RÉUNIONS
Les méthodes de réunion des plaies varient suivant la nature de la
solution de continuité et suivant le but que le chirurgien se propose. Lorsque la plaie doit suppurer, on s'opposera simplement, en attendant la cicatrisation, à l'écartement et au décollement de ses bords , ainsi qu'à la stagnation du pus , au moyen de différents appareils de pansement. Mais quand on veut bbtenir une réunion immédiate sans suppuration et, comme on le dit, par première intention, il convient d'affronter très-exactement les lèvres de la plaie, jusqu'à ce que l'inflammation adhésive qui se développera entre elles ait déterminé et assuré leur union définitive. Si les solutions de continuité sont assez régulières et ont leur siège sur les membres , par exemple , ou sur certaines parties du tronc,, il est quelquefois possible d'obtenir le rapprochement exact des tissus divisés, à l'aide de bandages unissants appropriés , d'une position convenable du membre ou d'emplâtres agglutinatifs (fig. 1); mais dans une foule d'autres circonstances, on est obligé de recourir à une opération réelle qui est la suture.
FiG. 2, 3, 4, 5, 6. SUTURES.
La suture est une opération qui a pour but de maintenir réunies les deux lèvres d'une solution de continuité qui sont trop courtes ou trop molles , etc. , pour qu'on puisse y appliquer un bandage.
Les instruments nécessaires pour pratiquer les sutures sont des aiguilles et des fils. L'aiguille aplatie de Boyer, courbée en arc de cercle régulier aa' , et celle de M. Velpeau à chas latéral , courbée et aplatie seulement dans sa moitié antérieure hb' , sont les plus usitées , à moins d'indications spéciales , que nous aurons soin de mentionner en leur lieu. On ne se sert également du porte-aiguille (fig. 7), que lorsque la nature des tissus exige qu'on emploie une grande force pour y faire pénétrer l'aiguille.
Relativement à leur procédé opératoire et à la manière dont elles agissent , les sutures peuvent être distinguées en trois espèces. 1° La suture simple ou du Pelletier (fig. 2 et .3 ), qui affronte les lèvres de la plaie bord à bord ; 2" la suture à points jmssés (fig. 5), qui rapproche les lèvres de la plaie par leurs parties profondes et , en quelque sorte ,
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face à face; 3" la suture entortillée (lig. 6), qui se rapporte aux deux indications précédentes et réunit les lèvres de la plaie à la fois par leurs bords et par leurs parties profondes.
1 " La suture simple (fig. 3) s'obtient en passant un fil avec une aiguille courbe au-dessous des deux lèvres de la solution de continuité qu'on veut affronter. Pour cela, l'opérateur pique sur le bord droit et supérieur de la plaie, et fait pénétrer l'aiguille à cinq ou six millimètres de distance de la section de la peau. Eu poussant ainsi l'aiguille , dans une position telle que sa convexité regarde vers les parties profondes , sa pointe tend à se relever et vient ressortir par la lèvre gauche de la plaie , qu'elle traverse de dedans eu dehors à une distance de la section, égale à celle qu'on avait conservée à droite. Quelquefois des irrégularités ou un grand écartement des bords, etc., empêchent de traverser ainsi , d'un seul coup et avec une seule aiguille , les deux côtés de la plaie. Alors on se sert d'un fil armé d'une aiguille à chacune de ses extrémités , et l'on perce, dans ce cas , les deux bords de la division de leur face intérieure vers l'extérieure.
Le premier point de suture étant opéré , on en pratique d'autres de la même manière jusqu'à réunion complète de toute la solution de continuité. Lorsqu'on opère ainsi une certaine étendue de suture simple sans couper le fil, il en résulte une suture continue, dite à surjet ou du Pelletier (fig. 3 ] . Quand , au contraire , on coupe le fil entre chaque point de suture et qu'on noue les bouts sur le côté de la plaie , on obtient la suture simple interrompue ou entrecoupée (fig. 2]. Enfin si , au lieu de nouer les extrémités des fils , on les rassemble toutes en un seul faisceau pour le maintenir tendu en dehors, on fait la suture à anse de Ledran. (Voyez Entéroraphie).
2° Suture à points passés (ûg. 3). On commence cette suture absolument comme la suture simple, c'est-à-dire qu'on passe ordinairement avec une seule aiguille un fil dans les deux lèvres de la plaie ; mais ce fil, au lieu de revenir traverser sur la plaie, longe ses bords en allant alternativement sur le côté gauche et sur le côté droit. Quand on fait un certain nombre de points de suture de cette façon , sans couper le fil , on décrit en quelque sorte des zigzags , qui ont valu à ce mode de réunion le nom de suture en zigzags (fig. 5). La suture enchevillée (fig. 4) dérive évidemment de celle à points passés. En eflFet , elle tend à rapprocher toujours les bords de la plaie par leur face profonde , seulement les anses des fils qui opèrent ce résultat dans la suture en zigzags sont ici remplacées par un tuyau de plume , un bout de
sonde en gomme élastique, etc. Le mode opératoire consiste à passer dans les lèvres de la plaie autant de fils doubles qu'on veut avoir de points de suture ; puis on glisse parallèlement à la plaie dans l'anse produite par le dédoublement de chaque fil une tige de bois ou de plume, tandis qu'on noue, en serrant modérément, les extrémités libres de chacun des fils sur une pareille tige, placée du côté opposé.
3" La suture entortillée (fig. 6 ) participe, quant à ses effets , des deux précédentes , seulement on la pratique autrement ; au lieu de passer un fil dans les lèvres de la plaie , on y passe une tige métallique, soit une épingle oi'dinaire , a, ou une épingle d'entomologiste, comme M. Dieffenbach le préfère, etc. Par ce premier temps, les parties profondes de la plaie se trouvent rapprochées ; mais , pour maintenir ce rapprochement dans les parties superficielles , on les réiùiit au moyen d'un fil croisé en 8 de chiffre autour des extrémités de chaque épingle, c; puis les fils croisés en X , et conduits autour de l'épingle suivante, l'entourent de la même manière , et ainsi de suite. On termine l'opération en excisant les pointes des épingles , et pour qu'elles ne puissent point blesser la peau, on interpose habituellement au-dessous d'elle.^ une bandelette de sparadrap, f, f.
Pi. .1.
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