‹ Précis iconographique de médecine opératoire et d'anatomie chirurgicaleChapitre 106 sur 142 · CDEE RADICALE DES HERNIES · texte numérisé non relu

CDEE RADICALE DES HERNIES

Fig. 1, 2 et 3. Procédé de M. Gerdy. — Fig. 1". L’opérateur introduit dans le canal inguinal le doigt indicateur de la main gauche pour y refouler la peau du scrotum. Un porte-aiguille a, glisse sur le doigt jusqu’au fond du cul-de-sac sert h perforer de dedans en dehors le cul-de-sao et la paroi antérieure du canal inguinal et à porter au dehors une première anse de fil 6.

Fig. 2. La première anse de fil a étant dégagée, le porte-aiguille 6 est dirigé dans une autre direction et porte un peu plus bas une seconde anse de fil e.

Fig. 3. Les fils sont liés sur deux bâtonnets a et b, et 1 anse qu Us forment maintient dans l’intérieur du canal inguinal le bouchon organique formé par la peau du scrotum refoulée en doigt de gant.

Fig. 4, 5 et 6. Procédé de M. Bonnet, de Lyon. — Fig. 4. Une première épingle a, passée sous le cordon testiculaire, traverse le saq herniaire. „ , .

Fig. 5. Deux épingles a b traversent le sac. Elles sont passées l’une au-dessus, l’autre au-dessous du cordon testiculaire.

Fig 6. La peau a été enlevée afin de montrer la position des épingles b c relativement au oordon o.

PBOC&réa OPERATOIRES.

Compression. — C’est par l’application d’un bandage que le malade gardera jour et nuit, que la compression doit être opérée. Elle peut amener un resserrement progressif du collet du sac et de l’ouverture herniaire qui ne permette plus à la hernie de se reproduire. C’est surtout quand les sujets sont jeunes qu’on peut esperer quelque succès de cette pratique. .

Le traitement devra durer au moins un an. Il faut quelquefois deux et trois ans pour obtenir un résultat appréciable. Le chirurgien devra surtout fixer son attention sur le choix du bandage et la forme de la pelote. Il est essentiel que la compression ferme exactement l’orifice herniaire, mais sans l’enfoncer et sans y repousser

^ Nous ne ferons que mentionner ici pour mémoire la cautérisation

du collet du sac pratiquée autrefois par les chirurgiens arabes ; l'incision du sac condamnée par J. L. Petit et par Pott ; l 'incision du sac décrite par Celse ; la ligature du collet du sac pour amener la mortification et la chute de l’enveloppe de la hernie, etc. Ces procédés sont depuis longtemps abandonnés , nous ne décrirons ici que les méthodes nouvelles.

Procédé de M. Belmas. — L’opération proposée par M. Belmas a pour but d’oblitérer l’ouverture herniaire en déterminant l'inflammation des parois du sac par l’introduction d’un corps étranger dans sa

Le premier procédé de M. Belmas consistait à introduire dans l’intérieur du sac, à l’aide d’instruments particuliers, une petite poche de baudrnche qu’il insufflait. Cette poche, en remplissant le sac, maintenait la hernie réduite et déterminait une inflammation adhésive qui était suivie d’une oblitération complète de l’ouverture herniaire. A ce procédé qui est d’une exécution difficile, M. Belmas substitua une opération analogue mais d’une exécution plus simple. Des fils de gélatine sont substitués à la poche de baudruche; leur présence suffit pour enflammer le sac; les fils sont ensuite absorbés et les adhérences persistant , l’oblitération est complète. Sur dix opérations M. Belmas compte cinq succès, trois récidives incomplètes et deux insuccès.

Procédé de M. Gerdy ( pl. 65, fig. 1, 2 et 3). — Ce procédé n’est applicable qu’à la hernie inguinale. Il consiste à oblitérer l’ouverture avec un bouchon organique formé avec la peau qui recouvre la hernie et fixé avec des points de suture. L’opérateur refoule la peau du scrotum dans l’anneau et le canal inguinal avec le petit doigt on le doigt indicateur de la main gaucho (fig. 1) ; puis, avec la main droite il saisit un porte-aiguille particulier ( voy. instr. pl. XV, fig. 6 ) , et le glisse sur le doigt qui maintient la peau refoulée dans le canal inguinal ; l’extrémité du porte-aiguille est poussée jusqu’au fond du cul-de sac, alors un mouvement do bascule est imprimé au porte-aiguille afin de faire saillir son extrémité mousse sous la peau de l’abdomen ; l’opérateur pousse le curseur qui dégage l’aiguille, celle-ci traverse le cul-de-sac et la paroi antérieure du canal inguinal pour sortir en avant. On dégage alors l’un des chefs de l’anse de fil passée dans le chas de l’aiguille, ce chef est confié à un aide. L’aiguille est ensuite retirée pour être reportée encore une fois dans le cul-de-sac. Une seconde ponction au-dessous de la première est pratiquée ( fig. 2) et le second ohef de l’anse de fil e est dégagé de l’aiguille qu'on retire avec le porte-aiguille.

Une anse de fil maintient donc dans la partie la plus élevée du ca-

nul inguinal le bouclion organique formé arec la peau du scrotum refoulée en doigt de gant dans l’ouverture herniaire. On assujettit le tout en liant les chefs de l’anse de fil sur des bouts de sonde de gomme élastique (fig. 3).

Pour déterminer l’oblitération du sac cutané refoulé dans le canal inguinal, M. Gerdy y introduit un pinceau trempé dans de l'ammoniaque afin d’enflammer et de produire l’adhéreace des parois épidermiques du cul-de-sac.

On fait ensuite un pansement simple et le malade garde le lit pendant deux ou trois semaines. L’un des écueils de ce procédé est la lésion du péritoine. Quelques malades sont morts à la suite de l’opé-

Procédé de M. Bonnet, de Lyon (pl. 65, fig. 4, 5 et 6). —L’oblitération du sac est obtenue au moyen d’ épingles passées à travers ses parois. La hernie étant réduite, l’opérateur saisit la racine des bourses et soulève le cordon testiculaire entre ses deux doigts. Une première épingle portant un petit bouton de liège à sa tête, est passée sous le cordon. On enfonce la pointe de cette épingle dans un second bouton de liège et on la recourbe afin de maintenir les parties resserrées entre les deux boutons de liège. Une seconde épingle est passée de la même manière au-dessus du cordon. Au bout de quatre jours l'inflammation se développe. Les épingles sout retirées du sixième au douzième jour et l’oblitération du sac s’effectue en trois semaines ou

Les injections d’iode ont été tentées par M. Velpeau ainsi que les scarifications du sac.

Appréciation. — En résumé, toutes les opérations tentées jusqu’à ce jour dans le but de guérir radicalement les hernies sont loin d’être innocentes : les avantages à obtenir ne compensent point les dangers et les échecs auxquels on s’expose en les pratiquant. Or, comme dans la hernie indolente il n’y a pas imminence de péril, les chirurgiens prudents s’abstiendront de pratiquer des opérations presque toujours inutiles et trop souvent funestes. Du reste, l’expérience démontre que la compression exercée méthodiquement à l’aide d’un bandage peut amener la cure radicale des hernies. M. Malgaigne a vu une hernie inguinale guérie en un an chez un vieillard de soixante-dix-huit ans par l’oblitération complète du canal inguinal au moyen de la compression simple. Les faits de ce genre sont assez nombreux pour faire adopter exclusivement une méthode qui n’offre aucun inconvénient.

Page 1