EXTRACTION DES CORPS ETRANGERS
Les oorps étrangers qui peuvent s’arrêter dans l’œsophage sont de deux ordres : les uns par leur nature digestive peuvent s’amollir et descendre peu à peu jusque dans l’estomac. En pratiquant le cathétérisme, il est possible de déterminer leur propulsion ; les autres, solides, irréguliers, anguleux, pointus, eto., etc., peuvent séjourner pendant un temps plus ou moins long dans l’œsopluigo et déterminer les accidents les plus gravés. Dans tous les cas, le cathétérisme fournira des indications nécessaires sur la nature, la forme et le siège du corps étranger, et les moyens les plus simples suffisent souvent pour déterminer la propulsion. C'ést ainsi que la déglutition des liquides huileux etmucilaginenx facilitent le passage des corps solidesetarroudis. Des corps mous et volumineux tels que lamie de pain, une prune
dépouillée de son noyau , etc. , dilatent le canal par leur passage et peuvent entraîner avec eux des. petits corps irréguliers et pointus comme des fragments d’os ou des arêtes. Mais souvent il faut recourir au cathétérisme pour en déterminer alors la propulsion dans l’estomac. On le pratiquera soit avec une sonde, soit avec une tige de baleine flexible dont l’extrémité sera munie d’une petite éponge. A. Paré et les chirurgiens modernes ont souvent employé avec succès une tige de poireau.
Extraction par la bouche. — L’extraction peut être pratiquée : 1" Quand le corps étranger est arrêté dans le pharynx ou à l’entrée de l’oesophage; on peut alors le saisir soit avec les doigts, soit avec de longues pinces courbes ; 2“ quand le corps étranger, engagé plus profondément, ne peut être, par sa forme ou sa nature, propulsé sans danger.
Les instruments inventés afin d’opérer l’extraction, sont trop nombreux pour que nous les décrivions ici ; aussi nous borneronsnous à indiquer leur mode d’action et ceux qui sont le pius employés. Tous sont destinés à agir dé bas en haut et à ramener les corps dans la bouche ; ils représentent des crochets qu’on introduit facilement fermés entre le corp3 étranger et l’oesophage. Arrivés au-dessous du corps, ils s’onvrênt de manière qu'en les retirant, on retire le corps étranger. Dans cette catégorie , peuvent être rangés les tiges de haleine terminées par une éponge qu’on introduit sèche et serrée, puis qu’on retire quand l’éponge s’est dilatée au-dessous du corps ; les brins de filasse de'Delaliaye; les chapelets d’Ollenroth ; le parapluie de M. Baudens , etc. , etc. La sonde préhensive de Dupuytren ( Instr. , pl. XIV, fig. 9 ) est usitée en France; elle porte à l’une de ses extrémités un crochet à bascule, qui peut être facilement introduit. En retirant la sonde, les ailes du crochet ramènent le corps étranger. Il est impossible de déterminer la valeur relative de ces différents moyens ; le chirurgien, pour le choix du procédé à suivre s’inspirera donc des circonstances qui motivent l’opération, et devra modifier les moyens les plus connus, ou bien improviser des procédés nouveaux plus applicables.
Quand les moyens que nous venons de décrire ont échoué, et que, par sa présence prolongée, le corps étranger a déterminé l’inflamma-, tion de l’œsophnge, il faut recourir a l’œsophngotomie.
Procédé de MM. Ballard et Rigal de Gaillac. — Les figures représentent un plan passant par la base de la tumeur afin de montrer le chemin que doivent parcourir les aiguilles.
Fig. 1. Fil long et fort armé de trois aiguilles : o, aiguille droite et tranchante; b, aiguille droite et piquante; c, aiguille courbe.
Fig. 2. o, base de la tumeur ; b, peau. Un pli vertical de la peau a été soulevé au niveau du tiers supérieur de la tumeur; ce pli traversé par l’aiguille tranchante et par le fil, puis abandonne à luimême, nous montre le tiers supérieur de la tumeur contourné par le fil c d e, dont les extrémités sortent de la peau par les piqûres c, e. L’aiguille ronde et piquante reste momentanément en dehors de la tumeur.
Fig. 3. L’aiguille ronde et piquante traverse la tumeur à sa base en entrant par la piqûre e pour sortir par la piqûre b ; elle entraîne l’anse de fil g.
Fig. 4. L’anse de fil g étant coupée, l’aiguille f est dégagée.
Fig. 5. Le tiers supérieur de la tumeur se trouve donc entouré il sa base par une anse de fil c d e, dont les chefs sortent par une même piqûre c; de plus, un second fil f g se trouve libre et placé au-dessus du tiers moyen.
Fig. 6. En répétant, avec un second fil, fig. 1, la même manœuvre pour le tiers inférieur de la tumeur, le tiers moyen se trouvera compris entre deux fils parallèles f g et f1 g'. Chacun de ces fils étant enfilé à l’aiguille courbe c, (fig. 1), il est facile de faire pénétrer en j, sous la peau , l’extrémité de l’un de ces fils pour la faire ressortir en j'. On fera rentrer de la même manière l’extrémité g, pour la faire sortir en g' ; les deux fils fortement liés en ce point formeront par leur réunion une anse qui étreindra le tiers moyen de la tumeur , ainsi que le représente la fig. 7.
Fig. 8. Les chefs des ligatures sont passés dans un serre-nœud à chapelet et serrés sur un bâtonnet.