OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LA VERGE
Fig. 1. Section du frein de la verge. — Un bistouri a traverse le frein pour en opérer la section de bas en haut.
Fig. 2. Phimosis. — Une sonde cannelée b est insinuée entre le gland et le prépuce ; un bistouri a, glissé dans la cannelure de la sonde, fait une ponction à la partie supérieure du prépuce et le divise de dedans en dehors.
Fig. 3. Avec des pinces a, l'opérateur saisit les lambeaux du prépuce et en opère la section avec des ciseaux b.
Fig. 4. Circoncision. — Le prépuce est tiré au-devant du gland et saisi avec des pinces a dont les mors sont fenêtres; des fils b b , ont été passés par les fenêtres des pinces et traversent le prépuce.
Fig. 4 bis. 2° temps. — Section de la peau du prépuce au-devant des pinces avec un bistouri a.
Fig, 5. Le prépuce est abandonné à lui-même, Le retrait de la peau est plus considérable que celui de la muqueuse, a o, bb, fils destinés aux ligatures.
Fig. 5 bis. Une ligature a, réunit la muqueuse à la peau.
Fig. f). Opération du paraphimosis. Réduction.
SECTION DU FREIN DE LA VEEGE (fig. 1).
On peut pratiquer cette opération avec des ciseaux ou avec le bistouri. — Un aide maintient le gland; l'opérateur tire à lui un pli de peau qui tend le filet. Si l'on opère avec les ciseaux, un seul coup doit diviser le frein; si le bistouri est préféré, on traverse le frein de droite à gauclie et on le divise rapidement de la base au sommet.
Le pansement se fait avec de lacbarpie interposée entre les lèvres de la division pour empêcher une réunion par première intention.
PHIMOSIS (fig. de 2 à 5 bis).
Le phimosis peut être opéré par incision, excision et circoncision.
1° Incision. — L'incision consiste dans un débridement du prépuce. Ce débridement peut être pratiqué sur tous les points de la circonférence du gland. M. J. Cloquet conseille de pratiquer l'incision
sur la partie inférieure du gland, pour ne point laisser de cicatrice visible. Coster pratiquait un débridement multiple consistant en trois incisions peu profondes faites à égale distance l'une de l'autre sur le bord libre du prépuce.
Le débridement peut être pratiqué avec des ciseaux ou avec des bistouris de formes variables dont la lame introduite, engainée sous le prépuce, est dégagée subitement au moment de faire l'incision. Un bistouri étroit portant à sa pointe une petite boule de cire huilée peut également être introduit sous le prépuce ; dès que la boule est arrêtée par le cul-de-sac , l'opérateur imprime à l'instrument un mouvement de bascule en le poussant de manière à traverser le prépuce, puis retirant la lame vers soi , il divise le prépuce d'arrière en avant.
Une sonde cannelée, introduite sous le prépuce (fig. 2), peut aussi servir à guider l'instrument. Quel que soit le procédé employé , il est bon de faire tendre la peau afin d'avoir une incision rapide et franche.
2° Excision. — L'excision est souvent un second temps de l'incision. Quand la peau du prépuce est longue, après l'incision dorsale, il reste des lambeaux latéraux disgracieux qu'il faut exciser. Pour cela, on saisit chaque lambeau avec des pinces, et on excise avec des ciseaux (fig^ 3), de manière à régulariser la plaie produite par l'incision simple.
L'excision, considérée comme procédé opératoire unique, peut être pratiquée avec des ciseaux ou avec le bistouri ; on soulève alors sur un point de la circonférence du prépuce un pli qu'on excise de manière à enlever un lambeau en forme de V ou de demi-lune.
3° Circoncision, — Par cette opération on sacrifie tout le bord libre du prépuce.
Le prépuce est tiré en avant; on saisit toute la peau qui dépasse le gland entre les mors d'une pince à pansement, et on excise d'un seul coup avec un bistouri, en rasant les pinces, la partie du prépuce qui est au-devant de celles-ci. Quand on abandonne ensuite le prépuce à lui-même, on voit que la muqueuse ne suit point la peau dans son retrait (fig. 5) ; il faut alors fendre cette muqueuse par des incisions multiples et en rabattre les lambeaux ainsi formés sur la plaie.
M. Ricord a conseillé de tracer avec de l'encre ou du nitrate d'ar^ gent la ligne sur laquelle on veut inciser le prépuce saisi entre les pinces. En abandonnant ensuite le prépuce à lui-même, on peut facilement se rendre compte du retrait qu'il doit éprouver et avancer ou reculer la ligne d'incision, si cela est nécessaire.
Circoncision avec suture. — Procédé de M. Vidal. — Nous empruntons à M. Vidal la description qu'il a donnée de ses procédés : « A la suite d'tine multitude d'essais, j'ai fini par adopter la circoncision avec une suture qui réunit immédiatement la membrane muqueuse du prépuce à la peau. Quel que soit le procédé mis en usage après l'incision ou l'excision du prépuce, la peau remonte vers le pubis, et sa double muqueuse la dépasse de beaucoup ; reste donc une large plaie qui s'enflammera, suppurera et donnera très-souvent lieu à une Lémorrhagie. Au lieu d'exciser cet excédant de la membrane muqueuse, je l'utilise, je renverse donc cette membrane pour l'appliquer plus haut sur la peau, ou je la fixe par des points de suture. Cette suture peut être faite simplement comme le point séparé avec un fil ordinaire ; ou bien on passe les fils avant de faire l'excision, et cela peut être exécuté de deux manières.
« Premier procédé. — On trace sur la peau du prépuce , avec de l'encre, une ligne dans la direction de la couronne du gland, ce qui forme une losange. Cette ligne doit être à la hauteur où les sutures doivent être passées. La peau n'a été tirée ni en avant ni en arrière. Des pinces à pansement ou des pinces à pression continue saisissent, du dos de la verge vers le frein, toute la partie du prépuce qui est en avant de la ligne noire. En même temps qu'avec les pinces l'opérateur tire un peu le prépuce en avant, un aide saisit le fourreau de la verge à la base de ce corps et le tire en arrière, mais légèrement. Alors les fils sont passés transversalement, c'est-à-dire en croisant la direction des pinces sur la ligne noire et à la distance de cinq millimètres. On tire encore un peu en avant le bout du prépuce saisi par les pinces, et avec de très-forts ciseaux, comme ceux du bec de lièvre, on coupe d'un seul trait le prépuce entre les fils et les pinces. Cette circoncision une fois opérée, la cavité du prépuce est plus ou moins largement ouverte, et on voit les fils passer sur le gland et dans une direction perpendiculaire à celle du méat urinaire. On coupe ces fils au milieu même , et chacun forme alors deux anses , une de chaque côté du gland. Ainsi, on a passé quatre fils ; on peut pratiquer huit points de suture, quatre de chaque côté. Je ferai remarquer que les aiguilles doivent être plates, lancéolées et trèsfines. Les points de suture doivent être enlevés le quatrième jour. Ordinairement à cette époque la réunion est immédiate. Ce procédé a des avantages incontestables. — D'abord les résultats sont on ne peut plus satisfaisants au point de vue de l'élégance. Après l'opération il n'y a nul pansement à faire ; une compresse imbibée d'eau fraîche est seulement appliquée sur la verge : le quatrième jour, les sutures enlevées, tout est terminé. »
Les fig. 4, 4 biSf 5 et 5 bis représentent les différents temps du procédé de M. Vidal.
PARAPHIMOSIS (fig. 6).
Le paraphimosis peut être réduit ou débridé quand la réduction est impossible.
1° Réduction. — L'opérateur saisit la verge ainsi que le représente la fig. 6. Avec les pouces il refoule le gland préalablement enduit d'huile, pendant qu'avec le médius et l'indicateur de chaque main il ramène en avant le prépuce œdématié.
La compression exercée avec une bande dont les tours compriment graduellement le gland , le prépuce et la verge , peut amener la réduction en vingt-quatre ou quarante-huit heures , quand le procédé ordinaire est insufl&sant.
Enfin , par des applications topiques froides , par des incisions dans le but d'évacuer la sérosité, par un massage méthodique pour la disséminer, on pourra faciliter la réduction dans les cas rebelles.
2° Débridement. — Quand le paraphimosis est accompagné d'une inflammation vive et que le prépuce forme des bourrelets d'étranglement, il faut débrider.
L'opérateur saisit la verge de la main gauche , le pouce sur le gland et les quatre derniers doigts sous la face opposée ; de l'autre main armée d'un bistouri droit , il porte la pointe de l'instrument sous la bride qui étrangle et la divise en relevant la pointe du bistouri. L'étranglement est aussi divisé sur d'autres points si cela est nécessaire , puis on scarifie le prépuce pour opérer un dégorgement favorable à la résolution.