‹ Précis élémentaire des maladies réputées chirurgicales [electronic resource]Chapitre 40 sur 43 · ARTICLE VII · texte numérisé non relu

ARTICLE VII

Du Renversement de la matrice.

Cette espèce de déplacement de l'utérus con- Descripsistc dans raffaissement du fond de cet organe dans sa propre cavité, ou dans le passage d'une partie ou de la totalité de ce même viscère à

Chap. I. travers son propre orifice. La face interne decJîn.dtpaT- vient alors extérieure j elle peut être en rapport ti«s molles, avec l'intérieur du vagin , ou bien exposée au

Du rem'er- , . . ^

sèment de La contact de lair, si en mêirie temps la matrice niutHce. écLai^pée hors de la vulve en déterminant le

renversement du vagin. La surface péritonéale de Yutérus forme alors l'intérieur d'une cavité plus ou moins considérable, communiquant avec l'abdomen, et dans laquelle les intestins et l'épi- Degri!s. ploon peuvent s'engager. On pourrait distinguer divers degrés de cette affection, selon que le fond de la matrice est simplement déprimé vers la cavité; que ce même fond est engagé dans Torifice, et qu'il en est embrassé à la maniéré d'un anneau j que la totalité de l'organe a franchi cette même ouverture, et qu'il est entièrement retourné j enfin, qu'il y a tout à la fois renversement complet et précipitation de la matrice hors de la vulve.

Circonstan- Gcttc maladie a été observée le plus commtircs et con- jj^j^g^ ^ la suitc d'un accouchement , ou de

dirions a la '

faveur des- l'expulsion de quelque corps étranger qui avait

quelles le ^ . i r

renverse- et! l'occasion d altérer, comme la grossesse, la

ment peut /. ij' • ^^..1

avoir Heu. lorme , les dimensions et surtout ia consistance de la matrice. Il paraît naturel de conclure des faits de cette espèce que les conditions indispensables pour le renversement de la matrice sont la distension de cet organe , un ramollissement considérable de ses parois et la dilatation de son orifice. Ces conditions peuvent être

remplies par la grossesse et par le travail de l'ac- Chap.I.

■ • ^ \ 17* Des clcpls.^

couchemcnt j et l'on conçoit sans peine qu a 1 issue cem.despar-

de ce dernier, si les contractions qui doivent rc-

duire le volume de l'utérus et lui donner en semcntdela

. 11, matrice,

même temps la consistance convcnaDle , nont

pas lieu ou ne se manifestent pas avec l'énergie

et la persévérance nécessaires , l'impulsion que

ses parois peuvent recevoir de la part de la masse ,

intestinale , le poids du placenta , des tiraille-

mens inconsidérés exercés sur le cordon ombi-

lical, peuvent déterminer le renversement. Une molle , un faux germe , une collection séreuse ou de toute autre nature dans la cavité de l'utérus, et les phénomènes de l'expulsion de ces corps étrangers , placent la matrice dans les mêmes conditions : aussi l'accident dont il s'agit a-t-il été observé en pareil cas.

Si l'on considère la structure de la matrice Le renverdans l'état de vacuité , la coiieistance naturelle uTvoir^lieu de ses parois , les rapports intimes de ces der- 'Wata-

r ' L tion preala-

nières et la nullité de la cavité dans l'ordre na- bledelauf^'

■ trie 6 ^

lurel, on est porté à croire que le renversement est absolument impossible dans, un l.el état. Cependant on l'a observé sur de jeunes personnes et hors des conditions que nous venons d'indiquer : on pense que le relâchement qui peut être la conséquence d'une sécrétion muqueuse abondante que fournirait l'utérus , suffit pour permettre le renversement de ce|^organe. Il est des observations de cette espèce recueillies par des

SyG SECTION VI.

Chap. I. praticiens d'un trop grand mérite pour pouvoir

Des di'pla- „ - 1 r • 1

cem.cles par-

être contestées ; mais des taits de celte sorte n'ont ties molles, p^^jj^ observés avant l'âge de puberté : Tin-

muirice.

Vu reiwer-

sèment la térêt peut avoir fait déguiser la vérité et cacher à l'observateur des circonstances importantes pour la nature des faits. D'un autre côté, comme nous le verrons, le diagnostic n'est pas toujours exempt de difficultés j il est aisé, dans quelques cas, de s'en laisser imposer et de confondre le renversement de la matrice avec telle autre affection qui présente que]||ues ressemblances : par exemple, un polype développé dans la cavité de l'utérus et adhérent à son fond, distend les parois de l'organe , dilate l'orifice, et se présente à cette même ouverture^ il arrive même quelquefois que le fond de la matrice se laisse entraîner par la tumeur, en sorte qu'il peut être déjà renversé par l'effet de cette cause. Toute la perspicacité que peuvent donner de grande* lumières et une longue exj>érience, ne suffit pas toujours pour reconnaître une pareille complication, et pour donner la certitude si la tumeur que l'on reconnaît provient uniquement du ^renversement de la myitrice , que d'ailleurs o^peut constater, ou si elle est formée par un polype qui entraîne déjà le fond de l'organe. Il peut arriver également que le sang menstruel retenu dans l'/^fe/'M^ pendant plusieurs mois de suite, ait distendu les parois de cet organe, et l'ait mis dans |^es conditions propres à favo- • riser le renversement à la suite de l'évacuation

DES DÉPLACEMEIÏS.

sanguine j et cette circonstance peut avoir été Chap.t. négligée dans les laits ou 1 on a observe celte cem do.s parespèce de déplacement chez de jeunes personnes. Rien ne paraîtrait plus propre à favoriser le ren- sèment de la

11 • 1,, ^ VI matrice.

versement de la matrice que 1 elat ou elle se trouve immédiatement après raccoucliement ; et , cependant il. est indispeusable que ses parois tombent dans l'inertie, qu'elles soient privées de la consistance que leur donne la contraction par laquelle elle tend à la restitution de son volume primitif. Or, quelles différences n'y a-i-il pas entre de pareilles conditions et la matrice en l'état de vacuité ? Il ne nous paraît pas suffisamment démontré que, dans son état naturel et sans avoir été nullement altérée dans sa consistance et dans ses dimensions par une cause quelconque , la matrice soit susceptible de se renverser.

D'après ce qui vient d'être exposé, on peut établir que les causes prédisposantes ou les conditions antérieures du renversement de la matrice sont la distension, le ramollissement des parois de cet organe et la dilatation de sou orifice. Quant aux causes déterminantes, elles consistent dans une impulsion capable de pousser le fond et successivement la totalité de la matrice à travers son orifice : or, cède impulsion peut provenir de rintérieur de sa cavité, comme le poids du placenia, les tiraillcmens exercés sur le cordon ombilical, une tumeur poljpcuse adhé- II. 3;

Chap.i. renie ailleurs qu'à l'orifice, ou bien les viscères «ie l'abdomen mis en mouvement par la toux ou ties molles, tout autrc cfFort d'expiration. On voit mainte-

Du rem'cr-

sement de la nant qucls sout , SOUS ce rapport , les dangers de

matrice. /. . i p -, -,

Soins pro- lairc accouclier une lemme debout ; ceux d un piiylacti- accouchement extrêmement rapide ; ceux d'un

tjues. • 17'-

cordon ombilical très-court, ou tortillé autour du cou ou de toute autre partie du corps de l'enfant ; l'imprudence du conseil que l'on donne encore à un grand nombre de femmes, de se livrer à des efforts volontaires pour accélérer leur délivrance, lorsque rien n'annonce l'expulsion prochaine du. placenta 3 combien il est dangereux d'exercer, en pareil cas, des tiraillemens sur le cordon ombilical j combien il importe de surveiller l'état de la matrice après l'accouchement, d'exciter ses contractions quand elles n'existent pas, surtout chez les femmes sujettes à l'hémorragie utérine après la délivrance , ou chez celles qui accouchent avec une extrême rapidité. En général, on n'a pas à craindre le renversement de la matrice tant que les tranchées utérines et la fermeté de la masse formée par cet organe attestent qu'elle se contracte ; mais cet accident est toujours à craindre à la suite de l'accouchement ou de toute autre circonstance analogue, quand la matrice est dans l'inertie : or , cet état est à craindre à la suite d'un accouchement très-rapide , surtout si les membranes n'ont pas été rompues et si la totalité de l'œuf

DES D ÉPL A.CEMENS. ^►79

a été expulsée en masse j si la délivrance se fait Chap.i.

, . , , - , . , . , Des dcpla-

altendre^ si des donlenrs périodiques n annon- ^em.tlespaicent pas le travail de la séparation du placenta, ^^^^Ij^e',.. et s'il existe en même temps une hémorragie j semeiudela

muLrice.

si l'on ne sent pas dans l'hypogastre une tumeur spliérique volumineuse j consistante, sensible au, loucher, dont la dureté augmente par intervalles, et dont le volume diminue de jour en jour en proportion de l'accroissement de sa consistance.

Il est évident que lorsque la matrice «est dans Marche du

, X , . , . -. . renverse-

line inertie complète, la moindre impulsion peut ment prosuffire pour la renverser tout-à-coiip et complé- S"^"*tement, et que cet accident est d'autant plus facile, que le placenta tient encore aux parois de l'organe. Mais , lors même que le défaut d'action est passager ou incomplet, le même accident peut avoir lieu : seulement, dans ce dernier cas , le renversement est d'abord médiocre ; il ne consiste que dans la simple dépression du fond, et n'augmente ou ne s'accomplit que successivement. Les alternatives d'action et d'inertie doivent suspendre à chaque instant les progrès du déplacement, et le fond de la matrice peut être retenu dans sa cavité ou dans son orifice. Le contour de cette ouverture peut arrêter aussi, et par la constriction dont cette dernière est susceptible , la portion de l'organe qui s'y est engagée J mais alors l'obstacle qui s'oppose au renversement complet peut avoir les plus fu-

CniP.l. nestes conséquences j car cet anneau contrac-

Des cléphi- .-i^ t • ^ 1 T, ■,.

nie peut agir a Ja manière dune ligature, et ^%ZnZr- Pi'0^">re un véritable étranglement capable de sementdeia déterminer la gangrène des parties soumises à

matrice. • t i,

son action. Les effets d'une telle disposition peuvent n'être pas aussi fâcheux : si la constriction n'est pas extrême , elle se borne à retenir la partie engagée, qui , sans cela, se serait peut-être réduite , même spontanément ; elle entretient en même temps un engorgement plus ou moins considérable dans les parties situées au-dessous de cette espèce de lien circulaire.

Le renver- H serait naturel de penser que plus on s'é-

sement peut ^ . j i? ' j ■>

se niauiies- loiguc dc 1 époquc dc l'accouchement , moins le

ter quelque ^ i i • \ • i

temi^ après l'ciiversement de la matrice est a craindre , et îoenT^*^^^' accident serait même impossible plusieurs

jours après la délivrance ; cependant des observations irréprochables démontrent que , douze ou treize jours après l'accouchement, il peut avoir lieu. S'il fallait même ajouter foi au témoignage de quelques praticiens dans ces exemples de renversement tardif, on aurait eu la certitude que, quelques jours auparavant , la matrice était absolument dans son état naturel. IS'éanmoins, il est bien plus probable, comme le pensent les observateurs les plus versés dans cette matière, que le déplacement avait commencé immédiatement après l'accouchement , et qu'il ne s'était accompli ou accru, au point d'être remarqué , que successivement.

Le renversement de la matrice ne commence Cuap.t.

pas toujours par le point central de son fond,- cem.despattout autre point de ses parois peut éprouver le

premier deL'ré de dépression: il doit en être ainsi, scme, ii.de la

par exemple , lorsque le placenta étant encore renver-

adhérent sur l'une des parois latérales , le poids sèment ne

• j r . ' 1 • » commence

de cet organe et 1 inertie de 1 utérus déterminent pas toujours

1' ' ^17 . par le fond

e renversement : on conçoit aisément a autres ^a-

concours de circonstances capables de produire t"ce. des effets analogues.

Les effets du renversement de la matrice sont Effets du relatifs au degré auquel cette affection est par- ment"^^^ venue. Une conséquence commune à tous est lin état d'irritation, surtout de la surface intérieure, d'où résultent une sécrétion muqueuse plus ou moins abondante , et des pertes sanguines fréquentes. On sent néanmoins que ces phénomènes doivent être beaucoup plus marqués lorsque le fond de la matrice est engagé dans l'orifice ^ resserré par cette ouverture , surtout lorsque le renversement est complet et accompagné de l'issue de la matrice hors de la vulve , que lorsqu'il n'y a" qu'une simple dépression. Dans ce dernier cas, le tiraillement des ligamens ronds , celui des trompes et des replis utéro-pehiens du péritoine, donnent lieu à des douleurs supportables à la région hypogastrique , qui se propagent" aux lombes , aux aines et à l'épigastre. Ces sensations doidoureuses sont beaucoup plus incommodes lorsque le renversement est plus considérable ;

Chap. I. elles peuvent être atroces , si le fond de la ma-

Des cicpla- . , HT- • i

rem.despai- li'ice cst rcsserre par 1 onfice au point de cou- - *iVrcnS-- ^^^^ danger de la mortification : non-seulement sèment de la alors il j a uuc inflammation dangereuse du

matrice. . ^ i • .

tissu propre de la matrice , mais encore cette affection se propage à la plus grande partie du péritoine ; par conséquent les symptômes d'une péritonite des plus intenses peuvent accompa- guer ce degré du renversement de Vutérus. Dans les cas de renversement complet , et surtout accompagné de précipitation de la matrice hors de la vulve, le déplacement énorme de l'organe doit soumettre à un tiraillement intolérable toutes les parties avec lesquelles il garde des rapports : les malades se plaignent de douleurs déchirantes , qu'elles comparent à celles qui résulteraient de l'arrachement des entrailles ; le renversement du vagin doit entraîner un déplacement considérable de la vessie , d'où résultent des difficultés pour l'expulsion de urines. On peut se figurer d'ailleurs la gêne que doit éprouver la circulation dans la matrice, de dispositions aussi éloignées de celles qui lui sont .. naturelles , et concevoir par-là combien elle est exposée à un engorgement prodigieux , et même à la mortification. Cependant , des suites aussi fâcheuses soiit assez rares , à moins qu'on n'aggrave l'état des choses par des manœuvres intempestives et violentes ; il est assez ordinaire , en pareil cas , qu'après les premiers symptômes d'irritation qui

doivent nécessairement résulter d'un changement Chap.!

, 11'* dcpla-

.lussi important dans l'état naturel des parties ,

cem tlesjîar-

la matrice se dégorge et se rapproche insensi- ^^^J'^enuer- Meraent de son volume naturel, surtout si l'on sèment de la

^ matrice.

a eu le soin de la repousser dans le vagin des que l'état de son volume le permet , même en laissant

■t ^ de la maln-

subsister le renversement. Mais lorsque ce der- ce renversée

, , , • r wnt servir

mer est complet ou tres-avance , la matrice lorme sac herune cavité dirigée vers l'abdomen dans laquelle les viscères peuvent s'engager : l'orifice de cette . même cavité formé par celui de la matrice est susceptible d'agir sur les parties qui ont subi ce nouveau déplacement , de manière à les étrangler : de là les symptômes ordinaires d'une, hernie dans ces conditions , lesquels peuvent accompagner le renversement complet de la matrice , mais qu'il ne faut pas confondre avec ceux de cette dernière affection.

On pourrait croire qu'un changement aussi La matrice considérable darîl la disposition des parois de la su^Ieptlble*^ matrice est capable de nuire beaucoup à la con- •^'""^

•T ' 1 • rr •! 1- • traction

tractilite de son tissu : ea effet, il est difficile de énergique, ne pas admettre que cette propriété en est notablement altérée. Néanmoins , les faits démontrent qu'elle y subsiste quelquefois presqu'au même degré que dans l'état naturel. Il est de simples dépressions du fond de la matrice qui sont effacées par la contraction de ses parois ; le renversement ayant eu lieu avant la séparation du placenta; cette dernière a pu être opérée par les ef-

584 SECTION Vt.

Chap. i: forts de la nature on par ceux, de l'art , sans être c^irilespiu- suivie d'hcmorrai^ie; quelques renversemens comti^sniolLs. p]g^g n'ayant pu être réduits, la matrice est resèment de la veuue insensiblement à son volume naturel , et

matrice. ir'Aii' ^i-n

qnoJqneiols même le dégorgement a reduit\ 1 organe à des dimensions encore moindres. La conception peut avoir lieu tandis que le fond de l'utérus est lé.^èrement déprimé ; cependant l'état de phlogose dans lequel il est entretenu, l'exsudation muqueuse qui en résulte, sont des obstacles qui rendent souvent la fécondation difficile. Elle paraît absolument impossible dans les cas de renversement complet et irréductible : néanmoins, s'il fallait ajouter foi à certains faits , un germe aurait été fécondé dans l'ovaire dans une condition pareille.

Diagnostic La simple dépression du fond ou d'une des

du renverse- . . „ . ,

mentiucom- parois se mauileste par une concavité que Ion P^*^'' peut reconnaître sur un point quelconque de la

tumeur que forme l'utérus, en explorant attentivement cet organe à travers les parois de l'abdomen. Ces recherches sont ûivoriséespar la laxité des parois du ventre , provenant de la déplétion récente de la matrice ; on peut même s'apercevoir que le sinus de cette concavité est dirigé en haut , en devant, etc., selon que la paroi supérieure, l'antérieure, ou toute autre ont subi l'affaissement. Ordinairement l'orifice de Vutérus est dilaté eu pareil cas, et l'on peut en profiter pour introduire un ou detix doigs dans la cavité , et y dis-

DES DÉPLACEMKNS. ^>85t

tiiiffuer une sorte de tumeur correspondante à la

>^ ^ Des tli'pla-

concavité extérieure. ccin.des par-

Lorsque la dépression du fond a aui>menté au *'])VmjJcrpoint d'eniîa"fer cette partie dans l'orilice , une sementdeia

i o n r ' ^ matrice.

tumeur sphérique occupe cette ouverture , et s y trouve entièrement libre ou bien plus ou moins resserrée. Dans le premier cas, le doiî^^t peut pé- ^ nétrer entre le contour de l'orifice et la tumeur qui l'occupe , et reconnaître que la base de cette dernière est beaucoup plus volumineuse que la partie qui se montre au dehors. La concavité de la surface péritonéale de Yutérus est encore facile à reconnaître alors -, elle est même beaucoup plus considérable que dans le cas précédent, et l'on ne peut en atteindre le fond à travers les parois de l'abdomen. Dans ce cas, la masse que la matrice forme dans Tabdomen n'est plus spiiérique ; elle semble tronquée , et paraît couronnée par un bourrelet circulaire, dont le diamètre est é<2^al à celui de la masse elle-même. Ce même symptôme peut être également vérifié lorsque le contour de l'orifice ai^it à la manière d'une li?^ature sur le fond de l'utérus renversé ; mais alors le doigt ne peut ni pénétrer ni circuler entre la tumeur et l'ouverture. Ce cas pourrait d'autant plus faci- " lement être confondu avec les symptômes d'un polype utérin , que l'observation a démontré que ces tumeurs peuvent se développer pendant le coursde la gestation, ou ne pas s'opposer à la conception^ qu'elles peuvent se montrer à l'orilice de

CnAr.l. la matrice après l'accouchement , et que leur

Des dcpla- . j . , ■■ , . ,

cem.despar- poiûs pcut aisemciit déterminer alors un renver- - *'i?ur°m'.'r- scmeut incomplet de l'organe. Mais si l'on fait sementdeia attention quc Ics polypes ont ordinairement un pédicule étroit ; que lorsqu'une tumeur de cette espèce entraîne la paroi correspondante de V utérus , elle doit nécessairement conduire son propre pédicule à l'orifice j que par conséquent il doit y avoir une grande différence entre le volume des parties que cette ouverture embrasse et celui de la portion de tumeur qui fait saillie audchors ; que l'étranglement du fond de la matrice doit causer des accidens graves et proportionnés à l'intensité de la constriction ; enfin, que les polypes n'ont qu'une sensibilité très-obscure et nullement comparable à celle dont la matrice jouit : on verra que non - seulement on peut distinguer de toute autre affection ce degré de renversement pur et simple, mais encore que l'on peut reconnaître le renversement incomplet et symptomatique qui accompagne la précipitation d'un polype utérin.

Diagnostic Lorsque le renversement de la matrice est au renverse- pjg^ \^ totalité de l'orgaue ainsi retourné

ment com- r j ^

P^^'- peut être logée dans le bassin et l'abdomen , ou

avoir franchi la vulve et se montrer à l'extérieur. Dans l'un et l'autre ais , si le placenta est encore adhérent , il n'est pas possible de commettre une erreur. Lorsque la délivrance est déjà accomplie, dans le premier cas, le vagin est oc-

ciipé par une masse énorme , splicrique , très- i^"^^;^;

^ ^ f . Des depla-

sensible au loucher, et fournissant quelquetois

ceni.des par-

d- f ' ^ 1 ^ 1^ liesmolles.

e quantité de sang ; la tumeur que la ^^ttren^e/^-

matrice doit former dans l'abdomen affecte la sèment de la

matrice.

figure pyramidale , et l'on remarque au sommet , ou sur son point le plus élevé , un bourrelet circulaire de peu d'étendue , qui est formé par l'orifice dirigé vers la partie supérieure du bas-ventre. Lorsque la matrice , complètement renversée, est en même temps précipitée Lors de la vulve , la partie la plus étroite d'une tumeur piriforme occupe cette ouverture ,• et sa masse entière , toujours très-volumineuse dans les premiers raomens , et recouverte par le vagin renversé , est située entre les cuisses. Dans cette dernière circonstance, le ventre est plat, affaissé, et l'on n'y découvre rien de semblable au volume que présente la matrice à la suite de l'accouchement.

Ce dernier cas est celui de tous qui a donné Les polypes

, . , 1 1 1 ' • 1 utérins ont

lieu au plus grand nombre de méprises : ce n est été confonpas qu'il soit difficile, comme on le voit, de re- J^^^'^ ^«

ru ' ^ renverse-

connaÎLre le renversement complet avec précipi- me^tcomtation de Vutérus ; mais c'est que l'on a souvent pris pour un semblable accident la chute de la matrice , déterminée par le poids d'un polype utérin adhérent au col de cet organe ; de là ua grand nombre d'observations de prétendues amputations de la matrice complètement renversée , où il a été constaté qu'il n'y avait eu que séparation d'un polype. En traitant ailleurs de ces

Chip.i, excroissances, nous aurons occasion de parler cïï^tlespïl des effets qu'elles peuvent produire sur la sittia- *z>Jre,''jpr- ^® V utérus , ct d'indiquer les moyens de sèment de la distinguer leprolupsus qu^elles peuvent pi'oduire,

du renversement proprement dit.

Ressources La nature n'a pas toujours été impuissante dans

que la na- '■

tuie a dé- les cas de renversement de la matrice ; et il im-

plovcesdans rJ'^^i ^ ai

le reuveise- po^te (1 autant plus de connaiti'e les ressources ment. qu'elle a fréquemment employées en pareille occasion, que la prévention contraire a souvent causé des maux irréparables. Le renversement complet, et surtout celui qui est accoinpa^^né de la précipitation de la tumeur , est un accident grave sans doute, il peut avoir les conséquences les plus' fâcheuses; mais al n'est pas conforme à l'observation que la matrice, ainsi déplacée, doive être inévitablement frappée de mortification , ou qu'incapable de se contracter dans une pareille disposition, elle doive fournir nécessairement une hémorragie indomptable. De même l'insinuation du fond de Viitérus dans son orifice doit faire appréhender les effçis de la compression circulaire que cette ouverture peut exercer sur la portion déplacée : mais ce phénomène n'est pas constant ; l'observation prouve même qu'il est assez rare. Cependant la frayeur trouble ordinairement les praticiens inexpérimentés,- et, .dans la crainte chimérique d'accidens qui n'auraient pas lieu le plus souvent , on se livre k des manœuvres violentes , qui , ne pouvant avoir des résultais

avantageux , airiiiavent l'accident primitif par une CniP. i. irritauon toujours plus dangereuse. cem.despar-

La dépression partielle des parois de la matrice ne peut avoir lieu qu'à la faveur de l'iner- sememcleia tie de son tissu contractile; le rétablissement de

' ^ ^ Traitement

la principale propriété de ce tissu a souvent effacé <lu renverse-

, , , ... ment incoia?

ce premier degré de renversement , ainsi qu on a piet. pu s'en assurer en observant attentivement l'état de cet organe à travers les parois de l'abdomen. C'est donc en cherchant à rétablir son énergie naturelle et à relever le système général des forces, que l'on doit combattre les premiers progrès du renversement. Or , il est bien reconnu que la présence du placenta ajoute à l'inertie de la matrice; par conséquent, la délivrance artificielle est indiquée en pareil cas ; mais elle doit être accomplie de manière à ne pas déterminer le renversement complet , et de sorte que la matrice soit excitée, et que les progrès de sa contraction suivent ceux de sa déplétion. L'introduction de la main est indispensable alors, parce qu'elle j^eut remplir l'une et l'autre intention, et qu'elle donne à chaque instant une connaissance exacte de l'état des choses. L'usage des fomentations froides , l'introduction de la glace elle-même dans la cavité de l'utérus, l'emploi des stimulans di/Tusifs , et surtout un régime restaurant et tonique, peuvent être de la plus grande utilité.

Les contractions spontanées de l'utérus ont souvent dégagé le fond de cet organe de sou

Sc)0 SECTION VI.

Chap.I. propre orifice, dans lequel il s'était insinué : on

Des dénia- J • r ' -i, •

.des par- Saurait donc mieux laire que d exciter ces

cem ties :

Du renver-

ties molles, jnêmes contractions lors toutefois que l'orifice

sèment delà n'est pas fortement resserré sur la portion dé-

inatrice. i ^ r\ i •

placée. Un peut alors aussi repousser avec douceur la portion qui se présente à l'ouverture ^ la soutenir du moins , à mesure que les contractions se manifestent. Mais une précaution de la plus grande importance en pareil cas , c'est de tenir la femme couchée de manière que le bassin soit situé plus haut que le reste du tronc afin que le poids des viscères abdominaux ne s'exerce pas sur l'espèce de godet que présente le fond de la matrice. Il convient aussi de ^supprimer toute espèce de compression sur le bas - ventre et d'éviter avec soin tout effort d'expiration , jusqu'à ce que la réduction soit complète et que l'énergie de Yutérus soit bien rétablie.

Mais si le fond de la matrice , soumis depuis quelque temps à la constiûction de l'orifice , a contracté un engorgement notable et une augmentation de sensibilité qui fassent appréhender un état inflammatoire , il faut rejeter toute manœuvre de réduction : n'ayant aucun moyen de supprimer la compression circulaire de l'ouverture , toute violence exercée sur la partie étranglée serait propre à exciter l'inflammation , si elle n'existait pas déjà, ou à déterminer la gangrène. Puisque l'orifice agit d'une manière dangereuse sur le fond renversé ^ le temps de l'inertie est

DES DÉPLACEMENS. Sgi

passer l'inflammation est tout ce qu'on doit crain- CnAp.i. clre. G est contre cet accident qu il laiit agir ener- cem.despargiqiiement, en attendant que des circonstances plus favorables permettent de s'occuper de la réduc- sememdeia

. , . 'Il matrice.

non , SI elle est encore nécessaire ou praticable. Il arrive quelquefois en effet, que, l'inflammation ayant cédé , l'engorgement de la partie déplacée ayant diminué, cette dernière, devenue libre, se relire insensiblement, et se trouve bientôt soutenue par le col et l'orifice ^ dont la cavité ne tarde pas à s'eifacer. Ainsi , quoique la réduction ne soit pas complète , on peut être rassuré sur les progrès ultérieurs du renversement. On a pensé qu'en pareil cas une nouvelle grossesse serait propre à effacer les restes de la difformité.

Lorsque le renversement est complet , il est Traitement

T, . ' 1 \ 1 ' 1 • ■ du renverse-

rare que ion puisse procéder a la réduction , si ment com-

ce n'est à l'instant même et avant que les con- P^^'' tractions soient survenues. Après que ce phénomène s'est manifesté , la chose est absolument impossible i et l'on ne peut plus songer qu'à combattre rinflammation , qui ne peut manquer de survenir, et attendre le dégorgement, qui en sera la conséquence éloignée, mais certaine, s'il ne ~ survient pas des complications plus importantes. A la faveur d'une position horizontale , d'un régime sévère , d'un traitement antiphlogistique , de fomentations émollientes , etc. , on a vu soiiveift la matrice , d'abord énorme , revenir insensiblement à son volume primitif, au point de

CH.U..I. jîouvoir être replacée dans le vagin et de pon-

Des dénia- • • ..

eem.desî)ar- ^^'^ 7 ^^^'^ maintenue par un pessaire : on a ties molles, nicme observé, au bout d'un temps plus ou

Vu rent'er- ' ^ y ^

sèment de la moius Considérable, que , dans cette nouvelle con-

matvice. . ^1 > , , . . , , , ,

dUion, 1 Utérus se réduisait a un volume moindre que celui qui lui est propre dans l'état de vacuité ^ en sorte que l'usage d'un instrument propre à le contenir devient, inutile.

Mortifica- La mortification qui peut s'emparer de la ma-

tionqui peut . , , , ....

succéder au trice Complètement renversée et précipitée, et mentTom- ^'^^ souveut l'effet de manœuvres

plet. intempestives et violentes , que du déplacement

lui-même , est plus ou moins grave selon l'é-" tendue de la gangrène. Elle peut n être que superficielle j elle peut ne comprendre qu'une portion de l'organe déplacé : après la séparation des escares , le reste de la masse peut se dégorger, et le volume être réduit au point de pouvoir être replacé dans le bassin. Si la totalité de la matrice renversée est frappée de gangrène , il faut s'attendre aux conséquences les plus graves, et le plus souvent à une mort prochaine. Cependant, il n'est pas impossible que la nature mette des bornes à la mortification , et qu'elle triomphe de l'état le plus désespérant j mais nous ne pen- - sons pas qu'il soit au pouvoir de la chirurgie de déterminer une issue aussi heureuse. JNous rejetons surtout, comme une cruauté inutile, remploi de la ligature, qu'on a proposé de sert-er sur le point le plus élevé des parties déplacées.

ARTICLE VIIL Du Renversement du vagin.

On désigne par cette dénomination le plissement transversal du vagin et sa procidence à travers la vnlye, à l'occasion du prolapsus incomplet de la matrice ; on pourrait , avec plus de raison , appeler de ce nom l'état dans lequel ce conduit se trouve dans les cas de chute complète ou de renversement total de l'utérus. On emploie la même dénomination pour indiquer une affection dans laquelle la membrane interne du vagin , relâchée outre mesure , forme une saillie plus ou moins considérable au dehors de la vulve. On voit que cette dernière affection est la seule idiopathique , et la seule à laquelle devrait appartenir la dénomination dont il s'agit, si elle n'était inexacte j en ce qu'elle porte à croire que la totalité des parois du conduit a subi un déplacement.

On ne connaît pas d'autre cause du relâchement de la membrane interne du vagin , qu'une atouie profonde de cet organe, que l'on doit combattre par un régime analeptique et fortifiant , par des topiques toniques ou astringens , et par la compression exercée au moyen d'un pessaire.

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