‹ Précis élémentaire des maladies réputées chirurgicales [electronic resource]Chapitre 25 sur 43 · II · texte numérisé non relu

II

CnAp.lV. de l'amnios, et la grande distension que la ma-

Des corps • f • ^ . . . .

étrtmg. or- ï-rice en epronve , qui peuvent laire ainsi varier la ^"iJr/œto^ position du fœtus et lorsque les rapports naetdesseeon- turcls entre la capacité de Tutériis et le volume de l'enfant sont altérés de la sorte , il nj a pas de position vicieuse qu'il ne puisse contracter et qu'il ne puisse garder an moment de l'accouchement. Ainsi, on a vn des cas où l'on a trouvé sur l'orifice de la matrice la nuque, les épaules , les lombes, la face, le cou, la partie antérieure du thorax ou de l'abdomen , une oreille, un bras , le flanc, etc. A l'exception de celle de la face ('2), l'accouchement ne saurait avoir lieu dans aucune des autres positions , à moins que l'enfant ne soit très-petit.

Si les choses restent en cet état, les eiOForts expulsifs de la matrice acquièrent un développe-

(i) Nous avons observé, dans la durée de certaines épidémies catarrhales , qu'il était commun que la matrice , chez les femmes grosses el d'ailleurs bien portantes , fût trèsvolumineuse , et contînt une quantité excessive de sérosité. En même temps, les accoucliemens contre nature, par la position vicieuse de l'enfant, étaient plus nombreux ; et il était rare que les suites des couclies fussent simples et nai'urelles.

(2^ Cette position est ordinairement aussi défavorable » que toutes celles que nous avons énumérées en même temps ; mais il «st des cas particuliers , et nous en avons vu des exeinples, où le petit volume del'eafiuit, des dimensions tji'ès-avant.?igeuses du bassin, une extensibilité extraordinaire diîs parties molles , favorisent l'accouchement , malgré cette position contre nature.

DES CORPS ÉTRANGERS. 33c)

lent d'autant plus grand, que les eaux sont éva- Chap. IV.

/ i . ■ Des corps

uées, et que la matrice embrasse exactement et éuang. orepuis plus de temps la surface du corps de l'en- ^'""^DT/œtus mt. Après des efForts énormes, les forces tom- ^J-f^H^^'^"'^' ent , les douleurs deviennent plus rares et plus 3gères ; mais après nn répit plus ou moins pro- Dngé , le travail recommence avec une nouvelle nergie. Ces alternatives continuent jusqu'à ce ue les forces de la femme soient épuisées. Ceendant les parties sexuelles s'engorgent et s'enlamment ; les urines et les matières stercorales ont retenues ; la partie de l'enfaiit qui se présrîte, si elle est de nature à s'engager, comme î bras , etc. , s'engorge j acquiert un volume norme, tiraille les parties extérieures , et ajoute

leur irritation ; le ventre devient douloureux au Duclier, se ballonne; la matrice s'enflamme; le lacenta se sépare , et il survient une hémorragie lus ou moins abondante. La fièvre s'allume , la mgue est sèche, rôtie, l'œil éteint ; il surient du délire , et la malade périt , ou par épuisement des forces, ou par l'hémorragie , ou es suites de la rupture de la. matrice, ou de son aflammation et de celle des viscères du basentre. On sent bien que tandis que l'enfant onstitue un corps étranger aussi dangereux , il )érit lui-même par les conséquences d'un travail nutlle et aussi pénible.

Il est indispensable, dans ces cas, de changer , indications, a position de l'enfant et d amener à l'orifice de Inversion

de l'eufant.

Chap.IV.

Des corps ^trang. organiques

Du Jœtus etdessecondines.

Moment le plus favorable pour l'inversion del'eafant.

34o SECTION V.

la matrice l'une des extrémités de son corps. Les membres inférieurs sont les seules parties que l'on puisse saisir commodément pour opérer Yinversion, et l'usage est d'aller chercher les pieds. Quelle que soit la partie que l'enfant présente, elle ne manque pas de s'éloigner dès que les membres abdominaux ont été engagés assez avant dans l'orifice.

Un changement total dans la position de l'enfant, et tel qu'il le faut pour substituer les membres abdominaux à la partie qui se présente à l'orifice de la matrice , peut nécessiter des mouvemens fort étendus et des manœuvres pénibles, soit pour la mère, soit pour l'enfant. Pour éviter une partie des difficultés, il est important de? saisir, pour l'exécution de ce projet , le moment a où la matrice est le moins resserrée sur le corps # du fœtus , celui où cependant son orifice est le plus dilaté , et de chercher à s'emparer de la partie des extrémités inférieures la moins éloignéei qu'il se peut de ce même orifice. Or , tant que la poche des eaux agit sur l'orifice et le dilate, le( corps de l'enfant est entouré d'une grande masse de liquide qui l'isole des parois de la matrice ; si la tumeur formée par les membranes a été bieni ménagée , au moment de la rupture la dilatatiom de l'orifice doit être telle , que la partie la plus volumineuse du corps de l'enfant puisse y être admise. Dans ce moment aussi , la matrice ne s'est pas encore emparée de l'espace que les eaux

occupaient j la main peut être facilement intro- ^^^^'^J^'^^ diiite, et le corps de l'enfant peut obéir à toutes étrang orles impulsions étrangères et se prêter sans obs- ^"'^'i"^^^,,, tacle à tous les changemens de position. Plus lard etdesscconla matrice est contractée j elle embrasse étroitement le corps de l'enfant, elle s'accommode à toutes les inégalités de sa surface ; ce n'est qu'avec la plus grande peine que l'on pénètre dans la cavité , que l'on cherche la partie qu'il convient de saisir , et qu'on amène cette dernière à l'orifice de la matrice en changeant totalement la situation du fœtus. C'est dans de pareilles conditions que la main , qui jg'efforce de pénétrer , peut séparer le placenta , irriter ou rompre la matrice , exercer des contusions dangereuses sur les viscères abdominaux ou pectoraiiK de l'enfant, violenter ses membres, son épine , etc., etc.

Quant à la partie qu'il est convenable de sai - L'inversion

, , . . est plus fu-

sir, nous pensons que les préceptes admis jus- cile et plus qu'ici sont susceptibles de quelque modification sis^sanTks" utile. On recommande d'amener les pieds à l'ori- genoux, fîce de la matrice, soit les deux en même temps, soit l'un après l'autre, ou même un seul. Ces parties doivent être saisies et conduites de manière que les membres inférieurs soient placés vers la partie antérieure du tronc, et que la 'flexion de cette dernière partie et de la totalité du corps doive être augmentée par l'effet de tous les efforts qui tendent à l'extraction de renfant. Il faut en un mot , d'après les préceptes reçus , que

Chap.iv. la conversion et rextraclion de l'enfant se fassent

Des corps j • ^ -, i- r -i -, .

étr..ng. or-

ae manière que la totalité de ce dernier ne cesse ^""iTfœlus jamais de former une courbe prolongée, dont etdessecon- le sinus réponde aux parties antérieures de son

dmes. Ti • 1 / >

corps. 11 suit de ces préceptes, ires-sages d'ailleurs , en ce que l'épine n'est jamais exposée de la sorte à des efforts dans le sens du renversement du tronc ou du cou , qu'il faut toujours aller chercher les pieds , qui ne sont pas ordinairement les parties les plus voisines de l'orifice de la matrice ; qu'il faut placer les jambes dans l'extension, ce qui n'est ni facile, ni exempt de danger quand la matrice est^^ifortement contrac-> tée ; que toutes les fois que l'enfant présente à l'orifice quelque point de la moitié supérieure de son corps ou de la face postérieure, il faut lui faire subir un déplacement extrêmement étendu, condition toujours plus ou moins périlleuse à remplir. Les praticiens qui ont eu à terminer des accouchemens de cette espèce long-temps après l'évacuation des eaux (i), ont éprouvé toutes les

(i) L'ignorance cause beaucoup d'accouchemens contre nature, et augmente souvent les difficultés de ceux qui sont essentiellement tels. Dans le cours d'une pratique assez étendue dans une des principales villes du royaume , où nous ayons été fort employé comme accoucheur , nous avons eu occasion de véiifier qu'il n'y a presque pas d'accouchement où , l'enfant ayant contracté une position vicieuse, la poche des eaux n'ait été rompue de bonne heure, et long-temps' avant qu'elle eût pu dilater suffisamment

difficultés attachées à cette sorte de manœuvres , Chap-IV.

„ , , n • j Des corps

et auront lorme, comme nous, le vœu d avoir des ^t,. „g orprocédés plus simples et plus sûrs. ^^^T fœtus Nous avons éprouvé souvent que les genoux , etdesseconqui sont ordinairement plus rapprochés de l'oriiice de la matrice que les pieds , sont plus faciles à saisir ; qu'un doigt placé dans l'angle formé par les jarrets donne une prise solide et plus commode pour amener ces mêmes parties , en délivrant de l'embarras d'étendre les jambes , au péril de quelque fracture de ces membres -, qu'en conduisant les genoux par l'un ou l'autre côté de la partie qui^se présente , on n'a pas besoin de déplacer cette dernière pour engager celle que l'on amène dans l'orifice de la matrice ; qu'il

l'orifice de la matrice. Dans les cas de ceUe espèce , la tête n'appuyant pas , comme à l'ordinaire , sur cette même ouverture dans l'intervalle des douleurs et le travail n'avançant point avec la célérité accoutumée ; la curiosité , l'impatience portent les sages-femmes , les officiers de santé à percer la poche des eaux, espérant faciliter l'accouchement par cette manœuvre déplacée. 11 se passe toujours beaucoup de temps avant qu'on n'obtienne les secours d'un homme instruit. Alors les difficultés sont extrêmes , et rarement parvient-on à sauver l'enfant , ou à préserver la mère des suites dangereuses des violences prolongées qu'il est indispensable d'exercer. Si l'on faisait un relevé de la dépopulation qui provient de cette cause,- les résultais en seraient effiayans , et bien propres à faire sentir combien est inhumaine l'institution d'une classe de prétendus guérisseurs dont l'instruction est insuffisante ou nulle.

Chap.IV. suffit de diriger les genoux vers la partie anté-

Des corps . i? j a r i , ,

ëtrang. or- Tieure et luii des cotes du corps de 1 enfant, ^""nT/œtus P^^^^ ^^^^ assuré de ne jamais imprimer au tronc etdessecon- de cc dernier un mouvement de renversement

âmes, , ,

en arrière, seule attitude dangereuse pendant le travail ; qu'en donnant aux parties que l'on a saisies la direction dont il s'agit, au lieu d'une inflexion simple du corps sur les parties antérieures, on rend cette même inflexion un peu latérale , ce qui n'est nullement dangereux -, que l'on imprime en même temps au corps de l'enfant im mouvement de rotation selon son axe , également exempt de danger , à cause del^ forte flexion antérieure- latérale j à la faveur de laquelle les parties se prêtant mutuellement un point d'appui ^ solide , elles obéissent toutes ensemble à la même

impulsion,* que par-là les parties subissent im déplacement beaucoup moins étendu , par conséquent plus facile et moins dangereux ; enfin , qu'en agissant sur le bassin par la médiation des cuisses , et tandis que toutes les parties du corps de l'enfant se prêtent un point d'appui invariable, le praticien dirige beaucoup plus exactement l'attitude du fœtus : il peut avoir la certitude que , jusqu'à ce que les cuisses soient engagées et que les fesses se présentent, toutes les impulsions qu'il donnera aux genoux seront transmises à tout le reste du corps et à la tête.

Ge n'est point ici le lieu de nous étendre sur l'application particulière de ce procédé à tous

DES COnPS ÉTRANGERS. 345

les cas d'accouchement Hont la marclie est en- Chap.IV.

/■ TVr corps

travée par la situation vicieuse de l'eniant. JNous ^trang. ornous contenterons d'observer que, dans les ac- ^^^'^'^y^^tus coucliemens de cette espèce que l'on est le etdessecon-

. , , aines.

maître de terminer tandis que les eaux s'ecoiilent, le choix entre les procédés enseignés jusqu'à présent , et celui que nous venons d'indiquer, peut être iiidifférent , à cause de la souplesse des parois de la matrice et de l'espace dont on peut disposer. Mais il n'en est pas ainsi lorsque les eaux sont évacuées depuis long-temps : les difficultés sont quelquefois très-grandes, et un procédé plus facile et plus expéditif est une ressource de plus (i).

Du reste, il n'est pas toujours prudent de pro- Soins pré-

^ ^ liminaires ,

céder sur-le-champ à la délivrance de la mere en utiles dans pratiquant l'inversion de l'enfant, quelque graves cas^.^*^"^^ que soient les effets qui ont déjà été produits par le vice de sa position, et quelque urgent qu'il puisse être d'ailleurs de terminer l'accouchement. Il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit de pénétrer dans la matrice, et d'y exercer peutêtre des violences considérables j que si cet or-

( I ) Dans notre Traité de thérapeutique chirurgicale , nous ferons connaître plus particulièrement les règles de l'application de ce procédé à toutes les positions contre nature. Du reste, nous n'omettrons pas de dire ici que nous l'avons emprunté de Burton , qui le réservait pour les cas ou. l'enfant présente les lombes à rorificc de la malricc.

Chap.iv. gauc estdéjcà enflammé / on peut beaucoup aff-

Des corps i, , , , , . r

ctraiig. oi- graver 1 état morbilique dans lequel il est déjà : ^'^Du/b^tus îU^eut être beaucoup plus pressant alors de faire etdessecon- cesscF l'état d'irritation extrême des parties par

aines. -, . . ^

une OU plusieurs saignées, des bains, l'usage des opiacés, etc. On peut, à la faveur de ces moyens préparatoires , rendre l'opération beaucoup plus facile et moins dangereuse.

§i VI. Des Accoucliemens essentiellement contre

nature.

Dans le paragraphe précédent , nous nous sommes borné à l'examen des accidens qui , survenant au moment de l'accouchement, en changent la nature ou le rendent impossible. Nous exposerons dans celui-ci les affections ou les conditions propres à la mère ou à l'enfant qui s'opposent nécessairement à l'accouchement, ou qui le rendent plus ou moins difficile. iSous rangerons dans cette dernière classe : i". les oblLcjuités de la matrice; 2°. la précipitation de ce même organe ; 3°. les hernies dans lesquelles il se trouve compris ; 4'^- Iss tumeurs dont il peut être le siège ; 5'^. les tumeurs du bassin ; 6°. les difformités de cette même cavité ; 7°. celles de l'enfant; 8°. la séparation de la tête du fœtus et son séjour dans la matrice.

Obliquités L La matrice change quelquefois de direction,

de la ma- •,, -, -it» Ji'..*..

trice. et se détourne plus ou moins de laxe du détroit

supérieur du bassin, selon lequel elle doit être Chap.IV.

••• . . Des corps

placé dans l'ordre naturel. Ces déviations ne peu- étrang. or- ^ eut avoir lieu que vers la partie antérieure ou ^'"J^^"y^^„^ vers l'un ou l'autre côté. La déviation antérieure etdessecon-

lIlfl€S*

et celle vers le côté droit sont les plus communes. On conçoit aisément que, dans l'obliquité antérieure, selon laquelle le développement de la matrice doit se faire pendant la gestation , le poids du produit de la conception dont elle est chargée peut fatiguer et distendre la ligne blanche, ou la paroi antérieure de l'abdomen. Alors , l'axe de l'utérus s'incline de plus en plus en devant, et forme un angle plus ou moins ouvert avec celui du détroit abdominal du bassin : en sorte que l'oriiîce se dirige vers l'os sacrum , et que la paroi antérieure de la matrice répond au centre de la cavité du bassin. Cette espèce d'obliquité peut être portée très-loin : on a vu des cas dans lesquels le fond de la matrice était dirigé en bas, et où l'orifice était placé audessus de la base de l'os sacrum.

On ne conçoit pas aussi bien la raison des obliquités latérales, et l'espèce de prédilection que cette déviation affecte pour le côté droit ; mais la structure des parois de l'abdomen explique suffisamment pourquoi ces obliquités ne sont jamais aussi marquées que l'obliquité antérieure. L'orifice de la matrice est dirigé en sens inverse du fond de ce même organe, et répond toujours à un point plus ou moins élevé de l'os des han-

Chap. IV. ches correspondant ou de la fosse iliaque , et l'une étiaiig.''°or- parois latérales recouvre le détroit supérieur

ganiques. baSsin.

Vu Jœtus

etclessecon- H est Cependant une a/Fection morbifique sin-

cimes. 1 • ^ 1 1

Inflexion' f'""^^^ matricc , qui ressemble à quelques

du col iitc- égards à l'obliquité , et qui pourrait être confon-

rin, qu'il ne j .

fautpascon- ûuc avcc elle, quoiquelle naît pas les mêmes roWiquité!*' ^^^'^ • organe est quelquefois con-

tourné, et plus ou moins incliné vers l'une de ses parois. Dans cette diiTormité, connue sous le nom de matrice en cornue , il semble que l'une des parois du col n'ayant pu se prêter qu'incomplètement au développement commun, elle ait retenu de ce côté l'orifice : aussi , lorsqu'en même temps l'obliquité de la matrice a lieu du même côté que l'inclinaison de son col, l'orifice peut correspondre plus ou moins exactement au centre de la cavité du bassin , quoique l'axe de l'organe soit fortement dévié. Nous verrons bientôt que cette difformité ne peut presque pas nuire à l'accouchement.

Effets d'une L'impulsion que les contractions de la matrice

obliquité de , i • i i

l'utérus. donnent au produit de la conception est toujours dirigée selon son axe et du fond vers l'orifice , quelle que soit d'ailleurs la direction de cet organe. Mais lorsqu'il est dévié au point que son orifice appuie sur l'une des parois du bassin , cette même impulsion ne peut plus servir à engager la poche des eaux dans cette ouverture eî à travailler ainsi à sa dilatation. Cette opéra-

ùon préparatoire de l'acte de raccoucliement a Chap.iv.

lieu néanmoins avec plus de lenteur et de diffi- ^tiang. or-

culté : elle doit être accomplie par la seule ré- ^^X'^/Lu*

traction que les contractions de la matrice im- etdcssecon-

. aines.

priment au contour de son orifice, ou par la pression que le corps de l'enfant peut exercer sur lui. En supposant naturelle la situation de ce dernier, la tête sera pressée contre le point du hassin sur lequel rorilice de la matrice est appuyé. Si cet organe était complètement isolé; si son axe tombait perpendiculairement sur la surface osseuse qui lui sert de point d'appui ; si aucune force étrangère ne devait contribuer au travail de l'expulsion de l'enfant , tous les efforts de l'utérus viendraient se perdre sur l'espèce de barrière opposée à son orifice , et ne pourraient avoir d'autre effet que d'exercer des compressions mortelles sur la tête de l'enfant. Mais l'obliquité de la matrice est rarement telle , que son axe ne forme un angle obtus avec la surface sur laquelle l'orifice repose ; les viscères abdominaux entourent la paroi de l'organe que l'obliquité a dirigé en haut; des efforts involontaires d'expiration , une contraction simultanée des muscles du bas-ventre et du diaphragme, doivent aider ^ les efforts expulsîfs de la matrice^ Cette dernière cause donne une impulsion parallèle à l'axe du détroit supérieur du bassin, laquelle porte sur la portion de l'utérus qui croise ce même axe : cet effort doit modifier celui que la matrice

CriAP.IV.

exerce j et la lete, dans le cas suppose, doit en

Des corps , • a • i-fr" -,

ëtrang. or- cprouver imc inflexion différente selon sa si- ^"^DT/œtus tt^ation , propre à plonger dans la cavité du basle point qui se trouve correspondre à cette dernière. Cependant , si l'obliquité de la matrice est très- étendue, la déviation de l'orifice est aussi très-grande. Un seul point du contour de cette ouverture peut correspondre à la région de la têtej qui est poussée vers le bassin j la totalité peut même être appuyée contre la fosse iliaque, par exemple ; et dans ces deux cas la dilatation de l'orifice sera médiocre, insuffisante, ou nulle. Alors la paroi de l'utérus qui correspond à la cavité du bassin est distendue par la partie de l'enfant qui s'engage ^ elle en sera fortement irritée, enflammée, ou même rompue. On voit par-là quels sont les effets de l'obliquité de la matrice au moment de l'accouchement , et que celui-ci peut en être rendu beaucoup plus long, difficile, périlleux, ou absolument impossible. Indications. L'iiidicatioii est extrêmement simple et facile à saisir. La matrice n'est pas invariablement assujétie dans la direction vicieuse qu'elle a contractée ; elle peut être facilement ramenée à sa situation naturelle , mais elle conserve une tendance marquée à reprendre cette direction contre nature. Le poids de la masse qu'elle renferme est une force dont on peut tirer parti , dans le dessein de corriger la déviation : en couchant la femme sur le côté opposé à celui de

l'obliquité, le fond de rutérus est facilement ^'^/l^^J^^ ramené vers le point central de l'aljdoraen. Le ,:trai.g. or-

. • eaniques.

col et l'orifice suivent ordinau'ement en sens in- " fœtus verse et dans des proportions égales le mouve- ^^.^^^ ment que l'on imprime au fond; cependant on favorise cette dernière partie de la réduction en ramenant directement l'orifice lui - même , au moyen de plusieurs doigts portés dans le vagin. Des accouclicmens qui jusque - là avaient été pénibles , ou qui paraissaient devoir éprouver les plus grandes dlificultés et donner lieu aux accidens les plus graves, ont souvent été terminés en quelques instans et par les seules forces de la na- :ture, après avoir restitué de la sorte la direction 1 naturelle de la matrice et celle de l'enfant. Ce- [pendant , les effets de cette légère opération ne ■sont pas toujours aussi prompts; soit parce que lies forces peuvent se trouver épuisées, soit parce I que l orifice de la matrice n'est pas suffisamment (dilaté. Dans ces cas, il importe de faire garder U'attitude à la faveur de laquelle la réduction >vient d'être accomplie ; d'assujétir la matrice (dans la situation que l'on vient de lui donner, !en exerçant une compression suffisante autour de l'abdomen, et de prendre en considération l'inflammation plus ou moins vive que peut avoir contractée la paroi de l'utérus qui a été violentée pendant que la déviation subsistait. Si le travail doit durer encore long-temps , cet état ipeut être fort aggravé. Dans ces cas, une ou plu-

ce.

Chap.iv. sieurs saignées peuvent être de la plus grande

Des corps ,.il\[fA étrang. oi- ""^i'-"-'

^^tTjh^tus Nous parlerons ailleurs du prolapsus de la

etdessecoii- matricc , que nous considérerons comme dénia--

diiics ^

cernent, et nous aurons occasion de dire aue cet

Prolapsus M

de la matri- Organe peut s'échapper du bassin par la vulve , même dans son état de vacuité. On conçoit que ce déplacement est bien plus facile lorsque l'utérus est chargé du produit de la conception. On aurait de la peine à se persuader cependant que le détroit périnéal du bassin puisse se trouver assez ample, et que la vulve puisse être distendue au point de permettre le passage de la matrice avec le volume qu'elle acquiert au terme de la gestation ; mais l'observation ne permet aucun doute à cet égard, et les malheurs qui peuvent être la conséquence d'un semblable accident méritent toute l'attention du praticien. Si la matrice est chassée de l'abdomen et du bassin long-temps avant que l'accouchement doive être terminé, la circulation devant être fort gênée dans cet

organe par un tel changement de position, il est très - prochainement menacé de mortification , accident funeste pour la mère et pour l'enfant. Il est néanmoins très-douteux que l'on puisse parvenir à réduire avec la promptitude nécessaire la matrice distendue : chaque instant détermine un accroissement notable dans le volume des parties ; les manœuvres elles-mêmes par lesquelles on s'efForce de réduire , favorisent

Tengorgement et rirrltaiion. D'un autre côlé , Chap. IV. parvienura-t-on , avec la célérité nécessaire^ a ^t,.a„g. orteniiiaer un accouchement dont le travail n'est 8'*'J''J"';f-

Vu Jœtu

pas Lien établi? Cette ressource étant pourtant etdessecon la seule lorsque le prolapsus est consomme au terme de la gestation, il ne faut rien néglic^er pour en tirer tout le parti possible, en faisant d'ailleurs un pronostic convenable ; mais ce qu'elle a de douteux doit faire sentir bien vivement combien il importe de prévenir ce déplacement lorsqu'il existe des prédispositions , soit en tenant la femme constamment couchée horizontalementjSoit eu lui interdisant tout effort volontaire et en soutenant avec soin l'orifice de la matrice.

m. Nous ne nous arrêterons pas ici aux cas de Hernies d

d,,. 1 J11* 11 1 >l«i matrice,

eclurure tres-eienuue de la ligne blanche, a

travers laquelle la matrice peut être admise pen-

• dant tout le cours de la grossesse. Toute la diffi -

' culte d'un tel état de choses consiste à soutenir

les parois abdominales pendant la gestation et

(durant l'accouchement, pour prévenir, s'il se

] peut, un accroissement de la solution de conti- '

nuité. Mais des circonstances bien plus fâcheuses

îsont celles où l'utérus faisant partie des viscères

( contenus dans une hernie inguinale , reçoit dans

cette position le produit de la conception, ou

bien celles où il subit un semblable déplacement

après la fécondation. On conçoit toute là gêne

que l'organe doit éprouver de la part de Jl'ouver-

ture qui lui a livré passage, et combien cette

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