TRÉPANATION DES OS DU CRANE
Fig. 1. Coupe verticale antéro-postérieure du crâne. — On a laissé l’hémisphère cérébral correspondant revêtu de ses membranes, afin de montrer la disposition de l’artère méningée moyenne et des sinus de la dure-mère.
a a a, branches de l’artère méningée moyenne. — Cette artère pénètre dans l’intérieur du crâne par le trou sphéno-épineux. La branche antérieure, qui est la plus volumineuse, sillonne l’angle antérieur et inférieur du pariétal, logée à demi-diamètre dans une gouttière creusée dans l’os. Souvent elle est entièrement logée dans l’os et ne rampe sur la dure-mère, qu’après avoir parcouru un.canal osseux de plusieurs centimètres. La branche postérieure , moins volumineuse que l’antérieure, sillonne la partieécailleuse du rocher. C’est surtout au niveau de l’angle antérieur et inférieur du pariétal, que la lésion de l’artère méningée moyenne est à redouter.
b b b, trajet ponctué du sinus longitudinal supérieur. — Ce sinus est logé entre les deux hémisphères cérébraux, et formé par un dédoublement de la faux du cerveau dont il suit le trajet ; il n’est reçu dans une gouttière osseuse , que vers son cinquième postérieur. Commençant à la crête ethmoïdale il se termine il la protubérance occipitale interne c, au niveau de laquelle se trouve le confluent médian (pressoir d’Hérophile). !
d, sinus latéral droit Les sinus latéraux sont logés à demi-dia¬
mètre, dans un sillon qui sépare les fosses occipitales supérieures des inférieures. Ils commencent à la protubérance interne c, et se dirigent horizontalement vers la base du rocher. Ils ne sont superficiellement situés que dans un espace de cinq à sept centimètres, au delà duquel ils rentrent en dedans et s’infléchissent en. bas, pour se jeter dans le trou déchiré postérieur.
Fig. 2. Application du trépan, —aaaa, quatre lambeaux résultant de l’incision cruciale des téguments; b , trépan fonctionnant.
Fig. 3. Résection à l’aide des cisailles , a, de3 angles osseux laissés entre les couronnes enlevées.
Fig. 4. L'opérateur, armé du couteau lenticulaire, a, égalise les bord3 de la plaie osseuse.
PROCÉDÉ OPÉRATOIRE
Le malade sera couché, et sa tête, reposant sur une planche garnie d’un coussin , sera maintenue par de3 aides. Le chirurgien
pratiquera aux téguments une incision en V, en T ou en croix. Les lambeaux seront disséqués et maintenus relevés. Avec la rugine on enlève le périoste pour appliquer le trépan à vilebrequin ou trépan français, ou bien encore la tréphine anglaise. Si l’on fait usage du trépan, il doit être armé de sa couronne et de son perforatif; puis , le tenant de la main droite comme une plume à écrire , on porte la pointe du perforatif sur l’os dénudé, on embrasse à l’aide du pouce et de l’indicateur de la main gauche la plaque en ébène qui surmonte le trépan en même temps qu’on appuie fortement sur cette plaque avec le menton , tandis que la main droite fait tourner l’arbre du trépan de droite à gauche. Le perforatif entre d'abord, et bientôt les dents de la couronne viennent toucher l’os et y tracent leur rainure circulaire. Lorsque celle-ci est bien tracée et assez profonde pour maintenir la couronne, on enlève le perforatif et on le remplace par le tire-fond. On continue l’opération en accélérant un peu les mouvements de rotation et en pressant modérément. De temps en temps on retire le trépan pour nettoyer les dents avec la brosse et pour sonder avec un stylet si on perce l’os uniformément, et s’il ne serait pas déjà percé dans certains points et non dans les autres. Si cela était, on essayerait d’ébranler le disque osseux avec le tire-fond. Lorsque l’opération est finie, si la section n’est pas bien nette, on enlève les points saillants avec le couteau lenticulaire.
Avec la tréphine, le manuel opératoire est peut-être plus simple. On appliquera d’abord la tréphine armée de son perforatif , puis en lui communiquant des mouvements alternatifs de gauche à droite et de droite à gauche ; avec une pression convenable , on tracera une voie suffisante à la couronne. Le perforatif sera ensuite enlevé et l’opération continuée jusqu’à perforation complète de l’os, en suivant les mêmes règles qui sont indiquées pour la manœuvre du trépan français.
Quand ou applique plusieurs couronnes de trépan , on peut les apposer à quelque distance les unes des autres, et, dans ce cas, on emporte avec la scie à crête de coq le pont osseux qui les sépare. Ou bien si l’on rapproche les couronnes de trépan de telle sorte qu’elles empiètent l’une sur l’autre, on enlève avec des tenailles incisives lçs angles osseux qui restent entre elles.
Si , par l’opération du trépan , on a pour but de relever des pièces d’os enfoncées, on glisse un élévatoire entre le crâne et la dure-mère sans diviser cette membrane. Si on veut donner issue à du liquide placé sous la dure-mère, on l’incise longitudinalement ou crucialement avec la pointe d’un bistouri.
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OPÉRATIONS
QUI SE PRATIQUENT SUR l’ APPAREIL DE LA VISION.