‹ Précis historique et administratif de la campagne d'AfriqueChapitre 7 sur 31 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Le i4 juin, l’armée a touché le sol de l’Afrique, et le 5 juillet elle avait atteint le but de sa mission. Ainsi, en vingt jours, cette armée avait veiigé le pavillon français, détruit la piraterie, et enfin accompli les vœux que formaient depuis trois siècles les hommes généreux et éclaii^és de toutes les nations.

C’était peu de contester à cette armée

une gloire acquise au prix de son sang : on a essayé de Iw porter des coups bien plus sensibles, puisqu’ils touehent à l’honneur (i).

Cependant les faits parlent.

Le produit de la conquête dépasse de beaueoup. . . . 53, 000,000 fr. et les frais d’expédition pour la guerre et la marine, y compris l’occupation jus-

(i) Lorsque tous les pas de farmiée étaient marqués par des succès , on a supposé qu’elle n’éprouvait que des revers. Tantôt le camp de Staoueli était forcé ; tantôt l’ennemi avait surpris et massacré des compagnies entières ; tantôt des convois avaient été enlevés ; cependant jamais le moindre accident n’avait donne lieu à ces fictions. Ce n’est que le 27 juin que la totalité des chevaux des vivres , et ceux des équipages de siège , furent débarqués dans la presqu’île de Sidyel-Ferruch. On triompha de ce retard; l’administration prêta à l’artillerie quelques attelages : ceux des batteries de campagne et ceux du parc servirent à faire arriver les gros canons et leurs projectiles dans les batteries de siège.

La campagne , contre toute probabilité , avait dure vingt jours, et ceux-là même qui s’étaient évertue a démontrer que le succès était impossible , qui avaient peint l’armée expirant de soif et de chaleur , accablée sous le nombre, échouant devant des murs inexpugnables, prétendirent, après le succès, que fou avait marché avec une lenteur inexcusable! .

53,000,000 fr.

Report .

qu’au I". janvier i83i , ne s’élèveront pas à . 49500o>ooo

Produit net de la eonquête,

tous frais payés . 45<^oo,ooo fr.

non compris la valeur très-considérable des poudres , des projectiles et des mille canons en fer coulé.

Le ministère avait reçu les rapports officiels qui l’informaient :

( 8 juillet ) Que la reconnaissance des valeurs existantes dans le trésor de la régence s’effectuait avec toute la publicité que réclamait une opération si délicate ;

(3o juillet) Que la totalité des marchandises appartenant à la régence allait être transportée à Marseille par le retour des bâtimens qui apportaient les vivres; que cette disposition offrirait le double avantage de dégager l’administration de l’armée d’une adjudication qui serait infailliblement moins avantageuse pour l’état, qu’en fopérant en France, où ces marchandises acquerraient une valeur plus considérable que sur la cote d’Afrique ;

( 3o juillet ) Qu’il fallait songer à ravitailler l’armée pour cinq à six mois avant la fin d’octobre: que le moyen le plus prompt

aurait été de faire une troisième commande à la maison Seillière, mais que les denrées (la viande exceptée) devant être tirées de France, l’intendant en chef, en éclairant le ministère sur les meilleurs moyens à employer, pensait qu’il était préférable de traiter de Paris ;

(8 août) Que l’envoi du procès-verbal détaillé des opérations de reconnaissance et d’inventaire du trésor de la régence ferait connaître à M. le ministre des finances les soins , la publicité et l’exactitude que la commission des finances avait apportés dans ses opérations.

De plus, M. l’amiral Duperré, à peine de retour en France, exprimait à M. le ministre de la marine , avec une loyale fermeté , l’indignation dont il avait été pénétré en lisant les inculpations calomnieuses dont on cherchait à flétrir l’armée d’Afrique, et surtout de ce qu’on semblait vouloir étayer ces délations mensongères de l’autorité de la marine.

Enfin , à son arrivée à Paris , M. l’amiral Duperré (et ce sont ses propres paroles) s’est plu à rendre publiquement le même témoignage.

Tous ces faits parlaient assez haut ; cependant M. le ministre des finances est monté

à la tribune pour dire : a La conquête cou- » vrira à peu près les frais de l’expédition ;

» mais elle aurait produit bien au’ delà si )) la probité de quelques agens avait été plus » générale. »

Ce serait le cas de demander si un ministre n’abuse pas du droit d’accuser , lorsqu’au lieu d’articuler nettement les noms des agens qu’il inculpe , il préfère laisser planer sur tous un insidieux soupçon.

Si M. le ministre des tînances avait eu la patience d’attendre le résultat de l’enquête ordonnée par M . le général Clauzel , il se serait épargné de porter hau tement une accusation que les faits devaient démentir , et qu’a en effet démentie d’une manière si formelle l’ordre du jour de l’armée d’Afrique, à la date du 22 octobre, dont voici les expressions textuelles :

(( Le général en chef éprouve une grande » satisfaction en faisant part à l’armée du ré- )) sultat de l’enquête faite à Alger sur le pré- » tendu pillage des trésors de la Casauba.

» La déclaration expresse de la commission » est que rien n’a été détourné du trésor de la » Casauba, et qu’il a tourné au contraire tout » entier au profit du trésor de France. »

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