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En général «une vérité nouvelle a bèsbih de tretite ans au moins pour s’établir chet un peüple nombreux, quand il est calme et sans passion s." Avant qu’elle ait retenti plusieurs fois à toutes' les oreilles, qu’elle ait réveillé les indolens , frappé les insoucians *, coùvertiles entê.tés et les superstitieux , ce qui est la même chose, et démasqué les hypocrites, la génération est passée. Mais , dans ^es temps extraordinaires, et quand deux opinions se choquent^ celle qui est là vérité est proclamée avec tant d’éclat,‘qu’elle fait des progrès rapides : elle se,fortifie par là contradiction et se propage par les passions : un an de guerre fait plus qu’un siècle *en d’autres temps.
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Il arrive encore que, comme une vérité
4^4 EÊFLKXIORS
ne va Jam^s seule, mais qu’elle mène à sa suite beaucoup de conséquences, la contradiction , qui , comme on sait , fait jaillir des lumière^ nouvelles , fait sortir du sein des ténèbres des ^vérités auxquelles on n’aurait pas pensé de, sitôt ; en sorte que les ennemis d’une vérité se trouvent accablés d’une' foule d’auxiliaires qui les mettent hors de combat.
Il est possible que tous les rois de l’Europe se coalisent contre une petite page d’écriture ; mais, après bien des coups de canon, et quand ils tueraient trois ou quatre cent mille hommes et dévasteraient vingt pays , il n’en serait pas moins vrai que lbs hommss xaissEirr bt dbmedbeut ubbbs bt iokvx eh
DBOITS y ET QUE LÀ NÀIIOH EST LE SOUVEBÀlH : Ct
il est possible que leur obstination fit découvrir d’autres vérités auxquelles on n’aurait pas pensé sans leur colère»
"11 est inutile sans doute de donner des avis à la corporation des^rois : d’abosd parce , qu’ils ne liront pas mes réflexions ; et ensuite parce qu’il est dans l’esprit des rorps de ne rien entendre et de courir à bride*^ abattue dans la pente qu’ils se sont faite* Mais il est toujours utile d’écrire , parce que les peuples lisent.^
On tue des hommes » c’est le triste apanage du métier de roi » mais on ne tue pas les opinions. On ne les fait pas rebrousser non plus; car, après une grande boucherie d’hommes et tous les hideux massacres que les héros auront exécutés , il n’y aura point de rois , de hourreauxfÉii même de prêtres qui pussent faire qu’on n’ait pas pensé ce qui a été penlé , qu’on n’ait pas dit ce qui a été dit. 11 faudra donc. étouffer la vérité»
420 BËFLBXION»
' établir des tribuBaux d’inquisitioo , arrêter les imprimeries dans'loute l’Europe, fermer la, bouche aux Anglais et aux autres peuples libres, ^t anéantir l’Amérique septentrionale. Cette guerre à la raison est donc une folie ^ comme tant de guerres qui ûnissent par la ruine de ceux qui les ont suscitées. Le bon la Fontaine l’a .dit : bk xoctb cbose , il faut
COHSIDÉBBR. LA FUT.
. On a dit, deux ans de suite, que trois cent rnillë 'Allemands cinquante mille Busses",' dii'“‘miUë 5>Suédois, vingt mille Suisses , trente mille Italiens ', et trente mille Espagnols devaient se réunir au printemps pour tuer les Français, ‘égorger leurs femmes, brûler leurs villes coeurs moissons , et leur faire une guerre -crurae, parce que les Français ont déclaré qùe 'tous les hommes sont frères , ét qu’ils ne veulent faire la guerre à pcrsonne.Cclie démence était-elle croyable ?
POLITIQUSS. 4^7
Que diraient les Suédois, qt^i tiennent maintenant leurs états - généraux ; les Polonais, qui se ^nt donné une constitution à leur gré, si pous leur envoyons, quatre cent mille soldats pour^ravager leur pays , et les punir de ce qu’ils se donnent des lois à leur fantaisie, et non^pas à la nôtre ?.Quc nous sommes des fous, des barbares, un peuple
forcené qui devrait disparaître de dessus le
globe.