‹ Précis élémentaire des maladies réputées chirurgicales [electronic resource]Chapitre 37 sur 43 · ARTICLE V · texte numérisé non relu

ARTICLE V

Du Prolapsus de la matrice.

Si le bassin formait une cavité cylindrique régulière^ si son axe était droit et parallèle à celui de l'abdomen , on ne concevrait pas pourquoi l'utérus n'est pas plus fréquemment expulsé du bassin à travers la vulve. A la faveur de l'inflexion de la portion lombaire de la colonne vertébrale , le bassin est transporté en arrière , et l'axe de son détroit supérieur se trouve par-là fortement incliné en devant, tandis que celui du bas-ventre Mécanisme, demeure presque perpendiculaire. Il s'ensuit que les impulsions de haut en bas que la masse intestinale pourrait communiquer à la matrice , n'agissent ordinairement que sur son fond , en le rapprochant de la vessie ou de la région pubienne. Néanmoins , il arrive quelquefois que ces mêmes efforts chassent enfin la matrice dans le sens de

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J'axe recourbé du bassin , la transportent plus près Chxp. I.

T , 1 -, ^ ^ Desdcplîl-

de la vulve, et la poussent même a travers cette cem.desuai-ouverture et totalement hors de la cavité pelvienne. Un tel déplacement est connu sous le nom susdeiamade prolapsus j ou de chute de la matrice, que 1 on j^jgjj^çjjon a distingué en complet et en incomplet, pour dé- proiap- Signer les degrés de lanection. Dans le premier complet et cas, la matrice est située plus profondément dans pi^et!"*^"™" la cavité du bassin et son orifice est plus ou moins rapproché de la vulve j dans le second cas, le col de l'utérus ou la totalité de cet organe se montre au dehors, enveloppé du vagin renversé ou même distendu.

On ne connaît guère d'exemple de prolapsus de Causes, la matrice avant l'époque de la puberté. Le plus grand nombre d'observations a été recueilli sur des femmes fécondes et qui avaient eu plusieurs enfans. Ce n'est pas que ce déplacement ne puisse avoir lieu chez des personn.es qui n'ont point enfaute , mais dont les parties sexuelles ont été fort relâchées par des leucorrhées abondantes et prolongées; cependant de pareils faits sont beaucoup plus rares. On observe que les femmes qui ont eu le plus grand nombre d'enfans sont les plus exposées au prolapsus de la matrice. Cette affection est assez commune à la suite d'un accouchement pénible et prolongé ; lorsque l'enfant s'est trouvé fort volumineux j que sa tête est restée long-temps engagée au passage ; qu'il a contracté une position défavorable (Jui a nécessité des manœuvres

tiice.

5a8* SECTION yi.

Chap. I. violentes 3 lorsqu'il a fallu procéder à son extrac-

cîu.ae£' ^^^^^ ^^^^ P^^ ^® secours des mains, soit par celui tiesmolics. jgjj instrumens j enfin, lorsque la délivrance a été

Du pixilap- ^ ^ ^ ^

sus de la ma- difficde, et que l'on s est efforcé d'amener le placenta par des tractions exercées sur le cordon ombilical. A la suite même de l'accouchement le plus naturel, une chute, une secousse, des efforts inconsidérés, surtout dans une position propre à diminuer la capacité de l'abdomen, peuvent déterminer le déplacem.ent dont il s'agit : ainsi, l'on a vu une secousse perpendiculaire en descendant ■ un escalier sans précaution, une chute, même médiocre , sur les pieds, les genoux ou les fesses , un effort pour soulever un fardeau, le |;ronc étant fortement fléchi, donner lieu à la chute de la matrice, surtout si de pareilles circonstances ont lieu peu de temps après l'accouchement. Il est des femmes chez lesquelles le déplacement perpendiculaire de l'utérus a lieu sans le concours d'aucune des conditions que nous venons d'indiquer, et où l'on ne remarque aucune autre altération de l'état naturel qu'un amaigrissement considérable.

Les observations que nous venons d'exposer et le résultat général des faits connus portent à croire que deux circonstances sont nécessaires pour que le prolapsus de la matrice s'opère : le relâchement des parties molles qui forment la région périnéale de l'enceinte du bassin et spécialement de la vulve, lin effort qui chasse Y utérus dans le sens de Taxe du bassin. Les anatomistes ayant long-temps cou-

ma-

irice.

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sidéré les replis que le péritoine forme sur les Chap. r,

A , , 1 • 11- Des (l('pla-

cotes de la matrice , comme des ligamens propres cem.despai-à fixer ou suspendre cet organe dans la cavité du '^'^^J^"!,'^;,, bassin, on a cru qu'un relâchement de. ces mêmés susrhia parties était une condition nécessaire. La disposi tion , la structure , l'extensibilité de ces replis membraneux, la facilité avec laquelle ils doiveùt être déplacés à tout instant , ne permettent pas d'admettre une semblable opinion. Les cordons fibreux connus sous le nom de ligamens ronds offrent plus de consistance et se prêteraient mieux à cette hypothèse , si ces organes n'avaieiit une' disposition précisément inverse de ce qu'il faudrait pour qu'ils exerçassent une influence marquée sur la position de la matrice par rapport à la hauteur du bassin. Si, comme il paraît probable, il faut chercher une causé mécanique du prolapsus de la matrice, elle ne peut être trouvée que dans l'état des parties molles qui forment l'orifice inférieur du bassin.

. La matrice, rendue plus lourde par le produit Prolapsus de la conception, occupe la partie la plus déclive gesTitîon!* du bassin pendant les .trois premiers mois de la grossesse j plus tard, les progrès du développement de cet organe élèvent sou foiid au-dessus du niveau du détroit supérieur du bassin , et l'augmentation de sou volume lui fait trouver un point d'appui sur ce contour osseux, ce qui l'élève vers l'abdomen et l'éloigné de la vulve. Cependant ce prolapsus naturel peut devenir complet et perma-

{yGo SECTION VI.

Chap. I. lient, s'il est favorisé par des prédispositions anléo^n'ierpar- ccdenles , et par des secousses ou par des efforts ties molles, d'expiration. On a vu en effet la matrice charirée susdeiama- du procluit cle la conceptiori , dans les trois ou quatre premiers mois de la grossesse , chassée complètement hors du bassin et de la vulve. Un déplacement semblable peut même avoir lieu au terme de la grossesse et pendant le travail de l'accouchement : il faut sans doute que les dimensions du bassin soient extraordinaires et que le relâchement de la vulve et du périnée soit extrême, et heureusement de pareilles dispositions sont trèsrares j néanmoins elles ont lieu, et le déplacement de la matrice en a été la conséquence ; ce qui doit rendre bien attentif aux phénomènes qui pourront faire présager un accident aussi funeste. Phéno- Les effets du prolapsus de la matrice sont différens, selon l'étendue de l'affection et l'état de Du prolap- vacuité OU de réplétion de Torgane déplacé. Lorsplet/"*^""^' <ïue l'utérus se trouve simplement rapproché de la vul^e, il exerce une distension douloureuse si\r les replis utéro-pelviens du péritoine, sur les vaisseaux et les nerfs qu'ils renferment et sur les ligamens ronds : de là, des douleurs légères, mais constantes, à l'hypogaslre, à la région lombairfi et dans les aines. Située plus bas que dans l'état naturel, la matrice appuie sur l'intestin rectum et sur lé bas-fond de la vessie : de là, une sensation incommode , analogue à celle qu'exciterait le besoin d'expulser les matières stercorales ou l'urine^

menés.

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la malade se présente fréquemment à la garde- Chap. r.

robe ; elle se livre même quelquefois à des efforts Des d.pla- ' Il ceiu. des par-

inconsidérés, qui peuvent rendre le déplace/ment ties molles, pius étendu. Les phénomènes sont bien plus susdeiama-

tnce.

marqués lorsque la malade est debout que dans line position horizontale ; cette dernière attitude peut même faire disparaître tout sjmplôine moirbifique. L'orilice de l'utérus étant situé très- près de la vulve, ou même légèrement engagé dans cette ouverture, il est repoussé et comme réduit par la compression du siège , lorsque la malade se tient assise ; en quittant cette attitude pour se placer debout , elle s'aperçoit que le poids de la matrice la ramène vers la vulve. La toux, les cris, et tout effort d'expiration donnent une impulsion manifeste à cet organe. Les tiraillemeus qu'il exerce sur les parties intérieures qui résistent à son déplacement donnent lieu à un état d'irritation qui peut exercer une influence marquée sur ses propres fonctions, et s'étendre aux organes digestifs. Ainsi, il arrive quelquefois que les fonctions de l'estomac sont troublées, que la malade éprouve une douleur constante à la région épigastrique, que l'appétit est bizarre, inégal, que les digestions sont pénibles et qu'il y a une constipation dillicile à vaincre ; on observe aussi fréquemment des menstrues irrégulières, rares, douloureuses, fréquentes, prolongées, srlteruant avec une leucorrhée plus ou moins^bondante. o

J- bymptomes

Si le déplacement de la matrice est complet, si ptoiap-

sus complet,

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