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Fig. 2. procédé opératoire.
Le malade étant assis ou couché, l’opérateur, muni d’une petite bande en fil ou mieux en drap , place d’abord son plein sur la partie antérieure du bras , à trois ou quatre travers de doigt au-dessus du pli du coude , et en ramène les deux chefs sur le côté externe du bras , où il les fixe par une simple rosette. Pendant que les veines se gonflent sous l’influence de cette constriction , assez modérée toutefois pour ne pas empêcher de sentir le pouls au poignet, le chirurgien prépare une petite compresse ployée en quatre pour le pansement , et arme sa lancette pour l’opération , c’est-à-dire qu’il l’ouvre de façon que la lame fasse un angle un peu obtus avec sa châsse ; après quoi il la place dans un endroit à sa portée , ou bien encore saisit le bout de la châsse entre les dents , de manière que la main qui opérera puisse facilement saisir l’instrument par le talon.
Alors le chirurgien reprend le bras du malade , le place dans l’extension , et fixe la main sous son aisselle gauche , si c’est sur le bras droit qu’il opère, et vice versa , si c’est sur le bras gauche; puis, au moyen de douces frictions , il fait remonter le plus de sang possible dans la veine, qu’il maintient avec le pouce de sa main gauche, en même temps que les quatre derniers doigts saisissent le membre et se placent en arrière pour tendre la peau. Cela fait, l’opérateur prend le talon de sa lancette entre le pouce et l’index , et se sert des autres doigts pour s’en faire un point d’appui sur le bras, au moment où il va piquer la veine. L’ouverture de la veine doit se faire en général par simple ponction ; et obliquement à la direction des veines, a, a' . a". Aussitôt après la piqûre, le sang jaillit avec plus ou moins de force, et on facilite son écoulement en faisant presser dans la main du malade un lancetier, une bande roulée , un étui , etc. Lorsqu’on a obtenu la quantité de sang désirée , on arrête la saignée en appliquant le pouce de la main gauche sur l’ouverture de la veine , pendant qu’on enlève la ligature du bras. Après avoir nettoyé les parties souillées de sang, on applique sur la plaie, à la place du pouce, une petite compresse ployée en quatre , qu’on maintient au moyen d’une bande disposée en 8 de chiffre, et dont on assujettit le bout avec une épingle.
La saignée du bras offre quelques particularités relatives au choix de la veine et de la lancette. On peut saigner toutes les veines du pli du bras, quand elles sont bien apparentes sous la peau. Cependant c’est ordinairement aux médianes basilique A ou céphalique B qu’on s’adresse. Ce que nous avons dit précédemment peut être appliqué à la saignée de la médiane céphalique; mais quand la médiane basilique
est la seule apparente et qu’on est forcé de la piquer, il convient de bien s’assurer de la position de l’artère avant d’agir. Il vaut mieux , en général, faire la piqûre à la partie inférieure de la veine, parce que là elle est séparée de l’artère par l’expansion aponévrotique du biceps. Si au moment de pratiquer la ponction on recommande au malade de contracter son bras, comme s’il voulait attirer l’opérateur à lui , on obtient , par suite de la contraction du biceps , une tension plus forte de son expansion aponévrotique , qui soulève davantage la yeine médiane basilique , et l’éloigne d’autant plus sûrement de l’artère qui est placée au-dessous et qu’on veut éviter.
La lancette à pointe large et brusquement terminée, dite à grain d'orge (PL 5, fig. 1 ) , fait une ouverture plus large, et convient dans le plus grand nombre des cas; la lancette pointue, dite à grain d'avoine (fig. 2), et celle très-pointue, dite à langue de serpent (fig. 3), sont employées lorsque les veines sont très-profondes et recouvertes de graisse : on recommande , dans ce dernier cas, d’élargir la plaie de la veine en faisant éprouver à la pointe de la lancette un mouvement d } élévation ou de bascule qui succède à celui d e ponction.
Par ce moyen , on favorise l’écoulement du sang et on prévient le thrombus, c’est-à-dire son épanchement dans le tissu cellulaire souscutané.