‹ Précis historique des opérations de l'armée de Lyon en 1814Chapitre 15 sur 40 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Réflexions sur la conduite du comte de Bnbna. — Différentes phases de Forganisation de Tarmëe du duc de Castiglione. — AiTÏvée successive dos renforts : \^ réserve de Nimes ; 2° division de l'armée d'Espagne ; 3*> gardes nationales des départements du centre.

Depuis le 20 janvier, jour où le comte de Bubna, effrayé par les renforts envoyés de Valence à Lyon , rebuté d'ailleurs par le peu de succès qu'avaient obtenus ses parlementaires , se décida à abandonner ses projets sur cette ville , jusqu'à la mi-février, il resta dans une inaction dont on serait fort embarrassé de donner une explication valable.

Non seulement il ne cherche pas à inquiéter le Lyonnais , à traverser, par des démonstrations, l'organisation de notre armée de ce côté de la France , h harceler enfin notre petit corps de troupes, mais il ne s'établit pas même fortement dans les départements de TAIn et de Saône-et-Loire. Chose plus

136 PEKCIS mSTOMQUI

extraordinaire encore , il ne détache pas la moindre partie de ses neuf mille cinq cents hommes , pour renforcer la brigade Zeischmester qui avait repris l'offensive vers Chambéry. Il la laisse lutter seule contre les troupes françaises de la 7* division militaire , tandis qu'en les faisant soutenir par quelques escadrons et par une ou deux batteries, elle aurait pu s'emparer de Grenoble.

Et cependant il disposait d'une nombreuse division , forte surtout en cavalerie et artillerie; en outre, il ne lui était pas possible d'ignorer que les quelques bataillons français de la 19*" division étaient hors d'état de rien entreprendre contre lui.

Abandonnant donc le noble rôle de général pour adopter celui de partisan , il se borna à disséminer ses troupes afin de lever partout des contributions y donnant comme prétexte à son inertie , l'attente de renforts en marche pour le joindre. Pendant ce tempslà, son ennemi, lui aussi, recevait des renforts, concentrait ses soldats autour de Lyon , organisait une artillerie puissante. Encore quelques jours, et 15,000 hommes de bonnes et vieilles troupes, réunis à 8,000 conscrits rassurés , allaient commencer leurs opérations et le forcer à accepter la défensive!

C'est bien à la guerre qu'on peut dire avec raison : L'occasion perdue ne se retrouve pas.

Afin de mettre nos lecteurs à même de suivre, pour

ainsi dire, jour par jour, les différentes phases de rorganisation de l'armée du duc de Castiglione, nous alloAs consacrer, au récit de cette organisation^ le reste de ce chapitre.

Faisons d'abord une observation importante , c'est que dès le principe et jusqu'au dernier moment de son existence, cette armée fut scindée en deux corps très distincts l'un de l'autre, opérant presque toujours à part j quoique dans un but commun , et bien que placés tous deux sous les ordres du même chef supérieur le maréchal Âugereau.

On a vu par quel concours de circonstances , les troupes de la T""' division qui devaient composer avec celles de la 19**, le noyau de la réserve de Genève , n'ayant pas rejoint le général baron Musnier, étaient restées jusqu'au 16 janvier sous les ordres du baron de la Roche , pour passer à cette époque sous ceux du comte Marchand. On a vu aussi , que du 5 au 31 janvier, la division Musnier et celle de Marchand, formées primitivement , la première à Lyon , des dépôts des 24% 16% 145* de hgne, 32* léger, et 1" de hussards ; la seconde , à Grenoble , des dépôts des 60* , 125* de ligne, et 8* léger, s'étaient successivement renforcées , l'une de quelques compagnies envoyées de Valence et de la gendarmerie départementale , l'autre , des conscrits versés dans ses trois dépôts et des douaniers du Simplon.

PRÉCIS HISTORIQUE. iO

418 ntcw nsioiiiQot

Le moment arrivait où Tannée de Lyon allait enfin sortir de ses langes en se renforçant en très peu de jours :

l"" De la division de réserve oi^anisée à Nismes ;

T De deux colonnes détachées de l'armée d'Espagne;

S'' Des gardes - nationales des départements du centre et de Test ;

4^ Des troupes venues d'Italie.

Nous allons donner successivement Thistorique de l'organisation et de la marche de ces diverses fractiom de l'armée du Rhône, en les prenant à partir du jour où elles ont été destinées à concourir à la formation de cette armée , et en ne les quittant qu'au moment où elles sont arrivées à leur destination.

Présentons d'abord une situation exacte des troupes sous les ordres d'Âugereau dans les 1 9"* et 7"^ divisions militaires, à la date du 20 janvier 1814.

Le maréchal d'empire duc de Castiglione commandant en chefy

Du Casse, adjudant commandant, chef crétat-major,

Comte Marchand, commandant les troupes île la V divisioii «li-

litaire, à Grenoble.

Dessaix, sous ses ordres, à Pontcharra.

Baron de la Roche, commandant la 7*^ division, mis à la retraite

à la fin de janvier , à Grenoble.

Généraux de brigades

Pouchelon, arrivé à Lyon le 19.

Bardet, nommée non arrivé le 20.

DES OPÉRATIOWI Itt l'aRMÉE DE LYON.

PoiMsetfComriiandatit le département duRhènte, à Lyoo.

Daumas, id. de Tlsère, à Grenoble.

Baron de Barrai (en retraite) , commandant les troupes en position aux Echelles.

De Chabert (en retraite) , chargé de rorganisation des gardes nationales de F Isère.

Division de réserve de Genève » quartier général à Lyon.

*• *^^*"'' ^'î °»^ } 6 id. 855 h. . . .

H« léger 4 id. 209 h. . . .

Ϋbat.aul45« de ligne. 12 id. 390 h. . . .

7« bat. du t6«4e ligae. 9 id. 320 h. . . .

Gendarmerie 6 id. 140 h. 96 ch

l« de huasards. . . 9 id. 165 h 174id.

4« et Si«de chasseurs. 71 h. ... ,

iUrfiUerieàcheTal. . . 1 id. 50h. 5i id.

\ au camp

sous

Lyon.

ftOOlL .^tachés à liirebel

Total.

et

UmoAest

Troupes de laT^ division militaire.

6(y* de ligne. . . 38 hommes. \ sous les ordres de Hnspi^tenr

8* léger 165 id. j aux douanes, Adine, jusqv'à la

Douaniers. . . 160 id. f retraite de RurniHy^ passés

4* de chasseurs. 17 id. 17 ch. i alors sous le commaDden^iit

\du major Bois le 20, en posi-

176 homm. 17 ck.'/tion à Pontciurra.'

500 homnes forniant la garnison du fort Barreaux (voir au chapitre précédent pour le détail).

900 id. sous le fort, en position, amenés par le général de fa

ft^he le 20.

600 id. àIV)otdiam,4étaehés du corpsea retraite d^BumUly.

Total général. . . 4,913 hommes 408cheTainx iT caiiMièieni .

Matériel et ctrsenal.

12 pièces, dont un obusier, tirées de Tarsenal de Lyon ou amenées en poste devant la yojture du maréchaà ârugereau, à Lyoo.

UO PRKCIS HISTORIQUE

4 pièces à Pontcharra (voir pour rartiUerie de la place de Grenoble le chap. iv de la 1" partie).

1508 mousquetons.

2700 sabres de dragons.

828 id. de cavalerie légère.

900 mousquetons (délivrés à la garde nationale par ordre du sénateur comte de Cbanteloup).

3 tonneaux de poudre dont un avarié.

Le 20 janvier il y avait encore à Lyon , dans les dépôts , 200 hommes sans souliers , 400 sans schakos , plus 1,400 hommes du 24* de ligne, 20 du 1*' de hussards , et 42 gardes-d'honneur non armés.

Le 25, 900 hommes, partie du 18* léger, partie des douaniers du pont de Beauvoisin , sous les ordres du major Roberjot et du général de brigade de Barrai, occupèrent le poste des Echelles. Ce petit corps reçut de Grenoble deux pièces de quatre et deux caissons.

Les gardes nationales n'étaient pas même encore oi^anisées sur le papier.

Pour compléter le tableau de la position et des ressources de la ville de Lyon , nous allons mettre sous les yeux de nos lecteurs la copie d'une lettre confidentielle, écrite le 30 janvier 1814, par le commissaire extraordinaire de la 1 9^ division , et adressée au ministre de la guerre.

La voici dans son entier :

Lyon , le 30 jaiivier 1814. Dimanche.

Monsieur le duc, Je vous dois la vérité sur les difficultés de tout genre qu*on

PIS OPÉRATIONS DE l'ARMEE DE LYON. 141

éprouve dans cette division , pour former, équiper et nourrir l'armée qui s'organise à Lyon.

La levée des conscrits est très diflBcile, pour les hommes qui ont plus de vingt ans; elle s'opère très imparfaitement dans les montagnes de TAuvergne et du Velay. L'esprit public est mauvais dans ces départements; les moyens d'échapper aux appels y sont d'autant plus faciles, qu'il n'y a plus de colonne mobile pour appuyer Tautorité ; les maires craignent les vengeances, et secondent faiblement Tautorité supérieure. Il n'y a plus d'autre force que la persuasion , et cette force devient nulle contre la résistance ou la mau» vaise volonté. Il y a eu des appels par désignation d'individus, sans qu'il se soit présenté un seul homme; il y a eu des départs de 100 hommes et de 200 conscrits, sans qu'un seul soit arrivé à sa première étape. La conscription a toujours été difficile dans ces montagnes ; mais les circonstances du moment lui ont donné le vrai caractère de la résistance; et malheureusement on ne peut pas détacher encore 50 hommes de la force armée de Lyon-, pour les diriger en colonne mobile, sans compromettre le sort de la ville.

Le décret du 6 janvier concernant la levée d'un ou deux bataillons par département voulait que les hommes fussent armés et habillés par les déparlements. L'impossibilité d'exé* cuter cette disposition dans le Cantal et la Haute-Loire, qui n'offrent aucune ressource , a été bientôt reconnue , et on s'est borné à exiger qu'on donnât à chaque homme des souliers et un chapeau, avant de les diriger sur Lyon, où l'on devait compléter l'habillement.

On devait espérer de trouver à Lyon de grandes facilités, soit dans le' commerce, soit delà part des fournisseurs de l'armée. Nais ces derniers n'ont plus ni argent, ni crédit, ni

matière ; leurs produits fabriqués sont saisis par leurs créan* ciers; j'ai été forcé d'écrire aux tribunaux pour arrêter les poursuites dirigées contre eux, dégager les objets saisis et transporter Thypothèque des créanciers sur les mandats à échéance délivrés par le Trésor.

Jusqu'ici» les S,000 hommes qui composent l'armée de Lyon vivent sur des réquisitions qu'on exerce, sur les magasins du commerce de Lyon, en blé, vin , eau-de-vie, bois, fourrage , avoine , paille , etc. ; mais ces ressources sont déjà épuisées; et comme nous ne payons pas ce qu'on prend» il est à craindre que bientôt les arrivages pour Lyon œ cessent par la peur qu'on a des réquisitions. Cette crainte me paratt d'autant plus fondée* que les arrivages par eau sont à présent impossibles, et que les départements de l'Aisne, de la Bourgogne et de la Franche-Comté, qui fournissent Lyon, sont occupés par l'ennemi.

Par ces moyens forcés , nous nous sommes procuré quelques milliers de capotes, de souliers, de schakos, et tout ce qui a été nécessaire jusqu'ici ; mais on ne peut pas aller plus loin. Les particuliers dont nous avons pris les marchandises nous pressent pour le paiement, et les magasins sont épuisés. Les caisses publiques ne présentent aucune ressource, leurs recettes étant engagées pour le paiement des mandats du Trésor fournis pour services antérieurs.

Nous venons de frapper des contributions en nature et en argent sur tes cinq départements de la division ; nous établissons la nécessité de cette mesure sur l'urgence des besoins de l'armée destinée à les proléger; mais ces réquisitions sans paiement seront mal remplies et nos magasins de réserve seront d'un faible secours.

Nous manquons également de fusils pour armer nos sol-

DES OPÉRATIONS DB l'aRMÉB DE LYON. 443

dats. Votre ^xœllanoe a donné des ordres pour faire diriger sur Paris toute la fabrication de Saint-Etienne. Il ne nous reste donc plus de ressource de ce oôté-Ià. Les fusils de chasse , malgré les mesures les plus sévères , n'ont presque rien fournis ; et on n'a pas plus de 6,000 fusils pour armer 25 à 50,000 hommes, qui formeront l'armée de Lyon.

Dans cet état de dénuement, une réunion à Lyon de 30,000 hommes épuisera nos approvisionnements en tout genre , sans pouvoir espérer en tirer le parti qu'on était en droit d'en attendre.

M. le maréchal envoie à Paris un de ses aides-de-camp pour demander des armes et de l'argent. Si nous obtenons ces deux objets , nous aurons promptement une armée , des vivres et des habits; sans cela, je crains beaucoup que le service ne soit compromis, et qu'il ne devienne impossible d'assurer la subsistance et l'équipement des soldats.

Je continuerai à faire tout ce qui dépendra de moi pour tirer de notre position tout le parti possible , car je suis loin de me décourager. Je sens même que Lyon n'est pas le seul point qui occupe le gouvernement ; mais j'ai cru de mon devoir'd'y appeler votre attention , parce que l'armée de Lyon est dans une position à rendre de grands services, si elle pouvait être promptement organisée, et qu'il me paraît qu'elle ne pourra l'être qu'autant que nous aurons des armes & lui donner et de l'argent pour la nourrir et l'équiper.

Agréez, monsieur le duc, l'hommage de mes sentiments.

Le sénateur Chaptal, comte DB ChANTBLOUP.

Le 5 février , le duc de Fellre répondit à cette lettre, que le directeur de l'administration de là

lii PRÉCIS niSTORlQUE

guerre avait chargé le commissaire-ordonnateur de l'armée de Lyon de pourvoir à Thabillement et à l'équipement des conscrits de la levée des 300 mille hommes donnés aux dépôts établis dans les 7* et 19* divisions militaires, et de pourvoir également aux besoins en habillement des conscrits de 1815 destinés pour ces mêmes dépôts. Que les fonds pour cet objet étaient faits ; qu'un premier tiers pour la levée des 300 mille hommes était déjà ordonnancé , qu'on attendait les ordres de l'Empereur , pour ordonnancer les deux derniers tiers sur le service de février pour la conscription de 1815, et que tout serait soldé en mars.

Que, quant à l'armement , le maréchal duc de Castiglionc, était prévenu que des ordres avaient été donnés pour faire revenir 10,000 fusils du Piémont par Briançon , et que d'autres mesures compléteraient incessamment l'armement de toutes les troupes employées sous ses ordres.

Nous ajouterons, pour n'y plus revenir, que les fonds furent en effet mis à la disposition des deux commissaires extraordinaires dans les 7'' et 19* divisions, et que.les fusils venant du Piémont parvinrent à Briançon le 19 février.

Passons maintenant à la marche des divers corps destinés à renforcer Tarmée du Rhône.

DES OPÉRATIONS DE l' ARMÉE DE LYON. 145

BlTlsion de réserTe de Mismes , et tronped de

Tonloii.

La quatrième division de réserve des Pyrénées , dite division de réserve de Nismes, mise sous ,ies ordres du général de brigade Ménard et destinée à renforcer Tarmée de Lyon, commença à recevoir, dès la fin de 1813 , une partie des jeunes soldats qui devaient compléter ses cadres. L'adjudant-commandant Tancarville s'était rendu de Paris à Toulouse et de Toulouse à Nismes avec mission de presser le départ des conscrits pour Nismes, leur organisation dans cette ville et leur marche vers Lyon .

Le 30 janvier , cette division se trouvant à moitié organisée, et le duc de Castiglione ne cessant de réclamer son envoi à Vienne et sur le Rhône , il fut décidé que les bataillons se mettraient en marche avant d'avoir entièrement complété leur équipement et leur habillement.

La situation de cette division , à cette époque , était la suivante :

Elle avait reçu 5,394 conscrits. 364 avaient déserté, 200 se trouvaient aux hôpitaux : restait donc 4,800 et quelques jeunes soldats présents avec lesquels le général Ménard avait complété à 600 hommes et plus, non compris les cadres , 1^ sii bataillons désignés pour

Lyon. Les hommes étaient tous armés de fusils, soit (le fabrique française (arme de dragon), soit de fabrique espagnole, en général assez mauvais. Tous ces bataillons partaient sans habits ni schakos ; la moitié seulement avec des gibernes et des sacs. Leur instruction était aussi incomplète que leur équipement. Ils n'avaient reçu que des notions assez imparfaites de l'école du soldat. Les armes leur furent distribuées la veille seulement de leur départ de Nismes. Enfin il ne leur fut donné en partant ni cartouches, ni pierres à fusil . la direction d'artillerie de Montpellier n'ayant pu satisfaire aux demandes du général Ménard; ce fut à Valence que les commandants des bataillons pourvurent leurs hommes de ces objets. Les jeunes soldats étaient tous porteurs de capotes , de vestes, de pantalons, de souliers, de chemises et de bonnets de police.

Composition, départ de Nismes et arrivée à Vienne de ces % bataiUoni. Bat. oft'. s.-oft. etcap. conscr. parti le arrivé le

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Totaux. . .

Le duc de Castiglione , informé de l'état pitoya)>le

dam lequel se trouvaient ces batâiUon&, donna ordre de les arrêter à Vienne , et en confia le commande-» ment au généi*al de brigade Bardet.

Le 18 février, cette division arrive enfin à Lyon, encore a^ez mal organisée.

Le 2* régiment de Toulon , organisé par le prince d'Esdingy et fort de 1,181 hommes, officiers compris», part de Toulon le 31 janvier, et arrive à Lyon le 17 février.

3 compagnies du 16* de ligne, 2 du 32* léger, partent également de Toulon le 2 février et arrivent à Lyon l» 19.

Tronpeii venaat de Catalogue.

Le 22 de janvier, à 1 1 heures du soir, le duc d'Âlbufera, commandant Tarmée deCatalogneet d'Aragon, reçut du ministre de la guerre et du major-général deux lettres en date du 14, qui lui prescrivaient de détacher une partie des troupes sous ses ordres pour les envoyer à l'armée du Rhône.

La lettre du major-général contenait cette phrase : j4u surplus y tout cela tient à la situation des choses en Espagne. Or, comme cette situation n'était pas des plus heureuses , le maréchal Suchet ne crut pas devoir se hâter d'affaiblir son armée.

Mais le 24 au matin, une nouvelle lettre lui or-

donna formellement de diriger sur Lyon , par Perpignan, 8 à 10 mille hommes.

En conséquence, six colonnes se mirent en marche pour la France dans Tordre suivant :

La première, composée de 7 compagnies du 13* de cuirassiers (1), une batterie d'artillerie à cheval, en tout 850 hommes, 850 chevaux et six pièces de canon, partit d'Espagne le 3, se dirigeant sur Lyon, où elle arriva le 16, en passant par Perpignan , Narbonne, Montpellier, Pont-St-Esprit , Valence, Vienne et Lyon. Cette colonne était sous les ordres du colonel du 1 3* de cuirassiers , Bigarré. Elle ne fit qu'un séjour et doubla quelques étapes.

La 2'' colonne, commandée par le général de brigade Guillemet, composée du i^ de hussards, d'une compagnie du 1 3* de cuirassiers et d'une compagnie du train d'artillerie, en tout 800 hommes, 800 chevaux , partie de Perpignan le 6 , arriva à Lyon le 22.

(l)Le départ de Tarmée de Catalogne, du 43« de cuirassterSt donna lieu à une réflexion du duc d'Albuféra, qui fait trop d*honncur à ce brave régiment pour que nous ne cédions pas au plaisir de la citer ici. Le maréchal, dans sa lettre au ministre, en lui annonçant Texécution de ses ordres, dit :

(( Le départ des cuirassiers sera célébré en Catalogne comme un «jour de fête, et toute la cavalerie ennemie se croira dès ce momeot invincible. »

Nous ne croyons pas que jamais aucun éloge plus magnifique ait pu être fait, par le commandant d'uoe armée, d'un seul réj^ment.

^ DES OPERATIONS DE l'aRMÉK DE LYON. 14i)

La 3"* colonne , commandée par le colonel Colbert, du 12'' de hussards, partie de Perpignan le 8, arriva à Lyon le 23. Elle se composait du 12* de hussards et comptait environ 550 hommes et 570 chevaux.

Toute cette cavalerie était sous les ordres supérieurs du général de division Digeon , qui , après avoir mis en route le 12* de hussards, se rendit en poste à Valence , afin d'y rejoindre le 1 3* de cuirassiers et d^ètre à même de diriger les colonnes au fur et à mesure qu'elles y arriveraient.

La division d'infanterie, forte de six régiments, formant trois brigades, et commandée par le général Pannetier, se rendit de Perpignan en poste à Lyon , passant par Narbonne , Mèze, Lunel , Valiguère, Montélimart et Saint-Yallier, aux époques et de la manière suivante :

Lal"colonne, composéedu 1*' léger, 1,29 3 hommes, partit le 4 février et arriva à Lyon le 10.

U 2- colonne, 16* et 20' de ligne, 1,228 et 1,146 homo^es , partit le 5 et arriva le 1 1 •

La 3"% 67* de ligne, 1,203 hommes^ partit le 6 et arriva le 12.

La 4-, 7* de ligne et 23* léger, 1,203 et 1,089 hommes, partit le 7 et arriva le 13.

Toutes ces troupes étaient aussi belles que bonnes , et animées du meilleur esprit.

En outre y 80 bouches à feu et autant de caissons

150 PR^lS HtSTOIttQUR

furent en même temps dirigés de Perpignan sur Lyon. Ainsi, le 16 février, c'est-à-dire au moment où les opérations offensives du duc de Gastiglione allaient commencer l'armée du maréchal se trouvait composée de la manière suivante :

État major général.

iDeleau, major r CoH.m.en chef, le duc de Gastiglione g^'f-J?f,.J^^^

'Germay, id. (

Chef d'état-ma|or général | Du Casse , général de brigade. Adjoint provisoire f Manhès, capitaine en retraite,

Anuierie. JGej.in^ colonel, chef iLevasseur, lieutenant, i ( d'état-major. iModnv, id. I

>Lowef, id. vadjoints.

\ Michel, id. i

yRegnard, id. \

S.-inspecteur i Léorat,f. f.d'inspecteur. ^Blanquart,eomm.de9goef. aux revues. ^ < Le Lorrain, (,.. ,

Ordonnateur, Bourdon. (d'flerbeline, [*AJOintg.

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