ne peut point se trouver dans les opinions extrêmes, surtout en pareille matière. Les faits, comparés entre eux, prouvent que la saignée du pied a souvent été pratiquée sans nécessité et sans accident , même dans des vues criminelles j qu'elle a été faite avec une grande utilité dans des cas où l'avortement était à craindre , et où tout porte à croire qu'il existait une pléthore locale j enfin, qu'elle a été suivie quelquefois immédiatement de tranchées utérines, auxquelles ont succédé sans interruption une hémorragie plus ou moins abondante et le travail de l'accouchement. La connaissance approfondie des lois fondamentales de la médecine pratique est nécessaire pour concevoir de semblables phénomènes, et pour tirer du moyen dont il s'agit

3lO SECTION V.

Chaj-.IV. tout le parti possible, en évitant ses inconvé-

Des corps <ît.ar,s or- "lenS.

cause des plus efficaces de la séparation du etdessccon- placcuia j sc trouve dans les rapports de cet organe avec l'orifice de la matrice. Le développement du col de i'^^e/m; l'extension de son orifice, ne sauraient avoir lieu dans ce cas, sans violenter les moyens d'union du placenta ; en sorte que , pendant la fin de la grossesse, l'hémorragie doit avoir lieu à tout instant.

Le décollement du placenta et l'hémorragie sont deux circonstances inséparables et qui gardent entre elles des rapports exacts. Cependant, le sang ne se montre pas toujours au dehors aussitôt qu'il s'est extravasé. Il peut être accumulé jusqu'à un certain point entre le placenta, les membranes et V utérus; mais pour peu que l'hémorragie soit copieuse, le sang surmonte avec une grande facilité la faible résistance que lui oppose l'adhérence naturelle de ces mêmes parties.

Ces hémorragies sont le plus souvent d'abord légères j elles se suspendent, mais elles se reproduisent avec une grande facilité. Dès lors le sort de la grossesse est décidé, et l'avortement est presque inévitable, à moins que le premier accident ne survienne à une époque très-rapprochée du terme naturel. Toute portion du placenta décollée ne recouvre plus ses rapports avec V utérus ; un caillot plus ou moins volumineux s'interpose entre les parties séparées ; et ce corps étran-

3ii

ger est extrêmement propre à pousser pins loin la Chap.IV.

, • 1 '1. I ^ Des corps

séparation commencée. Le moindre ébranlement, étrnt\^. orla plus légère cause physique ou morale, peuvent ^"'^^Jy^t^, rappeler l'iiémorrairie , laquelle peut avoir de etdcssecon-

. . ' dînes.

grands inconvéniens par le seul effet de sa fréquence , mais qui peut devenir très-dangereuse par la quantité de sang perdue dans une seule rechute. On conçoit facilement, d'ailleurs, quels dangers l'enfant doit courir par les effets d'une réduction considérable de ses moyens de communication avec V utérus , autant que par des hémorragies copieuses, fréquentes, et auxquelles il ne peut pas rester étranger. Le sang paraît d'abord en petite quantité, tantôt immédiatement après un effort et une douleur plus ou moins remarquable à laquelle il a donné lieu , tantôt au bout de quelques jours , et après que la femme a distingué une agitation insolite dx; l'enfant, ou des douleurs périodiques dont la matrice était le siège. wSi la grossesse n'est pas très-avancée , il est ordinaire que l'hémorragie se suspende pour reparaître un peu plus tard, à l'occasion de quelque nouvel effort, ou sans aucune provocation sensible. Dans les alternatives qui se succèdent de la sorte, l'hémorragie devient de plus eu plus abondante; elle est précédée ordinairement de l'excrétion de quelques caillots. On observe cette différence entre celle qui provient du dégreffement du placenta, attaché loin de l'orifice, et celle qui dépend de la séparation de ce môme

3l2 SECTION V»

Chap.IV. ori,'anc, silué sur l'ouverture elle-même ^ que,

Des corps , -i • ^■> cr • ■ -,

«■traiig. or- "^ins le premier cas , 1 effusion sanf^uine n a pas lieu lorsque la matrice se livre à des efforts de etdessecon- contraction , et que dans le second le sanc repa-

dines, ^ . or

rait constamment , au contraire, toutes les fois que la matrice agit. On conçoit que les communications de Y utérus avec le placenta doivent êtse moins libres pendant les contractions de la matrice dans la première circonstance, et que la séparation de l'arrière-faix doit augmenter dans la seconde.

Insensiblement le décollement du placenta fait des progrès, et par leur fréquence ou leur abondance les hémorragies peuvent devenir dangereuses ou funestes à la mère; ou bien, dès le principe de cet accident, l'enfant meurt , et la nature commence le travail de l'isolement du produit de la conception. Dès lors, plus d'hémorragie, ou que de très-légères ; excrétion par intervalles de caillots plus ou moins volumineux, anciens, décomposés , fétides,* la matrice présente un volume variable, devient inégale, douloureuse au toucher, lourde, s'inclinant vers le côté le plus déclive, à la manière d'une masse inerte, dans les diverses attitudes de la femme ; cet organe se livre par intervalles à des contractions périodiques et fournit des quantités diverses de sérosité limpide, sanguinolente, d'ichor fétide, etc. Le sein se flétrit et perd le volume et la consistance qu'il avait acquis à l'occasion de la grossesse , tantôt après

DES CORPS ÉTRANGERS. 3l3

avoir pris un accroissement remarquable et dou- Cmap IV. loureux, tantôt sans que ces derniers pheno- ^trang. ormènes aient eu lieu. La nature travaille alors à ^^^15 l'expulsion de l'enfant et des secondbies ; l'orifice etdessccoa-

•T ' aines.

de la matrice s'entr'ouvre à mesure qu'il se ramollit , et ces phénomènes procèdent du dehors au dedans : en sorte que l'orifice lui-même est avec la partie inférieure du col un entonnoir renversé , tandis que la partie supérieure de ce même col , celle qui sert de clôture immédiate à la cavité proprement dite de la matrice, résiste encore et ne se dilate que la dernière. Plus la préparation des issues est lente , plus il s'écoule de temps entre la suspension de l'hémorragie et l'expulsion de l'enfant et des secondines , plus on voit s'accroître les symptômes d'irritation qui proviennent du séjour des corps étrangers putrescibles que la matrice renferme : ainsi un état inflammatoire plus ou moins intense de V utérus , la fièvre, des symptômes nerveux plus ou moins graves , se manifestent ordinairement à cette époque.

III. Le catarrhe utérin, les polypes, le cancer. Affections de la matrice, nuisent pfutôt à la conception ipaHel"de qu'à la gestation : il n'est pas rare de voir des produire l'a-

. . Yorlement.

grossesses parcourir en pareil cas tout le temps de leur durée ordinaire sans accident -, mais les femmes affectées de ces maladies chroniques sont communément stériles, et les preuves antérieures de leur fécondité démontrent que la destruction

3l4 SECTION r.

Chap.IV. de cette heureiise pi opricté est le résultat acciét?aug.''°or! tlentel de raffecliou de Yutérus. Des conditions ^''DTjcetus 1^^"^ défavorables à la conservation de la etdessecoa- grosscsse sout im état à:^ inflammation chronique

ailles. , ' '

de cet organe, une irritabilité vicieuse, t\ telle qu'il ne saurait souffrir qu'avec la plus grande difficulté le développement du fœtus j enfin, un état de faiblesse ou (ïinjirinilé dont la nature est inconnue, qui dépend quelquefois d'une dialhcse, et notamment de la syphilitique , et en vertu de laquelle le développement de la matrice se fait avec trop de précipitation, intéresse le col et l'orifice de cet organe avant le développement complet du corps de l'enfant, et amène les conditions et le travail de l'accouchement avant le terme naturel de la grossesse.

Infla;nma- (A). Une foule de causes différentes peuvent niqiie*cle*la douncr licu à \ inflammation clironique de la mamatnce. irice , OU Seulement de sa face interne. Parmi elles, nous indiquerons particulièrement la première période des catavrlies , 1 éruption des menstrues, les excès du coïtj comme influant le plus communément sur le sort de la grossesse. Catarrhe Si la conccption a*lieu pendant le début d'un catarrhe utérin, elle ajoute à l'état inflammatoire àe. Y utérus , et ne manque pas d'introduire une condition défavorable à la grossesse. L'avortement aura lieu; mais ce nouveau travail aggrave encore Tinflamination , et si l'expulsion du fœtus, et des secondines sç fait avec peine, leur séjour

DES CORPS ÉTRANCEPxS. 3l5

est Lîcn plus dancereux, à cause de l'état dans Ctiap.iv.

, ^ . . Des corps

lequel se trouve déjà la matrice. étrang. or-

Une menstruation difficile, douloureuse , lais- ^^^^^T/œtus sant chaque fois une sensibilité vicieuse dans etdessecon-

aines.

X Utérus y chez des femmes d'ailleurs assez fortes , i^flamma- ■et dans toute autre condition que celle de la tion clno-

r 21 nique de l'u-

chlorose, est fréquemment accompagnée d un u'rus, Jon-

ctat inflammatoire chronique. On observe rare- "vganl^a-*

ment un semblable état chez les femmes très- ^}^^

pseudojeunes, mais le plus souvent de l'âge de vingt- membranes.

quatre à trente-six ans. Si Ton examine soigneusement ce qui est expulsé de la matrice pendant la menstruation, on voit que le sang est toujours en petite quantité, et mêlé à d'assez grandes quantités de sérosité. En même temps , les chauffoirs sont fréquemment chargés de lambeaux membraneux, quelquefois extrêmement petits et ^minces , d'autres fois de plusieurs lignes d'étendue et d'une épaisseur remarquable, irrégulièrement découpés et déchirés, ayant une surface villeuse et une autre assez lisse, demi-transparens et de structure celluleuse. De semblables lam- ^ beaux ne sont jamais expulsés que l'écoulement sanguin n'ait éprouvé une suspension ou une diminution notable, et avec des tranchées utérines assez vives. Ces phénomènes, peu remarqués ordinairement chez les femmes qui vivent dans le célibat, en ont souvent imposé, et ont été pris pour les symptômes d'un avortement à la sïiite d'un mariage récent. L'erreur est d'autant plus

3l6 SECTION V.

Chap.iv. facile , que l'empressement des deux époux ayant étSng.*'°or! accru l'état inflammatoire habituel de l'organe, il ^^iTfœius ordinaire que la période menstruelle suivante etdessecon- soit relardée, tantôt de quelques iours seulement, tantôt de plusieurs mois ; que l'affection de la matrice dérange les autres fonctions , et surtout celles de la nu tri lion ; enfin , que les règles ne paraissent qu'avec des tranchées utérines d'autant plus violentes, qu'elles sont plusaLondantesetsurtout plus durables : mais les phénomènes des périodes menstruelles précédentes , ceux de l'inflammation chronique de la matrice depuis la prétendue conception, la médiocrité de l'écoulement sanguin, son prolongement, l'absence totale de tout corps étranger à l'orifice de la matrice , le défaut d'expulsion d'une masse remarquable, la forme et la structure des lambeaux membraneux expulsés , une inflammation utérine alors bien exprimée par ses symptômes ordinaires j enfin , dans la suite, la reproduction des mêmes phénomènes à chaque période menstruelle, suflisent pour bien caractériser l'affection dont il s'agit, et s'empêcher de la confondre avec la grossesse et l'avortement. A en juger par les phénomènes de la maladie, par son caractère probable, et par, les terminaisons qu'elle affecte, il est très-vraisemblable que les lambeaux membraneux que la matrice rejette dans ces cas, sont le résultat d'une organisation nouvelle , une fausse membrane albumineuse déterminée par l'inflammation, et dont la sépa-

DES CORPS ÉTRANGERS. . 3l7

Tation cause les troubles périodiques qui accom-

Des corps

pagnenl les mois. étrang. or-

Heureusemeut la conception est extrêmement ^'^"^^l'I^^iMi rare dans un semblable état , car on ne peut con- etdessecon-

aines.

cevoir des conditions plus malheureuses pour celte fonction. La grossesse est orageuse , pleine d'accidens et de dangers ; elle ne peut manquer de se terminer par l'avortement ; mais le moindre inconvénient qu'elle puisse avoir , c'est d'aggraver beaucoup et de rendre aiguë l'inflammation préexistante. On conçoit aussi quel est le danger qui doit accompagner alors le séjour du produit de la conception dans la matrice , s'il n'est pas rejeté aussitôt que Tavortement est décidé.

Les excès du coït entre dé jeunes époux sont Inflamma-

^\ \ !• T r '^..'n tiou passa-

tres-propres a produire un léger état intlamma- g-.,.g toire chronique deVutérus , d'où résulte ordinai- tinte par les

^ ' . excès du

rement la stérilité pendant plusieurs mois. Si la coït, conception a lieu dans ces circonstances, il est fort commun que l'enfant périsse; mais l'avortement est toujours accompagné de dangers, en raison du séjour du fœtus privé de la vie dans la matrice , et de l'état morbifiqne de cet organe.

(B). Il est des grossesses qui, dès le principe, Irritabilité

T > 1 • 1 1 vicieuse de

onnent heu a des accidens nerveux plus ou \^ matrice, moins incommodes^ tels que hémicrânies, odontalgies, oppression, toux, vomissement, etc., et dans la durée desquelles la matrice se livre à tout propos à des contractions violentes , qui tendent au dégreffement du placenta et à l'expulsion

3l8 • SECTION V.

Chap.iv. (iii produit de la conception. L'avortement a lieu ^(rang.'^*^or- ^11 effet daus la plupart des cas de cette espèce ^''dT fœtus ^ ""^ époque à peu près fixe : en sorte qu'après etdessecon- mi premier avortemeut ou peut prévoir, avec assez de certitude, Tcpoque et la manière dont se terminera une seconde grossesse. L'enfant meurt le plus souvent avant d'être expulsé , soit par l'interception de ses communications avec Yutérus, soit par l'effet du dégreffement du placenta ; et cette dernière circonstance est annoncée par des hémorragies, qui n'ont des rapports sensibles qu'avec les contractions de la matrice. Il paraît très-probable, autant par la marche et l'issue ordinaire de cette affection, que parles méthodes de traitement à la faveur desquelles on peut réu^ sir à conserver les grossesses subséquentes , que la matrice est affectée, en pareil cas, d'une irritabilité vicieuse, laquelle transforme en irritation ijitolérable les efferts du stimulus qu'exerce sur elle le produit de la conception. "De là, et tant qu'un semblable état subsiste, l'impatience avec laquelle cet organe paraît supporter le développement de ses parois , et l'expulsion prématurée de l'enfant. La répétition fréquente de la conception et de l'avortement dans des cas semblables peut seule conduire au développement de la métrite chronique et à toutes ses conséquences ; mais le danger s'accroît encore, si le foetus décomposé , fait un séjour prolongé dans la matrice.

faiblesse

exirùme de (C). Enfin il cst dcs cus daus lesquels l'avorte-

la matrice.

DES CORPS ÉTRANGERS. SlQ

Chap. IV.

ment termine plusieurs grossesses successives , a

, , , . , . . , . Di;s corps

une époque determiuee , quoique rien naît paru ^>t,.aiig. ortroubler la marche de cette fonction ni celle de toute autre, jusqu'au moment où le travail s'est etdesseconr déclaré. Si l'on examiue attentivement l'état de Yuléviis pendant la durée de cette espèce de grossesses, on trouve que le déveloj)peinent de cet orgtiiie se fait d'une manière plus rapide que dans l'ordre naturel, et qu il intéresse particulièrement le col et l'orilice : en sorte que, sans que la matrice ait plus de volume qail ne convient au terme où est parvenue la gestation, le col et l'orifice sont déjà distendus à nne époque où le développement du fond et du corps devrait à peine être complet. Ainsi on trouve, -par exemple, dans nne grossesse de cinq ou six mois, le col et l'orifice dans l'état où ils devraient être au terme de huit on neuf mois; et l'on ne risque guère de faire un pronostic hasardé , en appréciant la marche ultérieure et l'issue de Ja gestation d'après cet état des parties inférieures de la matrice. L'accouchement prématuré est inévitable dans ces cas, à moins d'avoir connu de bonne heure et combattu lavantageusement la cause d'un semblable état. [L'expérience a prouvé qu'une débilité profonde, ou les diverses diaihèses, et notamment la vérole, - sont les causes les plus ordinaires de cette affection (i).

(0 Noire inlcnlion n'a pas été d'exposer ici dans le plus

Chap.IV.

Des corps éti'ang. organiques.

Du foetus etdes secoiidines.

Circonstances communes à tout avortement , et fournissant des inductions thérapeutiques.

Hémorragies.

Il résulte de ce que nous avons exposé jusqu'ici que tout avortement peut présenter en outre de sa cause certaines circonstances qui peuvent être communes à tous : i^. les accidens qui peuvent être la conséquence plus ou moins immédiate de l'atteinte que la grossesse a éprouvée ; 2°. le travail de l'expulsion du produit de la conception; 3°. l'impression délétère que peuvent exercer dans la matrice l'enfant et les secondines, lorsque toute communication avec Xutérus a cessé , et tandis que ces mêmes corps peuvent subir la décomposition putride.

Les hémorragies qui déterminent ou qui accompagnent l'avortement méritent une attention particulière, soit par le danger qui les suit, soit parce qu'elles fournissent le plus souvent des indications capitales. L'effusion sanguine qui résulte du dégreffement du placenta , et qui se trouve dans un juste rapport avec le nombre des orifices vascu laires découverts et la contractilité de la matrice n'est nullement à craindre : cette hémorragie raé diocre est nécessaire au dégorgement de l'organe , et à la suppression de Tétat fluxionnair dans lequel il vient de passer plusieurs mois. Cell qui est l'effet de la rupture du cordon ombilicall à une époque peu avancée de la grossesse, n'est

grand détail toutes les causes connues d'avoi'tement et leu manière d'agir; nous avons seulement voulu indiquer quelques chefs principaux auxquels on pût les rapporter.

pas plus dani^ereuse, à cause du petit espace qu'elle Chap. IV. peut occuper et de la densité des parois de la ma- ^trang. ortrice. Il n'en est pas ainsi de celle qui provient /œ^^ de cette dernière cause après le sixième mois de etdessecow la gestation , m de 1 hémorragie abondante qui est la conséquence du dégrefFement du placenta.

Dans le premier cas, une énorme quantité de Hémorragie sang peut s'épancher dans la cavité de l'utérus, et cette hémorragie devient souvent mortelle. Elle ne peut cesser qu'autant qu'on interceptera les communications entre le placenta et la matrice; cependant ces communications auront lieu tant que l'organe restera distendu, et dans cet étal la syncope est le seul moyen capable de suspendre momentanément l'effusion du sang. L'avortement est décidé : l'enfant est mort, ou, mourra incessamment ; l'accouchement le plus prompt, en évacuant la matrice , peut seul permettre à celle-ci de se contracter, de réduire son étendue, et de supprimer les communications de ses vaisseaux avec ceux du placenta ; l'indication n'est donc pas équivoque. Dès qu'on a de bonnes raisons de croire à l'existence d'une hémorragie cachée, produite par la rupture du cordon ombilical vers le terme naturel de la grossesse , on doit pénétrer dans la matrice , rompre les membranes, évacuer les eaux de l'amnios et le sang qui s'y trouve mêlé , et procéder à l'accouchement le plus promplement possible. La seule évacuation du liqudie et du sang extravasé peut suffire, en faisant cesser

322 SECTION r.

CnAP.lv. l'énorme distension de la matrice, pour modérer

Des corps • 171 ' • A

étrang. or- au moms i licmorragie , ou même pour la sus- ^'''nTfœtus pendre. C'est un avantage momentané dont on etdessecon- peut profiter pour procéder à l'accouchement avec plus de méthode et moms de précipitation , conformément aux principes que nous établirons plus loin ; mais il ne faut pas se laisser abuser par ce succès passager : l'hémorragie reparaîtra certainement^ tant que la matrice ne sera pas vidée en entier et qu'elle n'aura pas la liberté de se contracter complètement. Le danger est grand, car l'hémorragie a dû être copieuse pour permettre de former un diagnostic exact ; le praticien ne peut donc être tranquille sur le sort de la mère, qu'autant qu'elle est complètement délivrée, et ^ ' qu'au moins, en attendant, la matrice se livre à des contractions énergiques. Celte dernière circonstance devrait être provoquée de toutes les manières, si Y utérus paraissait avoir été jeté dans l'inertie par l'effet d'une perte excessive. Hémorragie Une hémorragie apparente suppose nécessaireappareute. ^^g^j^ |^ séparation du placenta. Si elle est copieuse elle peut avoir les conséquences les plus graves : or, dans ce cas comme dans le précédent, l'avortement est décidé la délivrance est le seul moyen efficace d'arrêter solidement la perte du sang , en laissant à la matrice la liberté de se contracter et de changer l'ordre de la circulation. Mais la possibilité d'opérer par quelque manœuvre de l'art un changement aussi important est relative au temps

DES CORPS ÉTRANGEllSi 323

(Tii'a déià duré la grossesse, et au degré de déve- Chap.iV.

f 13 es corps

loppement de la matrice. L'accouchement forcé ^trang. oi-

ou artificiel n'est praticable qu'autant que l'ac- ^^JJJJ

cident dont il s'agit survient à une époque voisine eidessecon-

1 1 17 ' t dines.

du terme naturel. Si le col de 1 utérins n est pas développé , si l'orifice n'est pas dilaté , c'est en vain que l'on tente de pénétrer dans sa cavité : on exercera des violences dangereuses , mais l'on ne réussira point à extraire le produit de la conception , et l'on ne fera rien qui s'oppose à l'hémorragie. C'est dans des cas de cette espèce / où les parois de la matrice jouissent encore d'une grande densité, que l'effusion sanguine provenant de la séparation accidentelle d'un placenta inséré loin de l'orifice , a pu être arrêtée par un tampon introduit dans cette même ouverture» En s'opposant à l'efFiision extérieure du sang, ce bouchon détermine son accumulation dans V utérus; il en résulte une compression indirecte , exercée par la masse des caillots sur les orifices vasculaires qui fournissent répanchement ^ et ce dernier met seul des bornes à l'hémorragie. Cependant la matrice est distendue ; le corps étranger qu'elle contient ne tarde pas à la fatiguer, e,t à déterminer des contractions qui complètent la séparation du placenta, et l'expulsion de la totalité du contenu.

Les hémorragies qui ont pour cause le dégref- Hémorragie fement du placenta situé sur l'orifice de la ma- d6co^U;ment trice, sont rarement d'une certaine importance ^tJ^'^url'o' avant une époque assez avancée de la grossesse.

matrice.

S'ifl SECTION V.

Chap.iv. Le plus souvent alors l'orifice de V utérus est en-» «tmng.''°or- ti''ouvert, souplc , mou , extensible; en sorte que ganiques. raccouclieuient artificiel est praticable. Il est

Du jœtus ^ ^

etdessecon- aussi le scul mojen par lequel on puisse faire cesser l'hémorragie lorsqu'elle est devenue sérieuse.

Par des traitemens méthodiques qu'il n'est pas de notre objet d'exposer ici, on peut conserver la grossesse lorsque l'avortement est amené par l'inflammation chronique ou par l'irritabilité ex- Les sédatifs ccssivc dc la malricc. Nous nous contenterons

ont souvent i / m

réussi dans d assurer que nous avons souvent lutte en pareil rîtahau'lvi- ? pendant toute la durée de la gestation, cieuse delà coiitrc les traiichécs utérines les plus violentes,

matrice . . ^

soit au moyen de fréquentes applications de sangsues à la vulve ou à l'anus, soit par des injections opiacées dans l'intestin rectum, et que nous avons vu fréquemment les symptômes de l'avortement le plus imminent disparaître , et les grossesses les plus fragiles chez des femmes qui avaient déjà perdu plusieurs enfans, conduites ainsi jusqu'au terme naturel. Du reste , si l'avortement devient inévitable, et si l'enfant n'est pas expulsé aussitôt qu'il périt, c'est surtout dans ces cas que son séjour est à craindre : nous avons vu souvent alors les symptômes d'une métrite se déclarer pendant le travail d'expulsion , qui en était rendu beaucoup plus lent et plus périlleux.

C'est dans les cas de faiblesse extrême et de développement prématuré du col de la matrice ,

«lie l'on a vu réussir un régime restaurant, et Chap.iv.

^ . Des corps

plusieurs applications toniques dont on recouvre ^t,.a„g. orles reins, le ventre, etc. C'est aussi dans ces mêmes ^"^JJ yj,,,, cas que l'emploi d'une méthode antisypliilitique ^'.J^^J*^^"" a conservé certaines grossesses, ou prévenu de nouveaux avorlemens.

Quelle Que soit la cause pour laquelle l'enfant Travail (U

o • J • 1 • ai Tavorle-

cesse de vivre ou de pouvoir subsister dans la m&at. cavité de V utérus , il doit s'établir un travail analogue à celui de l'accouchement , en vertu duquel le placenta et les membranes sont isolés, et le produit de la conception expulsé. La première partie de ce travail est plus facile dans les avortemens qui ont été déterminés par une hémorragie apparente , surtout si elle a été copieuse, et si elle a nécessité l'emploi d'un tampon. Le dégreffement du placenta peut se trouver complet au moment où l'action expultrice de Vutérus s'établit; mais lorsque les adhérences du placenta n'ont subi aucune altération , elles doivent être détruites par les contractions de la matrice ; et il est aisé de concevoir que la chose est beaucoup plus difficile après quatre ou cinq mois de grossesse, qu'à l'époque du terme naturel. La réductibilité de la matrice par chacune de SCS contractions est en raison de la cavité qu'elle renferme et de la souplesse de ses propres parois: or, moins la grossesse est avancée, plus la cavité utérine est petite et les parois épaisses et denses. 11 faut aussi un certain développement

Chap.IV. (Je la part du placenta pour qu'il forme une

•Des corps rr » • i j i

ëtrang. or- lûasse sullisantc ; mais dans une grossesse de quelgamques. ^^gg ^ois, Ic délivre est très-petit , et les contracetdessecun- tions nécessaires pour sa séparation doivent être beaucoup plus nombreuses et plus fortes. Enlin, comme nous l'avons dit précédemment, il est un véritable état de maturité pour les secondines, qui prépare leur isolement vers le terme naturel de la grossesse; et le défaut de cette condition dans un avortement doit augmenter les difficultés et rendre la fonction beaucoup plus longue. Ces motifs et la délicatesse des membranes sont ce qui détermine le plus souvent la rupture de ces dernières dès le commencement du travail de l'avortement , et cet accident lui-même est une source de nouvelles difficultés. Les contractions de la matrice agissent avec plus d'avantage sur une masse d'un certain volume, élastique, ovoïde, qui peut profiter de la moindre dilatation de l'orifice et s'y engager. Alors une nouvelle force peut être employée au dégrefFement du placenta : d'un côté les efforts de la matrice , de l'autre le glissement et les liraillemens que l'œuf entier peut exercer sur ses propres adhérences , à mesure qu'il se laisse déplacer. Les avortemens où les choses se passent de la sorte sont les plus prompts et les moins périlleux. Que les membranes se rompent , et que les eaux soient évacuées avant le dégrefFement du placenta, l'œuf s'affaisse, les parties qui le composent se plissent^

Chap.IV.

se réduisent à un moindre volume , elles cessent

Des corjis

d'exciter suffisamment la matrice ; celle-ci agit éuang. orpeu, sans utilité j et souvent la séparation du ^"^^y^i,,^ placenta ne peut être opérée quà la faveur de sa ^J.'^"/^'^°''' décomposition.

Lorsque les choses sont en ce dernier état, on Séjour et

decomposi-

sent tous les dangers qui peuvent en résulter. On Uon putride

,,,,,, . , •111 du produit

n a plus d hémorragie a craindre ^ le placenta ne la con:. Titplus, ou du moins il ne pompe plus dans la c^P'^'^'^* matrice assez de sang pour le verser : mais la putréfaction de ce même corps doit entraîner la matrice dans un état d'irritation d'autant plus à craindre , que cet organe tarde plus à se débarrasser. L'absorption des miasmes putrides peut même donner lieu à un état adynamique des plus graves , et propre à donner un très-mauvais caractère à l'inflammation de ï utérus, quelque légère que soit d'ailleurs cette dernière. Un semblable état est aussi embarrassant que périlleux. Les contractions de la matrice sont insuffisantes , et deviennent d'autant moindres, que l'inflammation est plus marquée 5 son orifice est trop peu dilaté pour admettre les doigts ou tout instrument propre à les suppléer ; la densité du contour de cette même ouverture, et l'état d'irritation ou d'inflammation de l'organe , interdisent toute manœuvre propre à extraire le corps étranger ^ le cordon ombilical, s'il paraît à l'extérieur, n'a aucune consistance et ne peut rendre aucun service. On ne peut donc que chercher à com-

SaS. SECTION V.

Chap.iv. battre par les moyens convenables l'état inflamiStrIng.*^°c)r- Dialoirc de Vutérus elles effets de l'absorption des ^^^D^^œtus putrides, en attendant que la décompo-

etdessecon- sitioii du placenta ait opéré sa destruction complète. Cependant ces soins sont pleins de difficultés et exigent la plus grande ciïconspection. Si d'un côté il existe un état d'irritation dans la matrice , de l'autre l'introduction des miasmes animaux putrescens produit une adynamie plus ou moins dangereuse. Il faut beaucouj) d'habileté pour reconnaître la prédominance réelle de l'un de ces élémens, elles combattre tour à tour sans entraver les efforts de la nature. Lors même que la délivrance est enfin accomplie , il ne faut pas oublier que la matrice a été soumise à l'action prolongée de substances irritantes qui ont pu laisser une impression durable. Les effets généraux qui ont résulté de cet accident peuvent être entièrement dissipés , et la matrice rester dans un état d'irritation sourde, mais dangereuse. C'est ainsi que l'inflammation chronique de cet organe s'établit fréquemment en pareil cas. Il faut alors examiner avec soin ce qui se passe à l'occasion des menstrues subséquentes, et ne pas négliger d'effacer jusqu'à la moindre trace de l'événement précédent.

DES CORPS ÉTRA.NGERS. ^SQ

CtlAP. IV.

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