‹ Précis historique des opérations de l'armée de Lyon en 1814Chapitre 11 sur 40 · DEUXIÈME ARRÊTÉ · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ARRÊTÉ

Le sénateur, etc., etc.. t., aux habitants dudéparteiOEient du Rhône ,

L'ennemi menace vos foyers.

DES OPÉRATIONS OË h'ÂkVliÊÉ DE LYON. Yt

N'attendez pas qu'il soit à vos portes. Gâraritisééz vos femmes, vos enfants, vos propriétés. Arméz-vôus pour défendre vos plus chers intérêts. La colonne qui marche vers nous n'est pas nombreuse. Armez-vous, et elle fuira plus vite qu'elle n'est venue.

Art. 1^'.

Tous les habitants du dépàrteiûètit âh fthôné,- ëM élat de porter les artneî^, ôé formeront ëii cdtj^ dé pàt^ titans.

Art. 2.

Chaque compagnie de cinquante honîm^ se nàn^ mera un chef qu'elle présentera & l'aj^pfebation de M. le maire de la cëmmutie. Ce chef noniméra le Heu» tenant, les deux sergents et les quatre caporânjx.

Arî. 3.

Les compagnies de partisans s'armeront de fusils de chasse. MM. les maires les prendront chez tous les particuliers. Il pourra être délivré quelqîies mouéqiietbiifl de l'arsenal de Lyon, etc., etc.

Art. 4.

Les compagnies âoht mises âous le conlmandmfieiit du général Musnier. Leur direction provisoire Sera doil^

née par le chef d'état-major de Lyon. Dès qu'elles seront formées, elles se rendront à la caserne de la nouvelle douane à Lyon, etc., elc.

Ces deux arrêtés et la proclamation assez mensongère qui précédait le second , restèrent presque sans effet pour les causes que nous avons énoncées déjà.

Le lendemain 13, sur les nouvelles de la prise de Mâcon et de la marche d'une colonne par la route de Villefranche , Ghaptal fit partir de Lyon cinq cents hommes de la garde active , avec ordre d'occuper une forte position sur cette route. Il nomma, pour commander ce détachement, un ancien lieutenant-colonel nommé Pellion^ homme d'énergie et bon militaire. Enfin, pour inspirer plus de confiance à ses gardes nationaux, il leur fit prendre les deux obusiers de campagne destinés primitivement aux troupes du général Musnier, et envoya à ce dernier quatre cent quarante hommes de la nouvelle levée, armés, mais non équipés, ainsi que soixante-six élèves de l'école vétérinaire. Il prescrivit au colonel Pellion de se mettre en rapport avec Musnier au moyen de la gendarmerie.

Voilà où en étaient les choses à Lyon, lorsque le maréchal duc de Castiglione arriva dans cette ville, le 14 janvier, à onze heures du soir.

Nous croyons utile d'interrompre encore une fois le récit des événements militaires, pour remonter aux premiers jours de janvier, et mettre sous les yeux de nos lecteurs les ordres et instructions donnés au mare* çhal Âugereau.

DES OPÉRATIONS DE l' ARMÉE DB LYON. 73

Le duc de Gastiglione avait quitté en novembre 1812 le commandement de Francfort, pour venir soigner sa santé à Paris. Il se trouvait dans cette dernière ville , lorsque, le 5 janvier 1814, il reçut l'avis de sa nomination au commandement du corps d'armée de Lyon, les instructions du major-général, et l'état approximatif de la composition des troupes mises sous ses ordres.

Nous avons donné plus haut cet état. Nous ne parlerons donc que des instructions envoyées au maréchal.

Le 6, le major-général prince de Neufchâtel, écrivit à Âugereau :

« Monsieur le duc,

€ L'Empereur me charge de vous faire connaître que « son intention est que vous partie? avant demain, « dix heures du matin, pour vous rendre en toute di- € ligence à Lyon, où vous prendrez le commandement « et donnerez l'impulsion à l'esprit public. Vous ferez « des proclamations, vous organiserez la garde natioc nale, vous annoncerez la prochaine arrivée de forces » considérables, et vous ferez tout ce que vous pourrez « faire par votre nom, jusqu'à ce que les troupes, qui € doivent composer Farmée de Lyon, arrivent.

« Ecrivez-moi tous les jours, pour que l'Empereur « soit bien exactement instruit de l'état des choses.

« Je vous donne par une autre lettre les détails « concernant l'organisation des troupes et gardes na- < tionalesqui doivent former l'armée de Lyon. »

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Le lendemain 7, le maréchal Augereattl féçlit, du ministre de la guerre, la lettre ci-dessou^ :

« Monsieur le maréchal»

« L'Empereur Voiis ayant nommé cotnrnanâant en « chef de l'armée de Lyon, aitisi que des 7« et 19* di- « visions miUtàîres, j'ai l'horiiieur d'adresser à Votte i Excellence, les ordres et instrufctioïis l^làtife au coince mandement qui lui est confié par Sa Majesté.

« Votre Excellence trouvera ci-joint l'état des trouce pes, etc., etc.

ce Votre Excellence jugera combien il importe, dans ce les circonstances présentes, de faire accélérer par sa n présence, la proiîipte réunion de ces troupes^ et de èe donner à l'esprit public l'impulsion natiotialë qfli i doit animer tous les Français poOr la défehéè et d l'honneur de la patrie.

« Je ne doute point, monsieur le Maréchal, ^e tôtfe à Excellence ne trouve parmi les Lyôilnais, âinSi (|de a dans tous les départements de son commàndenofént, i tout le zèle et le dévouement que commandent les <ê circonstances, pour la défense de leur paye , de léuh ce familles et de leurs propriétés. Je vous eiigkitë^ ail <jt surplus, à vous concerter avec MM. leiS cobithisee saires extraordinaires, envoyés par Sa Majesté à Lybfl^ ce à Grenoble, et dans les autres départements qui floieé vent concourir à la formation de l'armée de L^iffi.

ce Votre prètfliet édiri, Môrisiéu!- le Mtéc&il^ ëlfttft êe

DES OPÉRATIONS DE l'âRMÊE DE LYON. 95

k rassembler le plus promptement qu'il sera possible « eti avant de Lyoti, des forces suffisantes poiir couvrir é cette grande ville et empêcher l'ennemi de déboute fcher, soit par le fort de l'Écluse, soit par le pont é Beau voisin, soit enfin parle fort Barreaux, situés dans « les départements de l'Ain et de l'Isère, Vous aurez à à éiatniner, Motisieur le Maréchal^ s'il ne convient pas é d*ftbord de couper ou de défendre le pont de Seyssél, à d'occuper les environs de Bâlon ainsi que le défilé îl èiltrè le coiide du Rhône et la chaîne du JUrâ, et ^urte tout de faire soutenir lé fort de t Ecluse^ par de « nouveaux renforts.

i Votre Excellence jugera que le fort de TÈclusé qui * ferme la gorge du Rhône ne pouvatit être investi, il « suffirait d'établir le long du Rhôite des postes âe i gardes nationaux, pout* appuyer votre ligne de dêé fbose, en faisant occuper égalefUent Seys^el^ Cétdàn k et leâ autres points susceptibles de favoriser le {fàssa^e k de l'ennemi.

k J'ai donné des Ordres pour cjue le fort Baii^éaùx « soit défendu par une garnison de six éetits honiilies, V avec un approvisionilement de siège pour trois mois.

« n me parait également nécessaire de faire occuper k le passage des Echelles^ entré le pont Beauvoi^n et « Chambéry.

« Votre Êxeelletice jugera d'ailleurs combien il imk t)orte d*etnpêcher l'ennemi de déboucher des mori- « tagnes, et de iie répandre dans les pays de plaines, « où il pourrait développer sa cavalerie.

tt Je ne puis. Monsieur le Maréchal, qu'appeler votre

76 PBÉCIS HISTORIQUE

<f attention sur cetobjet important, et jevouspriede vous € faire rendre compte, par les généraux commandant a les 7® et 19^ divisions militaires, ainsi que par le gé- « néral Musnier, des ordres et instructions que je leur « ai adressés, et des mesures qu'ils ont dû prendre € contre les mouvements de l'ennemi.

« Je me réserve. Monsieur le Maréchal, de vous&ire « connaître les mesures prescrites par Son EicelleDce « le ministre de l'Intérieur, pour la levée et la prompte « organisation des gardes nationales, qui doivent être a réunies sous le commandement de Votre Excetlence.

c Mais, en attendant, l'Empereur vous autorise, Mon* a sieur le Maréchal, à employer toutes les ressources « locales des départements de la 7® et de la 1 9® division a militaire , en ayant soin de vous concerter avec « M. le comte de Saint- Vallier et M. le comte Ghaptal, « sénateurs, commissaires extraordinaires à Grenoble « et à Lyon, pour l'exécution de toutes les mesures que a vous aurez jugées nécessaires au bien du service et c pour la défense du pays.

a Des levées en masse étant ordonnées, vous profite terezde cette force auxiliaire, dont vous pourrez tirer « un grand parti, pour seconder vos opérations sur tous c( les points.

« Sa Majesté se repose pleinement, Monsieur leMa* « chai, sur vos dispositions et sur le succès qu'elle ddt c( attendre de la part de Votre Excellence. »

DBS OPÉRATIONS DE l' ARMÉE DE LYON. 77

11 janvier.

Le ministre de la guerre au duc de Gastiglione.

« Monsieur le Maréchal, d'après les intentions de « l'Empereur j'ai mandé le 9 janvier au général de la . « Roche, commandant la 7® division militaire, que s'il « est vrai que l'ennemi n'ait laissé que huit cents hom- « mes à Genève, il doit tâcher de rentrer dans cette « place.

t( L'Empereur me charge de renouveler cet ordre à « Votre Excellence afin qu'elle fasse les dispositions né- « cessaires pour rentrer dans Genève.

« L'intention de Sa Majesté, est qu'aussitôt que les « troupes sous vos ordres seront rentrées dans cette « place, vous fassiez réunir sur ce point tout le corps « de réserve. La garde nationale de Genève devra être « immédiatement désarmée et les armes distribuées « soit aux troupes de ligne soit aux gardes nationaux « employés.

« Votre Excellence fera prendre en otage tous les in- « dividus qui ont formé le gouvernement provisoire « et les enverra en France.

« Vous veillerez. Monsieur le Maréchal, à ce que la « place soit de suite armée et approvisionnée, et le gé- « néral Musnier y restera en qualité de commandant « avec une garnison de cinq à six mille hommes.

« Je vous invite, Monsieur le Maréchal, à donner « des ordres nécessaires pour remplir à cet égard les

« intentions de TEmpereur et à me donner connais-^ « sance du résultat de cette opération afin de me met- « tre à portée d'en rendre compte à Sa Maje&té. »

Le U janvier.

« Monsieur le Maréchal, j'ai eu l'honneur de faire « connaître à Votre Excellence, par ma dépêche du 11 « de ce mois, les intentions de l'Empereur relativeigept « à la nécessité de rentrer dans Genève.

a Sa Majesté me charge de nouveau de vous fqre « sentir que la meilleure manière de garantir Lyon est « de reprendre Genève : qu'il faut donner o^dre Ml g^ (( péral Dessaix qui commande la levée pn masse ^n « Mont-Blanc, au général Marchand qui cppunand^ « celle de l'Isère, au général la Roche qui commaqd^ « la 7e division miUtaire et aux directeurs dç rarlîlle-; « rie et du génie de cette division, de concerter nw <c opération sur Genève, d'y jeter trois mille bominês, « d armer les remparts et de désarmer la garde naUp- « nale.

« Si cette opération réussit, il sera convenable dç « réunir le plus de forces possible sur Genève. Sa l^Jji- « jesté autorise Votre Excellence à en donner le coqii- « mandement au général Marchand et à nommer Iq (( général Dessaix gouverneur de la place avec des pop- « voirs extraordinaires.

« Les préfets de l'Âiu, du Léman et du Mont-BI^c « auraient à prendre des mesures pour apprpvisioimer

DES 0PÉRATIPN3 DP l'aRJ^ÉE DE LYON. ^^

{Hroropteinent la ville. Aussitôt q^'on y ser^ijt epitré, on ferait arrêter les signataires de la proclacpatjpQ qui a rétabli la république de Genève. Leurs biens seraient séquestrés et leurs personnes seraient en^ voyées dans T intérieur et traitées cooiaie prisonnjipii^ d'Ëtat.

« $a Majesté ne dout^ pas que les huit cents Autri-r ebiiens qui sont dans la ville ne s'empressent de 1';^;^ baqdonner lorsqu'ils se verront meqacés d'être cerr» pés, la population paraissant disposéje à se soumelttrç* < Je vous prie, Monsieur le Maréchal, de donner sup le champ tous les ordres nécessaires pour remplir à cet égard les intentions de l'Empereur et de m'iqilormer de leur résultat.

f Je prie en ipême temps Votre Excellence de coipimiiniquer cette dépêche à 1|M. les copimissaires ex-? ^aordjoaires comtes de Ghaptal et de Saint-YaUier, l'iptention de Sa Majesté étant qu'ils en aient CQiyf naissance afin de seconder votre opération de tout^ l'influence que leur donne la mission qui leur i^ omfiée. »

Nous avons cité en entier les instructions envoyées au maréchal Augereau, afin de bien faire connaître l'importance que, dès cette époque, Napoléon attachait à la reprise de Genève. Gertes, les ordres prescrits à ce sujet au baron de la Roche et au duc de Gastiglione, étaient alors impossibles à exécuter, mais le moment ne tarda pas à se présenter où l'occupation de cette place devint chose facile, et nous verrons bientôt comment

80 PBÉCIS HISTORIQUE

le Maréchal sut interpréter et remplir les volontés de FErapereur.

Voulant donner plus de consistance encore à l'armée du sud-est, Napoléon décida le 15 janvier que vingt mille jeunes soldats destinés d'abord pour le gouvernement du prince de Borghèse seraient dirigés sur Lyon ; que les bataillons organisés à Nîmes par le général Mes» nard iraient grossir également le corps d'Âugereau ; et que les gardes nationales mobiles de Toulon et Marseille; ainsi que celles du centre de la France y seraient envoyées sans retard. Déjà, le 10, l'ordre avait été expédié au duc d'Albuféra de mettre en route, sans le moindre délai, pour Perpignan et Lyon, le 13* de cuirassiers ainsi que la moitié de son artillerie légère avec ses batteries organisées. Enfin, le 1 5, mission fut donnée à Tadjudant-commandant Tancarville de se rendre en poste à Bordeaux et Toulouse afin de presser l'organisation et le départ des conscrits qu'on y avait rassemblés, et qui étaient destinés, ceux de Bordeaux pour Paris, ceux de Toulouse pour Lyon .

Nous allons, dans le chapitre suivant, reprendre le récit des événements ou point où nous l'avons laissé.

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