DU BÉGAYEMENT
La médecine opératoire compte un grand nombre de procédés par lesquels les chirurgiens ont cherché à remédier au bégayement. Aujourd'hui que l'expérience a suffisamment démontré l'inutilité et le danger de la plupart des opérations tentées dans ce but, nous nous bornerons à décrire les procédés qui offrent quelque chance de succès , et qui , par leur simplicité , n'ont rien de périlleux.
Procédé de M. Baudens. — Section des génioglosses (fig. 9). — Le malade est assis sur une chaise, la tête maintenue par un aide qui tire en arrière les commissures des lèvres; l'opérateur, avec une érigne tenue de la main gauche, soulève la membrane muqueuse andessus du bord des génioglosses, puis avec des ciseaux pointus, coudés sur leur plat, et plongés entr'ouverts à trois centimètres de profondeur en rasant la mâchoire , il coupe d'un seul coup les attaches des deux muscles. On introduit ensuite dans la plaie un petit tampon soit d'épongé, soit de charpie, qu'on laisse jusqu'à ce que l'hémorrhagie ne soit plus à craindre. La plaie guérit ensuite rapidement.
Procédé de M. Bonnet. — Section sous-cutanée des génioglosses. -- Le malade est assis la tête renversée en arrière; l'opérateur porte Un doigt de la main gauche dans la bouche, au-dessus des apophyses géni; puis , avec un ténotome aigu tenu de la main droite , il traverse, sous le menton et sur la ligne médiane, la peau, le peaucier et l'espace intermusculaire des digastriques et des mylo-hyoïdiens ; le ténotome aigu est ensuite remplacé par un ténotome mousse qu'on porte dans la plaie, le tranchant en avant , jusqu'à ce que le doigt qui est au-dessus des apophyses géni sente l'extrémité de la lame ; alors, faisant agir latéralement le tranchant, le chirurgien opère successivement la section des muscles génioglosses. Avant d'exécuter ce temps de l'opération , il faut assurer la position du ténotome entre les apophyses géni , et ne point intéresser la muqueuse buccale. Après l'opération , il peut se former un épanchement sanguin plus ou moins considérable , lequel gêne un peu la déglutition pendant deux ou trois jours.
Les résultats obtenus par les opérations du bégayement ont été trop souvent négatifs pour ne pas faire revenir aux exercices gym-
nastiques, régularisés par MM. Colombat (de l'Isère , Serres (d'Alais), et de quelques autres médecins qui ont obtenu des succès incontestables.