‹ Précis iconographique de médecine opératoire et d'anatomie chirurgicale [electronic resource]Chapitre 160 sur 172 · FLÉCHISSEURS · texte numérisé non relu

FLÉCHISSEURS

La rétraction permanente des doigts peut être congéniale ou accidentelle ; elle provient alors de brûlures, de plaies, ou d’une maladie particulière de l’aponévrose palmaire. Dans tous les cas, ces lésions peuvent être simples et bornées aux parties superficielles, ou bien accompagnées de déviations de la main en totalité, ce qui constitue la main-bot , et compliquées de rétractions ou de cicatrices vicieuses des tendons des muscles de l’avant-bras.

On oppose plusieurs procédés aux brides cutanées et à la rétraction de l’aponévrose palmaire.

Astley Cooper a le premier appliqué ici la méthode sous -cutanée. La bride était tendue par le redressement forcé du doigt ; il glissait sous la peau un bistouri à lame étroite et divisait cette bride sans intéresser la peau. Si le redressement était incomplet, on incisait un peu plus loin et de la même manière. Les doigts étaient maintenus dans la rectitude par un appareil convenable.

Dupuytren opérait à ciel ouvert. La main tenue en supination, les doigts étendus autant que possible, il incisait au niveau de l’articulation métacarpo-phalangienne , plus haut ou plus bas, suivant lebesoin, en un mot, sur la partie la plus proéminente de la saillie qui maintenait le doigt fléchi. Les téguments divisés transversalement dans l’étendue de deux centimètres et demi , la bride fibreuse était mise à nu et divisée dans toute son épaisseur ; on faisait une se-

conrle section plut haut ou plus bas ; si le redressement était incomplet, la main était fixée convenablement sur une palette digitée placée sur la face dorsale; les plaies étaient pansées à plat avec delà charpie. La cicatrice se faisait de toute pièce dans les points incisés; mais la déviation se reproduisait souvent au bout d’un temps plus ou moins long.

M. Goyrand incise la peau longitudinalement sur la partie la plus saillante de la bride; il dissèque isolément les deux bords de son incision, et la bride se trouve ainsi mise à nu dans toute sa longueur ; on la divise en plusieurs points, ou on l’extirpe , et on réunifies lèvres de l’incision.

Lorsque la rétraction des doigts est due aux tendons fléchisseurs, on a proposé de couper ceux-ci au niveau de la première phalange ou à la paume de la main, ou au poignet même. Des discussions très-vives se sont élevées sur ce point de pratique qui n’est pas encore résolu. La plupart des chirurgiens rejettent cette opération parce que les tendons ainsi divisés au niveau de leurs bourses synoviales, ne se réunissent pas; d’où résultent le redressement des doigts, mais aussi l’abolition presque complète des mouvements de flexion. La ténotomie des doigts convient donc seulement dans des cas très-exceptionnels.

La rétraction des fléchisseurs est la cause la plus commune de la main-bot, qui peut cependant être causée par les muscles de l’avantbras, qui s’insèrent au carpe. La section sous-cutanée de leurs tendons serait indiquée ; elle ne présenterait du reste aucune difficulté.

PIEDS-BOTS. SECTION DU TENDON d’aCHILLE.

Fig. 1. Ténotomes divers. — a, ténotome tranchant sur la concavité; b, ténotome tranchant sur la convexité; c, ténotome en fer de lance à deux tranchants, pour ponctionner la peau.

Fig. 2. Section du tendon d'Achille. — Anatomie chirurgicale. — a, a', les deux bouts du tendon écartés après la section ; 6, la gaine du tendon formée en avant par l’aponévrose inter. musculaire qui sépare les muscles de la couche superficielle de ceux de la couche profonde ; c , l’aponévrose jambière formant la partie postérieure de cette gaine ; d, section de la peau pour laisser voir les parties profondes.

Fig. 3. Pied-bot équin type. — Le pied est sur la même ligne que la jambe , et ne repose sur le sol que par les orteils. Le talon est maintenu élevé par la rétraction du tendon d’Achille. — a, lieu d’élection ou se pratique la ponction de la peau pour la section de ce tendon.

Fig. 4. Opération de la section du tendon d'Achille; position de l’aide et du chirurgien. Le ténotome 6, introduit par la plaie a, et divisant le tendon d’arrière en avant.

Fig. 5. Pied-bot talus. — Le pied est dans la flexion forcée sur la jambe, le talon seul repose sur le sol, que les orteils ne touchent plus. — a, a', point du tégument où le ténotome doit être introduit pour sectionner les tendons extenseurs des orteils.

Fig. 6. Pied-bot valgus. — Le pied repose sur son bord interne; le bord externe regarde en haut, la face plantaire directement en dehors.

Fig. 7. Pied-bot varus. — La plante est tournée en dedans, et fortement concave d’avant en arrière , le pied repose sur son bord externe, le bord interne est dirigé en haut.

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