Ô2 PRÉCIS HISTORIQUE
jurieuxàla retraite du roi de Prusse, en avançant qu’il nel’avait ordonnée qu’à la sollicitation du malheureux Louis xvi; que celui-ci lui avait écrit de sa prison pour lui représenter qu^une mort certaine le menaçait lui et toute sa famille , si l’armée prussienne s’approchait davantage de la capitale. Cette anecdote a été appuyée- d’abord par plusieurs témoignages qui se trouvent aujourd’hui démentis. Louis xvi a constamment niéàtousceux qui eurent sa conllance dans ses derniers momens qu’il eût écrit cette lettre. Cependant il n’était pas éloigné de croire»'<^ avait pu imiter son écriture : ilse rappelait (on prétend tenir ce fait de deux amis de.'Malesherbes) que le duc d’Orléans savait la contrefaire ; et cependant Louis , par
DE LÀ BBVOLDTION FBiiNÇ. 44^
rien n*est préparé dans le Palatinat pour repousser son invasion ; que le siège de Thionville ne peut plus se continuer; que le corps autrichien qui menace la Flandre française n'a point eu de succès décisifs, et qu'il va être arrêté devant les murs de Lille ; enfin que Dumouriez reçoit continuellement de nouveaux renforts. Il en conclut qu'il faut traiter avec lui pour s'assurer la retraite. Le roi de Prusse se range à cet avis. C etf e nouvelle retentit comme un coup de foudre parmi les émigrés , comman-* dés par les deux frères de Louis xvi , et par les maréchaux de Broglie et de Castries. llsforrntiientun corps d'ar-»
mée séparé : ils supportaient de grandes fatigues , des dégoûts multipliés, dans l'espoir d-'obtenir enfin la bataille décisive qu'ils appelaient
DE Ik BÉVOLUTION FRANÇ. 453^ rindulgence naturelle à soA âme , répugnait à penser que son parent, dans de telles ciremistances , ei^t fait usage de ce dangereux talenU Quoi qu’il en soit , cette lettre méme^ en supposant qu’elle eût existé , n’eût été que le prétexte , et non le motif principal de la retraite du roi de Prusse.
La convention faite entre ce mo-^ narque et Dumouriez n’eut au^ûne disposition ostensible j mais il est hors de doute que le général français promit au roi de ne point inquiéter sa retraite , et que celui-ci s’engagea à rendre Longwy et Verdun. Les Autrichiens ne furent point consultés dans celte négociation : Dumouriez fit entendre qu’il allait tourner toutes ses forces contre eux et s’assurer la conquête des Pays-Bas. Le roi d^
4 §4- . PRéCÎS fllSTOm'QtlE ^ î (
Prussè parut voir sains peine le sacrMîeè d'*un allié ïjtii l’avait excité cétte fatale expédition sà'ns eft partager aü ïwétne degré que laites dé-, penses et léè dangers. "
- On sait comment le iroi de Prusse' exécuta èette retraite I qui eût présenté les plus grands embarras s’il eût eu affaire à un ennemi opiniâtré etû-ané«rrrfïée ntif>ea expérimentée.
PiüiioUrtez' tenait constamment ses ti^tipès'à une certaine distance des- Prussienls y sans les attaquer , sans les biirceter jamais ; il semblait plu* tôt les rt con duire que tes poursuivre .
1)68 vaincus et lés vainqueurs s’ac- I cordaient égaletnent pour faire tomber leur'colèi^e sur les malheureux émigrés. On les laissait aux derniers péstes de l’arrière-garde. LeS vieillards , les infirmesqui ne pouvaient
Là. fi^VOLVTIOl^ »PAIIÇ* 455
L’armée , taml?aiefî,t au^ mains -4es (;]:an.çais , et étaientifusiU'ës ’sur>-ie7<^amf>* jbussards. prussiens ies piUaien ( avec pne iudigmié révoltante. De tels des*jwdr.es répugnaient là J’âme du ^pc det<l)runsmcJ(.;; U; nf puli cependant parvenir à les empêcher. Les P.rus,siens laissaient la route couverte des cadavres de leurs compagnons ; une expédition qui .n’avait été honorée d’aucun combat coûta à Frédéric- Guillaume une grande partie des trésors que le grand F rédéric lui avait laissés pour de plus heureuses et de plus sages entreprises. Ce fut avec des transports de joie que l’armée prussienne , réduite presqu’à la moitié dé* ses combattons , se vil hors d’un territoire frappé pour elle
de malédiction ; mais de nouveaux
456 PRECIS RiSTORiQVR, etc^ combats Vattendaient encore? Le gé* •nérai Gustine vênaitde faire une in- .vasion ‘ dans le Palatînat ;* il s^était emparé de Spire et de Worms ; la ville de Mayence même ne lui avait .opposé aucune résistance. Le roi de Prusse marcha pour arrêter ses pro-