‹ Précis iconographique de médecine opératoire et d'anatomie chirurgicale [electronic resource]Chapitre 22 sur 172 · RÉUNIONS · texte numérisé non relu

RÉUNIONS

Les méthodes de réunion des plaies varient suivant la nature de la solution de continuité et suivant le but que le chirurgien se propose. Lorsque la plaie doit suppurer, on s’opposera simplement, en attendant la cicatrisation, à l’écartement et au décollement de ses bords, ainsi qu’à la stagnation du pus , au moyen de différents appareils de pansement. Mais quand on veut obtenir une réunion immédiate sans suppuration et, comme on le dit, par première intention, il convient d’affronter très-exactement les lèvres de la plaie, jusqu’à ce que l’inflammation adhésive qui se développera entre elles ait déterminé et assuré leur union définitive. Si les solutions de continuité sont assez régulières et ont leur siège sur les membres , par exemple , ou sur certaines parties du tronc, il est quelquefois possible d’obtenir le rapprochement exact des tissus divisés, à l’aide de bandages unissants appropriés , d’une position convenable du membre ou d’emplâtres agglutinatifs (fig. 1); mais dans une foule d’autres circonstances, on est obligé de recourir à une opération réelle qui est la suture.

Fig. 2, 3, 4, 5, 6. sutures.

La suture est une opération qui a pour but de maintenir réunies les deux lèvres d’une solution de continuité qui sont trop courtes ou trop molles , etc. , pour qu’on puisse y appliquer un bandage.

Les instruments nécessaires pour pratiquer les sutures sont des aiguilles et des fils. L’aiguille aplatie de Boyer, courbée en arc de cercle régulier aa' , et celle de M. Velpeau à chas latéral, courbée et aplatie seulement dans sa moitié antérieure bb' , sont les plus usitées, à moins d’indications spéciales, que nous aurons soin de . mentionner en leur lieu. On ne se sert également du porte-aiguille (fig. 7), que lorsque la nature des tissus exige qu’on emploie une grande force pour y faire pénétrer l’aiguille.

Relativement à leur procédé opératoire et à la manière dont elles agissent, les sutures peuvent être distinguées en trois espèces. 1° La suture simple ou du Pelletier (fig. 2 et 3), qui affronte les lèvres de la plaie bord à bord ; 2° la suture à points passés (fig. 5), qui rapproche les lèvres de la plaie par leurs parties profondes et , en quelque sorte ,

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sonde en gomme élastique, etc. Le mode opératoire consiste à passer dans les lèvres de la plaie autant de fils doubles qu’on veut avoir de points de suture ; puis on glisse parallèlement à la plaie dans l’anse produite par le dédoublement de chaque fil une tige de bois ou de plume, tandis qu’on noue, en serrant modérément, les extrémités, libres de chacun des fils sur une pareille tige, placée du côté opposé.

3° La suture entortillée (fig. 6) participe, quant à ses effets, des deux précédentes , seulement on la pratique autrement ; au lieu de passer un fil dans les lèvres de la plaie , on y passe une tige métallique , soit une épingle ordinaire , a, ou une épingle d’entomologiste, comme M. Dieffenbach le préfère , etc. Par ce premier temps , les parties profondes de la plaie se trouvent rapprochées ; mais , pour maintenir ce rapprochement dans les parties superficielles , on les réunifiau moyen d’un fil croisé en 8 de chiffre autour des extrémités de chaque épingle, c; puis les fils croisés en X , et conduits autour de l’épingle suivante, l’entourent de la même manière , et ainsi de suite. On termine l’opération en excisant les pointes des épingles, et pour qu’elles ne puissent point blesser la peau, on interpose habituellement au-dessous d’elles une bandelette de sparadrap, f, f.

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