HERNIE CRURALE
La description détaillée, pages 272 et suivantes., et les figures que nous avons données du canal crural (pi. 55 , 56 et 59) , suffisent pour indiquer les principaux rapports anatomiques de cette hernie;
Quand le cœcum et l'S iliaque du colon s'engagent par leur partie extra-péritonéale , ils forment une hernie sans sac. Hors ce cas exceptionnel , la hernie crurale se compose à peu près des mêmes éléments que la hernie inguinale. Elle se dirige d'abord en bas dans la gaîne des vaisseaux fémoraux, puis traverse la lame dufascia crébriformis ; alors sa direction change et remonte vers l'abdomen sous la
— xî«8 — peau et les lames du tissu cellulaire sous-cutané. Dans la grande majorité des cas, c'est au niveau de l'ouverture du fascia crebriformis que se forme le collet du sac , et c'est là aussi que siège l'étranglement, lequel a lieu par l'anneau aponévrotique du fascia crebriformis. Mais quand l'étranglement siège à l'orifice supérieur du canal ou dans le canal, c'est toujours le collet qui étrangle. (Malgaigne. )
Ce que nous avons dit du taxis , dans les cas de liernie inguinale, étant applicable aux ternies crurales, nous n'y reviendrons pas. Nous ferons seulement observer ici qu'il faut faire suivre aux parties lierniées, mais en sens inverse, les sinuosités qu'elles ont décrites.
Débridcment. — On pratiquera une incision simple ou en j^ renversé suivant le besoin , parallèle au grand diamètre de la tumeur. Les différents tissus qui recouvrent la liernie ayant peu d'épaisseur, on procéderaavec beaucoup de précaution, il est souvent impossible de soulever un pli de peau au niveau de la tumeur. Le fascia propria qui recouvre le sac est très-mince, et peut être pris pour le sac lui-même; des pelotons graisseux, doublant le sac, et vus par transparence sous le fascia propria, peuvent être pris pour l'épiploon et rendre cette er-' reur facile. ]1 importe donc que l'opérateur procède avec prudence à l'incision des feuillets qui recouvrent la hernie, pour nepointhasarder un débridement en dehors du sac, quand le collet du sac est la cause de l'étranglement. Les recherches récentes de la chirurgie moderne ont fait abandonner les procédés de débridement autrefois décrits par les auteurs. Les travaux de M. Demeaux ont démontré que le siège de l'étranglement était à l'anneau aponévrotique du fascia crebriformis; là le collet du sac n'étrangle jamais les hernies. On peut donc débrider avec sécurité en dehors et en haut ; en bas on pourrait rencontrer la veine saphène. Si après le débridement de l'anneau aponévrotique , on constate que le collet du sac produit l'étranglement, on pourra l'attirer au dehors et débrider facilement.
HERNIE OMBILICALE (OMPHALOCÈLE).
Taxis et bandages. — Ces sortes de hernies peuvent être facilement réduites par le taxis. On les maintient à l'aide de bandages de forme particulière. Chez les enfants , on applique quelques disques de liège qui sont maintenus par un bandage de corps.
La cure radicale s'obtient facilement chez les jeunes sujets par la simple compression. On a aussi proposé la ligature du sac. Pratiquée avec succès par Desault et Dupuytren , cette méthode a été blâmée par Sabatier, Scarpa et A. Cooper qui ont reproché d'occa-
sîonner des convulsions chez les enfants et do déterminer l'inflammation du sac.
Kélotomie. — La hernie ombilicale peut s'engouer ou s'étrangler, et nécessiter l'opération du déhridement. Il ne faut point oublier ici que les enveloppes sont très-minces , que le sac ne contient pas ou peu de sérosité. Ces particularités rendent l'opération délicate.
L'opérateur pratiquera donc avec de grandes précautions des incisions en -f- ou en T. La hernie ombilicale étant très-rarement étranglée par le collet du sac , quelques auteurs proposent de ne débrider que l'anneau fibreux sans toucher au sac , pour ne point exposer le péritoine à une inflammation consécutive : précepte sage qui doit être suivi dans les cas de hernie volumineuse et quand il n'est point nécessaire de voir h nu les viscères. Le débridement multiple est préférable au débridement unique , et si l'on ne fait qu'une seule incision il faut la diriger en haut et à gauche, afin d'éviter les vestiges de l'ouraque et des vaisseaux ombilicaux >
PJ. 62.