‹ Précis élémentaire des maladies réputées chirurgicales [electronic resource]Chapitre 39 sur 43 · ARTICLE VI · texte numérisé non relu

ARTICLE VI

Des Inclinaisons de ta matrice.

L'axe de l'utérus peut se dévier plus ou moins , soit que ce viscère se trouve chargé du produit de la conception , soit dans son état de vacuité. Nous avons déjà exposé ailleurs ^ sous le nom à! obliquités de la matrice , les inclinaisons dont cet organe est susceptible dans les derniers temps de la grossesse ; il nous reste à faire connaître ici ceux de ces mêmes déplacemens que la inatrice peut contracter tandis qu'elle est contenue dans la cavité du bassin. Dans l'état de vacuité , mais principalement dans les premiers mois de la grossesse , l'axe de cet organe est susceptible de s'incliner à tel point, qu'il coupe à angle droit celui

Chap.ï. bassin : tantôl le fond se dirige vers la réj,aon

Des dépla- , . p n . -,

cem.tlespar- p""ienne , et loiilice vers los sacrum; tantôt le ^^DeTùicii- <i*^placement a lieu dans le sens oppose. On dénaisons de si.^ne la première espèce d'inclinaison sous le

la matrice. , , .

Espèces. ^'^^^^ (lante-versLou , et la seconde sous celui de rélro-version..

Degrés. Ces déplacemens peuvent s'opérer lentement, au s'accomplir eiî quelques instans et par l'effet de quelque violence. Dans l'un et l'autre cas, ils peuvent être médiocres, en sorte que le fond de la matrice se soit plus ou moins rapproché des pubis ou diW sacrum, ou Lien être porté au point que le fond et le col se trouvent répondre complètement à ces parois osseuses du bassin , et que le développement de l'utérus ne puisse faire de nouveaux progrès sans éprouver une résistance invincible.

Causes. On conçoit aisément comment des impulsions réitérées ou violentes de la part de la masse intestinale inclinent la matrice en avant, et produisent Vanté-version ; mais on ne comprend pas aussi bien comment des causes de la même espèce peuvent produire un effet opposé : cependant l'observation ne permet pas de douter que la rélro-version n'ait été produite soudainement par un grand effort d'expiration , aidé d'une compression de l'abdomen. L'époque où l'on a recueilli les premiers faits touchant cette espèce • d'affection n'est pas très-reculée : elle est assez rare pour que l'occasion de l'observer n'ait pas été très-commune ; il est permis de supposer que

DES DKPLACEMENSi

des préJispositions qui n'ont point été consta-

tccs #vaiciU commencé le déplacement , et favo- cem.de,spar-

, . , . 11 • . ties molles.

riso 1 elict des impulsions de la#nasse mtesti- i^cUnale: surtout s'il est vrai que la rétro -version ff

' i- la maince.

ait été produite lentement, tout aussi bien que l'inclinaison contraire. Quelques écrivains se sont montrés convaincus de la nécessité d'admettre le concours d'une cause pareille, et ils l'ont cherchée dans les efFels de la rétention de l'urine dans la vessie : mais, d'un côté , on ne voit pas que les femmes chez lesquelles on a observé cette espèce de déplacement aient été sujettes auparavant à l'infirmité que l'on allègue j d'un autre côté , l'accumulation des matières stercorales dans l'intestin rectum serait capable de produire un effet contraire, et la constipation est assez commise dans les premiers mois de la gestation.

Quoi qu'il en soit , il est certain que lorsque Symptômes, l'une ou l'aiTtre espèce de déplacement est accomplie , l'expulsion des urines et celle des matières stercorales sont gênées j \2l rclro-version esl m^mQ plus nuisible 'à l'exercice de ces fonctions que Vanté - version. On conçoit aisément eu effet que le fond de la matrice appuyant sur l'intestin rectum, les matières qui s'accumulent au-dessus doivent pousser plus loin vers le fond du bassin cette partie de l'organe , et presser plus fortement le col ver%la symphyse des os pubis, par conséquent contre le fond ou le col 'de la vessie. Cette altération des fonctions dont il s'agit fourliit or-

Chap. I dlaairement les' premîers phénomènes qui anuon-

Ues dcpla- 17 • i 1 ^ i

cem.despar- ccnt 1 existencc ûu deplacemeul. Cependant, 4ors- *ïer°vl3;- celui-ci a soudain , quelle que soit dVûifZlrice. ^^"""^ direction, il survient en même temps de vives douleurs à l'hjpogastre , aux aines , à la région des pubis , aux lombes , et qui paraissent dépendre du changement que le rapport des organes vient d'éprouver. Tous ces symptômes peuvent être peu marqués , si la grossesse est encore très-peu avancée et si le volume de la matrice n'est pas déjà tel , qu'elle doive être fort gênée dans sa nouvelle situation. Ils peuvent , au contraire, être fort alarraans dès le principe , et manifester ainsi le commencement d'une inflammation des plus graves et qui peut devenir prompteftent funeste , si la grossesse est parvenue aib quatrième mois; époque où l'axe vertical de l'utérus dépasse l'étendue des dimensions horizontales du bassin. Dans tous les cas, la- matrice ne saurait garder long-temps une attitude aussi vicieuse sans le plus grand danger : d'un côté, ce changement de situation doit gêner la circulation de l'organe; d'un autre côté, il ne peut échapjîer à une irritation prochaine , et ces deux motifs doivent produire un engorgement qui rendra le contact plus intime. Mais c'est surtout l'accroissement ultérieur du fœtus, dont les effets sont à craindre : dans la situation que ]^ matrice a contractée, elle* ne peut plus être développée selon son axe , mais seulement aux dépens de la

distension violente de ses parois antérieure et ^"^J";^; . postérieiire. Ainsi , l'irritation d'un organe de cem.desyiiircette importance s'accroît à chaque instant, et sa ^^J^^i^cùdcforraatiou et TauLanentation de son volume naiions de

, , ^ la iiiatrice,

doivent rendre de plus en plus difficile le rétablissement de la situation naturelle. La grossesse ne peut manquer d'être trOiiblée par un semblable accident j mais l'avortement , qui serait l'événement le plus heureux en pareil cas, paraît impossible : d'un côté, à cause de l'état des choses ; de l'autre „parce que les progrès de l'irritation sont extrêiiiement rapides.

Sans attacher trop d'importance aux phéno- Diagnostic, mènes que nous venons d'exposer , et qui peuvent cependant fournir de grandes probabilités , on peut former aisément le diagnostic de Vanté^ version et de la l'étro-version. Le vagin est prolongé , distendu , incliné en devant ou en arrière ; le col et rorifice de l'utérus sont très-éloignés et difficiles à atteindre à la partie la plus élevée du vagin ^ ces parties sont pressées avec force contre les os pubis ou contre l'os sacrum j le fond de la majlrice , %\ l'une de ses parois, fait une saillie remarquable sous la paroi du vagin opposée au cÂjlé, du bassin vers lequel ce conduit est incliné ; cette même tumeur est plus ou moins volumineuse, selon la durée qu'ont déjà eue la grossesse et le déplacement lui-môme; ou pei^t distinguer à travers les parois de l'intestin rectum, soit le fond de la matrice dans le cas de

Dcsd!< k ' ^^^^ son orifice dans celui à'ante-

eem.despar'- "i^ffi'sion ; enfin , Un état d'irritation ou d'inflara- '^'^^^^^ grave est inséparable^ de l'une et l'autre la matrice ^^P^^^ ^® déplacement , pour peu qu'ils aient déjà

produit des phénomènes remarquables.

Conséquen- On couçoii saus peine tout ce qu'un accident

ces dange- , ,

reuses, de Cette espèce a de dangereux et d'embarrassant : au moment même où le déplacement vient de s'opérer , ou bien lorsqu'il s'accomplit lentement pendant les deux ou trois premiers mois de la grossesse, il est facile de le faire disparaître; mais si la gestation est plus avancée ; si l'on a négligé de remédier de suite à l'inclinaison de la matrice -, si la déformation ou l'engorgement de l'organe a déjci lieu , la réduction est trèsdifficile , ou même impossible. Une ou plusieurs saignées abondantes , un bain prolongé , l'évacuation de l'urine par le moyen du cathétérisme , peuvent donner quelques facilités , s'il n'a pas été perdu trop de temps et si l'on n'a point exercé des manœuvres violentes et peu méthodiques. Dans les cas contraires, ces moyens seront insuffisans.

Traitement} - Le danger pressant qui accompagne un tel état proposée! clioscs est propre à justifier toute espècc d'eutreprises. On a jjroposé la ponction de la matrice et l'évacuation de la liqueur de l'amnios ; on ^ense que la diminution du volume de l'utérus qui doit résulter de cette opération , peut faciliter la réduction. Faute d'expérience , on ne peut

iuffer de rutlllté d'un semblable conseil , mais on

■* , ^ Des (Icpla-

voit qu'il doit entraîner l'avortement ; que ce ccm.despar-

d, „ '11 ties molles.

^ Oit ajouter a 1 inflammation de la ma-

trice ; que si l'en^orifement de cette dernière est nuisons de déjà cousidérable , il est possible que l'évacuation des eaux, ne suffise pas pour rendre la réduction praticable. D'autres praticiens ont proposé la sjmphj séotomie , àaxis l'intention d'augmenter la capacité du bassin , et d'en profiter pOur la réduction de la matrice. Les motifs que nous venons d'exposer nous feraient ppncher pour cette dernière proposition , au moins dans les cas où les probabilités seraient contre l'utilité de la ponction.

En supposant la réduction de la matrice praticable , il importe extrêmement, après l'avoir rétablie dans sa situation naturelle , de l'j maintenir à la faveur du repos et de l'emploi d'un pessaire , jusqu'après la révolution du sixième mois de la grossesse : à cette époque , quelles que soient les dimensions du bassin , il ne peut plus admettre l'axe vertical de la matrice, et l'inclinaison antérieure ou postérieure est impossible.

itnce.

Page 1