‹ Précis historique de la Révolution française. Assemblée législativeChapitre 22 sur 25 · PRECIS BI8TO&TQUB · texte numérisé non relu

PRECIS BI8TO&TQUB

que sorte de force dans cette horrible alliance : c^était Marat. Aprè^ le lO août^ il s*élança de son souterrain, et vint figurer à la tête des yainquean.

La nature semblait avoir écrit sur ses traits hideux : fuyez ce monstre. Depuis trol^^ns , ses feuilles atroces étaient un poison journalier .pour la portion du peuple la plus ignorante, la plus portée à tous les excès. Lafayette Payait vainement fait poursuivre; depuis les girondins Tavaient vainement fait décréter d'accusation.

B enfermé dans un caveau , c'est de-Ià qu*il comptait et qu'il augmentait sans cesse le nombre des victimes à sacrifier à la révolution. Il avait écrit sous Fi nspi ration de Danton et de B-obespierre ; il ne louait qu'eux, il se regardait comme l'auteur de leur puissauce \ il voulut la partager.ll pro-

DB Là AEVOL0TJON f RAKÇ. ^69

posa rétablissement légal d*un trîum— vi-rat; ceux-ci rougissaient d'un tel associé, et s*en servaient eticèî'è. Cependant Danton avait fait des promesses à d'Orléans. Le moment était venu de les accomplir ; mais Danton alors était trop occupé de* son ambition ^ pour servir celle d'un autre.D'Orléans, sans être bien convaincu que tous les crimes projetés serviraient à son éléyation , fut porté par le penchant do son ame , à se dévouer h. la faction la plus vile et la plus odieuse.

Déjà le nouveau tribunal était. en fonctions. On traduisit devant lui Laporte , intendant de la liste civile , accusé d'avoir payé des journaux , pla* cards et pamphlets anti- populaires t il fut condamné. C'était im vieillard recommandable par les vertus les plus pures : lorsqu'il entendit son arrêt ,

360 PRÉCIS GISTOBIQtrS

le S6ul sentiment qu'il témoigna d*abord , fut de Tétonuement. Il s'adressa icnsuite au peuple , et dit ces mots : 9 Citoyens , puisse ma mort ramener ^ le calme dans Tempire ! puisse* t elle fc mettre un tenue aux dissentions « intestines ! puisse Farrél qui m*ôto •t la vie, être le dernier jugement infc juste de ce tribunal ! » Le président lui répondit en ces termes : « M. Lam. porte , le tribunal pardonne h votro % situation , il respecte le malheur ; <c mais il croit devoir tous observer 9 que votre jugement a été rendu par «t des hommes justes qui auraient K voulu vous absoudre. >» Le peuple pa^ lut plaindre ce vieillard qui montra, en allant à Téchafaud^ la sérénité de l'homme religieux. Le tribunal jugea ensuite Durosoy. C'était Fauteur d'un journal ouvertement contre-révolu*

DE LA REVOLUTION FRANC. 36l

tîoonaire i il avait consacré son mé*diocre talent à rendre à la nobiesse francise des sentiments chevalejesques» Il avait prêché la fatale émigration, comme de ^ pieux 8oli<« .

taires avaient jadis prêché les croi->> «ades. Son journal insensé trouvait des lectenrs plus insensés encore : au reste ^ nulle loi n'existait encore contre les abus de la liberté de la prbsse. Les ré-^ publicains la proclamaient et Texer* çaient dans le sens» le plus illimité. Il •'écria , quand on lui prononça sort arrêt : '«il est beau , pour un royaliste fc comme moi, de mtonrirle jour de « la fête de Saint-Louis. »» Sa fermeté parut se' démentir un moment^ lors^ qn?On le conduisit an supplice. Il na caol;a point qu'il s'occupait de la dou^ leur d'une amie qui allait lui survi*^ . vre : ellft-ne }ui»ur?écutpas^Le dé«

862 PEÉCfS HISTOBIÇ0B

«espoir lui donna la mort, le leademain du jour oOi elle apprit celle de Durosoy. Ces differeutes condamuatîons te prononçaient è quelques intervalles.

Le tribunal semblait effrayé de ses terribles fonctions : il mettait de la lenteur ou de la précipitation dam $es jugements , selon que les cris dà peuple ou les ordres de la commimt le pressaient plus ou moins« La polî« tique semblait dicter quelque réserve à regard des officiers suisses. On ayait h craindre que leur nation , d^a plongée dans le deuîL par la journée da se août', ne cédât à son indignation»

en Yoyant suivre le cours des pros* criptions judiciaire» contre ceux qui avaient échappé anx massacres. Mats IfS dominateurs dû tnoment ne pou* valent subordonner leurs vengeanoas k aucun çaiciii dç^poKlique extérieure»

DB LA r£yOLUTION 7RA1YÇ. 363

Plusieurs de ces ofi^iciersmîs en juge-^ juent furent cependant acquittés : uu smil j le major-général Baohmann fut condamné. Le peuple vît, avec plus d etonnement que de sensibilité , la fermeté imposante d'un militaire qui ^'avançait avec fierté vers une mort glorieuse encore à ses yeux , quoiqu'elle fût hors des combats. Le co<« lonel d'ACTry , deux fois mis en jugement, fut deux fois acquitté. Il prouvait, par uu alibi, qu'il n'avait pu, ni donner, ni connaître l'ordre fatal.

Montmorin, gouverneur de Fontainebleau , fut aussi acquitté par le mémo tribunal : la commune en poussa des cris de fureur ; elle demanda la cassation de ce iug%ient à l'assemblée nationale, qui commande elle-même cet attentat à la liberté des juges qu'elle âvai( orées.

364 Mite 18 fiISTORtQ0£

L*irritation desespritâ était tous les ^urs aocru« psCr rinvasioa étraugère qui s'effectuait avec une rapidité effrayante, j^ la nouvelle du lo aoât, lé roi de Prusse avait redoublé d'activité et d'audace : il commandait une armée de soixante -dis mille hommes^ forte surtout en cavalerie. ^^^ÊÊÊÊ nom delFrédéric, le souvenir de ses 'victoires avaient profondément gravé ia terreur des armées prussiennes. Lo duc de Brunswick, nommé généra- ^ lissime de cette expédition^ avait été désigné par Frédéric lui-même, et par l'opinion de l'Europe , comme le plus grand capitaine de ce temps.

Sous lui , commandaient encore plusieurs généraux qv$ s^étaient souvent combattus pendant la guerre de sept ^ns. Xjc roi enâarnmai t tous les esprits par la démonstratîgu d^s sentiments

DE LA MYOUTTlOTt PRATTÇ. 365

Olievaleresques qui ceilvenâient è la ostise qu'il venait défendre : et lui et^on fils étaient avides de gloire et de dangers. L*infanterie ne faisait pas la force principale de cette arm^ ; mais elle était exercée aux plus sauvantes luanoenvres. Le roi avait avec lui beaucoup d*aniUerie de campa** gne, peu de pièces -de siége;.il conip* tait sur des intelligences pour s*em-; parer de plusieurs places importantes.- T^ngt mille émigrés , conduits par le»

frères du roi , se présentaient comme «ne àYaiit*gaf de redoutable , jalouse, surtout de prendre pour elle tous les, périls de cette expédition. Ony voyait des ^néraux qui avaient acquis delà f^oire dans notre dernière guerre continentale , tels que le maréchal do Broglie et le maréchal de Castries.

Cette troupe , où cbaqi^e soldat avait

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été auparavant officier , et n'en arait pas perdu le souvenir , offrait par soa luxe , par Tardeur de ses passions , par la présomption de ses discours, un singulier contraste avec la discîplino et le fiegme des Allemands. Enfin, quinze mille Autrichiens, sous les or* dres du général Clairfait , étaient des* tinés à seconder les mouvements delà, grande armée. Les succès semblèrent d*abord justifier les promesses et les 'espérances des émigrés. Lukner n'osait exposer à Tennemi une armée trèsfaible , et qui n'avait encore ni or* ganisation ni discipline. Il ne pouvait s'asseoir dans aucune position; il fut forcé y dans le camp de Fon— toi 9 et courut chercher un refug« sous les canons de Jdeta. Une partie de la frontière se trouvait ouverte par cette retraite précipitée. Longwy fut

DE LA RBTOLUTIOÎT FRAITÇ. Z&;

iuveftfcii Cette pîaée , si etle eût été -bietidé&^iAè «t bien pourvue, pouvait arrêter quelque temps rennemi.

Elle se rendit après deux sommations , et après' quinze Heures de bombarde* ment. On aecusa de cette trahison Jes habitants' de cette vilie , qui , effrayé» de' riâeétidie de quelques maisons y s'assemblèrent pour demander à Téta tïaûjùt de fa place, qu'on ouvrît les portés- ^li^ roi dé 'Prusse. On accusa égéfèilieut Louis .dans son procès, d'aVoî r laissé Long^ j; dépourvu d ap« promis ioniietoen ta et de niunitions ^ et- c'est un des griefs arlfculés dans son jugement. Par une contradiction frappante , Lavergne , commandant de Longwy , fut condaïtmé comme' ayant livré sur le champ, une place bien pourvue et bien approvisionnée Lo roi de Prusse en prit possession , au

Mom de L<wi8 XVI; et ne doutant plut que tioute» les TÎlks «Daient le ïécevoir av«o le même erpprel^enient, il dctacba u» corps de i5 imUe bomjMes, pouri faire le siège de Thion- "ville , et se porta arec- rapÂdité sur Verdun. Le corps .da Glairfait se détourna sur Steaai., et s'^eH^rupsura, Le territoire français ét^i^ investi, et Ici armées françaises seipblaiçnt^eBcOro.

ne se présenter nulte part. On ne pou* vait point espérer que Vefdnn retardât longtemps la ,^nfir<îhe du vi^in- «jueur. Sa r<çddition futaassi prompte, mais plus excusable que cçllc de I^ongwy.

A mesure qiïe ces nouvelles dosas-* t reuses ^survenaient à Paris , le peuple ^ait toujours plus furieux dans sa terreUfc L'assenablée rendait des dc'crcls de poivre cwt^e le« babilaott

DELAaKTOLtTTlOHFRANÇ. 26^

de Longwy ; elle vouait celte ville à rexécratioa des Français; elle ordonnait que ses murs fussent démolis , dès qu^el le serait reconquise; elle prononçait les peines les plus terribles contre tous les militaires et tous les habitants des villes qui suivraient cet exemple. Le besoin qu'on éprou- Tait encore de se flatter , faisait quelquefois atténuer les revers , ou supposer de fausses victoires. La Térité^ quand elle était reconnue ^ n'en était que plus affreuse à soutenir. Robespierre , Danton , la commune de Paris , voyaient , dans ces défaites , un moyen de triompher des ri v au s qu'il leur restait encore à abattre. Ils se plaisaient à répandre que les girondins voyaient avec indifférence l'ennemi marchant sur Paris ; ^ue leur projet était de se retirer au-

370 PKECIS HI8TOK1QT7S

delà de la Loire , pour y fonder des republiques indépeadantes, dont cbacua d^eux serait dominateur. Cette accusation , qui servit de prétexte ^ tant de crimes , et qui fut longtemps développée dans Texécrable et stupide roman du fédéralisme, était fondée sur quelques mots échappés ou attri«* hués aux chefs principaux de ce parti.

\tà ressource extrême de se retirer audelà de la Loire , s'était souvent pré* sentée à leur imagination; ils croyaient Toir plus d'énergie républicaine dans la partie du midi , que dans celle du nord ; mais ils n*en étaient paf moins résolus à se défendre auparavant dans Paris méme^ si l'ennemî poussait jusque - là le cours de ses conquêtes. La commune se plaignait encore de la marche lente et încer* taine du tribunal chargé de punir lc«

DE LA aCVOLUTIÔir FBAN Ç. 2^^

eoDÂpirateurs ; elle dénonçait à cha* que instant mille nouveaux complots , dont elle plaçait le siège dan» les prisons, et semaut partout tes défiances, les calomnies ^ elle se dispo^ sait à l'exécution du plus épouTao- ^ table massacre. v^V

Les girondins , qui avaient si êou'^ri yeut entraîné Tassemblce contre son ^ " Toeu , lorsqu'il s'agissait d'attaquer la cour , ne pouvaient plus maintenant obtenir d'elle des mesures vigoureuses .contre la commune de Paris , qu'elle haïssait , mais qu'elle redoutait encore davantage. Déjà le ministre Danton était menacé hautement de-la proscription. La commune ne conser* Tait à sa tête, Pétion, que pour Ta- -Tilir et pour l'enchaîner. Elle annonçait l'intention de fsH're pour-

solvre. comme des traîtres , Ver-

gniaud^ Ouadet^Gensonnc etBrissot.

Déjà même elle avait lancé un niaa<« dat contre ce dernier. Elle avait fait saisir ses presses , et arrêté son col« iaborateur Girey-Dupré»

* Tous ces sinistres avertîssemetitsne purent faire sortir rassemblée de sa iangueur et de sa pusillanimité. Ses séanves étaient presque désertes; les députés constrtutionaels nVchap-.

paient à la proscription , que parce qu'une haine plus vive s^attachait maintenant au parti de la Gironde.

L assemblée parlait sans cesse de ré- |}rimer , et ne réprimait jamais les entreprises de la commune; et tous les jours, elle lui fournissaitdesmoyens de consommer ses horribles projets. C^est ainsi qu'elle ordonna des visites demi-. ciliaires , dont le prétexte apparent «tait d'aller chercher des armes chez

DE LA. MVOIUTIOH VVlAVC. ZjZ

tons les particuliers^ La commue ea profite pour faire entasser dans les prisons ceux qu'elle veut y faire %orgen Nuit de terreur, qui fut le.^re'*lude de plusieurs jours de sang ! Cha^ que maison, dans une ville immense est Visitée. Les citoyens tremblants vont prendre une arme , pour venir porter l'épouvante dans leurs propres foyers.

Les barrières sont fermées ; Paris con* temple arec effroi les murs dont le Tégime fiscal l'avait fait entourer, et ^i. ferment aujourd'iiui toute issue:

h tant de malheureux réservés pour la mort. De porte en porte , ils vont chercher des amis sensibles et coura<»

£eux qui veuillent bien s'associer àleurs dangers. Ici , ils sont rebutés:; 2à , le zèle le plus héroïque ne peut leur procurer que d'affreuses retraites. Us restent oppressés , étouffés

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sous des matelas , dans des oloisoos , dans Fintérieur des chemiims. O combien , duraot ces terribles benres , ^ciatèreat à la fois de traits de perfidie, de traits de dévonement ! Les femmes , les femmes surtout s*é!è- Tent au plus baut degré d'intrepîdîté y pour sauver les êtres qui leur jont chers. Les unes font trembler les plus féroces inquisiteurs , en leur com- . mandant de respecter leur asile ; les autres les trompent par de sublimes mensonges. Tantôt la destinée vient -trahir les plus sages précautions ^ tantôt elle prodigue les miracles pour •sauver quelques malheureux qui au- .ront encore d autres dangers à courir. La commune compte ses victimes^ et frémit encore de ce que quelquesunes lui soient échappées.

Enfin , rassemblée ne peut plus doo^

DE LA RBTOIUTIOH 7RAFÇ. SyS

ter des crimes qui se préparent. Elle voudrait anéantir une commune que , chaque jour , sa faiblesse a rendu plus terrible. Il est trop tard ; au moment où elle menace , elle fait trop connaî-^ tre qu'elle tremble. Yergniaud et Henry-Laiivière font en vain le tableau des usurpations de la commune ; l'assemblée se borne à faire à. la com* mùne une injonction d'être plus cir« conspecte sur les mandats d'amener, et ^ mander son président à la barre. Cet acte ne parutà Robespierre, à Danton, qu'un avertissement de frapper des coups qui missent sous leur dépendance une assemblée à laquelle il ne manquait que du courage pour leur résister.

Le 3i août, plusieurs des commissaires de la commune paraissent à la barre. Pétion est à leur tête , non plus cç Pétion triomphant , objet de tant

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de folles et de perfides acclamatioas.

II est toujours, depuis le 10 août, ]e prisounier de la commuae; elle lui commande de venir sanctiouner les actes qu'il déteste le plus. Triste, abattu, il dit quelques mots insignifiants ^ et cède la parole à un autre commissaire , dont le discours est trop nécessaire à Thistoire pour qu'on puisse l'omettre ici.

« Législateurs, les représentants provisoires de la commune de Paris ont été calomniés ; ils ont été jugés sans avoir été entendus , ils viennent vous demander justice.

«t Appelés par le peuple ,dans la nuit du 9 au 10, pour sauver la patrie, ils ont dû faire ce qu'ils ont fait. Le peuple n'a pas limité leur pouvoir; il leur dit : Allez , agissez en mon nom, et j'approuverai tout ce que vous aurez fait.

JJELAREVOLtJTIOWFRAlfÇ. 3jy

. «t Nous TOUS le demandons , messieurs, le corps législatif n*a-t-il pas longtemps été environné du respect des citoyens de Paris ? Son enceinte n*a c(é souillée qi;ie par la présence du digne descendant de Louis XI >et de Témule de Médicis. Si ces tyrans vivent «ncore , n*est^ce pas au r)5spectdu peu- . p(e pour rassemblée nationale, qu'ils en sont redevables ? Vous avez applaudi vous-mêmes à toutes nos mesures.

« Yous êtes remontés par nous à la hauteur des représentants d'un peuple libre. Cest vous-mêmes qui nous avez donné le litre honorable de représentants de la commune , et vous avez voulu communiquer directement avec nous.

«c Tout ce que nous avons fait , le peuple Ta sanctionné. Ce n'est p€is quelques factieux^ comme on vou-

378 • PEKCIS HISTORIQtTB

drait le croire , c'est un million de ci* toyens. Interrogez -les sut nous, et partout ils vous diront : Ils ont sauvé la patrie. Si quelques-uns d**entre nous 6nt pu prévariqucr , nolis'demandons, au nom delà commune, leur punition.

« Nous e'iious chargés de sauVer la patrie , nous Ta vous juré , et nous avons cassé des juges-de-paix indignes de ce beau titre; nous avons cassé une municipalité feuillantiue.

Nous n avons donné aucun ordre contrela libcrtédes bons citoyens; mais MOUS nous faisons gloire d'avoirseques* trélesbiens des émigrés. Nousavonsarrétcdes conspirateurs , et nous les avons m^isentrelesmainsdes tribunaux, pour leursalut etpour celui deTétat.

« Nous a vous chassé les moines et les religieuses , pour mettre en vente les maisons qu'ils ocoupaieut*

DE LA RÉVOLUTIOlf FRATfÇ. 879

«t Nous avons proscrit les journaux incendiaires 9 ib corrompaient Topi* nion publique.

« Nous avons fait des TÎsites domi-, çiliaires. Qui nous les avait ordoa- ^ nées? Vous. Les armes trouTées chez les gens suspects , nous vous les ap* porterons pour les remettre entre les mains des défenseurs de, la patrie.

« Nous avons fait arrêter les prêtres perturbateurs; ils sont enfermés dans une maison particulière, et sous peu de jours le sol de la liberté sera purgé de leur présence.

On nous accuse d ayoir désorganisé Tadministration 9 et notamment celle ckes subsistances. Mais à qui la faute ? Lies administrateurs eux-mêmes, oui étaient*ils dans les jours de péril ? La plupart n*ont pas encore reparu à la commune.

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« La section des Lombards est venne réclamer contre nous dans votre sein.

Mais le vœu d'une seule section n'anéantira point celui d'une majorité trèsprononcée des autres sections de Paris.

« Hier , les citoyens, dans nos tribunes , nous ont reconnus pour leurs représentants : ils nous ont juré c{U*i1s nous conservaient leur confiance.

4c Si vous nous frappez , frappez donc aussi ce peuple qui a fait la révolu-^ tion le 14 juillet, qui Fa consolidée le roaoût , et q^Ia maintiendra. Il est maintenant eu assemblées primaires; il exerce sa souveraineté' ; consulte?le , qu*il* prononce sur notre sort.

. « Vous nous avez entendus : nous ^ton^mes -là; prononcez. Les hommes da x\o août ne veulent que la )iistic« et qu'obéir à la volonté du peuple, i»

A chaque mot de ce dificoors , Ja

DE LA RÉVOtUTlOS FRAKC. 38|

Crainte et la consternation descendent au fond des cœurs. Cependant un horrible tumulte règne àrexle'rieur; tout retentit d'imprécations contre ]*asï$emble'e nationale. On entend , au milieu du bruit , percer ces cris redoublés : T^i9€ la commune ! vipent nos bons commissaires / nous voulons les voir et les défendre, ils courent des dangers. Bientôt les tribunes font tonner leurs menaces sur rassemblée, qui est assiégée de toute part. Xja foule pénètre dans son enceinte^ la journée du 20 juin lui en avait tracé le chemin. Un d'eux s'exprime en ces termes d'une mémorable iuipudence:

m Peuple des tribuues , assemblée nationale, et vous , monsieur le président^ nous venons , au nom du peuple qui attend à la porte , demander â dealer dans la salle , pour voir lest

représeataats de la commune, qui sont ici ', nous mourrons , s*il le faut , aveo eux. L^ossemblée , quoique frappée de stupeur, a peine à dévojier ce dernier outrage. Cependant le président , il se nommait Lacroix, cherche lâchement à composer avec les pétitionnaires. Il les prie de ne défiler dans la sallo qu*au nombre de vingt , afin de ne pas consumer le temps que rassemblée doit aux intérêts de la nation. Quelques dé* puces annoncent que rassemblée est environnée de tous côtés de gens, armés ; on leur répond, ainsi qu*euz<znémes l'avaient fait un peu aupara«« vaut , aux partisans de Lafayette , qui se plaignaient des violences exercées sur eux , que la peur leur f^it révcr des dangers imaginaires. Enfin , Ma-^ nuel, procureur de la commune , veut bien tirer rassemblée de ces mortelles

DX t A R£TOI.UTIOir tKAVC, 3S3 angoisses. Il blâme les pétitionnaires qui viennen t de fai re en tendre des menaces , et déclare qu'il n'existe point de rassemblement autour de Tassemjblée. Elle lève sa séance , sans rien décider; la commune est victorieuse»

Tout est préparé pour le crime ; Panton l'ordonne. Les listes de pros* cription se dressent dans l'hôtel du juinistre de la Justice. Il vient à l'assemblée nationale annoncer les mesures qui ont été prises pour sauver la latrie. Le canon qée vous ailes entendre, dit-il, n'est point le ca- ,iion d'alarme , c'est le pas de charge sur nos ennemis. Pour les vaincre , pour les attérer , que faut-il ? DJT l'audace , encore de l'audace , et toujours de l'audace. Jamais ministre de terreur ne produisit une impression plus profonde que Danton ,

384 Fmicts histort^tts en prononçant ces terribles paroles , avec un geste exterminateur. On pro^ dame un arrêté de la coiuutune , que nous allons transcrire. »

« Aux armes ! . . citoyens.. . . , aux armes ! l^nnemi est à nos portes. *

Le procureur de la commune ayant annoncé les dangers pressants de la patrie, les trahisons dont nous sommes menacés , Pétat de dénuement de la •ville de Verdun , assiégée eu ce mo'^ ment par les ennemis , qui , avaat huit iours, serapeut-étreenleiirf>oiu • voir; le conseil-général arrête:

«e 1.® Les barrières seront h Tinstant fermées.

« 2.* Tous les chevaux ^n état de servir à ceux qui se rendent aux fron-> tières seront sur le champ arrêtés.

« 3.° Tous les citoyens se tiendront pf-éts à marcher, a«i premier signal»

DE LA RÉVOLUTfOW FRANC. 385

« ■4.°Tousle8<5koyen8,qui jparleur âge ou leurs infirmités, ne peuvent marcher en ce moment , de'poscront leurs armes à leur sectron, et on ar« znera ceux des citoyens peu fortunés qui se destineront à marcher sur les frontières.

^ ô.° Tous les hommes suspects , ou qui par lâcheté refuseraient de raar* chcrj seront à l'instant désarmés.

fc 6.° Vingt-quatre commissaires s© rendront sur le champ aux armées , pour» leur annoncer cette résolution , et dans les départements voisins, pour inviter les citoyens à se réunir h leurs frères de Paris , et marcher ^e «semble à Tennemi.

« 7.* Lecomî té militaire sera permanent ; il se réunira à la maison comntune , -dans la salle ci-devant de la reine, «c 8.^ Le canon d'alarme sera tiré à

rinstant ; la générale sera battue dans toutes les sections pour annoncer aux citoyens les dangers de la patrie.

9.* L*assemblée nationale , le pouvoir exécutif seront prévenus de cet arrêté.

10.® Les membres du conseil-général se rendront sur le champ daus leurs sections respectives, y annonceront les dispositions du présent arrêté , y peindront avec énergie , à leurs concitoyens , les dangers immenses de la patrie, les trahisons dont nous.fionimes environnés ou menacés; ils leur représenteront avec force la liberté menacée, le territoire français en-* vahi ; ils leur feront sentir que le retouràTesclavage le plus ignominieux , est le but de toutes les démarches de nos ennemis ; et que nous devons 5 pliitôt <juc de le souffrir , nous ensevelir

DK LA RÉVOLUTION FRAVÇ. 3^7

Boas les ruines de notre patrie, et no livrer nos villes que lorsqu'elles ne seront plus qu'un monceau de cendres. ».

Le 2 septembre , à deux heures précises , la générale bat , le tocsin sonne » le canon d alarme se fait entendre. La plupart des habitants de Paris, craignant de n'avoir plus de sûreté dans leurs maisons , vont chercher un a»ile dans leurs sections. La peur qui les y a conduits^ les y tient renfermés. Une foule de jeunes gens, quelques vieillards même s'enrôlent pour marcher contre l'ennemi. Chacun vient apporter ses armes , tout semble respirer l'enthousiasme militaire; ou ne songe qu'è sortir de Paris. On va affronter les plus formidables armées ; on n'ose soutenir Jes regards , ni braver les coups de quatre cents assassins. Les vainqueurs et les vaincus du lO août

se placent sous la métne bannière ;.en affecte d*ignorer la scène sanglantcqui se prépare ; on ose à peine en parler an moment où elle s'exécute. Tant de TÎctimes menacées paraissent n*a?oir plus ni parents y ni amis.

Déjà les assassins sont aux portes des prisons. Leur premier rassemble-* ment s*est formé autour de la commune. Là, un comité de surveillance »

où préside Patroce Ma rat, donne des instructions à la troupe des sicaires, et ohercbe à combattre en eux les derniers restes de pitié qui pourraient se trouver encore dans leurs cœurs.^obespierrc , Billaud-Varennes , CoUotd'Herbois , les haranguent tour - àtour. #t Peuple magnanime et bon , dit ce dernier , tu vas à la gloire , tu marches à la mort. Malheureux que nous , sommes, de ne pouvoir 4o^ «ui y re au

DE ItABéTOLUTieH FRANC. 3H^

ttt^tre des combats ; tu nous laisses aiz milieu des conspirateurs et des traîtres. Comme lenr audace va s'accroître 9 quand ils ne Terront plus dans Paris les vainqueurs dtt lO août! Ali ! du moins , ne nous laissez pas res^ pensables du meurtre de y es femmes , de vos enfants, que les conspirateur»

préparent dans ce moment même , jusque daos les prisons que leurs complices vont bientôt leur ouvrir.» Ou répond 2i cet atroce discours par ces •ris tQia'ils périssent ! La mort ! la mort! La commune distribue aux as* taisinrdes liqueurs fortes , et ces poisons .fermentes allument dans leurs Tetnes la soif du sang. Elle distribue de Fargent et, des assignats à ceux dont la cruauté uest point suffisaminet»t excitée par le fanati&me. Ils tra- "verseut les rues de Paris, ils les fout

3^0 YfticIS VISTOKTQITK

letentir de chants féroces. Ils se por* teot d'abordàla prisoo des Cannes. Là, se tfouvaient deox cent cinquante prêtres; plusieurs d^ntre eux avaient été arrêtés la Teille ; an moment où il» sortaient de Paris pour obéir à la cruelle loi dedeporta tion , que l'assemblée législative avait rendue contre eux depuis le lo août. L'arcfaevêquo d' Arlc», recommandablc par les vertus le» plu» pures et la piété la plus douce , le» cvéque» de Beauvais et de Saintes étaient au milieu de ce» prêtre». Déjà il» entendent les cris des assassins ; ila ont la résignation et le triomphe dea martyrs^ Ra»»cmbléS' autour de l'aatel, ils implorent le pardon du ciei pour les assas»ins qui les entourent.

Plu» de gémissement», plu» de trouble ; Tarohevéque d'Arles leur récit© le» prières de» agoiii3aat8; ils y répoa«?

DE LA BirOLUTIOir FRANC. d^%

dent : un calme céleste a passé dana leurs âmes. (Quelques-uns avaient mé-« dite des moyens d'éTasion , que de»

toisins leur avaient indiqués. Ils s^apprétaient à fuir ; détails étaient hors de danger ; bientôt ils se reprochent de s'être soustraits h la mort qui attend leurs oompagKOns ; ils reviennent au milieu d*eux. Les assassins entrent , se pressent de massacrer , pour n'être point vaincus par ce spectacle touchant et sublime. Quelquefois cependant ils veulent mettre à Téprenveees malheureux prêtres»; ils leur offrent la vie, sons la condition de prêter le serment ; tous s'y refusent. Les octogénaires ne sont point respectés , et a'obtienneut pas même la faveur de mourir le&premiersw Plusieurs curés de Paris, qui , dans le cruel hiver do 1789 1 ayaient sa ^ par les ^lus heu-^

3^1 PRiciS HISTOHI^JS

reuses inventiotis de la charité , nour* rir un peuple innombrable , furent égorgés par quelqnes^-uns de ceux à quUls ayaient distribué des secours.. .!

Je ne décrirai point les horribles dé* tails de leurs torture; deux ou trois seulement échappèrent.

Les prisons de la Force et de TAbbaye sont investies à la fois. Il se fomie dans les cours un horrible tribunal ; quelques-uns des assassins se trans* forment en juges. Les prisonniers étaient amenés devant eux ; ils con* sultaient les registres deséerous; rarement ilséooutaientquelquesmotsde }usti&calion, ils cherchaient encore à aggraver lesupplice de cesmalb^irenr par la plus féroce ironie ; quand ils les envoyaient à la mort , ils prononçaient cesmots : Elargissez^monsieur.

Le signal d^absolution était le-cn do

DB LA RÉVOLUTIOlt FRANC. Sç^

, yit^ela Nation / Tous les ofiBclers i suisses qui se trouvaient «à l'Abbaye j furent massacrés. Un d entre eux , , nommé Reding , qui. était malade des j blessures qu'il av^ait reçuesàla )our- , née du lo août, ne put obtenir de recevoir la mort dans sou lit, et fut traîné dans la rue. Un ieune homme , nommé Maussabré, s*était caché dans une cheminée. Le barbare geôlier l'appelle ^le découvre ,tiresur lui un coup de pistolet , et Tétoufie avec un feu de j)aille.llfut donné à un petit nombre de prisonniers de conserver quelque sang^roid dans ces affreux moments.

X)e8 homnues très-signalés trompèrent les bourreaux, en affectant leurs formes et leur ton. Un zèle héroïque , et qu'à peincou: peut comprendre , poussa des amis , des parents , des domestiques \ 9e uéler au milieu des assassins , à

394 FBÉCIS HISTORIQUE

fraterniser , Il boire avec eux ; et quand le prisonnier, objet de leurs sollicitudes , paraissait devant le tribunal de mort, des cris de grâce s'élevaient tout-à-coup en leur faveur, et les juges entraînés, répétaient: Grâce. lits commiiisaires de sections parurent , traversèrent une voûte de piques, de «abres , de massues, pour venir réclamer des citoyens , qui presque tous leur furent rendus. Grand Dieu ! les sections sont assemblées , elles délibèrent, elles se bornent à présenter quelques pétitions aux assassins. Cependant , qui n*admirera pas le dévouement des bomm es intrépides qui acceptèrent de telles missions? L'ami malheureux , du plus malheureux des rois, rex-tninistre Montmorin , fut uuedes premières victimes ; son frère , vainement absous par le tribunal , pé«

DE LA RévOLTTTIOir FRAT7Ç. SçS

ritavec lui. Le ministre d'Aba»court , le commandaut de la gendarmerie , Rulhières^ le jeune Rohan Chabot, neveu du ci -devant duc de La Rocbefoulcault , plusieurs Magistrats , quelques juges-de-paix, d'anciens gardes du roi , de vieux militaires y des écriyains courageux; plusieurs hommes enfin recommandables par ces vertus si rares et si dangereuses dans des temps révolutionnaires , la modération , furent frappes, déchirés ^ mutilés

Cependant il y eut aussi plusieui*8 délivrances, et Ton vit les plus sublimes vertus , les plus tendres sentiments^ briller au m'iieu de tant de crimes.

On avait enfermé et Ton conduisaiC à ja mort un de ces hommes bienfaisants, que la JProvidence appelle pour prendre soin des malheureux qu'elle semble a voir oubliés. C'était Tabbé Sicard 9 Tiastituteur des sourds et mueU.

^çj6 PRÉCIS histoat^ub

La veiUe du 2 septembre 9 ces^ufants»

qu'il a rendus à k vie, à la société ^ étaient venus demander leur père à rassemblée législative. Elle avail vtt eouler leurs larmes , elle y avait mêlé les siennes ; mais , impuissante et cap* tiV^ dans tous ses vœux, elle avait seulement recommandé Sicard au conseil exécutif. Les ministres avaient oublié de le sauver, on ne l'avaient osé. Un seul homme fit, par son courage , c« que n'avaient pu faire les hommes les plus puissants, il peVce la foule des as* sassins , dont le fer est déjà le vé. ( A mes sensibles, vous avez toutes retenu le nom de l'horloger Monnot) il convrt Sicard de son propre corps ; non , s*écrie^t*il , ^ous n'immolerez point h père des sourds et muets , il faudra me tuer avant lui. Il se sent ému , il se jette il lei^rs pieds ; il leur parle avec toute l'éloquence de Fame^ et Sicard lui

De la hévolution frawç. ^^ est rendu. Deux jours après , comme si un acte d'humanité excitaft le re« mords chez des hommes nés pour le crime , Sicard est eticore exposé aux zuémes dangers- Des députés volent à son st^cours, et le sauvent une seconde fois. Hélas ! l'histoire des malheurs de cet homme bienfaisant ne se ter-* mine point ici. Pendant deux ans^ erraut> proscrit> on invoqua en vain pour lui cette pitié qa*on avait pu exciter dans le cœur des assassins du 1

^ptembre mais ces jours-là aussi

sont passés.

Un petit nombre de femmes périt dans ces journées. Leur aspect sem-^ blait émouvoir ces tigres ; cependant madame de Lamballe avait été trop désignée aux bourreaux pour leur échapper. Amie de la reine , dans ses jours de bonheuri elle fut aussi sa.

$9^ PHictS HISTORIQOS

t^mpagne fidelle et dévouée dans ses longues calamités. Cétaic chez elle que se rasseiiiblaieiit souveat ceux ea qui Louis avait le plus de con6ancc On Tavait su ; les journaux et la tri* bune même avaient repenti de cette accusation, qu'on avait extrêmement envenimée. Menacée de la proscription , elle n avait point songé à la fuir; elle espérait être enfermée avee la reine , et lui donner toutes les consolations deTamitié. Elle ne goûta pas longtemps cette faveur ; elle fut enfermée à la petite Force. La haine atroce du duc d'Orléans la suivait Cependant , dès que les assassins la virent , ils parurent oublier les ordres qu'ils avaient reçus; d'antres accourent , pressent davantage ceux-ci, leur rendent toute leur cruauté. Oa l'accable d'inreoiiYes, et pour la topro

»B LA RiTOtUTIOlf FRANC. 399

nenter encore plus, on couvre d'opprobres le nom de la reine. On yeut qu'elle répète ces outrages. Non , non, «'c'crie-t-elle ! jamais , jamais J En même temps elle se sent défaillir, ses yeux se ferment , et c'est en ce moiRent qu'elle est frappée. Un de ses do-p mestiques , qu^elIe avait comblé de bienfaits, lui porte ks premiers coups.

Son corps^sanglant est déchiré par les assassins et les furies qui les suivent; sa tête est portée au bout d'une pique ; on conduit cet horrible trophée devant le palais du duc d'Orléans ; lo monstre se lève d'un festin pour venic se repattre de ee spectacle. Les convives Jettent un cri d'horreur , \\ leur répond par un sourire féroce. Achevons , et tâchons de poursufvre cet horrible réoit. Cette tète fut aussi portée devant le Temple , prison de

400 F&ici8 HI9TO]tIQUB

la famiile royale. An brait affrenz qui en remplissait les environs , Louis s'émeut. Un commissaire de la c^ommune , qui se trouve près de lui , a la barbarie de Finviter , àt lui ordonner même de paraître à la fenêtre ; un autre 9 saisi d'horreur, Farrêteaumo-i ment oiî il se lève : N*allez pas, n'allea pas , s*écrie-t-il , c'est la tête de ma* dame de Lamballe.liOuis a de la peine ^ recouvrer ses sem , et cherche encore . cacher cette afirense catastrophe à sa famille. Depuis, il fat interrc^é par des commissaires de la convention , sur cette circonstance et sur le nom des deux membres de la commune. Je ne me souviens plus , répondit^ , que du nom de celui qui m^a empêché d'aller à la fenêtre.

Madame de Tonrzel et sa fille fa- X^at sauvées. Ua commissaire de U

DE LA HEVOLUTlOIf FRANC. 4OI

oommuneles mit sous sa protection.

Séparées l'une do l'autre , elles ayaient le tourtnentdlgnorer réciproquement leur destinée. Elles furent réunies, ei le tableau toticnant qu'elles offrirent acheva de les protéger contre les fureurs , sans cesse renaissantes des assassins. Madame de Saint-Brice , ma-»

dame de Septenil y la princesse de Tarente et d'autres femmes, échappèrent encore. On attachait à leur tête un ruban tricolor ^ ^^g^ ^^ ^^"^ salut ; on les reconduisait chez elles , et des bras tout couverts de sang lessremettalent auK bras de leurs parents , de l^urs amis. Ceux qui les avaient ramenées fondaient en larmes, et lesi quittaientpour r«toumer aux massa-* cres. On prétend que l'un d'eux , à qui tine victime, sauvée par lui, offrait de l'Argent , répondit ce mot incompré-»

hetisible : On me paye pour tuer , on ne me paye pas pour faire de bonnes actions. On a vu des bons de la commune pour payer en assignats les assassins.

Deux femmes y dont le nom sera k jamais be'ni par tous les cœurs sensibles, viennent offrir en ce moment un reposa Tame fatiguée de tant d*borreurs. Je veux parler de mademoi- ^lle Cazotte, et de mademoiselle Soaibreuil, ces deux intrépides béroïnes de la piété filiale. Cazolte était octogénaire: il était célèbre par la vivacité et l'originalité de son esprit ; il était enfermé è l'Abbaye. Deux jours auparavant le massacre, on avait séparé de lui sa fille, qui avait voulu le suivre : on l'avait forcée d être libre ; mais pleine de trouble ^ elle avait T^se préparer cette scène sandale ;

DB L.A RÉTOLVTIOïf FRâlTÇ. 4C^

tile errait sans cesse autour delà pri- " son y nulle pvissaoce ue pouyait Yen, arracher. Elle voit , elle entend que^ c'est son père qu*on- traîne au supplice; elle s*ouyre un passage au tnw lieu des bourreaux étonnés , elle s*é« lance dans les bras de son père. Osere«-votis, leur crie-t-elle 9 attentera ces cbeyeux blancs? Faites moi mourir avant mon père et dans ses bras. On la soutient^ on la rassure. Prouvez aa moins son innocence, lui disent les j^iges de la mort. Elle a repris toute sa présence d*esprit; elle leur parle, elle défend son père avec cet accent qui fait entrer la persuasion; il lui est fendu.

Ainsi qu*Elisabetb Cazotte, made-> moiselle de Somoreuil avait aussi aceompagné son père dans la> pri8on^.

Kien n avait pu U faire sortir de cette

404 PRÉCIS lïIiTOMIÇBfB

horrible cDCcinte. Ses cruels pressentiments Tavertiséiaifetit trop bié» dix malheur qui menaçait son père. Les assassins arrivent, Soinbreuil est appelé'. î\ voit le mourement de sa fille ; H veut la prévenir ; il lui <wrdonne de rester ; il ne lui laisse qu'un tendre adieu. En même temps les bourreaux eux-mêmes la retiennent , ils se défient de rémotion qu'elle va produire sur leurs amês. £lle paryientà s'échapper de leurs bras : elle arrive au li«u fatal ; les juges allaient prononcer la mort ; Sombreuil ne $e défendait pas. Il frémit, il se trouble à l'aspect de sa fille. A genoux , devant les assassins, de ses mains elle pare toua leurs coups : de sa voix et de seslarme^,^ p\ le les attendrit, et ils prononcent , au milieu des sanglots , la sentence d'absQltitipn. Hçlas! ni ];àadcmoiselle de

DE LA RÉVOIUTION PRAWÇ. 405

Sombreuil , ni sur tout sa digne émule, ne jouiront longtemps de cette viotoire remportée sur le crime. Cazotte , épargné par des assassins , ya , dans quelques jours, être frappé par des juges; et Sombreuil aussi sera arraché des bras de sa fille , et n*aura plus ses larmes et son courage pour le pro<tcgcr.

Ces massacres durèrent depuis le 2 jysqu'au 6 septembre. Quatre ou cinq mille prisonniers périrent , deux ou trois cents furent sauvés ; la plupart de ces derniers étaient arrêtés pour dettes. Danton et la commune avaient fait sortir^ la veille , des prisons , queU ques hommes qui leur étaient recommandés. Beaumarchais , si célèbre par la gaieté et Foriginalité de sesproduc-» lions, et par tous les événements de sa vie, était, depuis quelques jours ,

enfermé à T Abbaye. Il s'entretenait avec les autres prisonniers du sort qui lesattendait; il exerçait son courage en soutenant le leur. Il craignait surtout Fardente inimitié de Mannel, procureur de la commune , qui avait çté Tobjet de sa gaieté satirique. Le premier septembre, vers le soir, on vient lui dire qu'un membre de la commune le demande; il reconnaît Manuel, il frémrLt. Vous m'avez offensé, lui dit ce dernier, ce serait un crime à moi de m*en souvenir dans ce moment. J'ai sollicité votre liberté, et je vous l'apporte ; il n'y a pas do temps à perdre, sortez avec moi tout de suite. Un pareil trait de générosité peut défendre la mémoire de Ma« nuel contre toute accusation de complicité dans les meurtres de septembre. Fresque toujours les assassins dê^

DE Là AÉVOLUTION FRANC. 4O7

pouillaient leurs victitnes. Les uns portaient ces effets à des membres d« la commune qui en firent leur proie ; d*autres les gardaient avec inquiétude; caries assassins s*accusaient entre eux de vol, et punissaient de mort ceux qu'ils surprenaient. Quand les prisons oùétaient renfermés ce qu'on appelait les conspirateurs , furent vides » les brigands révolutionnaires , conduits par la soif du sang , se portèrent sur Bicétre. Là ne se trouvent que des hommes condamnés par jugement à la peine des fers. Ce fut une sorte de guerre civile enfre deux espèces de brigands. Ceux de Bicétre se défendirent longtemps contre les assassins; ils se firent des armes, ils s'en servirent avec fureur, et les mains du crime Tengèrent la vertu immolée. La troupe des furieux s'acharna par la résistauce

qu'elle éprouvait ; elle employa coiu tre eux des pompes qui les noyèrent Les prisons n'offrant plus de victimct , les assassins furent en&n forcés de se reposer.

Que faisaient ce pendant, durant cet )ours désastreux , toutes les autorità publiques ? Au. son du tocsin, de la géuérale et du canon d^alanne , quand les prisons étaient forcées , quand le sang y ruisselait, rassemblée des re« présentants du peuple discutait des décrets pour la fabrication de petite monnaie. LVyéque constitutionnel Fauchet , dont la toîx n'avait encore exprimé dans rassemblée que terrcun et qu*imprécations , rompit le preitiier ce scandaleux silence ^ et annonça , avec le sentiment d'une profonde indignation , le massacre de deux cents prêtres aux Carmes. Il

DfeLA&élrOLlTTIOirFRÂTrç. 4O9

demanda que rassemblée allât se place r eatre les bourreaux et les victimes* £11« y envoya en députation Fauchet , I>usaulx , vieillard respectable , par des talents et des vertus , Chabot et Baai/e. Mais bientôt ils reviennent ; leur voix a été étouffée par des cris tumultueux; ils n'ont pu soustraire qu'un malheureux à la mort ; c'était le député Jouneau , qui était à TAb* baye , par la suite d'une rixe qu'il avait eue avec son collègue Grangeneuve. Celui-ci outragé et frappé »

en a?ait tiré uiie vengeance cruelle^ IjCS commissaires de l'assemblée de« mandèrent Jouneau , et robtinreut* IDusaulx chercha à. rappeler à la loi, ou pour mieux dire , à la nature , tous ces furieux. Laissez-nous, lui répondit-on , vous nous avez déjà fait perdre beaucoup de temps. Re- 2. 35

tournez à votre foaction y laissez- nous à la nôtre.

Le 3 septembre , des oominîssaîres ^e la commune paraissent à la barre; ils viennent rendre compte de leurs travaux ; ils assui-ent que Paris jouit du plus grand calme, et les massacres durèrent jusqu'au 6. Ils exal* tent la vertu des assassins , qui pa* nissaient eux - mêmes ceux d*eDtre eux qui commettaient des vois. Ils se justifient de n'avoir point envoyé des secours aux prisons, attendu que le service des barrières exige trop de monde; enfin, ajoutent- ils, ce qui excitait la juste vengeance du peuple , c'est qu'il n'y açait là que des scélérats très-reconnus. L'assemblée entendit ces horribles éclaircissements sans oser manifester son indignation ; et depuis ^ à chaque pUiute nouyeUe ^

DE LA RÉYOLITTION FRANC. 4U à chaque pétîtioa des parents , des victimes, elle répondit par un ordre du jour. Le ministre Roland^ seu]^ eut le courage d'invoquer les lois et Thumauite' y contre la sanguinaire commune. La garde nationale crut ne pouvoir marcher sans ordre au secours de ceux qu'on massacrait. Santerre , son nouveau commandant , ré« pondit à toutes les instances qui lui furent faites, qu'il ne voyait aucun jnoyen de s'opposer à la fureur du peuple.

Louis et sa famille crurent voir arriver leur dernier moment^ dans ces fatales journées , et la mort leur semblait le terme désirable de tant d'horribles souffrances. Cependant le Temple fut respecté; incertains des événements de la guerre , les ordonnateurs de ces crimes voulaient se me*

4ia PHiClS HISTORIQtTB

nager des otages. La crainte suspendit en eux la cruauté , et leur troupe resta fîdelle à leurs* instructions. Ils étendirent devant le Temple un ru-, ban tricolor, et ce fut une barrière suffisante.

Qu'il était redoutable ce moment où les assassins réparaient leurs forces! Ils annonçaient que leur exemple allait être imité'danstous les départements.

Le comité de surveillance de la corn* mune écrivit alors cette épouvanta-* ble circulaire^ que rhistoiredoittranstïrire pour TefFroi de la postérité (/)•

L'histoire a conservé les noms do ceux des gouverneurs et des magistrats qui^ après la journée de la Saint— Barthélémy , refusèrent d'obéir aux ordres de Charles IX. La plupart des communes de France reçurent avec indignation la féroce missive de la

DE LA KÉVOLUTlOlf FI

commune de Paris ; aucune Comme si sa fureur était crue par la réprobation u elle s'occupa de nouveaux Sur sa demande, Tassemb tive avait ordonné, peu de le 10 août, que les prisoni léans fussent amenés à Pari dans le cours de cette nar noms de plusieurs daceux i été conduits dans ces p haute-cour qui devait les tait bientôt convaincue < gravité ou du peu de preu lits qui leur étaient iroput< vait pu encore en condami par timidité, elle différait dre. Ils étaient au nomb quante- trois. Tous les ri de la barbarie avaient été é leur translation. Ils avaient

à se mettre en marche le i.*' septembre. Le ministre Roland employa tous les moyens pour les éloigner ou pour , leur donner une autre destination. Le •' plus furieux de ses collègues, Danton, tonna contre lui , ordonna que leur marche serait continuée. Ils avançaient lentement ; on les avait entourés de gardes qui provoquaient contre eux les outrages du peviple. Mais partout, sur leur passage , ce peuple i qi^on commandait le meurtre^ n« Vessentaitque de lajpitié. Le 9, ils arrivaient à Versailles ; on le savait à Fa ris. La commune n'a besoin que d'appeler les chefs de ses sicaires ; ils partent, ils traversent Paris. Ils aa« noncent leur nouveau crime : on frémit, nul ne se présente pour les arrêter. Ils arrivent à Versailles, au moment 012 les prisonniers allaient passer

t>E LA RivOLUTlOW FRAWÇ. 41 5

la griUc de lOrangerie. Ils voient le peuple attendri et pleurant autour d'eux , et reconnaissant quelques bommes dont il avait éprouvé la bienfaisance. Fou rnier Ta mérieain s'e'crie que deux mille hommes sont cachés dans le château et dans toutes les avenues ; qu'ils se tiennent prêts à délivrer les prisonniers. Il donne le signal ,1e mias-

sacre commence Les boureaux

ne conservèrent plus cette app^^rence de tribunal qui ,au 2 septembre , avait contribué du moins au saliit de piu« sieurs. Trois des prisonniers échappèrent seulement ; ils avaient été laissés pour morts au milieu de leurs compagnon!. Pendant la nuit, des femmes passèrent à côté de ce lieu inondé de sang ; elles entendirent des sons plaintifs ; elles eurent le courage •de 8*«ipprocher , de relever ceux qui

4l6 PRÉCIS HISTORIQUE

respiraient encore, de les garder chez elles. Le fidelle et valeureux Brissac cherchait à se défendre contre les assassins : il mourut sans en avoir pu sacrifier un seul. Delessart fut atteint du coup mortel auprès de lui , Delessart qui avait été envoyé à Orléans pour manifester , disait Guadet , son innocence. Sans doute, c'est une atroce calomnie que d*imputer aux girondins la moindre part à tous ces meurtres , qui les remplirent d'horrctir ; mais quel profond repentir Brisât , Guadet etVergniaud même ne durentils pas avoir de la cruelle légèreté avec laquelle ils avaient peuplé les prison»

d'Orléans ? »

Cependant, un autre ordre de mort est parti de la commune de Paris , et des bureaux du minisire delà fustice^ Jl menace, il va atteindre rhozame qui

»K LA KETOLTJTIOH FRAlfÇ. 41 7

a le plus consacré sa yie au bien deThu* inanité; c'est le vertueux La Rochefoucault : il avait eu la gloire de présider ce département de Paris , qui avait résisté presque seul aux efforts des factieux : il vivait caché depuis le 10 août. Un avis qu'il a reçu Finquiète sur sa retraite : il en sort. Sa femme et sa mère octogénaire , M.ra« d*Anville,veulent s'associer à ses nouveaux dangers; mais la route qu'il a prise est déjà connue des assassins qui l'épient ; ils se sont mêlés avec un ba^ taillon de fédérés qui passe sur la route de Gisors : ils leur ont persuadé de rougir leurs armes du sang du meilleur de leurs concitoyens : sa voiture

est arrêtée Oh dieu! une mère ,

«ne épouse ne peuvent les fléchir.

C'est dans leurs bras qu'il est frappé.

Au milieu de tant d'horreurs , l'as-

4iB pbJois historique seràblée législative achevait d^explrer.

Les députés girondins , croyant soutenir contre la commune de Paris un combat inégal, atteudaient, pour punir ses crimes , le moijient où ils allaient reparaître dans la convention nationale. Déjà, dans tous les départements , on élisait les membres de cette nouvelle assemblée. Une réputation de patriotisme qu'on n'avait pas encore eu le temps de décrier , passionnait pour eux les jacobins les plut exaltés des départements. Ils obtinrent pour leur parti un nombre de nominations qui leur promettait la majorité* Ils comptaient avec impatience tous les jours de délai , jusqu'à la réunion de cette convention nationale. Ils se croyaient , eux et rétat , sauvés , si leurs ennemis lenr laissaient encore viTro ces jours. Ce-

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420 l^&ECIS HtSTORTQÛS

ii y exprima la plus grande horrenf contre les assassins , au moment où, leur fer était levé sur sa tête.

Une circonstance arrêtait d'ailleurs les chefs des factieux. Ils avaient mis une sorte de profusion à payer les différents crimes qu'ils avaient ordonnés, ils n'avaient plus de salaire à offrir aux assassins; Paris, livré au pillage, ne leur paraissait pas une ressource possible.Lc vol du Garde-Meuble fut résolu par eux. Les diamants de la couronne , beaucoup d'autres richesses existaient encore dans ce dépôt. De tels trésors les mettaient à portée de payer leurs sicaires.

Je ne sais comment ce vol inspira quelque honte aux ordonnateurs de tant d'assassinats ; ils n'osèrent I'en<« treprendre de jour. Us en €X>n6èrenC reiécution à des brigands obscurs»

1>B LA AÉTOLUTIOH VKAVÇ. 42I

Dans la nuit du 16 au 17 seplembrei ceux-ci 8*introduîsentau Garde-Meuble de la couronne. Les sentinelles qui veillaient à la garde de ce -dépôt , ne font aucune résistance. Les pierreries les plus précieuses , tout ce qui serait au faste de Louis XIY , du Régent et de Louis XY , deviennent la proie de ces brigands. Eurent-ils FinconceTable fidélité de les rapporter à ceux qui leur avaient commandé cet attentat ? On rignore. Beaucoup de conjectures ont été faites sur l'emploi de ces richesses ; nulle 'n*offre assez de vraisemblance pour être présentée comme un fait historique. Dans cette puit même 9 le ministre Roland est averti de ce vol. Il sait que deshomp^es puissants, le protègent ; il suit avec ferfxieté son devoir. Plusieurs des brigands sont arrêtés au moment oà* X. 36

412 P&ÉCtS fllSTORlQlTfi

ils achevaient d*enlever le reste de cet magnitiques dépouilles. Il appelle sur le champ rindîgnation publique et celle de rassemblée législative. Les principaux factieux n*osent avouer leur complicité. Ils laissent sacrifier quelques-uns de leurs agents. Paris, toujours sous le joug des assassins, vit périr quelques voleurs; on n'osa pas cependant suivre de trop près les renseignements que ceux-ci laissèrent.

L'assemblée électorale de Paris était composée, à une très-grande maiorité, de tous ceux qui avaient eu une part directe II tant d'horreurs. Robespierre y dominait. On le vit,pour la première fois , quitter cette contenance hum*bie, ce langage hypocrite qui caractérisaient le plus vil flatteur de la plus Tile populace. Il semblait n^plusreconnaîtrerd'égaux , même parmi ccul

BS LA RÉTOLUTIOV FRAT^Ç. 423

de son parti. li commanda tous les choix; c*est-à- dire qu'il produisit la plus monstrueuse élection qui ait jamais déshonore' le système représentatif. Philippe d'Orléans obtint d'y ^tre nommé sous les auspices de Mara t. L'historien est révolté de sa tâche chaque foib qu^il est réduit à prononcer les noms de ce Marat et de ce d'Orléans. Je ne m'arrêterai point à tracer tant d'ignominies, je rappellerai seulement que ce fut à cette époque que l'usurpateur , tant de ibis annoncé 7k la France , abjura le nom de ses pères , et prit le titre du citoyen Egalité. On entendait parjer de dictature , de triumvirat : Marat les proposait ouvertenHilit ; il voulait être l'un des triumvirt^ ir'il ne pouvait être dictateur lui %nême. Robespierre et Danton para issaien t encore for temeut uois.

424 PKÉCTS ST8TÔRTQir«

Cepeirclaiit le premier Toyait déjà avee inquiétude son ri^al. Il surprit en lui quelques mouTements de pitié ; il le vit sauver quelques victimes. En effet, Adrien Duport et Charies Lameth y arrêtés Fun h. Melun ^ l'autre è Rouen , furent soustraits par Dan<* ton an supplice. Robespierre n*osa éclater contre lui. Il dissimula jusqu'à ee que leurs adversairescommunsfus^ sent abattus ; Danton eut plutôt de* siré leur expulsion que leur mort, et ce fut peut-être lui qui permit àl'as^ semblée législative de se retirer sans avoir perdu aucun de ses membres, pendant le cours de tant de proscriptions. Les deux tyrans j^mxent fait couler des torreiits /ÊfMÊif\ sî rinvasion faite par le roi àftl^^K^^^t menacé de plus près la captMH|Nnafs «ctte expédition n'eut que des succès

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