‹ Précis iconographique de médecine opératoire et d'anatomie chirurgicale [electronic resource]Chapitre 155 sur 172 · MALADIES DE L’ OVAIRE · texte numérisé non relu

MALADIES DE L’ OVAIRE

Kystes de l’ovaire . — La médecine opératoire ne s’occupe pas des diverses espèces de kystes que peut présenter l’ovaire; kystes pileux, graisseux, etc. Il n’en est qu’une, en effet, qui ait réclamé son secours, c’est celle que l’on désigne sous le nom de kystes hydropiques ou d’hydropisie enkystée de l’ovaire.

Ces kystes acquièrent en général un volume considérable, refoulent les viscères, et finissent par remplir la cavité abdominale, dont ils distendent les parois. Ils sont tantôt formés par une poche fibreuse unique, remplie d’une sérosité citrine parfaitement limpide ; tantôt ils sont subdivisés en un grand nombre de kystes qui n’ont de commun que l’enveloppe extérieure, et ne communiquent pas les uns avec les autres. Cette variété dans la disposition du kyste offre un intérêt réel au chirurgien : malheureusement, pendant la vie, rien ne peut faire connaître si le kyste est uni ou multiloculaire. Parfois, le kyste contracte avec les organes voisins des adhérences très-intimes ; ailleurs il se trouve seulement retenu par un pédicule, formé par la trompe , le ligament large , et dans lequel se trouvent des vaisseaux artériels, et notamment l’artère ovarique , dont le développement a suivi celui de la tumeur.

FROCEDES OPÉRATOIRES.

Contre cette lésion, la médecine opératoire propose le plus souvent une opération simple et bénigne, mais incomplète dans ses résultats, car elle n’apporte qu’un soulagement momentané, et n’empêche pas en général la maladie de se reproduire. Cette opération, c’est la ponction du kyste (pl. 84, fig. 4). Cette ponction , comme celle que réclame l’hydropisie ascite, se fait avec un trocart, à travers la paroi abdominale, en ayant soin de porter l’instrument sur le point le plus saillant de la tumeur, en général sur la ligne blanche. La ponction a été faite aussi par le vagin ; mais les résultats de pareilles tentatives sont peu de nature à engager à les renouveler. Purement palliative, la ponction n’est guère utile que dans les cas de kystes uniloculaires ; elle peut être répétée un nombre de fois tout à fait indéterminé. Elle pourrait même quelquefois, au dire de Ledran, amener une cure radicale; résultat dont on doit bien regretter la rareté, quand on compare l’innocuité de ce procédé avec les dangers que présentent les autres méthodes curatives dont il nous reste à parler.

Ce n’est pas leur petit nombre que l’on pourrait reprocher à ces méthodes : il en existe en effet beaucoup , mais toutes tellement insuffisantes ou dangereuses que la cure palliative est et sera peut-être encore longtemps le seul traitement auquel pourra songer, de prime abord , un chirurgien réellement prudent. Aussi serons-nous brefs sur ces diverses méthodes.

Nous mentionnerons donc seulement pour mémoire : la compression de M. Ericheteau, à l’aide d’une ceinture fortement serrée avec des lacets ; la ponction avec une aiguille à cataracte, proposée par M. Maisonneuve, dans le but d’amener l’épanchement du liquide dans la cavité péritonéale ; moyen qui fut heureusement insuffisant, et qui pourrait bien amener une péritonite mortelle: la ponction en laissant la canule à demeure pour permettre l’écoulement continu du liquide, procédé qui aurait réussi dans la Caroline du Sud; mais, qui, entre les mains de M. Robert, moins heureux que le chirurgien américain (Douglas), aurait causé une fièvre hectique, et mis en danger les jours de la malade. L’incision, mise en pratique par Ledran et par Galenzowski, compte quelques guérisons. Rien de plus simple que cette opération qui consiste en une large incision longitudinale des téguments et des parois du kyste, soit sur la ligne blanche, soit en dehors des muscles droits. On donne par elle issue au liquide, puis on place dans la plaie une bande de toile, une tente, une canule, comme Ledran; ou bien à l’aide d’un fil qui traverse la paroi du kyste , on attire celle-ci près de la plaie extérieure, et on laisse à la

suppuration le soin de faire le reste ; ou enfin on excise de suite une plus ou moins grande portion de cette paroi.

De là à l’extirpation complète de la tumeur, il n’y a qu’un pas ; aussi a-t-elle été tentée. Théden a indiqué un procédé, et l’occasion semble seule lui avoir manqué pour la mettre en pratique. Peut-être alors eût-il reconnu qu’il est fort rare de rencontrer uu kyste placé tout à fait en dehors du péritoine,-. et parfaitement libre d’adhérences, comme le suppose sa description.

Plus heureux que Théden, les chirurgiens anglais et américains ne sont pas, comme c’est au reste leur habitude, restés les derniers à tenter une opération au moins téméraire, et ils ont été parfois assez heureux pour voir leur audace couronnée de succès.

Macdowell faisait une incision de l’ombilic au pubis ; ses successeurs ont presque érigé en principe, qu’une incision grande est moins dangereuse qu'une petite, et ils l’ont faite de l’appendice xyphoïde au pubis. L’incision pénètre jusqu’au péritoine ; cette membrane est saisie avec des pinces , et soulevée de façon à y faire une petite boutonnière dans laquelle on introduit le doigt qui refoule et protège les organes voisins et sert de conducteur au bistouri boutonné pour agrandir l’excision de la séreuse. Le chirurgien introduit un ou deux doigts, ou même la main entière, à travers la plaie, pour reconnaître la nature et le nombre des adhérences (et, il est pénible de le dire), il peut arriver qu’après avoir produit un délabrement aussi grand, on soit obligé de renoncer à terminer l’opération, lorsque les adhérences sont tellement fortes qu’on ne peut songer à les détruire. Dans ce cas, on vide le kyste et on se borne à une simple excision. Lorsque les adhérences sont peu nombreuses, on porte sur chacune d’elles une ligature, et on les coupe. Le kyste isolé, on l’in* cise pour donner issue au liquide; puis on embrasse le pédicule dant une forte ligature et on achève d’emporter la tumeur.

Enfin , parmi les méthodes curatives il en est une sur le sort d? laquelle l’avenir prononcera sans doute d’une façon décisive, c’est la ponction suivie d’une injection iodée. Jusqu’à ce jour, il n’est pas permis de l’approuver ou de la condamner, car si M. Robert a eu ainsi que quelques autres chirurgiens le bonheur d’obtenir quelques succès complets, il ne faut pas oublier que ce même procédé a plusieurs fois échoué entre les mains de M. Velpeau, et qu’entre celles de M. Malgaigne, il a une fois déterminé des accidents tellement graves que la vie de la malade se trouva singulièrement compromise.

OPÉRATIONS TOCOLOGIQUES . ACCOUCHEMENT PREMATURE

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