NOTICE HISTORIQUE SUR CE PRINCE
La carrière de Philippe d'Orléans offre des disparates singulières : à la cour des goûts efléminés et à l’armée un courage à toute épreuve (1). Ce fut en partie le résultat de l'éducation que lui fit donner Mazarin , qui voulait faire du jeune Louis un homme, et du jeune Philippe une femme (2). Confié à Lamothe-le-Vayer , il devait acquérir sous cet habile précepteur une instruction soignée sous le rapport moral et littéraire ; mais malheureusement il profita peu de ses lecons , car son
adolescence se passa dans des plaisirs frivoles , et,
(1) Aussi Charlotte de Bavière, sa seconde femme, raconte dans sa Correspondance , qu’à l’armée, les soldats disaient de lui : « Il craint plus que le soleil ne hâle son teint, qu’il ne craint la « poudre et les coups de mousquet. »
(2) Ilétait bien secondé en cela par la Reine, car on assure que « cette princesse s’amusait à voir son fils Philippe adolescent, « habillé comme Achille à la cour de Scyros. Elle le faisait pa- « raître en jupes devant les courtisans, tandis que Louis était « accoutumé de bonne heure à faire le Roi. Aussi Philippe n’aima « ni les chevaux ni la chasse; il se plaisait à se parer, à tenir « cercle, et 1l faisait consister son bonheur dans les mascarades , « dans les cérémonies, même dans les pompes funèbres. » Le bruit des cloches avait pour lui un tel attrait qu'il ne manquait jamais de se trouver à Paris la nuit de la Toussaint ; il n’aimait pas d'autre musique.
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