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Quand des peuples errans que le lien social réunit pour la première fois ouïrent annoncer au nom du ciel les premières lois de civilisation , entendirent-ils des vérités plus sublimes que celles qui , dans notre dégénération , ont été ' |>roclamécs au nom des Français? Elles pot dit : • j
« Hommes réunis pour vous donner, des
RÉFLEXlOirS
« lois , vous apportez tous ici un droit égal : a celui qui est le plus reculé dans cette « foule immense aura le même droit à la < protection commune ; tous les privilèges
0 sont abolis. Vos propriétés seront égale- « ment protégées , car vous les apportez « dans la société . commune ; nulle main a téméraire n’osera y attenter. Vous serez « libres dans vos pensées , dans vos opi»
• nions, dans vos actions, dans vos discours, « dans vos écrits, dans votre négoce, dans a vos maisons^ à la ville , aux champs , en a voyage. Tout ce que la loi vous demande , « c’est de ne nuire à personne, comme vous a souhaitez que personne ne vous nuise, t Que tous veillent pour tous ; que la pera sonne de chacun de vous soit mise sous la a sauvegarde de tous les autres; et que des
1 hommes choisis parmi vous et par vous
• veillent plus particulièrement à votre « sûreté.
FOLITIQVES. 4^9^
« U yous faut des lois, pràcisémenf pour «que vos droits soient • maintenus , et « qu’aucun n’ose y porter atteinte ; mais .« ces lois seront l’expr^sioa de votre volonté. «.Ce ne sera pas un homme qui vous les « donnera , car il^ penserait à lui plus qu’à
< vous ; ce seront des hommes choisis par
< vous qui les feront : mais le droit de sou- « veraineté vous reste tou|ours y parce que
< vous avez celui de changer vos lois quand « elles ne vous conviennent plus. Vous « aurez donc toujours des représentans , « mais vous p’aurez jamais de maîtres. .
•. «Vos dépenses seront , communes ; nul ,« ne sera dispensé d’y contribuer; chacun y « fournira selon sa fortune , et elles seront « réparties par des hommes que vous aurez « choisis : et quoique les lois que vous aurez « faites et les magistrats que vous aurez ■ choisis veillent pour vous , chacun de vous « aura le droit de' se plaindre aux autorités « établies des injustices qu’il aura souffertes }
UEPLEXIONS
O 'car vous n*étes réunis que pour être libres ,
«• tranquilles éf heureux.'
" « Hommes frères , souvenez - vous 'que
« vous Têtes de tout le genre humain. Res-
■ pectez les droits des peuples vos voisins
« comme Vous voulez qu’ils respectent les
V vôtres' : ‘n’entréprenez aucune guerre dans
«'un esprit de conquête ; mais dëfendcz-
rvous avec courage quand vous serez atta*
’o qués , car votre cause sera juste. »
Maintenant j si Thistoire dit un jour à
la postérité': « A peine ce peuple sage eut-il <
« prononcé cés paroles , que tous les peu- '« pies voisins se jetèrent sur lui pour le « détruire » ; que penseront nos neveux d’ua siècle aussi barbare? Mais 'ce n’est pàs ce que diràl’hîstbire : elle tracera en caractères de feu la fameuse et inutile ligue des rois, qui n’est pas la ligue des peuples.
J’énteèds dire quelquefois que les Fran»
çaiâ auraient dû se. contenter de poser des principes pour eux , sans les répandre chex lé» autres. Ypeuples. lyiaisa' jt^e bonne foi, est-ce^leui^faute.si .leurs, principes sont si généraux, X|u*il$,,cqQyieonent.,.à tous les hommes de tous jles;,temp«.et de^ tous les payé ?-.N'est>ce. pas meme une, prp.uve de la bonfé de .ce» pri9çipes ,|qui ne dépendent , ni 'destsièdes',;- ni des ‘.préjugés , ni des climats? Les. oat:ilsiinv.entés par malice et pour faire pièce .ayx-, rois. etr. aux puissans? Refuse-t-on de prendre un remède.. parce qu’il pourrait guérir d’autres malades? Et quel homme serait assez fou pour, ne pas rebâtir sa maison délabrée parce que d’autres seraient tentés de reconstruire la leur ?
Si la langu&i&aaçaise est enteodue de toute
l’Europe , est*ce:Jai faute des Français? et, de peur d’ètre écoûtés et imités , devaient-ils se taire ou parler une autre langue que la leur ? • ..
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