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OPERATIONS APPLICABLES AU CANCER DU COL DE L’UTERUS

On a proposé contre le cancer du col de l’utérus plusieurs genres d’opération : la cautérisation, la ligature et l’excision ou amputation. La ligature, suivie le plus souvent d’accidents très-graves, est complètement abandonnée. L’excision préconisée par Récamier et

Lisfranc, est, comme toutes les autres opérations du cancer, suivie de nombreuses récidives qui , jointes à la série d’accidents primitifs qui l’accompagnent, Vont fait aujourd’hui presque abandonner. La cautérisation seule mérite à juste titre d’être conservée.

La cautérisation du col utérin, qui, du reste, est pratiquée pour beaucoup d’autres lésions que pour le cancer du col utérin, est une opération fort simple. Appliquer le spéculum, absterger le col, placer entre la lèvre postérieure et la paroi du spéculum une boulette de charpie sèche, destinée à absorber les quelques portions de caustiques qui, n’ayant point agi sur le col, pourraient venir intéresser le vagin ; puis, à l’aide d’une pince ou d’un porte-caustique, si l’agent dont on se sert est solide, ou avec un pinceau, s’il est liquide, le porter sur le col, et l’y laisser plus ou moins longtemps, suivant la profondeur ou l’étendue que l’on désire donner à son action; enfin, faire quelques lotions froides : voilà le procédé opératoire. Veut-on, au contraire, se servir du cautère actuel , et c’est un procédé que l’on ne doit pas craindre de recommander, on fait rougir à blanc plusieurs cautères lenticulaires, afin de pouvoir agir aussi profondément qu’on le désirera; puis, on procède à l’application du spéculum d’ivoire, si, comme M. Jobert , on craint que pendant l’opération le spéculum métallique ne vienne à s’échauffer et à causer de la douleur, ou même du spéculum en étain, à l’exemple de M. Malgaigne, suivant lequel on ne devrait pas partager les craintes de M. Jobert (pl. 84, fig. 3).

La cautérisation, et surtout la cautérisation avec le fer rouge, est une excellente opération ; en général peu douloureuse, elle permet de détruire, sinon par une seule, du moins par plusieurs applications des ulcérations profondes, et qu’au premier abord on serait tenté de considérer comme de nature à ne pouvoir céder qu’à l’instrument tranchant.

Amputation du col de la matrice. — • On se comportera de deux façons suivant que la matrice pourra ou non être abaissée.

1° Deux doigts introduits dans le vagin, servent à implanter, et maintiennent ensuite les mors d’une pince de Museux à l’aide de laquelle on fait descendre la matrice jusqu’au niveau de la vulve; puis avec un bistouri boutonné, courbé sur le plat, à tranchant concave, garni de linge jusqu’à quatre centimètres de la pointe, on opère la section en ayant soin de la faire porter toujours au-dessus du point malade , et de trancher dans la portion saine des tissus.

2° Si les tractions ne produisent point l’effet qu'on en attend , si la matrice résiste, on se sert avec avantage des ciseaux courbes sur le plat, ou de la curette de Dupuytren que l’on introduit jusqu’au col

utérin en la guidant sur l«s deux doigts comme les pinces de Museux.

L’opération terminée , et , en général , cela a lieu sans que la malade ait ressenti de bien vives douleurs , si ce n’est pendant le temps que durent les efforts de traction, qui doivent être conduits avec une lenteur et une modération extrêmes , le sang coule en assez grande quantité, il ne faut pas s’en préoccuper beaucoup, et n’avoir recours au tamponnement que si l’hémorrhagie est très-abondante et affaiblit sensiblement la malale.

Extirpation de la matrice. — L’extirpation de la matrice est , plus encore que l’amputation du col, une de ces opérations mauvaises , et une de ces conquêtes qui méritent d’être abandonnées.

Lorsque la matrice descendue pend hors de la vulve , rien de plus simple que de la lier ; mais on peut répéter ici , à propos de la ligature , ce qui en a déjà été dit plus haut, lorsqu’il s’agissait de l’appliquer au col de l’utérus, à moins qu’elle ne soit immédiatement suivie de l’excision.

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