‹ Précis historique de la Révolution française. Assemblée législativeChapitre 19 sur 25 · DE LA. RETOLUTION FRA9 Ç. 33S · texte numérisé non relu

DE LA. RETOLUTION FRA9 Ç. 33S

frémit quand on entend rapporter l'anecdote suivante , qu'on assure être authentique. Une femme avait eu ]a bonté courageuse de donner asile à trois de ces malheureux. Elle entend frapper à la porte. Des cris menaçants la font frémir; elle essaye encore de cacher, sous desmatelas, les trois proscrits. On entre. Les perquisitions sont un moment inutiles. On la presse de les découvrir , de les li- Trer. 11 y va de sa vie , si elle refuse; elle résiste. Cependant les Suisses sont aperçus. « C*est maintenant que tu vas expier tou crime, dit un barbare à cette femme. Prends ce sabre et frappe de ta propre main ceux que tu as soustraits à la colère du peuple. Elle chancelle; on lui prend la main , on dirige ses coups.» L'horreur de cette scène trouble sa raison ; elle n*a pu la recouvrer depuis.

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Le peuple demandait qu'où lui Hyrât les Suisses qui avaient accompagné le roi à rassemblée , et qui parconséquent n'avaient eu aucune part à l'action. L'assemblée donna ordre de les recevoir dans son enceinte ; tout faisait craindre qu'on ne vînt les y chercher, et qu'à côté d'eux on ne frappât d'autres victimes; cependant rassemblée ne retira point sa protection à ceux qui pouvaient lui faire partager ses périls. Elle prolîta da moment oii la lassitude avait dompté les hommes les plus furieux , pour faille' conduire ces Suisses au palais Bourbon. Plusieurs de leurs chefs furent transférés à l'Abbaye , un sort funeste les ^ attendait.

Cette journée coûta encore la vie à l'un des hommes les plus distingués de l'assemblée constituante^ Clcr-?

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Biont-Toanerre. li fut reconnu, asyaillt y égorgé au moment où il rentrait chez lui. Le coup qui le frappa sembla être le prélude de la faux terrible qui allai t moissonner les bornâmes qui étaient l'honneur de leur pa« trie.

, La nuit seule put mettre fin h. ce cours de yengeances et d'atrocités.

Les girondins qui avaient eu , avant et pendant le combat y une ineftie cal<« culée, frémirent des suites a£Preuses de la victoire. Us eussent voulu de la clémence, ils osaient à peine en pro-> ferer le mot. Ils s'efforcèrent de con« server de l'indépendance et de la dignité à l'assemblée législative. La nou-^ velle commune leur envoyait sans cesse des pétitionnaires impérieux»

qui s indignaient de ce que Ton avait prononcé , non la déchéance , mais la I. 29

suspension de la royauté. L'assemblée ne sortit point ce jour-là des limites qu'elle s'était imposées.

Le lendemain , 1 1 août, les Parisiens sortaient en foule pour venir obser^ Ter le théâtre eusanglanté et fumant encore du combat de la veille* La peur dont chacun était affecté , créait une indignation hypocrite contre les crimes et la perfidie de la cour. On portait des secours aux blessés, on décernait des honneurs et des couronnes aux Marseillais , aux fédérés ; on répétait avec ,eux leurs chants de guerre. Cette feinte unanimité de sentiments n'empêchait pas qu'on ne parlât d'e&tcrminer tousceux qui avaient été signalés comme roya« listes, ou comme constitutionnels. Le lo août n'avait vu que la suspension du rui ; le 1 1 Août prononça , par le

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fait, rabblition de la royauté. Une foule immense se porta dans les places publiques où s'élevaient les statues de H enr i I V , de Lou is X III y de Lou is XIV et de Louis XV. On détruisit avec fureur ces monuments^ et Ton commença la longue guerre que la barbarieafaite parmi nous aux beauxarts. Le bronze fut destiné à faire des canons; la statue de Henri JV ne put être protégée par Tan tique amour du peuple ; la hache parricide abattit rim^ge d'un bon roi , d'un grand homme. Les attributs de la royauté furent effacés de tous les lieux publics , et proscrits dans toutes les maisons particulières.

- Louis et sa famille restèrent près de deux jours entiers dans la tribune du Logographe. Le Luxembourg avait d'abord été désigné pour lesrcccvoif.

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La commune s'éleva contre cette disposition; rassemblée n'osa la maintenir , et la famille royale fut conduite au Temple, avec une forte escorte. Le peuple vint avec une curiosité avide , l'observer h son passage ; mais la terreur avait déjà tellement glacé tous les cOBurs , qu'un si déplorable spectacle des coups de la destinée , n'excita pas un seul signe de douleur et de pitié. L'assemblée nationale qui voulait Ûiire grâce aux vaincus , fut à chaque instant détournée de 80» vœu. On lui apportait une foule de pièces trouvées au château , ou fabriquées à la commune ^ et chacune d'elles compromettait les hommes que la haine avait proscrits d'avance. L'assemblée se vit obligée de promettre une justice sévère ; elle reudit des décrets d'accusation contre les

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ministres > actuellement en exercice.

Un seul d'entre euiE^fut arrêté , c'était d'Abauconrt, ministre de la guerre.

£Ue rendit le même déc^^et contre le»

èx-mintstres MoQtmorin , Bertrand et Montcîel; contre Duport, Barnaveet A» lexandre Lametb. On avait trou-* vé au château l'instruction que cel trois membres de rassemblée constituante avaient donnée au roi , su rla conduite qu'il aurait à tenir eu refusant la sanction des décrets des prêtres et des émigrés* Barnave fut arrêté à Grenoble , oii il s'était retiré. La commune de Pafeîs étendit beau* coup plus loin ses actes de vengeance.

L'assemblée forma sur lé champ un conseil exécutif provisoire : Roland , Servan et Clavières furent rappelés ^Ans les ministères qu'ils avaient un moment exercés ; on leur a&'ooia

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Danton. Les girondins n'qsèrcnt re-« fuser ce prix de sçs services à lliomme qui avait prépare' sans eus le 10 août , et qui bientôt en dirigea les suites contre eux. Il méditait un grand crime; on le fit ministre de la^ustice. La victoire remportée à Paris j^r le trône, conquit bien tôt tous les dé« part^mentsà la république. Nulle réfiislauce, nulle réclamation. Les mêmes autorités aldniinistralives qui avaient protesté ccnitrc la journée du 20 juin , célébrèrent la journée du 10 août; le 14 juillet n'avait pas obtenu un assen^^ent plus unanime.

La terreur produisit ici le même effet , qu'a u para van t Tcn tlu)uaîasme..Lcs royalistes se cachèrent , les constitutionnels se turent ; leur parti ^ désigné sous le nom de feuillants , cessa d cxSter dès ce jour.

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Cependant , à Rouen ^ le peuple parut sVraouvoir et plaindre le sort du roi. Uu régiment suisse , qui s'y trouait , se montra disposé à venger la mort de ses compatriotes. La Roche-^ foucauit-Liancourt fit renouveler aux s^dats et aux citoyens le serment dd fidélité à la constitution qu'on venait de détruire. Les eorps administratif de cette ville se joignirent à ce mouvement ; mais avant qu'on eût pu délibérer sur le genre de résistance qu'on devait opposer aux nouveaux décrets , la disposition des esprits avait déjà changé. Bà commune de Paris envoya à Rouen des émissaires qui réussirent à épouvanter les habitants decette ville. La Roche|DUcauIt-Liancourt se vit bient6tflp[a« donné. ^

Quand la nouvelle du io.aoûn>aJ^

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vint à Tarmée de Lafayotte » chefs et soldats, tout parut partager la dou*^ leur du géaéral. Sou quartier-général était alors à Sedau , et il avait av^o lui une partie considérable des troupes qu'il commandait. La résistance lui parut un devoir : son état-major, les chefs de bataillon se rassemblent autour de lui ; il l^it publier à Tordre une proclamation dans laquelle il se

déclare ouvertement contre les évé^

nements de la fameuse journée , et contre les décrets de rassemblée uatronale. L*armée annonce par ses cris , qti'elle est rempOè de toute l'indigna* lion qu'on a voulu exciter en elle. Le département établi dans cette ville ^ rc^e de reconnaftre les décrets de Fas^Plblée nationale; elle avait prévu cet myge y elle avait envoyé trois de ses membres » Autonelfie | Kersaiat

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