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CATHETERISME DE L ŒSOPHAGE.
JJœsophage est un long conduit musculaire faisant suite au pharynx et s'ouvrant dans l'estomac; légèrement aplati d'avant en arrière et large à peu près de trois centimètres, ce canal est en rapport en arrière avec le racliis, en avant avec la trachée -artère ; il est légèrement incliné à gauche , aussi est-ce sur le côté gauche du cou que l'œsophagotomie est préférablement pratiquée. L'orifice pharyngien de l'œsophage se trouve au niveau du cartilage cricoïde ; cet orifice est susceptible de contractions spasmodiques qui souvent font obstacle au passage des sondes qu'on veut y introduire.
PROCÉDÉS OPÉRATOIRES
Le cathétérisme de l'œsophage a pour but l'alimentation artificielle ou l'évacuation de l'estomac; il se trouve également indiqué pour reconnaître la présence des corps étrangers engagés dans l'œsophage pour en faire l'extraction ou en déterminer la propulsion dans l'estomac.
L'évacuation se pratique dans les cas d'empoisonnement. Alors on commencera par injecter une quantité d'eau tiède ou de tout autre liquide pour délayer les substances toxiques. Après cette opération préalable , l'aspiration du liquide sera faite avec une pompe d'une capacité suffisante.
Le cathétérisme de l'œsophage peut être pratiqué par les narines ou par la bouche.
Cathétérisme par les narines. — Procédé de Desault. — On se sert d'une sonde en gomme élastique munie d'un mandrin en fil de fer; on donne une légère courbure au bec de la sonde, qui est saisie comme une plume à écrire et introduite, la concavité en bas, en faisant glisser le bec de la sonde sur le plancher des fosses nasales. Quand le bec de la sonde heurte la paroi postérieure du pharynx, on peut retirer le mandrin d'une main tout en poussant la sonde de l'autre main. Le bec de la sonde s'engage alors dans l'ouverture supérieure du pharynx, et il suffit de pousser la sonde pour l'introduire dans l'œsophage jusqu'à l'estomac. Quand on s'est assuré de la position de la sonde, et quand le cathétérisme a été pratiqué dans le but d'introduire des aliments dans l'estomac, on peut injecter
les substances alimentaires dans la sonde avec une seringue e e. (%• 4).
On reconnaît que la sonde a fait fausse route et qu'elle s'est engagée dans le larynx : 1" à la toux convulsive et à la suffocation qui se manifestent immédiatement ; 2" à l'injection de la face avec dilatation des jugulaires et spasmes violents ; 3° à l'impossibilité où sa trouve le malade de pouvoir articuler aucune parole. Ce dernier signe a la plus grande valeur parce qu'il est le seul qui ne se manifeste pas quand les sondes sont introduites dans l'œsophage. Aussi conseillons-nous de n'injecter les aliments qu'après avoir fait prononcer quelques paroles aux malades qui subissent cette opération.
Procédé de M. Baillarger. (PI. 51. fig3.] — Il est surtout applicable aux aliénés, parce qu'il permet de diriger l'extrémité de la sonde avec plus de sécurité sur une classe de malades dont le mauvais vouloir peut mettre en défaut la main la plus habile. M. Baillarger se sert d'une sonde à double mandrin (Instruments, pi. XIV, fig. 7).
L'un de? mandrins d, est enfil de fer, l'autre e, en baleine. Les deux mandrins introduits dans la sonde subissent la courbure donnée à l'extrémité de l'instrument ; mais le mandrin de fil de fer maintient cette courbure que le mandrin de baleine tend à redresser. La sonde est introduite par l'une des narines, et quand sou extrémité heurte la paroi postérieure du pharynx ( fig. 3 ), on retire le mandrin de fil de fer d, alors le mandrin de baleine e, agit seul et pousse en arrière contre la colonne vertébrale l'extrémité de la sonde dont il redresse la courbure. Cette action du mandrin de baleine a pour effet d'éloigner l'extrémité de la sonde de l'ouverture du larynx, et par conséquent de mettre le malade à l'abri des dangers d'une fausse manœuvre.
, Procédé de M. Blanche. — Pour atteindre le même résultat avec un appareil instrumental plus simple et qui se trouve mieux sous la dépendance de la main du chirurgien, M. Blanche se sert d'un mandrin articulé (Instr., pi. XIV, fig. 5 et 6), au milieu duquel se trouve une tige centrale terminée par un anneau c, dans lequel l'opérateur engage son pouce ; dans deux autres anneaux a et b, sont passés les doigts indicateur et médius ; la tige centrale, suivant qu'on la pousse ou qu'on la retire, imprime au mandrin articulé toutes les courbures nécessaires pour l'introduction de la sonde. Cet instrument trèsingénieux permet d'agir avec une rapidité et une précision qui épargnent au malade les périls et la douleur des autres procédés.
Procédé de MM. Falret et Ferrus. — Dans la grande majoiùté des cas, il sufiit pour vaincre le mauvais vouloir des aliénés de porter les aliments jusqu'au pharynx, où la sensation qu'ils déterminent suffit
pour exciter des mouvements instinctifs par lesquels la déglutition s'opère complètement. Aussi, MM. Falret et Ferrus ont-ils réussi à alimenter artificiellement les malades en se servant d'une simple sonde de femme, dont le pavillon est évasé en entonnoir. La sonde est introduite par les narines (fig. 2), et les aliments, versés cuillerée à cuillerée dans l'entonnoir de la sonde arrivent jusqu'à l'ouverture supérieure de l'œsophage et descendent dans l'estomac.
RETRECISSEMENT DE L'ŒSOPHAGE.
Les causes qui peuvent déterminer le rétrécissement de l'œsophage sont nombreuses et nous ne ferons point ici leur énumération. Le rétrécissement vme fois reconnu, la prernière indication à remplir est de faciliter le passage des substances alimentaires dans l'estomac. On pratiquera donc le cathétérisme avec une sonde creuse plus ou moins volumineuse qu'on pourra laisser à demeure suivant les cas. On a proposé plusieurs instruments dilatateurs et la cautérisation avec le nitrate d'argent. Ces différents moyens peuvent trouver leur application dans certains rétrécissements dont la nature peut être facilement déterminée.
La dilatation obtenue par des sondes graduées, ainsi qu'elle se pratique pour les rétrécissements de l'urètre , offre un moyen commode exempt de dangers et qu'on peut employer contre les rétrécissements produits par une induration ou par l'inflammation chronique des tissus. La cautérisation n'est pas toujours applicable ; cette opération est délicate en ce qu'il est presque impossible de bien déterminer le point précis oii siège le rétrécissement.