PIÈCES JUSTIFICATIVES. B
XVITI PIÈCES
« Lyon (le se rptirerpar Vienne sur le pont Saint-Esprit, c'est- (c à dire ;\ près de rso lieues en arrière, abandonnant ainsi Lyon « et les départements des V fit 49* divisions militaires à la « merci de l'ennemi.
a Dafis (et état de chosei^ je croie devoir rappeler à V. M. les ff propositions que fai eu Vhonneur de lui soumettre dans ma <v lettre du 19 courant (le remplacement du maréchal Auge- « reau). Une décision des plus promptes à cet égard devient a chaque jour plus nécessaire, et je n'ai pour en convaincre « V. M. rien à ajouter à Texposé que j'ai cru devoir mettre a sous ses yeux. »
Ce premier rapport , vrai dans toute la partie qui concerne les ordres donnés au duc de Castiglione , et les lenteurs fatales qu'il apporta à s'y conformer, devient partial dès qu'il est question de ses opérations lors de l'entrée en ligne de l'armée ennemie du Sud. En effet, le maréchal ne pouvait ni conserver Màcon, puisque toutes les instructions de Napoléon et du duc de Feltre lui disaient de marcher avec toutes ses forces réunies sur Genève, ni détruire le pont, dans la prévision que la ville serait occupée par une armée formidable, puisque le ministre et l'empereur ne lui faisaient nullement entrevoir la brusque création de cette armée de 60 mille hommes, commamlée, non par le général Blanchi, mais par le prince de Hesse- Hombourg.
Le second rapport, daté, du 26 mars, et dont nous ne donnerons que des extraits , parce qu'il est , en
.lUSnPICATIVES. xt»
bcviucoiip de points, le résumé du rapport précédent, contient quelques appréciations malheureusement trop justes de la conduite du duc de Castiglione , et conclut également à son remplacement à ï'armée de Lvon .
a J*ai eu rhonnenr de transmettre à V. M., dans mon rap-
• porl de ce jour, deux lettres du duc de Castiglione, sous la « date des 19 et 21 du courant, par lesquelles on voitqu^à la u suite de deux combats dont le résultat a été en faveur d(» « Tennemi, le maréchal a cru devoir évacuer Lyon et se retio rer sur Vienne.
a Quoiqu'on pût être préparé à cet événement par toutes « les dispositions précédentes du duc de Castiglione, on doit " encore s'étonner qu'à l'instant môme de l'arrivée des nou-
• veaux renforts venant de Catalogne, le maréchal n'ait vu « d'autre parti à prendre que c(^lui de consulter les autorités
• civiles, pour savoir ce qu'il devait faire en pareille circons- « tance. En admettant même ses calculs sur les forces de « l'ennemi, qu'on peut cependant regarder comme très exa- « gérés, la disproportion de force n'était assurément pas de « nature à justifier tout ce qui s'est passé, etc., elc, . . .
• Quand le duc de Casiiç^lione a commenoé son mouvenuint « sur fienève, il était trop tard, et le corps ennemi arrivait m sur la Saône, tandis que, huit jours plus tôt, Genève était « prise sans coup férir.
a Pour remédier au mal, si c'est possible, je ne puis q\m a rappeler à V. M. les propositions que j'ai eu rhonntur an « loi soumettre le Itt de ce mois. »
XI piRcrs
Nous ne croyons pas sans utilité de donner ici la copie d'une lettre adressée au ministre par M. le colonel Balthazar.
Va4er.ce, 14 afril l8t4.
Monseigneur,
L'opinion que je mettais en avant dans ma lettre du 2 n'est malheureusement que trop fomiée, c'est-à-dire quMI ne faut pas espérer de voir cette armée reprendre, d'ici & assez longtemps, Toffensive contre Tennemi. En voici les raisons :
H. le maréchal, en s'éloignant de Lyon, a donné ordre à M. le général Marchand^ de venir le rejoindre sur Tlsére. J'ignore s'il lui a prescrit un itinéraire où s'il Ta laissé maître de choisir sa route. Il a pris celle de Grenoble. Il a voulu couvrir cette ville et il a défendu les positions qui la protègent. Il s'est battu à Tullins et à Voreppe. On n'a pas de nouvelles directes de lui depuis le 31 mars, mais on sait par des rapports indirects que l'ennemi est entré avant-hier à Yoreppe , et que oonséquemment il coupe la route qui conduit de Grenoble à Valence, qui suit la vallée de l'Isère et qui longe la rive droite de cette rivière, qu'elle traverse à Romans.
Le voilà donc sur Grenoble. Je veux croire qu'il n'y sera pas forcé, mais il n'en est pas moins coupé de H. le maréchal, il ne peut plus faire de jonction avec lui que par la route de Gap, qui le conduit en Provence. Ainsi , soit qu'il prenne cette route, soit qu'il tienne sa position, il est à peu près nul pour M. le maréchal, qui ne peut le faire concourir à aucune opération. Or, il a avec lui : i« ses propres troupes et celles
JUSTIFICATIVES. Xlt
du général Dessaix ; if" celles amenées par le général Lafosse; 3** celles arrivées avec le général Pouchin. Je ne prétends élever ici aucune accusation contre le général Marchand , puisque j'ignore les motifs qui ont dirigé sa conduite.; j'établis seulement un fait, c'est qu'il est séparé de l'armée, dont il a auprès de lui une bien forte portion. Je dois cependant faire remarquer à Votre Excellence que M. le maréchal annonce lui avoir donné l'ordre positif de le venir joindre,
La portion de l'armée qiii est à Valence a été suivie jusqu'à Vienne par un corps ennemi qui paraît avoir été très nombreux, etensuite jusque sur l'Isère, par un autre corps ou du moins par une partie de ce premier corps dont j'ignore la force. Il paraît qu'il a été jugé très nombreux. Il m'a semblé que M. le général Pannelier était prévenu de s'être exagéré de beaucoup les forces de l'ennemi et d'avoir fait à M. le maréchal, à cet égard, des rapports tels, que H. le maréchal, qui devait bien l'en croire, a autorisé la rupture des ponts de risère.
Après cette opération, on a fait des préparatifs pour rétablir ces ponts, à volonté; on a même passé la rivière pour fixer l'attention de l'ennemi et l'empêcher de se porter ailleurs. Des partis lui ont enlevé plusieurs postes. Alors l'ennemi s'est porté sur Romans, nous a forcés à retirer quelques troupes qu'on y avait placées, et est demeuré de nouveau maître de l'autre rive et de la route de Grenoble.
Voilà donc l'armée divisée en deux parties, qui ne peuvent rien l'une pour l'autre, car si le général Marchand a été forcé de rjuitter la position de Voreppe, il est douteux qu'il la reprenne ; mais cpiand bien même il la reprendrait, il ne pourrait assurément faire devant l'ennami, qu'il « en tète, un mouvement de tlanc pour se perter sur Romans. Il aurait renneoii devant et derrière, la montagne à droite et l'Isèra à gaiicbe.
Mil FIK4:|&
D'un autre c6té, ce qui est ici ne pourrait panser l'itsère f|u*avec de bien granHes difBcuUés, et si elle réussissait à passer sur la rive < roiie, ^t gu'ellje entreprit (le se porter sur Gn^noble, elle se trouvoruit dans la tnème position que je vii^ns iiv décrire. D'ailleurs qu'irait-elle taire à Grenoble, où elle porterait la disoUc., ne serait-ce pas enfin abandonner à Teiiut'uû le cours du RlK'inc et renoncer à toute communication civec la Frai»ce.
Il y a du remède à tout : je. ne .sais quel est celui qu*on choisira ; mais, quel qu'il soit, le résultat en sera ion^, et je le regreUe, parce que je pense que la guerre défwsive n'est pas celle qui nous convient dans une pareille crise; parc9 que les troupes du général Marchand réunies à celles«ci, je ne crois pas devoir évaluer Tarmî-e à moins de i8 mille hommes de troupes de ligne dont une partie est excellente, et qu'avec mie pareille armée, ou peut entreprendre et exécuter de grandes choses, même contre un ennemi supérieur en nombre.
Le |>rince de Hesse-Hombonrg était de sa personne à Tain, aviint-hierS avril. Pendant que l'attaque dirigée si^r Romans b'eD'ectuait, 10 mille hommes environ ont passé à Tain, veuaut de Vienne et descendant le Rhône. Des témoins oculaires l'attestent. D'un autre côté, des officiers pré^nts à l'attaque de Romans évaluent de 6 à 7 mille hommes les forces ennemies qui y ont pris part. Ainsi donc, l'ennemi a sur le Bas-Isère de 46 à 18 raille hommes.
Le défaut de correspondance avec M. le général Marcband empêche qu'on ne sache à quoi s'en tenir sur les forces eniif'mies qu'il a en tète. Quelles qu'elles soient, dès-lors qu'il ne les force pas, en les additionnant avec ce qui est devant Valence, avec ce qui est sur la rive droite du Rhône» avec ce qui occupe Lyon , et enfin avec ce qui est intermédiaire entre Lyon et iisère, il en résulte ou que l'ennemi n'a tà^pÊiéfêr-