‹ Précis historique de phonétique françaiseChapitre 8 sur 68 · On voit dès lors quelles parties de notre orga · texte numérisé non relu

On voit dès lors quelles parties de notre orga

nisme sont mises en jeu pour h production de la parole. Ce sont :

a) V appareil respiratoire. ;

h) Le larynx, avec les cordes vocales ;

c) Les cavités antérieures (buccale et nasale), avec leurs annexes : la langue, les dents, les lèires, le palais dur et mou.

7. La colonne d'air expirée, pour aboutir à l'orifice extérieur, doit traverser une sorte de tube, un canal étroit, mais qui s'ouvre ou se rétrécit plus ou moins. L'ouverture atteint son maximum, lorsque nous prononçons le son a. Lorsque nous prononçons au contraire un son comme p, il y a une fermeture momentanément complète du canal qui livre passage à l'air. En conséquence, les sons du langage difterent d'abord essentiellement entre eux par suite du degré d'ouverture.

8. D'autre part, si nous prenons deux sons comme p et t, il serait facile de vérifier que le degré d'ouverture est le même (c'est-à-dire momentanément nul) pour les prononcer tous les deux. Ces sons cependant ne se confondent point entre eux, et cela provient de ce que l'occlusion na pas lieu dans la même partie de la cavité buccale. En conséquence, les sons du langage diffèrent non seulement par suite du degré d'ouverture, mais aussi par la région de la

cavité buccale où se trouve leur point d'articulation. Autrement dit, on doit chercher à les classer en les localisant par rapport aux différentes parties de la bouche.

9. On voit, d'après ce qui précède, qu'il n'y a pas de différence absolue, au point de vue du mécanisme de l'articulation, entre ce que nous appelons voyelle et ce que nous nommons consonne. Si la distance est très grande entre a et p, elle est^ d'autre part, assez faible entre / et y (consonne), entre u et w, etc. Il serait donc facile de classer tous les sons du langage dans un tableau unique, où ils se suivraient d'après les principes d'ouverture et de localisation qui viennent d'être esquissés. Nous nous en tiendrons cependant à la division traditionnelle, qui a d'ailleurs sa raison d'être.

10. Au point de vue acoustique, en effet, la séparation redevient assez nette entre voyelles et consonnes, les premières étant toujours ce que nous avons appelé plus haut des sons musicaux, les autres au contraire étant en général des bruits. Comme l'orifice générateur est plus étroit pour prononcer les consonnes, il se mêle toujours au son laryngien certains frottements : de là aussi leur sonorité relativement faible, et le besoin qu'elles ont parfois d'être unies à une voyelle, pour devenir bien distinctes.

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