DÉSARTICULATION DU COUDE
Fig. 1. L'articulation du coude est constituée par l'extrémité inférieure de l'humérus , A , et les extrémités supérieures du radius , B , en dehors , et du cubitus , C , en dedans.
Fig. 2. Le radius n'est uni à l'humérus que par juxtaposition, tandis que le cubitus reçoit la trochlée dans un engrenage formé par l'olécrane, 6, en arrière et l'apophyse coronoïde, c, en avant : cette disposition anatomique ne permet d'attaquer l'articulation à plein tranchant que par son côté externe. Les surfaces osseuses sont maintenues en contact par des ligaments antérieurs , postérieurs et latéraux.
Fig. 3. Pour reconnaître l'articulation, on détermine la position de deux tubérosités osseuses : l'une interne, b, ou épitrochlée, saillante, est facilement sentie sous les téguments ; l'autre externe, o, ou épicondyle, plus mousse que la précédente, se continue insensiblement avec le bord externe de l'humérus. L'épicondyle et l' épitrochlée, situés sur une ligne à peu près horizontale à laquelle l'humérus serait perpendiculaire, se trouvent au-dessus de l'interligne articulaire, c d e, dont les deux extrémités sont inégalement distantes de l'horizontale a h. En effet, l'extrémité externe , c, est à sept millimètres au-dessous du point le plus inférieur de l'épicondyle, a, tandis que l'extrémité interne , h, est à près d'un centimètre et demi au-dessous du point le plus inférieur de l'épitrochlée , h. (Malgaigne.)
OPÉRATIONS
Fig. 4. Méthode à lambeaux. — a b c, forme du lambeau antérieur.
Fig. 5. a b c, lambeau antérieur relevé; d, articulation huméroradiale ouverte ; e , ligament antérieur non encore divisé au niveau de l'articulation humer o-cubitale.
Fig. 6. Méthode circulaire. — Procédé de M. Velpeau. — ab, manchette de peau relevée.
Fig. 7. Plaie résultant de la désarticulation par la méthode circulaire, a, extrémité inférieure de l'humérus; b. section d»^ l'artère . humérale.
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MÉTHODES ET PROCEDES OPERATOTKES
§ 1". Méthode à vïi lambeau. — ■ ( fig. 4 et 5.) — L'avantbras sera placé aussi complètement que possible dans la supination et affectera une position légèrement tléchie. Alors le chirurgien, situé au côté interne du membre , embrasse avec sa main gauche les parties latérales de l'articulation , et soulève par une légère pression latérale les chairs placées au devant des os de l'avant-bras. A l'aide d'un couteau étroit il pénétre au côté interne de l'articulation, à vingtcinq millimètres environ au-dessous de la saillie de l'épitrochlée et vient sortir, après avoir rasé les os de Tavant-bras, à cinq ou six centimètres au-dessous de la saillie de l'épicondyle, pour tailler un lambeau antérieur semi-lunaire de huit centimètres de longueur. Ce lambeau étant aussitôt relevé par un aide, qui opère en même temps la rétraction de la peau du bras en haut , pour faire remonter les angles de la plaie , le chirurgien porte le couteau en dehors à la base du lambeau et divise tous les tissus, en même temps qu'il pénètre à plein tranchant entre le radius et l'humérus, puis il continue son incision transversale en circonscrivant le membre en arrière et en divisant tous les tissus jusqu'à l'angle opposé de la plaie. Alors il ne reste plus qu'à diviser avec la pointe du couteau les ligaments huméro- cubitaux antérieurs et latéraux, puis on termine en luxant l'articulation pour diviser en arrière le tendon du triceps , qui retenait encore l'apophyse olécrane.
La grande obliquité de la base du lambeau , qui semblerait devoir être la conséquence de la direction donnée au couteau , s'efface sur le vivant à cause de la rétraction des tissus beaucoup plus considérable du côté externe que du côté interne.
§ 2. Méthode circulaire. — Procédé de M. Velpeau. ( fig. 6 et 7.) — Le bras étant disposé comme précédemment . mais le chirurgien, placé en dehors du membre, on divisera circulairement la peau à trois travers de doigt au-dessous de l'articulation du coude ; on la disséquera en forme de manchette jusqu'au niveau de la jointure, après quoi on divisera les muscles antérieurs, puis les ligaments latéraux , pour désarticuler d'avant en arrière et terminer par la section du tendon du triceps. Ce mode d'opérer coupe l'artère humérale avant sa bifurcation et donne à la plaie une forme qui favorise sa réunion immédiate.
DÉSARTICULATION DE l'ÉPAULE.
Fig. 1. a, tête de rhuméms; elle représente à peu près tine demisphère ; b, clavicule; c, acromion ; d, fosse sous-épineuse de Foraoplate ; e, tête humerai© unie à la cavité glénoïde par le ligament capsulaire.
Fig. 2. a, cavité glénoïde; elle présente une facette articulaire allongée concave qui n'embrasse qu'un tiers de la tête humérale ; 6, acromion ; c, apophyse coracoïde.
La tête humérale est unie à la cavité glénoïde par un ligament capsulaire très-lâche qui permettrait l'écartement des surfaces articulaires, si elles n'étaient maintenues en contact par l'action des muscles scapulaires. Le sus-épineux, le sous-épineux et les grand et petit rond en arrière, le sous-scapulaire en avant , concourent à la solidité de cette articulation, que fortifient encore les fibres ligamenteuses acromio-capsulaires et le muscle deltoïde.
Les apophyses acromion et coracoïde forment une voûte qui protège l'articulation en haut. L' acromion , situé à peu près à un centimètre au-dessus de la cavité glénoïde , la déborde en dehors de trois centimètres. L'apophyse coracoïde , plus bas et plus en dedans, est plus rapprochée de la tête humérale.
OPÉRATIONS
Fig. 3. Procédé de M. Lisfranc. — abc, forme qu'on donnera au lambeau postérieur.
Fig. 4, a b c, lambeau postérieur relevé ; d, tête humérale désarticulée.
Fig. 5. Procédé de M. Lœrrey. — a b, première incision verticale; cd, incision postérieure partant de lapreraière ; c e, incision antérieure partant également de la première.
Fig. 6. a b c d, plaie résultant de l'amputation par le procédé précédent ; e , cavité glénoïde et fragments du ligament capsulaire ; f f, vaisseaux axillaires.