APERÇU DES PUINCIPAUX FAITS POLITIQUES
L'empire romain, qui n'avait eu pour limites que le monde civilisé, dont la puissance a dépassé peut-èlre ce que TimaginatioD peut concevoir de plus grand (1), succombait sous son immensité. Au quatrième siècle , un seul empereur ne suffisait plus k une tâche si lourde , et au cinquième Tempire tombait sous les coups des barbares du Nord. Dès la fin du second, de grands mouvements avaient menacé Teiiopire romain sur le Rhin comme sur le Danube , et déjà Rome avait été obligée de souscrire plus d'une fois b une paix honteuse.
De grandes confédérations se montraient sur le seuil de l'empire et tentaient d'y pénétrer; la civilisation romaine offrait aux barbares un butin dont ils entendaient bien profiter. On les voyait, k certains intervalles, apparaître sur leurs rapides coursiers, emportant dans chacune de leurs excursions un lambeau de ce vaste objet de leurs convoitises.
Afin de les empêcher d'entrer en vainqueurs sur le territoire romain, les empereurs les y introduisirent comme soldats pour recruter ces légions énervées qui n'avaient plus la force de vaincre ou de mourir; d'enneniis' ils s'en firent des alliés. Mais cette alliance était plus qu'une' défaite : c'était l'anéantissement du vieux mondé romain.
Les barbares ne regardèrent plus l'empire comme un pays k conquérir, mais comme une terre conquise; ils vinreut s'y établir en maîtres ;'et l'empereur Julien rencontrâtes Francs dits Saliens sur la Meuse et l'Escaut, du côté de la mer , possédant ces terres comme leur propriété. Pour eux , les magistrats romains n'avalent
(1) 11 se composail, sous les premiers empereurs, de cent vingt millions d'habitants.
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droit k robéissanee qa'aatant qu'une année fonnidabte était Ik pour Ie$ ; contraindre , on que leur intérêt les y engageait.
Les Gotlis, cbassés par les Huns en 575, ravagèrent l'empire roosain sous la eonduite de leur roi Alaric 1^% qui prit Rome en 410. Us passèrent en Gaule, établirent le siège de leurs opéra* lions militaires à Toulouse» envahirent l'Espagne au détriment des Suèves et des Vandales, et prirent le nom de Visigoths k cause de leur situation plus occidentale que le reste des tioths.
La Gaule fut envahie par les Bourguignons; et bientôt les Huns« conduits par Attila, entraînant sur leur passage des Allemands» des Francs de la rive droite du Rhin, marchaient contre AéUus ^ qui s'efforçait d'opposer k la violence de ce torrent les Boui|;uignons» les Visigoths, les Francs (450).
A quelques années de la, l'empire d'Occident succombait sous les coups d'Odoacre , chef des Hérules et des Rugiens (476). La puissance romaine avait été renversée sous cette avalanche de peuples qui passaient avec la rapidité de Vorage, et, épuisée, anéantie, elle n'avait pUis la force de se relever et de tenter un dernier effort pour résister a ces hordes barbares. On eût dit que l'impétuosité farouche de ces hommes nouveaux épouvantait les populations vieillies dans les désordres d'une civilisation corruptrice.
Empire franc. — La Gaule se trouvait , lors de la chute de l'empire d'Occident, occupée par les Visigoths, les Bourguignons et les Francs. Ces peuples différaient sous beaucoup de rapports. Les Visigoths et les Bourguignons, qui venaient du nord de la Germanie, séparés delà nation k lacpeUe ils appartenaient, étaient loin d'avoir une puissance aussi grande que celle des Francs; aussi, lorsqu'k la chute de l'empire- d'Occident ces à*ffé* reols peuples se trouvèrent en lutte , les Francs ne rencontrèrent pas de sérieux obstacles, et purent facilement étendre leur empire sur h Germanie» et plus tard sur l'Italie.
Vers le iv* siède, \m grand nombre d'établissements francs
sont fonder : ainsi les Francs Saliens occupent le pays situé entre la Meuse et l'Escaut ; d'autres Francs s'établissent le long du Rhin vers Cologne, et ils prennent lé nom de Ripuaires, parce qu'ils ont été chargés de la défense de la rive de ce fleuve. Cependant ces mouvements n'étaient alors qu'individuels, si je puis m'exprimer ainsi ; le soldat assez heureux pour avoir conquis un coin de terré par sa valeur le conservait ; il posait sa tente sur le terrain que la victoire lui avait donné; mais on ne connaissait point encore ces mouvements de penples entiers, de femmes, d'enfants, de vieillards, abandonnant leur patri^et cherchant un ciel meilleur. Il faut arriver k la fin du v^ siècle pour assister à ces grandes migrations qui bouleversèrent l'Burope.
Leurs premiers établissements cependant ont eu assez d'importance pour prendre place dans l'histoire de cette époque. Une carte de l'empire romain , dressée probablement vers le iv* siècle, retrouvée en Allemagne au xV, offre cette particularité fort remarquable qu'elle désigne sous le nom de Francia le territoire occupé par les Francs sur la rive droite du Rhin , entre l'embouchure de ce fleuve et Mayence.
Eumèoe, dans le panégyrique de Constantin, parle des rois des Francs, reges FranciiB; et saint Jérôme, qui avait longtemps séjourné k Trêves , écrivait dans la Vie de saint Hilaire : < Entre
> les Saxons et les Allemands, il est une nation plus puissante
> qu'étendue par son territoire, appelée Germania chez les
> historiens et aujourd'hui Francin. >
Il y avait donc, vers la fin du iv® siècle et au commencement du V®, une nation déjk forte , qui représentait sur les bords du Rhin cette France du Nord que les régions marécageuses de l'Elbe avaient protégée contre les armes des légions romaines (1).
(I) Franc viendrait, à en croire certains étymologistes, de Franck, libre, (ïoùfrey.free^french. « Cependant, dit M. des Michels, His- 9 toire générale du moyen Age, 2«éd.» t. l,p. 72, note 1, notre orgueil
Les Francs avaient mv tes Boargoignons et les Yisigoths ooe supériorité réelle qui leur assurait la domination. Clovis, le vrai fondateur de la monarchie française» commença par anéantir rautorité romaine afin d'enlever aux Gaulois tout prétexte de résistance. Ce but était facile à atteindre; l'empire d'Orient, seul débris de Tancien empire romain , ne pouvait plus lutter dans la Gaule, où tonte communication officielle était k peu près interceptée par ritalie'et par le royaume des Bourguignons. La Gaule sflbit la domination franquesans résistance sérieuse, et l'empereur d'Orient (i) fut encore heureux d'envoyer les insignes du patridat au vainqueur de Veuille (507) pour obtenir son appui.
Bientôt les Francs soumettent les Bourguignons , dépouillent les Visigoihs , s'avancent dans la Germanie , et augmentent graduellement leur domination, jusqu'à ce que Chariemagne vienne compléter la conquête de ce vaste pays.
Le principe du partage égal entre tous les enfants mâles appliqué k l'héritage d'une couronne devait amener la dissolution d'un pouvoir qui ne pouvait exister que par l'unité. De Ik des nationalités distinctes qui ne reconnaissaient que nominalement l'autorité des rois francs. Des largesses seules pouvaient enchaîner la fidélité des leudes ou compagnons d'armes ; ce n'était qu'aux dépens de leur autorité que les rois mérovingiens se soutenaient au milieu des troubles civils. Les maires du palais , dans l'origine simples intendants de la maison du roi, devinrent les conseillers du prince et bientôt de véritables maîtres. Ils régnèrent au nom des
I national ne saurait dissiaiuier une étymologie moins glorieuse. Un > poète franc , Erraold Nigel . a dit :
« Franeuê habet nomen a fentate tua, »
• Aujourd'hui encore le mot hollandais vrang ( prononcez /râ/ig) a la
* même signification qu^ férus. » Quelque» auteurs le font aussi dériver du mot allemand /recA, qui a Ie;nôme sens que/erox en latin, audacieux, y. sur l'étymologie du mot Franc, Lehiierou, Histoire des ioïtitut|ons mérovingiennes» t. 1, p. 91 etsuiv.
(Il Anastase.
rois fainéanis jusqu'à ce que» non content de ce règne de fait de ses prédécesseors, sûr de Fi^ppni des grands et du dergé qu*il avait su mettre dans ses intérêts , Pépin pioposa de déposer Childéric III, et, dans un Champ de mai tenu k Smssons (738), se fit élever sur le bouclier et prodamer roi de la nation^r
c Lorsque, rimbédle Gbildâic ayant été chassé du trône, Pépin, » roi très*pieux, fut mis k sa place par les Francs (i), » il fut sacré par le pape Zacharie , qui pensait « s'il faut en croire le témoignage d'Eginhard, qu'it iiaii préférable que eelm4à fSU roi qui avait le pouvoir entre eee maine (9).
L'empire, consolidé et agrandi par Pépin , Oaillil se disloquer lors du partage que devaient en faire ses deu& enfants, Charlei^agne et Carloman. La mort de ce dernier maintint intacte la monarchie française.
Le règne de Charlemagne est une longue série de combats et de victoires : les Saxons sont soumis ; le royaume des Lombards est réuni k la couronne de France , ainsi que le duché de Bavière, et le roi des Francs fonde le second empire d'Occident, qui dura près d'un siède.
Grand capitaine, Charlemagne a peut*étre été encore plus grand administrateur, surtout si l'on songe qu'il régnait h une époque oii l'action gouvernementale devait être si peu comprise. U fallait réunir sous une même bannière des peuples d'origine différente, confondre dans un intérêt commun la volonté de ces hommes qui se rappelaient leur vie iodépeudanle, donner une homogénéilé k tous ces éléments qui tendaient sans cesse k se séparer violemment; le génie seul pouvait réaliser une semblable entreprise. Une hiérarchie fortement constituée , avec un chef assez habile pour la maintenir et pour la diriger, td fut le moyen employé pour attdndre ce résultat. L'action de la puissance pu* blique s'étendit avec une égale fermeté sur les grands comme sur
(1) Mabillon, Analecta, t, 2 , p. 153; charte de 752. «
(2) Animales regum Francorum, t. v, p. 197.
les petits, sor les forts comme sur les faibles; et le MAITRE sdvadi cooienir les fooctioonaires publies dans les bornes rigoareoses de robéissaoee et de k modéraiioD.
Mais cette monareUe, qui jouait le râle de puissance dominante de TEorope, ne pouvait se soutenir que dirigée par une administration assezferme pour réprimer l'ambition turbulente des grands. 11 n'y avait qq'un^ génie supérieur qui put tenir les rênes d'un empire aussi étendu que ses ressorts étaient compliqués. Malheureosemenl il n'était pas donné k Chariemagne d'avoir un par^ successeur, et la main débile de Louis, le Débonnaire ne put maîtriser ces peuples qui trouvaient dans leurs nationalités diverses des éléments de dissolution presque irrésistibles.
Une autre raison acheva de briser l'unité de l'empire ; les partages imprudents que Cbarleraagne iit,.de son vivant, entre ses fils, augmentèrent les discordes intestines; et les guerres civiles commencées pendant sa vie continuèrent après sa mort. Le traité de Verdun (843) consacra le partage formel de la monarchie, et la partie des Gaules qui s'étendait depuis l'Escaut, la Meuse, la Saône et le Rbône jusqu'aux Pyrénées, attribuée à Charles le Chauve, peut être considérée comme le démembrement de l'ancien empire des Francs qui a créé la France moderne.
Les grands fiefs avaient effrayé Chariemagne ; il s'était appliqué b les diviser et a détruire leur influence redoutable pour le pouvoir. Sa politique fut maladroitement abandonnée ; l'hérédité des fiefs fut consacrée k Kiersy (877) par Charles le Chauve. Cet acte était le dernier coup porté k l'empire; dès lors tes guerres civiles et priv^ entraînèrent la désorganisation du corps politique.
L'histoire des successeurs de Charlemsigne est un tableau affligeant: les princes du sang armés les uns contre les autres, l'autorité royale noéprisée et insultée par les grands, dont tous les efforts n'ont qu'un but, l'agrandissement de leqr pouvoir; enfin le gouvememeai dans l'impuissance de protéger le peuple contre fOQsies genres d'oppression.
48 HISTOIRE DU DaOlT rRANÇAIS.
La recoQsUtulion de l'einpire de Chariemagne était devenue impossible. Uo instant Charles le Gros réunit sous sa dominatioii cette vaste monarchie; mais il la perdit par son ineapadtë, et de sa déposition (888) date la dissolution définitive de l'empire*
Au milieu des discordes civiles, de nouveaux barbares venus de Textrémité du Nord et du fond de l'Asie , les Normands et les Hongrois» envahirent Tempire; refontes par Charlemagne, ils continuèrent sous ses successeurs leurs oourses et leurs brigandages avec une audace et une fureur inouïes. Us ravagèrent le centre de Tempire; et la France, occupée k se défendre» perdir tous lès bieofaits da gouvernement de Charlemagne.
TTTBE n.
SOURCES DU DROIT
Lorsque les barbares envahirent l'empire romain , ce qui les frappa le plus, ce fut le spectacle d'une civilisation et d'une organisation sociale qu'ils n'avaient pas encore soupçonnées. Vainqueurs, ils sentaient malgré eux la supériorité des vaincus ; dominant par les armes, ils devaient subir 1 influence des lois du pays conquis. La science du droit, qui, dans le second et le troisième siècle, avait brillé d*un si vif éclat, était fort négligée lors de l'invasion des barbares ; mais les ouvrages des anciens jurisconsultes servaient de guide ^ la pratique (1); un recueil surtout venait de paraître qui réunissait les difl^érenles constitutions impériales et rendait facile la recherche des règles du droit. Gom-
(i) Quelques auteurs, et eotre autres Moate^quieii, Esprit des lois (28, 4), ont prétendu qu*à la fin du v* siècle le code Théodosien é^it la seule source du droit dans Tempire romain. Il est reconnu aujourd'hui, au contraire , que les écrits des jurisconsultes formaient la base du droit, dont les constitutions n'étaient que le complément-obligé.
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po^ à une ëpoquo de (l(!cadeDCc scientili(|ue , cette collection convenait peat-élre mieux aux barbares que les écrits des juriscoflsultes, trop empreints du caractère éminemment romain. Le code Tbéodosien offrait de grandes beautés qui devaient frapper ces peuples, et dont ils surent profiter pour mêler h leurs sauvages iBstitutions les précieux débris de rorganisalioft sociale qui venait d'être brisée.
La législation de Tbéodose a été considérée à bon droit comme le lien qui uoii le monde moderne au monde antique ; elle s*est perpétuée dans une partie de l'Europe }usqu*au milieu du moyen âge; elle a traversé Tépoque de la féodalité jusqu'à Tintroduction «des compilations de Justinien. Les barbares en firent des abrégés approprés k leurs nouveaux besoins. C'est ainsi que fut rédigé Ttidit de Théodoric, roi des Ostrogoihs, qui fit loi en Italie jusqu'à son abrogation , en 554 , par Justinien , et encore les Goths eurent^iis la faculté de le suivre. Les Yisigoths et les Bourguignons eurent aussi leurs recueils , connus sous les noms de Bretiarium Alaricianum et de Papiani responsa , sur lesquels je vais donner quelques explications.
Le monde romain vaincu exerçait son influence sur les vainqueurs ; la civilisation romaine triomphait de la barbarie. C'est cette vérité qu'exprime M. Guizot en termes saisissants (1) : < Tout à l'heure nous assistions au dernier âge de la civilisation » romaine, et nous la trouvions en pleine décadence, sans force, ) sans f(^x)ndité, sans éclat, incapable, pouraiusi dire, desub-
> sister. La voilh vaincue, ruinée par les barbares, et tout k
> coup elle reparait, puissante, féconde; elle exerce sur les in- » stiluiions et les mœurs qui s'y viennent associer un prodigieux
> empire; elle leur imprime de plus en plus son caractère; elle
> domine, elle métamorphose ses vainqueurs.
» Deux causes, entre beaucoup d'autres , ont produit ce résul-
(ij Uist. de La ci vilis. française, t. l, p. 386et8uiv.
tal : la puissance d'une législation civile, forte et bien liée; rascendant naturel de la civilisation sur la barbarie. > En se fixant, en devenant propriétaires , les barbares eontractèrent , soit entre eux , soit avec les Romains , des relations beaucoup plus variées et plus durables que celles qu'ils avaient connues jusqu'alors; leur existence civile prit plus d'éteodae et de permanence. La loi romaine pouvaii sesle la régler; elle seule était en mesure de suffire k tant de rapports. Les barbares » tout en observant leurs coutumes, tout en demeurant les maîtres du pays , se trouvèrent pris , pour ainsi dire , dans les filets de cette législation savante, et obligés de lui soumettre en grande.partie , non, sans doute, sous le point de vue politique, mais en matière civile, ce nouvel ordre social. Le spectacle seul de la civilisation romaine exerçait d'aiUeui*s sur leur imagination un grand empire. Ce qni émeut aujourd'hui notre imagination , ce qu'elle cherche avec avidité dans l'histoire , les poèmes, les voyages, les romans, c'est le spectacle d'une société étrangère k la réguhrité de la nôtre; c'est sa vie sauvage , son indépendance, sa nouveauté, ses aventures. Autres étaient les impressions des barbares ; c'est la civilisation qui les frappait , qui leur semblait grande et merveilleuse : les monuments de l'activité romaine, ces cités, ces routes, ces aqueducs, ces arènes, toute cette société si régulière , si prévoyante, si variée dans sa fixité, c'était Ik le sujet de leur étounement, de leur admiration. Vainqueurs, Us se sentaient inférieurs aux vaincus; le barbare pouvait mépriser individuellement le Romain ; mais le monde romain , dans son ensemble, lui apparaissait comme quelque chose de supérieur; et tons les grands hommes de l'âge de la conquête, les Alaric, les Ataulphe, les Théodoric (1) et tant d'autres, en détruisant et foulant
(I) L'édit de Théodoric est le recueil le plus ancien qui fut fait par les barbare»; il fut promulgué, à Rome même, en Tannée 500 de notre ère. Théodoric se proposait la fusion des vainqueurs et des vaincus, et il décia-
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) aux pieds la société romaine , faisaient tous leurs efforts pour » rimiler.
> C'est Ik un des principaux faits qui éclatent dans l'époque * que nous venons de parcourir, et surtout dans la rédaction et > la transformation successive des lois barbares. »
Ainsi les barbares laissèrent subsister le droit romain pour la Dation vaincue, ils lui firent des emprunts, et leurs coutumes s'imprégnèrenl, même k leur insu, des principes de cette législation. A côté de l'influence qui modifiait le droit barbare , il en était une autre non moins puissante, celle de TEglise chrétienne. Les règles ()cxv^}^ spéciales d'abord au clergé, s'étendirent insensiblement aux laïques et apportèrent de graves modifications h la loi civile.
Tons les monuments du droit, dans l'époque barbare , se rapportent k trois grandes divisions , selon leur origine romaine, germanique ou chrétienne; c'est ce triple élément que je vais parcourir avec détail.