DU SÉTON
Le séton est une opération qui consiste à établir un exutoire qu’on entretient par la présence d’une mèche de coton ou d’une bandelette de linge. Nous ne parlerons que du séton à la nuque ; on peut cependant l’appliquer dans plusieurs autres régions du corps , mais le procédé opératoire est toujours à peu près le même.
Fig. 1. séton a la nuque.
Ayant opéré sur la peau de la région postérieure du cou un pli vertical , dont un aide retient la partie supérieure , on traverse ce pli de peau à sa base avec un bistouri droit, tenu en première position , qu’on relève en égalisant l’ouverture des deux côtés et en l’agrandissant en haut et en bas. Alors au moyen d’un stylet aiguillé, ab, on passe la mèche, c, préalablement graissée de cérat, après quoi on lâche le pli qu’on avait fait à la peau.
Le pansement se compose d’un linge fenestré, enduit de cérat sur les plaies , de la charpie par-dessus et une compresse dans le dédoublement de laquelle on reploie l’excédant de la mèche. Une bande ordinaire , passée circulairement autour du cou , maintient cet appareil qui sera enlevé le quatrième ou le cinquième jour, c’est-à-dire lorsque la suppuration sera bien établie. A chaque pansement, on fait passer dans la plaie une nouvelle partie de la mèche, qu’on a eu soin d’enduire de cérat, et on resèque l’ancienne : pour la remplacer, on coud une nouvelle mèche à l’extrémité de celle qui finit.
L’aiguille de Boyer (fig. 1') dispense du bistouri et du stylet aiguillé, en ce qu’elle fait l’ouverture et passe la mèche en même temps. Cet instrument est néanmoins peu employé.
Fig. 2. vaccination.
C’est ordinairement la partie supérieure et externe du bras qu’on choisit pour inoculer le vaccin. Quatre procédés peuvent arriver à ce but : 1° la friction , 2° le vésicatoire , 3° la scarification , 4° la piqûre. Nous parlerons seulement de ce dernier procédé qui est le plus généralement mis en usage.
Pour opérer la vaccination par piqûre , on fait usage d’une lancette P'
ordinaire , ou bien encore de la lancette et de l’aiguille à vaccine a, b . ^
On commence par charger son instrument de vaccin, soit en trempant la pointe dans le liquide d’un bouton de vaccine ouvert, si l’on fait la n
vaccination de bras à bras , soit en l’ humectant avec du virus de vaccin ^
conservé. La lancette, tenue de la main droite comme une plume à D
écrire , est alors présentée presque horizontalement à la surface de la !
peau, et on fait pénétrer sa pointe à deux millimètres environ au-des- | î sous de la membrane épidermique ; après cinq ou six secondes on retire l’instrument en soulevant un peu l’épiderme , pour mieux faire pénétrer le vaccin dans la piqûre. Il sort habituellement une petite gouttelette de sang qu’on étale sur la petite plaie , en essuyant la lancette de façon à empêcher l’entraînement du virus.
On pratique ainsi à chaque bras trois à quatre piqûres qu’on laisse sécher à l’air avant de vêtir l’enfant, et l’opération est terminée.
Fig. 3. mouchetures et scarifications.
Les mouchetures , a, a, a, sont des piqûres petites et nombreuses, faites très-rapidement avec une aiguille en fer de lance ou avec une lancette aiguë , dans le but de dégorger une partie enflammée ou œdématiée.
Les scarifications b , b, b, sont des incisions superficielles et rapprochées qui provoquent un écoulement de sang plus ou moins abondant : c’est un moyen très-anciennement connu d’opérer la saignée capillaire. Les instruments employés à cet usage peuvent être un rasoir, une lancette ou même encore un bistouri convexe, tenu en troisième position. Pour abréger la douleur aux personnes pusillanimes, on a quelquefois recours au scarificateur allemand (fig. 3') qui , à l’aide d’un ressort , met en mouvement d’un seul coup seize à vingt-quatre lancettes, et opère conséquemment ce nombre d’incisions dans le même temps qui serait nécessaire pour en faire une seule avec le bistouri.
Fig. 4. acupuncture.
L’acupuncture est une opération qui consiste à enfoncer des aiguilles a,b,c, dans les tissus. Quand on met les aiguilles en communication avec les pôles d’une pile pour faire passer un courant électrique dans un membre ou dans une partie malade , on lui donne le nom d 'électropuncture. Tout récemment on s’est servi de l’électro-puncture, et dans
plusieurs circonstances avec succès pour opérer la coagulation du sang dans les artères et obtenir ainsi la guérison de tumeurs anévrysmales Il y a trois procédés pour faire pénétrer l’aiguille, soit brusque ment et d’un seul coup, soit, au contraire, d’une manière lente et graduelle. Dans ce dernier cas, on fait pénétrer l’aiguille doucement, en même temps qu’on fait rouler le manche entre le pouce et l’index , ou qu’on frappe à petit coup sur la tête. Ces procédés peuvent être emplovés indifféremment et sont également peu douloureux.
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