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pitre précédent, le générai Zeischmester parut vouloir faire un mouvement sérieux et pousser nos avantpostes sur Chanibéry. Sa brigade, renforcée par de nouvelles troupes, se composait alors d'environ trois mille fantassins, mille cavaliers et une batterie de huit pièces de campagne dont un obusier.
Le baron de la Roche , quoique remplacé dans le commandement supérieur de la 7** division militaire par le comte Marchand, se trouvait cependant encore à la tête des troupes. Son quartier- général était à Ghambérv. Sa faible colonne avait subi une réduction toute récente par le départ de 600 hommes envoyés à Grenoble, et les 14 à 15 cents conscrits qui lui restaient occupaient les positions suivantes :
A Rumilly et formant une pointe à l'extrémité de la ligne, quelques compagnies d'infanterie, quelques chasseurs à cheval et 1 64 préposés aux douanes du Simplon, en tout 376 combattants sous les ordres de l'inspecteur divisionnaire aux douanes, Adine.
A Annecy , appuyé au petit lac du même nom , un bataillon (ancienne garnison de Genève), sous le commandement du major Bois.
A Alby, un autre bataillon ; un poste de cent hommes au passage des Echelles sur le Guiers.
Une brigade de douaniers à Pont-Beauvoisin.
Enfin , le reste à Chambéry où se trouvait aussi le général de division Dessaix, chargé de l'orga-
DES OPÉRATIONS DE l'aRUÉE DE LYON. i07
nisation de la levée en masse , mission pour laquelle il déployait un zèle très louable mais sans résultat.
Le 1 7 , le générai de la Roche fut informé d'une manière positive que l'ennemi se renforçait à Seyssel (1) et dans les villages situés le long du Rhône, et que déjà même il occupait Relley par un fort détachement. Il crut devoir resserrer au plus vite ses avantpostes. En conséquence , par ses ordres , dès le jour suivant , le bataillon d'Annecy rétrograda sur Alby. Les troupes d' Alby sur Albens, point de jonction des deux routes de Genève sur Rumilly et Annecy, enfin, celles d'Albens s'établirent à Aix. Seul, le détachement de Rumilly ne bougea pas.
Tandis que ces divers mouvements s'opéraient dans la matinée du 18 , une avant-garde ennemie forte de 1000 fantassins, 350 chevaux et 6 pièces de campagne , s'avançait sur Rumilly. Dans la journée , entre une heure et deux, elle engagea la fusillade avec les avant-postes du commandant Adine qu'elle chercha
(I) Seyssel, petite ville située en grande partie sur la riv# droite du Rhône, est le point de jonction des roules de Genève :
V Sur Lyon par Belley, St-Ramheit el Meximieux;
2* Sur Grenoble par Belley et Voreppe ;
3* Sur Chambëry par Belley, Pont- Beau voisin et les Echelles ;
4" Sur Chambéry par Aix.
En y rassemblant ses forces, Tennemi semblait donc vouloir prendre à revers les positions du gënëral de la Roche , pour i*isoler de Grenoble.
à déborder sur sa gauche. Deux faibles détachements français occupés à exécuter Tordre reçu la veille au soir de couper le pont de Saint-André, et de fougasser celui de Goppet sur la grande route, prirent aussitôt position pour résister à l'attaque des Autrichiens. Le commandant Adine leur amena du renfort , et pendant plus d'une grande heure le combat se soutint de part et d'autre. Cette résistance donna le temps aux troupes d'Alby de se reployer sur Albens sans être inquiétées. Forcé cependant de céder au nombre, Adine opéra sa retraite en bon ordre sur Rumilly. Au moment où sa petite colonne, ayant traversé la ville, arrivait à la porte dite de Chambéry, les cris de quelques lâches jetèrent dans les rangs un moment de confusion, mais la fermeté du commandant et desofficiersqui furent jusqu'à menacer de tuer celui qui ne ferait pas son devoir, en imposa aux hommes et l'ordre se rétablit. Adine se jeta alors hardiment dans la montagne en appuyant vers Marigny, il s'engagea dans des chemins affreux , tiraillant sans cesse avec l'ennemi qui n'osa le charger à fond, et vers le soir, parvint à atteindre la grande route en avant d'Albens. Là il trouva le bataillon du major Bois auquel il remit le commandement.
Ainsi, avec 376 hommes, Adine était parvenu à retarder d'une grande demi-journée la marche des Autrichiens, à lutter avec avantage contre des forces
DES OPÉRATIONS DE l'aRMÉE DB LYON. 109
quadruples des siennes, et à faire éprouver à l'ennemi des pertes sensibles. Son faible détachement n'avait pas obtenu ce résultat sans souffrir beaucoup. Cent hommes , pris , blessés ou tués manquaient à l'appel du lendemain.
Le combat de Rumilly ne pouvait laisser aucun doute au général de la Roche sur les intentions du général Zeischmester. Il était évident que l'ennemi , se sentant plus fort que nous, allait tenter de nous rejeter de la Savoie , soit en nous attaquant de front , soit en tournant nos positions. De la Roche ne crut pas pouvoir entreprendre de disputer Aix ni même Chambéry, et dès le 19, son projet de retraite sur le fort Barraux et l'Isère fut arrêté. La faiblesse de ses troupes qui, d'ailleurs, jeunes et épuisées de fatigue, ne dissimulaient pas leur frayeur à l'approche de l'ennemi ; les dispositions fâcheuses des habitants du pays à notre égard ; la crainte d'être tourné par Pont- Beauvoisin, s'il cherchait à se maintenir dans le Mont- Blanc, le décidèrent à ne pas attendre l'attaque des Autrichiens. Ildonna doncl'ordre à tous ses détachements épars, de se tenir prêts à battre en retraite sur Fort- Barraux, prescrivant seulement à la brigade de douaniers de Pont-Beauvoisin de se retirer sur Voiron , et aux cent hommes d'infanterie qui occupaient les Echelles de se rendre à Bourgoin.
Ces dispositions, si l'on en excepte l'abandon du
poste des Echelles, étaient peut-être un peu timides , mais , à coup sûr , fort sages. Il était impossible au général de la Roche de tenir avec ses quatorze ou quinze cent conscrits effrayés, devant les quatre mille hommes de bonnes troupes de Zeischmester. Il ne pouvait espérer défendre longtemps une ville comme Chambéry, ouverte et facile à tourner. En l'essayant, il risquait de se faire couper de sa ligne de retraite îur Grenoble, et de priver cette place de la seule force qui pût couvrir ses approches. En se concentrant, au contraire, sous le fort Barraux, en appuyant à Tlsère toutes ses troupes, il commandait l'entrée de la vallée du Grésivaudan, il tenait les deux routes qui, parles deux rives de Tlsère , mènent à Grenoble, et maintenait ses communications avec le Piémont, d'où le ministre de la guerre faisait espérer sans cesse des secours en hommes ou en armes. Il eut seulement le grand tort^ le tort immense et inexplicable pour un militaire d'abandonner volontairement un poste dés plus importants et des plus faciles à défendre , celui des Echelles, où il aurait dû s'empresser d'envoyer dés troupes (1).
(1) Le passage des Echelles, point de jonction des routes de Pont-Beauvoisin et de Chambéry sur Grenoble et Lyon, semble avoir été fortifié par la nature elle-même. Trois pièces de canon et trois à quatre cents hommes de bonnes troupes, bien commandées, devaient fairt de de véritables ThenAeipyles
DES OPÉRATIONS DE l' ARMÉE DE LYON. ill
Le 19, rennemi continua son mouvement offensif. Pendant la nuit , il dirigea une colonne sur Montmeillan par Annecy, dans le but évident de couper la retraite aux troupes de Chambéry , ce qui détermina de la Roche à évacuer lui-même la place, dès que l'obscurité lui permettrait de masquer sa retraite aux Autrichiens.
pour la brigade de Zeischmestcr. Aussi, abandonner volontairement un poste pareil , un poste qui couvrait notre flanc gauche et maintenait nos communications avec le Lyonnais et Tarmée d'Augereau » était une faute grossière.
On a fait, au général de la Roche , un grand reproche de cet abandon, et on a eu raison , mais on lui a reproché aussi de n*avoir pas cherché à défendre Chambéry en occupant le Mont-dih' Chat , et on a eu tort.
11 existe dans le Mont-Blanc un passage escarpé qui fait communiquer le valon de Yenne sur le bord du Rhône, avec Aix et les villages voisins jusqu'à Chambéry, par le hameau du Bourget. En tournant la montagne dite du Chat , on arrive au passage des Echelles. Trois chemins, dont un est accessible à Tartillerie, aboutissent de cette position du Mont-du-Chat aux villes de St-Genis, Pierre-Chatel et Pont-Beauvoisin.
Rien de plus facile , avec de bonnes troupes , que de défendre cette position qui ne peut être tournée. Ainsi , sans nul doute, le baron de la Roche , en l'occupant , aurait pu inquiéter l'ennemi pris à revers, mais pour cela il fallait pouvoir compter sur deux choses qui malheureusement n'existaient pas : des soldats agueiTÎs, une bonne et forte garnison à Grenoble. Or, de la Roche n'avait avec lui que des conscrits démoralisés, et savait Grenoble dépourvue de toute force militaire capable d'en imposer aux Autrichiens.
Neuf cents hommes, sous ses ordres directs, se dirigèrent sur Chapareillan ; six cents, plus les douaniers, organisés en bataillon par les soins du général Dessaix, se replièrent, commandés par ce dernier, sur Montmeillan (1).
La retraite de ces deux colonnes s'opéra en bon ordre. Le 20 au matin , de la Roche voulant tenir la campagne , le plus longtemps possible , en avant du fort Barraux , afin de faire vivre plus facilement ses troupes, ordonna d'occuper le village et les hauteurs de Chapareillan. Il fit en même temps reconnaître une bonne position sous le fort, afin d'y établir son inonde, si les Autrichiens nous délogeaient , fit entrer dans Barraux les bestiaux nécessaires à l'approvisionnement de la garnison, et s'empressa d'adresser son rapport à Grenoble.
Le général Dessaix, arrivé de bonne heure à Mont-
(1) Nous n'avons pas été peu étonné de lire dans le deuxième volume du colonel Koch, page 220 : « le général de la Roche, com. mandant la 7" division militaire , qui avait porté son quartier général à Chanibéry, instruit de cet échec (celui de Riimilly, qui n'en était pas un) , n'eut que le temps de songer à la retraite, et la marqua sur les Echelles et Montmeillan. » Comment cet auteur militaire a-t-il pu commettre une eiTeur semblable? Comment dé la Roche aurait-il pu marquer la retraite sur les Ëchelles» lorsqu'il donnait Tordre d'évacuer ce poste? Ce n'est pas sur 1«3S Echelles, poste que Ton abandonna, faute énorme, mais sur le fort Barraux que la retraite fut marquée.
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meillan , trouva dans cette petite ville le préfet du Mont-Blanc avec lequel il se concerta aussitôt , pour ramener sur la rive droite de l^Isère tous les bacs , trailles ou bateaux encore sur la gauche Cette mesure ne peut être entièrement exécutée. Dessaix se disposait aussi à faire sauter une arche du pont de Montmeillan , loi*sque la colonne autrichienne qui avait filé par les montagnes sur St-Pierre d' Albigny se présenta en force et empêcha d'exécuter cette opération. Opération du reste qui n'eût guère retardé le passage de l'ennemi , puisque n'ayant pas d'artillerie pour répondre au feu de la sienne, ses travailleurs n'auraient pu être inquiétés par nous pendant le rétablissement de la communication. La colonne française continua donc son mouvement rétrogade sur Pont-Charra, assez vivement inquiétée par la cavalerie autrichienne. Nos soldats abîmes de fatigue fuyaient devant elle, jetant leurs sacs pour courir plus vite. Dessaix ne parvint pas sans peine à arrêter leur déroute et à leur faire prendre position à Pont-Charra.
A l'arrivée de la dépêche du baron de la Roche, qui informait le comte de St-VaUier de l'évacuation de Ghambéry et du Mont-Blanc, le commissaire extraordinaire de l'empereur jeta feu et flammes , accusant le général de manquer d'énergie et de talent ; disant hautement, écrivant même au ministre de la guerre que si un autre avait commandé les troupes,. on n'au-
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rait pas perdu ainsi la Savoie. Reproches injustes en grande partie, comme nous l'avons fait voir, et qui prouvent encore une fois combien ces deux hommes se convenaient peu. De la Roche , du reste, n'avait agi que de concert avec le général Dessaix, St-Vallier ne pouvait ignorer ce fait, et cependant tout en blâmant avec force la conduite du premier , il accablait le second d'éloges. Le sénateur déploya beaucoup d'activité pour faire face aux circonstances. Il s'empressa d'expédier au général de la Roche Tordre formel de rentrer immédiatement à Grenoble pour y soigner sa santé, et de laisser au major Bois, excellent officier supérieur, le commandement provisoire des troupes. Il nomma, pour commander le fort, le colonel en retraite Riverot, militaire plein d'énergie; pour commander Briançon, le général Jouan, officier général de mérite et dévoué. Il pria le général Marchand de se rendre en toute hâte au bivac de nos soldats, pour prendre la direction de nos forces , et tâcher de remonter le moral de nos jeunes conscrits. Il donna les ordres les plus précis pour la réoccupation immédiate du poste des Echelles , dont Marchand et lui sentaient l'importance militaire. Ainsi , les douaniers du Pont-Beauvoisin , les cent hommes d'infanterie qui s'étaient repUés sur Bourgoin , enfin un nouveau détachement de 200 hommes se mirent en marche pour les Echelles. Le 25 janvier neuf cents
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hommes et deux pièces de canon s'y trouvaient réunis sous le commandement supérieur du vieux général de brigade en retraite de Barrai (1). Deux jours après, un bataillon du 1 8e léger , sous les ordres du chef de bataillon Roberjeot, renforçait encore ce petit corps de troupes. Il fut enjoint de défendre le poste à outrance, et si Ton était forcé de faire sauter la route, un ingénieur des ponts-et-chaussées s'y rendit dans eebut. Comme on le pense bien, la marche des Autrichiens sur le Dauphiné, l'occupation si brusque de Ghambéry et de la Savoie ne laissèrent pas que de jeter un grand trouble à Grenoble. Cependant l'impression produite par ces douloureux événements y fut moins forte qu'on aurait pu s'y attendre. Les habitants du Dauphiné étaient aussi hostiles aux alHés , que ceux de la Savoie leur étaient favorables, et il n'est pas douteux que l'on eût facilement formé quelques bataillons parmi la brave jeunesse de l'Isère , si on avait eu des fusils à lui donner. Deux compagnies s'organisèrent et s'armèrent à leurs frais, ne demandant que des cartouches et du pain pour aller se placer à la tète de nos conscrits. Malheureusement on ne possédait pas assez d'armes pour compléter l'armement des hommes qui arrivaient journellement dans les trois dépôts de Grenoble , et l'on fut forcé de dis-
<i) Piëees justificatives, n"" 9.
tt6 PRÉCIS HISTORIQUE
Iribuer des fusils de chasse en mauvais état à la garde nationale de la ville.
Les autorités de l'Isère se trouvaient alors dans une triste perplexité ; Tennemi était à la limite du département, il semblait difficile de le contenir longtemps ; on devait s'attendre à le voir sous très peu de jours aux portes de Grenoble; cette ville était hors d'état de résister à quelques attaques poussées avec un peu de vigueur, le procès-verbal de la séance du conseil de guerre semblait le prouver. On n'avait ni armes , ni argent , et cependant l'empereur ne voulait pas entendre parler d'évacuation. Le ministre de la guerre écrivait lettre sur lettre pour donner les ordres les plus formels d'armer la place et de la défendre?
Le colonel du génie d'Haupoult faisait bien réparer les brèches du grand mur à redant , raccomoder les portes, placer des barrières, construire des platesformes pour Tartillerie , mais tout cela inspirait peu de confiance, et chacun comprenait que la ville ne pouvait être défendue qu'à fort Barreaux , Gières et Yoreppe, et que si l'ennemi poussait un peu nos conscrits, c'en était fait du Dauphiné (1).
(1) Le comte de St-Vaillier ne parut jamais être partisan delà défense môme momentanée de Grenoble, lui qui reprochait si amèrement au baron de la Roche de n'avoir pas attendu àChambéry, ville ouverte, le choc d'un ennemi bien supérieur, il semblait fort décidé à évacuer un premier coup de canon , Grenoble ,
Le Comte Marchand partit néanmoins en toute hâte pour Barraux, dès le 20 janvier, en apprenant la
Tille fermée et munie d'artillerie. Il mit toujours très peu de zèle à exécuter les ordres formels de Napoléon , à Tégard de cette place. Il est même assez curieux de donner ici le résumé de la correspondance qui eût lieu entre lui , le duc de Feltre, le comte Marchand et quelques autres officiers employés dans le départe* ment de Tlsère , relativement à ce sujet.
Ainsi : Napoléon , dès qu'il connut le procès-verbal de la séance du Conseil de gueiTe tenu à Grenoble le 16 janvier, prescrivit aussitôt au ministre de la guerre d'ordonner la mise en état de défense de cette ville , d'abord en réparant les fortifications passagères qui l'entouraient, ensuite en les armant.
Néanmoins, le 2d janvier , St-Vallier , dans sa réponse au duc de Feltre, insiste de nouveau sur l'impossibilité de défendre la place.
« Grenoble, écrit-il, n'est nullement une place susceptible âe c défense. C'est l'avis de tous les militaires que j'ai trouvés ici. Il a serait important que V. E. voulut bien prendre un parti. Par c respect pour ses ordres, on laisse dans la place des canons et un a approvisioimement qui seraient fort utiles à l'ennemi en cas de c malheur. i>
Cela écrit, il ne ré|K)nd même pas aux demandes réitérées du baron de la Roche , lequel mécontent de voir qu'on ne met à la disposition du génie ni travailleurs , ni matériaux, en prévient le ministre de la guerre par lettre du 26.
Le même jour, St-Vallier écrit encore au duc de Feltre que :: c quand aux travaux de défense et d'armement ordonnés par sat c dépêche du 22 , il s'en réfère entièrement au proeès-verbal dur c Conseil de guerre. Il afHrme de nouveau que ha place ne peut a être mise à l'abri d'un coup de main , ni défendue même une c demùheure. »
L'empereur n'en prescrit pas moins au ministre de donner une
110 fAÉClS HISTORIQUE
nouvelle de notre retraite. Il trouva nos troupes en position , partie à Chapareillan sur la rive droite de
Ut>i8iènie fois Tordre formel et à St-Vallier, et à Marchand, et au colonel du génie d'Haulpoult et à Tordonnaieur en chef 4*ariner, d'approvisionner et de défendre Grenoble.
L'ordonnateur cependant ne peut obtenir que le commissaire exti-aordinaire veuille bien mettre à sa disposition les fondi nécessaires, ni même le fixer sur le nombre d'hommes, et le ttmps pour lesquels Tapprovisionnement doit être fait. Bien plus. Saint* Vallier lui répond :
tt Que Grenoble n'étant ))as même à Tabri d'un coup de main, « il y aurait contradiction et imprudence d'y foimer un appitH a vision nement de siège. »
Une quatrième dépêche ministérielle vient, le 30 janvier, prescrire encore l'armement, spécifiant que l'ennemi a peu de forces de ce côté de la France qu'il ne fait pas de siège , qu'ainsi Gr^ noble peut et doit être défendue. Malgré cela les travaux continuent à marcher avec une lenteur incroyable, et l'ordonnateur est obligé de rendre compte au ministre des difficultés qu'il rencontie de la part du préfet.
Napoléon , fort mécontent de cette négligence, ordonne encore au duc dé Feltre d'écrire pour la cinquième fois au comte de St-Vallier, et le 8 fôvrier, nous trouvons la réponse du commissaire extraordinaire, elle contient en substance :
a La dénonciation est facile , mais ce qui est difficile, c'est ce (( que nous faisons. La défensi: s'organise pour empêcher un coup « de main, non un siège, malgré Tavis du Conseil de guerre. Cent a bœufs sont entrés dans la place. Les portes sont palissadées, les a canons placés. L'approvisionnement se complète. Le préfet est a excellent, l'ordonnateur s'occupe de son affaire, il me parait « avoir un peu légèrement dénoncé un des meilleurs préfets de « l'empire, etc., etc. »
L'i)rdonnateur n'avait pas dénoncé le préfet , il avait écrit ot
DES OPÉiUTlONS m l'aRUÉE DE LYON. 1^9
YU^ve, partie k Pont-Gharra en arrière de Mon^meii!lan, sur la ri\e gauche. Le fort Barraux était armé , eq bon état et bien capable d'une bonne défense (1),
qui se passait, et avait fait son devoir. Or, il est bien certain que , si au lieu de disséminer inutilement ses forces dans le département de l'Ain , le comte de Bubna avait envoyé quelques bataillons et escadrons de renfort à Zeischmester, dans les derniers jours de janvier ou les premiers de féviier, et si ce générel avait osé montrer alors de la vigueur, Fennemi serait entré presque sans coup férir à Grenoble.
Nous terminerons la note relative à Tapprovisionnement de Grenoble, en donnant aux pièces justificatives (n° 10) , l'extrait d'une lettre d^ baron Denniée au chef de la 5^ division , au ministère de la guerre, et une lettre du générdl Marchand au ministre, en date du 2 février. Cette dernière est d'autant plus importante, qu'elle peut être aussi considérée comme le rapport officiel sur la prise du poste des Echelles.
(1) Le baron de la Roche y avait fait entrer un officier, un sous-officier , 2 caporaux , i tambour , 55 soldats de chacun des 5% 11 , 23% 60% 79% 8l« de ligne , 8*^ et 18« léger, et quatre joui-s plus tard, le 25, Marchand y envoya le V bataillon du 60* de ligne dont il donna le commandement au chef de bataillon en retraite Moulin.
Le major Guéri n (qui fut rappelé le 22 à Lyon par ordre du duc ce Oastiglione), un état-major complet, 2 otliciers et 97 sousofficiers ou cannoniei's non montés du 2** d'artillerie à cheval étaient déjà dans la place, où le colonel Riverot arriva le 20.
L'armement était presque complet, et l'approvisionnement fut complété le 20 par l'entrée de 26 bœufs.
Les autres places de guerre de la division étaient loin de se trouver dans le même état.
i20 PRÉCIS HlSTORIQtG
Mais Pont-Charra n'était guère Icnabic avec des hommes toujours prêts à lâcher pied au premier coup de feu. Il prescrivit cependant d'y rester tant que les Autrichiens ne nous attaqueraient pas avec trop de résolution.
Comme il était fort à craindre que le général Zeischmester, poursuivant ses succès , et accumulant d'ailleurs déjà des forces à Montmeillan , ne nous dé* logeât et ne marchât ensuite rapidement sur Grenoble par la rive gauche de l'Isère , afin d'éviter le canon du fort Barraux , le général Marchand pria le comte de St-Vallier de rassembler au plus vite les trois ou quatre cents hommes des dépôts , et de les envoyer avec deux pièces de canon à la Tour-Tenein pour nous recevoir et nous protéger. 11 donna ensuite l'ordre à Dessaix , dans le cas où il serait obligé de quitter sa position de Pont-Charra , de se replier sur Goncelin et de s'y maintenir aussi longtemps que pos-
Briançon n'avait pour garnison que 180 hommes;
Mont-Dauphin 227;
Emhrun 60;
Queiras 0.
11 était impossible , d'ailleurs , de renforcer ces garnisons sans ôter des troupes de devant Pennemi, ce qui eût été par trop imprudent.
La garde nationale dont parlaient toutes les lettres du ministre, pour en faire les garnisons des places fortes, n'était ni aimée , ni même organisée.
sible. Malgré toutes ces précautions, le nouveau commandant supérieur de la T division militaire ne se dissimulait pas qu'il était facile aux Autrichiens de se trouver en moins de deux jours devant Grenoble. Un seul espoir lui restait, c'est que Zeischmester n'oserait s'aventurer dans la vallée de l'Isère , de crainte d'être pris en flanc par un corps descendant du Piémont (1).
On le voit, vers les derniers jours de janvier 1814, notre situation dans la Savoie et le Dauphiné n'était pas brillante. Cela n'empêchait pas les deux organes officiels du gouvernement , le Moniteur universel et le journal de l'Empire de vanter la bravoure et la
(1) L*ennemi devait eiïectivement craindre d^être pris en flanc par les troupes du prince Borghèse descendant du Mont-Cenis , mais aucun mouvement n'eut lieu de ce côté. Soit que le prince voulût se borner à suivre Tordre de Tempercur (ordre donné pai* dépt^he du 15 janvier) , de rassembler à Alexandrie une division de 8,000 hommes , et de conserver à tout prix cette place , soit qu il craignit de s'aventurer en venant au secours de l'Isère, il ne bougea \ras. Seulement, loi-squc le 20, le commandant du mont Cenis, le chef de bataillon Vauquclin, apprit l'entrée des Autrichiens à Chambéi^, il détacha de sa garnison , forte de 857 fantassins et 50 canonniers du V régiment, 150 hommes pour prendre position à Modène, et le 23 janvier, 140 autres pour occuper le poste de Tennignon et éclairer Rraban et Modène.
Ce n était pas là un secours assez eiïicace pour opérer une diversion utile pour nous.
PRECIS UISTORIQUK.
ISt PRÉCIS HISTORIQUE
constance de nos jeunes soldats, d'exagérer nos moyens de défense, d'assurer que l'ennemi tremblait devant nous, et regrettait d'avoir ose s'aventurer dans le pays. Rien de bizarre comme les bulletins du Moniteur rapprochés des rapports des officiers généraux et commissaires extraordinaires. Les seconds sont littéralement la contre-partie des premiers. Mais reprenons notre récit.
Nos troupes occupaient à Chapareillan et à Pont- Charra une position déplorable au point de vue militaire , mais que Ton avait dû pourtant adopter sous peine de laisser sans défense l'une des deux routes de Grenoble. Fractionnées en deux corps séparés l'un de l'autre par une rivière non guéable , elles n'avaient , pour se porter mutuellement secours et établir entre elles une communication, qu'un simple bac. Par suite de celte disposition vicieuse, notre petite armée déjà si faible ne formait plus que deux tronçons auxquels il était impossible ni de se secourir , ni de se réunir pour opérer ensemble , et que l'ennemi pouvait écraser l'un après l'autre en les attaquant téparément. Grâce au ciel, ce que le comte Marchand avait prévu arriva. Le général Zeischmester craignait d'une part de s'aventurer sous le canon du fort Barraux, et de l'autre de marcher sur Grenoble par Portt-Charra et Goncelin , de peur d'être pris en flanc par l'armée du prince Camille. Aussi , loin de profiter de la fai-
DES OPÉRATIONS DE l'aRMÉE DE LYON. i'i'i
blesse et de la démoralisation de nos troupes, de leur morcellement, pour nous attaquer, le général autrichien s'établit à Montmeillan , paraissant vouloir se borner à une défensive prudente. Il ordonna de dépaver le pont, fit ôter les planches de deux arches en bois, ne conservant que les poutres, comme s'il avait à redouter de nous une attaque sérieuse, et nous laissa nous fortifier en avant de Barraux et à Pont- Charra sans rien entreprendre.
Ainsi que nous allons le voir tout à l'heure , il portait ses espérances d'un autre côté. C'est ce qu'auraient dû prévoir les généraux français . c'est ce qu'ils ne paraissent pas avoir compris.
Le 24 janvier, le comte Marchand reçut un renfort de 300 hommes du 11" de ligne qu'il dirigea sur Barreaux, et un de 400 des 5® et 79® régiments qu'il envoya à Pont-Charra. l.e 2o , profitant de cette augmentation de troupes pour faire une démonstration et inquiéter l'ennemi , il se porta sur Cliapareillan qu'il fit réoccuper , tandis que Dcssaix s'établissait à la Chavanne, enlevé la veille, par le commandant Escard, en sorte que nos avant-postes se trouvèrent à une portée de fusil de ceux des Autrichiens . nos sentinelles gardant les abords du pont de Montmeillan sur la rive gauche de l'Isère , celles de rennemi , les abords du pont sur la rive droite.
Le 2(i, Marchand, pour inspirer <l<» la nmliance à
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ses soldats et les aguerrir , fit un mouvement sur les Marches , et de son côté Dessaix commença à huit heures du matin une canonnade qui se termina à dix heures, quelques hommes furent tués des deux côtés, et une de nos pièces démontée.
Etonné de notre audace et redoutant une attaque de la part des troupes de Ghapareillan , le général Zeisclimester appela bien vite à lui tout ce qu'il avait à Cliambéry oii il ne laissa que 300 hommes, et s'établit fortement aux Marches que nous évacuâmes pour rentrer dans nos positions.
Ainsi, les rôles étaient presque changés , nous devenions agresseurs. Si une forte division de Tarmée d'Italie avait pu s'avancer alors seulement jusqu'à une ou deux journées de marche au-delà du mont Genis, tandis qu'un corps détaché de l'armée d'Àugereau se serait porté par Mexi mieux sur les Echelles , nous aurions, sans nul doute, repris la capitale du Mont- Blanc.
La situation des Autrichiens et la nôtre de ce côté de la France étaient assez singulières. Ils avaient trop peu de troupes pour oser s'aventurer dans les vallées, et enlever Grenoble, ce qui leur eût été facile, et nous, notre faiblesse était telle, qu'il nous eût été impossible de défendre le Dauphiné; car, nous ne pouvions rien espérer du Piémont, rien non plus de
DES OPÉRATIOXS DE l' ARMÉE DE LYON. 12:)
'armée du duc de Castiglione encore à Tétat d'enfance.
Le général autrichien n'osant donc tenter de nous forcer à Barraux et à Montmeillan , résolut de porter ses efforts du côté des Echelles, et d'entreprendre soit d'enlever, soit de tourner le passage. Ce projet n'était pas sans danger pour nous, parce qu'en cas de réussite , nos communications avec Lyon se trouvaient coupées, et la brigade de Zeischmester avait la facilité de combiner ses opérations avec la division du comte de Bubna, toujours en position dans le département de l'Ain.
Dans la soirée du 23 , le chef de bataillon Roberjeot vint s'établir avec ses deux cents hommes et cent douaniers un peu en avant du pas de V Echelle et du chemin souterrain taillé dans le roc appelé la Grotte, au village de Sl-Jean-de-Cou , détachant un poste de 60hommescommandéspar un capitaine, à une portée de fusil en avant. Vers les dix heures du soir, ce poste fut attaqué par un parti d'infanterie autrichienne sout<Miu de quelques cavaliers et conduit par un habitant. Au premier coup de feu , et malgré les etîorts du capitaine , les hommes de ce poste lâchèrent pied, abandonnant quatre blessôs. Le commandant Roborjeot prit aussitôt les armes , envoya reconnaître l'ennemi et se |)réi)Lua à faire une vifjoureuse drfi'nse , niais il ne vit rien paraître , Le peu de fcrm<:tc de ses
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soldats lui faisant craindre poursou poste, il se décida à évacuer St-Jean et à se replier sur la Grotte. En passant à la Roche-Percée, il y laissa 40 hommes, établit un second détachement à la sortie du passage, et prit position lui-même au villa^e de la Grotte. Il s'occupa ensuite à faire miner la route, couper le chemin souterrain et détruire le pont de St-Martin sur le Guéris.
Le 24, à 10 heures du matin, une compagnie hongroise d'environ 1 50 hommes se porta sur le poste de la Roche-Percée espérant s'en emparer aussi facilement que de celui de St-Jean-de-Cou. Mais ce poste fit la plus belle résistance.
Ces attaques indiquaient un projet plus sérieux sur les Echelles, aussi le commandant Roberjeot se hàtat-il de pousser les travaux pour mettre sa position à l'abri d'un coup de main. Le chemin delà Roche- Percée, celui de la Grotte, le pont, se trouvaient , le soir de ce même jour, prêts à être rendus impratica-* blés à l'ennemi.
Le général Zeischmester , comme nous l'avons dit , voyant qu'il ne pourrait nous forcer devant Montmeillan et fort Barraux, ne doutant pas que nos *neilleures troupes ne fussent rassemblées sur ces ieux points, résolut, malgré la difficulté que présentait ce projet , d'enlever le passage des Echelles.
Il fit filer sur la droite une partie de ses forces , et
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le 'SI , tandis qu'il faisait sur noire front et notre droite une fausse démonstration pour nous induire en erreur et nous maintenir, il attaquait sérieusement le poste défendu par le général de Barrai.
Ce dernier avait alors sous ses ordres 900 hommes de troupes de ligne, presque tous arrivés des dépôts, à peine habillés et armés , et n'ayant jamais vu le feu, quelques gardes nationaux et deux pièces de quatre.
À une heure de l'après-midi , une fusillade assez vive s'engagea au poste avancé de la Grotte, entre nos jeunes soldats et la première colonne autrichienne. Le poste était bien retranché , facile à défendre , et pendant quelque temps le combat se soutint sans désavantage marqué. Mais bientôt cinq colonnes ennemies descendant de la montagne par des chemins couverts de neige, entourèrent la position. L'une d'elles tournait la Grotte, une autre marchait sur les crêtes qui dominent les Echelles à une portée de fusil, une troisième cherchait à prendre à revers le poste d'Aiguebelette. En moins d'une heure nos troupes étaient aux prises avec des forces triples. Le poste d'Aiguebelette ne sut pas contenir la colonne qui l'attaquait, les hommes se replièrent en désordre sur le Guiers, et les Echelles furent investis : T du côté de la route qui mène au pont Beauvoisin, par la hauteur de la Commauderie qui les domine ; 2° par la route de la Grotte ; 3"* enlin du côte d'Aiguebelette.
I îA rHKCis nisTORiQUE
Le général de Barrai qui , malgré ses 71 ans, dé-^ ployait l'énergie d'un jeune homme pour la défense de son pays, se voyant sur le poiDt d'ctre coupé de son principal poste, celui de la Grotte , occu])é par le commandant Roberjeol , se décida à retirer une de ses deux pièces pour la mettre en ballerie au pont de» Echelles, el détendre, àla tête de 60 hommes qu'il avait ralliés, ce passage important.
Tous ses eflbrts furent inutiles. A cinq heures c soii', les Âutrichietis le forcèrent sur tous les points^ Nos conscrits abandonnèrent leurs positions, gardesnalionauxse sauvèrentet l'ennemi entra dans la ville de trois côtés à la fois. Il poursuivit les fuyards jusqu'à 200 pas en de(;à du Guiers , et la nuit mit fin au combat.
Le vieux gcnéial de Barrai se trouva un instiinl f embarrassé. En vain il avait tout tenté pour ramena eou monde au combat. Ses troupes s'étaient é[>arpillé< dans tous les sens, et il se trouvait , à la uuU closo , sans nouvelle du commandant Koberjeol , sans nouvelle de ses deux pièces de canuii qu'il avait dû laisser do l'autre côté dn Guiers pour soutenir la retraite, au entraîné lui-même dans la déroute. Apprenant enfi: que beaucoup de ses hommes se sauvaient du côté de Mirifael, il y courut, en rallia une trentaine, avec lesquels il voulut défendre le passage du Crossey. ceux-ci , profitant des ténèbres, lui échappèrent e
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core une fois , en sorte qu'il arriva presque seul et épuisé de fatigue à Yoiron .
Le commandant Roberjeot, cependant, était parvenu à maintenir une partie de ses troupes et à battre en retraite avec elles sur St-Laurent et St-Etiennedu-Crossey, précédé de deux pièces de canon. Il espérait trouver là quelque détachement en position , entr*autre celui rejeté d'Aîguebelette. Il n'en était rien ; le défilé n'avait pas un seul défenseur. Ne se croyant pas assez fort pour garder et le défilé et le col de la Placette (1 ) , il préféra ne pas s'affaiblir et continua son mouvement rétrograde sur ce dernier point II y laissa 1 bO hommes et se rendit sur le champ à Voreppe oii finirent par arriver les débris de notre faible colonne.
Nous avions perdu environ 100 hommes tués par le feu de l'ennemi etquelques prisonniers. Une soixantaine de lâches avaient profité de la déroute pour abandonner leurs armes et déserter.
La nouvelle de cette malheureuse aiïaire jeta de nouveau le trouble à Grenoble, et en effet la prise du poste des Echelles remettait en problème la présence prochaine des Autrichiens sous les murs de cette ville. St-Vallier se hâta de prévenir le duc de Castiglione
(i) Le défile du Crosse y mène à Voiroii, et le col de la Placette à Voreppe. (iesdeux passages sont faciles à défendre otcouvient GreniAle du côté de Lyon.
avec lequel ses relations pouvaient se trouver momentanément interceptées, puis il envoya un renfort de quelques compagnies dont il disposait, jusqu'à Yoreppe où se rendirent aussitôt Marchand et le préfet de risère. Mais le général Zeischmester ne sut pas profiter du succès qu'il venait d'obtenir, il se borna à faire occuper le passage des Echelles par 5 à 600 hommes et à jeter des partis qui , pendant quelques jours, inquiétèrent le pays, et poussèrent jusqu'auprès deVoiron.
Du premier au 6 février, aucun engagement n'eut lieu , et de part et d'autres on paraissait sur la défensive. L'ennemi seulement se hasarda dans la Tarentaise , ce qui fit craindre pour les mines de Pezay. Dessaix envoya aussitôt quelques patrouilles sur la rive gauche de l'Isère, jusqu'à la hauteur de St-Pierre d'Albigny et Conflans. A leur approche , les détachements autrichiens se replièrent sans combattre. Nos communications avec l'Italie par le mont Cenis ne furent pas même interrompues. Enfin, le 6, dans la matinée , les alliés parurent vouloir culbuter nos postes du côté de fort Barraux. Il est assez difficile de définir quel était leur but , car , si c'eût été, comme au 31 janvier, de faire une fausse démonstration pour appeler notre attention de ce côté et protéger une attaque réelle sur un autre point , on le comprendrait , mais ils n'attaquèrent ni le général
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Barrai au col de la Placette, ni le général Dessaix à la Cha^anne. Or ^ ils ne pouvaient vraiment concevoir l'espérance d'enlever , par un coup de main et sans siège, le fort Barraux. Aussi, le petit combat qui eut lieu de ce côté n'aboutit qu'à faire tuer de part et d'autre quelques hommes.
Le 6^ donc, 1,500 Autrichiens, soutenus par deux pièces de canon , se présentèrent sur huit colonnes devant la position que nous occupions en avant de fort Barraux, à Ghapareillan. Nos jeunes soldats ne se laissèrent pas intimider , et continrent l'ennemi plus d'une grande demi-heure. Pendant ce temps , une autre colonne se portait au poste de Belleconibe défendu par une compagnie du 11<^ de ligne. Cette dernière attaque avait pour but de tourner Ghapareillan , et de nous prendre à revers. Mais le général Zeischmester ne réussit ni sur un point ni sur un autre. Il ne put forcer le poste de Bellecombe devant lequel il perdit inutilement trente hommes, grâce à l'intrépidité du capitaine du 11^ qui , blessé de deux balles au même bras, n'en continua pas moins à commander sa compagnie; et le major Bois s'étant replié avec les troupes de Ghapareillan, sous le canon du fort, la colonne autrichienne n'osa s'aventurer à [)ortée des premières redoutes.
Pendant ce combat . où nos conscrits montrèrent de la détermination, (|uel({ues Piémontais, engagés
is rangs, dôserlèrunl avec armes el mais les habitanls do Banaux liéploytrent un gr. wuragc. Sous lu feu do renuemi, des hommes, i'einmcs et (les eiil'atits ne ccssèreiil d'a|j|Jort(;i' h nos soldillsdcsmuiiitioriK et (les vivres.
(lutte alfaire lut lu deniièrc deiuoiislnilion offensive de l'ennemi dans le Daupliiné, k cette époque. Le niomenl s'approcliait où nous allions à notre touiprendre une attitude menaçante et le replier sur tous les points, en eombinant nos mouvements avec, cens de Tarmée du duc de Casliglione.
Résumons en quelques mots la posiliondes Mitri- (diieus et la nAlre dans la 7^ division, vei-s les picniiei'8 jours de février,
Avec une brigade forte de près de î),000 hommes , «outeuue par nue telle cavalerie et huit pièces de canon , le général Zeischmester se bornait '!i occuper . le passage des Kelielles, les hauteurs du château de la Marche el Montnieillan. Montrant une indécision incrpyable, il ne sut pas appeler à lui quelques renforts de la division Bubna, pour proliter de ses premiers succès sur la Savoiii et Clianibéry, et de son setwnd avantage sur notre gauche, aux Echelles. Il perdit un temps précieux à attendre l'arrivée de régiments russes en marche sur Genève, sans savoir mettre àprofit noire faiblesse et les dispositions favorables d habitants de la Savoie pour les alliés. Il nous laiM
ainsi le temps de nous reconnaître, de nous organiser, de recevoir des renforts de Toulon, d'Espagne et même du Piémont, le temps et la facilité de remonter le moral de nos jeunes soldats et de fortifier Grenoble,
Pour nous , nous avions alors perdu la Savoie , et dans l'Isère, nos forcesconsistaient en 3,049 hommes d'infanterie, 146 chevaux et 289 canonniers, sous le commandement supérieur du général comte Marchand , les troupes étaient réparties de la manière suivante :
A notre gauche , à Voiron et Voreppe , occupant les défilés du Crosscv et le col de la Placette, sous les ordres du général de brigade en retraite de Barrai , environ 1200 hommes et deux pièces de quatre.
Au fort Barraux , une garnison de 500 soldats , en avant de ce fort, à Chapareillan, centre de notre position, 500 à 600 hommes commandés par le major Bois.
Enfin, à la Chavannc et Pont-Cliarra, sur la rive gauche de l'Isère , le général do division Dessaix à la tête de 1000 hommes, ayant (pialre pièces en batterie à l'entrée du pont de Tlsère.
Notre droite et notre centre, bien ([ue se touchant, étaient malheureusement séparés pîir un(^ large rivière, et notre gauche n'avait d'autre communication avec eux que par Grenoble, notre ligne était donc
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fort défectueuse^ mais il eût été difiicile d'en adopter une autre pour couTrir le département et le chef-lieu de l'Isère.