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et Perraldi , avec le titre de commissairesauprès de cette armée. Leur mission était d*épou vanter le général^ ou de le séduire , eu lui offrant Tou* bli des longues querelles qu'il avait eues avec le parti vainqueur ; et enfin , d*agir sur Tesprit des soldats, si La^ fayette restait inflexible. On les avertit, sur leur route , de ce qui $9 passe dans le camp , et des dangers qu'ils ont à courir. Ils persistent à vouloir remplir leur mission ; ils arrivent à Sec^n. Lafayette saisit cette occasion , toujours désirée par un chef de parti , de s'annoncer par un coup de force. Il enjoint à la municipalité de Sedan, sou» sa seule responsabilité personnelle , d'arrêter les trois commissaires. Cet ordre est exécuta ; ils sont conduits en prison , et gardés
comme des otages qui répondent des jours du roi
Lafayette avait espéré que ce vœu de résistance serait unanime, au moins dans son armée. U connaissait le caractère irrésolu du général Lukncr, qui commandait alors Tarmée de la Moselle. Les efforts qu'il fi t pour Fentraîner dans sou parti furent impuis* sants. Ce vieux soldat , pour qui la révolution était une énigme, uefai-* sait, depuis trois mois, que des démarches contradictoires.il était tourà-tour Tespoir de ïa cour et des républicains. Il était sans franchise , sans fermeté, et même sans volonté. Son extrême ignorance , son penchant à Tivrognerie achevaient de rendre ridicule un vieux partisan qu'on voulait faire passer pour un grand gé-
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néral : il se soumît à irassemblée. Lafayette apprit bientôt une autre défection qui lui fut plus sensible , et qui se passait dans une autre partie de sa propre année. C'était au camp de Maulde ; Dillon en avait le commandement. D'abord il reje^ta les décrets de l'assemblée, et déclara hautement sa résistance; mais Dumouriezqui était sous ses ordres, changea bientôt cette disposition. Après avoir irrité contre lui tous les partis , il sentait le besoin de se j^approcher des vainqueurs. 11 brava Fautorité de Dillon , refusa d'exécuter les ordres qu'il en recevait , le frappa d'épouvante , et l'amena à un prompt repentir. Bientôt il annonça le projet de marcher contre Lafayette luimême : les républicains acceplèrtenfr soa dévouement avec autant de coor
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fiance que si déjà ils n*avaient pas été trompés par lui. Ou lui remît des pou- -foirs étendus, on offrit à son ambî* tion tout ce qu elle demandait.
Lafayette. dissimulait en vain ses inquiétudes ; ses soldats les devinaient. Ils commençaient à s*épouyaii« ter d*étre ainsi abandonnés par les antres armées. Tout était danger dans la position du général: que pouvait-il faire? Marcher sur Paris ? C'était peutêtre exposer à la mort Louis et sa famille , et tous ceux qui leur avaient été attachés ; c'était ajouter aux malheurs de la révolution le fléau qui les rassemble tous , la guerre civile.
Et combien les chances n*en eussentelles pas été funestes pour cette armée même? L'ennemi la pressait de tous côtés ; Lafayette était rempli d'hor« reur à l'idée de capituler avec lui ,
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de lui livrer la frontière , et de se perdreà jamais par un pacte honteux.
Le trouble et la consternation ne tardèrent pas à se répandre dans le camp* Le premier feu de la rebeilioa est railenti ; ua grand nombre de soldats désertent et dénoncent Lafayette et son état-major. Les corps mêmes qui s'étaient prononcés le plus ouvertement, n'annoncent plus qu'une fidélité chancelante. L'inaction laisse de la place à tous les raisonnements , h tous les repentirs. Ce changement des esprits se mauifeste surtout à une nouvelle revue : les canonniers. protestent contre ce qui s*est passé; quelques soldats crient dans les rangs :
jf^ipe les députés de rassemblée na^ iionale ! Déjà le bruit s'était répanda qu'il était décrété d'accusation par l'assemblée , qu'on sévirait contre cens 1. 3o
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qui le reconnaîtraient encore. Cependant , an milieu de cette nouvelle opposition qu'il éprouve, ceux mêmes qui Tabandonnent semblent encore le plaindre ; il se retire et tient dans la nuit conseil avec tous ceux de ses amis auxquels il avait fait partager ses dangers., Tous reconnaissent Fimpossibilité de soutenir le mouvement qu'ils ont commencé. Il faut fuir; ils n'ont qu'un moment pour préparer leur fuite. Il s'agit de traverser le terri foire étranger; Lafayette n'ignore pas qu'il y va rencontrer des inimitiés non moins implacables que celles auxquelles il dérobe sa tête. Il espère au 'moins mettre en sûreté ses compagnons; ils sortent dans la nuit , au nombre de dix-huit ; Lafayette est accompagné de son ami le plus dévoue' , Latour-Maubourg, d* Alexandre-Lame tli|
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qui fut , pendant quelque temps , à rassemblée constituante , son adversaire; et qui, depuis, a partagé ses Tœux et ses malheurs ; de Bureaude-Pusy , que cette même assemblée nomma trois fois son président, de plusieurs aides -de- camp , de tous ceux enfin qui ont à redouter la colère du parti qui triomphe. Les soldats devinent le projet qui les occupe; mais ils restent immobiles , et semblent faire des voeux pour leur fuite.
Aucun d'eux ne fait d'indignes tentatives pour entraîner quelques corps à la désertion , et pour s^assurer parlà la faveur des ennemis. Ils abandonnent le territoire de France (c'était dans lanuirdu 19 au 20 août) ; ils font plusieurs lieues sans rencontrer aucun poste ennemi; ils ne sont point déguisés ; ils .annoncent, sur leur route j
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qu'ils sont des ofiicîers français qtff désertent Tarmée et qui se rendent ea Suisse; en6n ils sont arrêtés par une pa« trouille autrichienne; on les interroge; ils se nomment : ils disent la cause d^ leur fuite ; on les arrête; ils sont pri-^ sonniers du roi de Prusse, lis se flat-* tent encore que ce monarque respectera en eux le droit des gens , et celui du malheur. Mais ceux qui viennent renverser en France la révolution , n'examinent point quelle circonstance a mis en leur pouvoir Tun des hommes qui contribua le plus à son mouvement. Les émigrés tirent un augure favorable de ce coup du sort ^ qui leur livre un ennemi sans dé-^ fense.
Lafayette éloigné , il ne restait plus aux vainqueurs du lo août , d'autre fujet d'alarmes que les redoutables
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tkrrtkécs qui se préparaient ^ Finva^ 9icni du territoire fram^is. Mailla di-^ visîoti qui existait etitre eux, lors iuéme qu'ils semblaient eoncourir au même but , éclata avec plus de vio-»
lence , lorsque les utis voulurent établir la puissance des lois , et que led autres voulurent régner par l'anarchie et le crime. L'assemblée législative»
essayait vainement d'arrêter les usur* pations de la nouvelle commune do Paris; celle-ci avait encore entre ses mains tous les moyensqù'ellé afVàit dé« veloppés au jour de l'insurrection:
Elle commandait encore aux cent lUille boUimes armés qu'elle avait ftiit mouvoir ; elle ne permettoit pas Il leur fureur de se ralentir un mo-^ meni , ses délibérations étaient publiques , et des^projets sangUitiaircs ^ tous les jours annoncés par ses féroces
354 PRÉCIS BisTORi^air orateurs\^ tous les jours répétés par mille bruyqats éebos , tenoient Vas^ semblée législative dans rhUmiliaucnt Paris dans ia stupeur, et la France entière dans une sombre attente. Robespierre s'était mis h la tête de cette commune. Un chef qui eût valeureusement conduit les cclonnes républicaines dans Tattaqu^ du château; un héros qui , parles triomphes les plus éclatants, eût délivré sa patrie d'une invasion, étrangère , n*eût jamais osé prendre un ton aussi impérieux que ce ténç'breux instigateur de troubles dont il. ne partageait pas les dangers. 11 venait sans, cesse présenter des pétitions à rassemblée- «Le sang ne coule point encorç , disait-il , le peuple reste sans vengeance. Ni|l sapri£îce d'expiation n*a encore été oSeri aux mânes des hér<^ dont la i^xort glorieuse
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à valu le loaoât à la France. Et quels eoût jusqu'à présentles fruits de cette imjnortelle journée ? On «a suspendu un tyran ; il fallait le déposer et le punir. Ses exécrables complices conspiraient dans un château; ils conspirent dans leurs tnaisons, dans leurs jardins somptueux. Déjà je les vois , je les entends qui se flattent de surprendre et d'égorger sans défense des vainqueurs qu'on empêche de profiter de leur victoire. Un tel malheur , s'il arrivait, ne serait point imputé au peuple , il sent ses droits et brûle de les exercer ; votre faiblesse en serait la seule cause. Vous parlez , législateurs y de mettre en jugementles conspirateurs diA^ 10 août ; c'est trop restreindre la vengeaofce nationale. Les conspirateurs ont-ils donc attendu ce jour pour yerser le sang du peuple?
356 frRÊCÎS BlètORÎ^ÛF
Le supplice des Uns n'ëit rien qaatiÛ ii y d iinpunite pour les autres. Qk'ili soient jugés tous / mais paf' dèè Jugés créés pour les circonstànhes^ *
Aitisî , déjà la pensée de ce ^lotistré semblait embrasser tous les crimeâ dont , pendant deux ans , lui et les siens couvrirent la France. Ildêman^ dait à rassemblée que tous les couspirateurs cle toutes les époques de la rérolutièn , fussent Jtigéà sou vcraînc-.
ment et en dernier ressort par det commissaires pria dans chaque sections
L'assemblée frérnit à là ibis etdeceë horribles proposftidns , et de tous les moyens de terreur qu'on disposait pour ïes soutenir: elle délibéra sur la formation de ce tribunal extraordinaire.
Les girondins s'télevaient contre les assassinats qu'on voulait légaliser ; ils invoquèrent rinstitution des jurés \ îU