L’EXPÉDITION D’ALGER
La question de Texpédition d’Alger avait été traitée depuis long-temps par une commission composée d’officiers de la marine et d’officiers de l’armée de terre, lorsque, dans le mois de février [83o, le ministère, songeant sérieusement à l’accomplissement de ce projet, voulut s’éclairer des lumières de M. le vice -amiral Duperré, qui reçut l’ordre de se rendre de Brest à Paris.
Plusieurs conférences eurent lieu chez le ministre de la guerre (i), et plus d’une fois
(i) MM. l’amiral Duperré, le lieutenant -général Desprez; les officiers généraux Valazé et Lahitte, l’intendant en chef Denniée, le contre-amiral Mallet; le capitaine de vaisseau Hugon , M. le directeui- de la comptabilité Martineau. (Déplus, le ministre avait appelé à quelques conférences préparatoires M, le sous-intendant militaire de Sermet. )
les observations de M. l’amiral Duperré ont dévoilé les difficultés de toute espèce dont cette expédition était hérissée, et fait voir surtout les fatales conséquences qui pouvaient résulter pour la France de la nonréussite de cette entreprise.
M. l’amiral Duperré, en abordant nettement les questions, élevait les obstacles en marin qui , sans redouter les chances capricieuses de la mer, ne voulait cependant donner que le moins possible au ha^ sard.
Le calme et la gravité des réflexions de l’amiral contrastaient souvent avec le zèle ardent et confiant que l’on montrait d’un autre côté pour l’expédition; et pourtant, il faut le dire, l’événement a justifié la prudence des uns et la confiance des autres.
L’expédition a eu lieu , elle a été couronnée d’un plein succès; succès qui paraît plus prodigieux encore aux yeux de ceux qui ont touché cette plage poudreuse et brûlante , qui ont lutté contre tant d’obstacles, et qui surtout ont connu l’immensité des apprêts que commandaient les difficultés de cette entreprise.