‹ Précis iconographique des maladies de la peauChapitre 106 sur 120 · PRURIT PALMAIRE ET PLANTAIRE · texte numérisé non relu

PRURIT PALMAIRE ET PLANTAIRE

Le prurit palmaire et plantaire [prurigo plantaris d'Auiîert), avec ou sans hyperidose, est rare, mais existe chez certains arthritiques ; il est symétrique et toujours très rebelle.

PRURIT LINGUAL

Parmi les prurits localisés, on peut encore signaler le prurit lingual, très rare, mais « indicateur d'un état névropathique en préparation ou latent » (E. Besmeu et A. Doyon).

Pronostic. — Le pronostic des divers prurits localisés

PRURITS

varie nécessairement suivant leurs causes; il sera surtout grave dans les prurits absolument vrais, sans lésions pathogéniques.

Diagnostic. — Le point le plus difficile dans le diagnostic réside dans la recherche de la cause provocatrice du prurit.

Traitement. — En dehors du traitement s'appliquaiit plus directement à la cause à laquelle on croit devoir rapporter le prurit et à la constitution du malade, on devra tout d'abord prescrire une hygiène sévère, particulièrement au point de vue alimentaire; la diète lactée sera souvent très utile.

En outre, certains médicaments comme la valériane, l'acide phénique, l'arsenic ont, pour ne citer que les principaux, une action sédative marquée sur la démangeaison. Les alcalins ont été particulièrement prônés dans ces derniers temps (Lange, E. Besnier).

R. Simon, de Birmingham, a préconisé contre le prurit sénile les injections sous-cutanées de pilocarpine.

Wertheimher a, dans trois cas de prurit généralisé, prescrit avec succès le salicylate de soude à la dose de

2 cuillerées à soupe trois fois par jour d'une solution à

Localement, on peut, dans le prurit généralisé, employer l'enveloppement dans le caoutchouc ; Tenimaillotement dans des compresses imbibées de solutions tièdes de vinaigre à o ou 10 p. 100, d'acide phénique à la dose de 28 centigrammes à 1 gramme p. 100. d'acide salicylique à la dose de 1 gramme à o grammes p. 1 000, les lotions avec les décoctions de fleurs de camomille, de racine d'aul-

PRURITS

née, de feuilles de coca, etc., ou avec les solutions suivantes :

Eau I 000 grammes.

Chloral ii à 2o —

ou :

Bromure de potassium 5 à oO grammes.

OU

Cyanure de potassium 2 grammes.

OU

Sublimé ....là 2 grammes.

les pommades à l'acide phénique :

Acide phénique là 2 grammes.

Vaseline 60 —

Essence de menthe. X gouttes.

au glycéré tartrique :

Acide tartrique i gramme.

Glycéré d'amidon à la glycérine neutre.. . 20 —

(E. Vidal.)

au cyanure de potassium :

Cyanure de potassium. . O''',0o centigr. à 0"%20 centigr. Cérat sans eau, axonge fraîche ou vaseline. 30 grammes.

(L. Rrocq.)

les frictions au naphtol camphré (Mossé et A. Bonafos), enfin l'occlusion par le pansement ouaté (L. Jacquet) ou les diverses colles médicamenteuses.

Contre le prurit sénile, E. Besnier emploie les composés salicyliqucs de la façon suivante :

1° F' aire usage des bains amidonnés ou d'eau de son. 2° Lotionner tous les soirs la surface du corps avec de

PRURITS

l'eau chauffée à 40 degrés, et additionnée de deux cuillerées à soupe de la solution suivante :

Acide phonique . 4 grammes.

Vinaigre aromatique 200 —

3" Saupoudrer ensuite avec le mélange suivant :

Salicylate de bismuth 20 grammes.

Amidon 90 —

Ou bien :

Acide salicylique 10 grammes.

Amidon 90 —

Appliquer ces poudres par de légères frictions sur la peau des régions malades.

Dans les prurits localisés, on prescrit les mêmes solutions, pommades, etc. ; de plus, dans le prurit anal ou vulvaire, les badigconnages avec une solution de nitrate d'argent au 30% au 20'', au 10'', et, plus tard, ainsi que dans le prurit scrotal, les scarifications linéaires quadrillées (E.Vidal), l'ignipuncture.

Contre le prurit anal, A. Otma>'n-Dumesnil, de Saint- Louis, outre un traitement général approprié, prescrit d'appliquer deux fois par jour sur la région anale la mixture suivante :

Sublimé 0e%03 centigr.

Chlorhydrate d'ammoniaque. . 0>^'^,12

Acide phénique 4 grammes.

Glycérine 00 —

Eau distillée de roses 115 —

Contre le prurit vulvaire, P.Ménière préconise les applications répétées deux ou trois fois par jour à l'aide d'une

PSEUDO-LYMPH ANGIOMES.

houpette à poudre de riz ou d'un pinceau en poil de blaireau de la poudre suivante :

Enfin, on a conseillé les applications du courant continu (Blackwood, Cholmogoroff).

E. Besnier et A. Doyon réunissent « provisoirement » sous ce titre deux affections distinctes :

1° Les cystadénomes épithéliaux bénins;

2° Les hématangiomes lymphangiomatoïdes, kératoïdes, angiomes lacunaires de la couche papillaire du derme.

Synonymie. — Lymphangiomc tubéreux multiple de Kaposi. — Idradënomes éruptifs d'E. Besnier. — Èpithéliomes adénoïdes des glandes sudoripares de Darier. — Syringocystadénomes de Unna et Torôk. — Cellulomes épithéliaux éruptifs de Quinquaud. — Èpithéliomes kystiques de la peau de L. Jacquet.

E. Besnier et A. Doyon en donnent la description suivante :

« Les sujets qui ont été observés sont jeunes, de l'un et db l'autre sexe ; l'affection qu'ils présentent ne leur cause aucun désagrément matériel, à peine un peu de prurit ou

Talc pulvérisé

Bichlorure d'hydrargyre Extrait sec de valériane.

15 grammes.

Oe^oO centigr.

2 grammes.

PSEUDO-LYMPH ANGIOMES

CYSTADÉNOMES ÉPITHÉLIAUX BÉNINS

PSEUDO-LVMP H ANGIOMES.

de picotement quand la température de la peau s'élève; mais elle les désoblige plus ou moins au point de vue plastique pendant la période affective de l'existence; ou encore parce qu'elle est confondue avec quelque maladie suspecte, la syphilis, par exemple.

Le lieu d'élection est représenté par le col et par la région thoraco-abdominale antérieure, mais l'éruption peut être rencontrée sur les autres points du tronc et des membres, particulièrement du côté de la flexion. Très nombreux, les éléments éruptifs sont lenticulaires, constitués de papulo-tubercules ne dépassant guère en profondeur l'étage moyen du derme, et ne surplombant la surface que de un à trois millimètres environ. Quelquefois voisins, jamais en groupes réguliers, toujours disséminés; au thorax très visiblement disposés en séries linéaires ou en rangées parallèles dans la direction des crêtes que couronnent les orifices sudoripares; d'une teinte rosée jaune variable ; à surface non desquamative, lisse ou finement plissée, sans dépression, ni ombilic, ni ostium; d'une forme plus ou moins régulièrement arrondie ou ovalaire; à peu près de la consistance du derme normal et variable du volume d'une tète d'épingle à celui d'un petit pois ou d'une lentille qu'ils ne paraissent pas pouvoir dépasser, quelle que soit leur ancienneté. Ils n'ont aucune tendance à la régression, progressent puis stationnent comme les nœvi, ne sont le siège d'aucune exsudation, d'aucun phénomène irritatif , ne s'ulcèrent ni ne dégénèrent ; leur bénignité est absolue.

« Du consentement de tous les histologistes, il s'agit dans cette affection de petits épithéliomes kystiques, de nature absolument bénigne. »

Traitement. — La destruction par le thermo-cautère,

PSEUDO-LYMP H ANGIOMES.

la galvano-caustique, l'électrolyse, est le seul moyen de gué ri s on.

HÉMATANGIOMES

Hématangiomes {lymphangiomatoïdes , kératoïdes) ; angiomes LACUNAIRES DE LA COUCHE PAPILLAIRE DU DERME {télail-

giectasie vermqiieuse de L. Brocq).

Dans ce chapitre, disent E. Besnier et A. Dovon, il faudrait ranger les cas de Colcotï Fox ( lymphangiectasies des pieds et des mains), de Viïtorio Mibelli [cingiokératome), de Dubreuilh {verrues télangieclasiques) qui sont « des angiomes lacunaires papillaires et intradermiques, avec revêtement corné, dû à la localisation aux mains et aux pieds », de Schmidt [lymphangiome simple de la peau, circonscrit, et lymphangiome simple de la muqueuse buccale , tubéreux), d'ARRAGOx (angiomes des muqueuses).

L'identité clinique de tous ces faits est manifeste. « Dans tous, on voit des groupes d'éléments, les uns également liématiques, les autres pigmentaires, presque mélaniques, mélanoïdiques, ou d'aspect colloïde, durs, résistants, et ne donnant à la piqûre ni matière colloïde, ni lymphorrhagie véritable, mais seulement du sang ou un liquide séreux. Ces caractères les rattachent aux hématangiomes, et non aux lymphangiectasies. Ils sont innés ou congénitaux, longtemps inaperçus, et progressant avec le développement des tissus; indolents, bénins; leur traitement est celui des angiomes lacunaires, la destruction électro-caustique ; notre observation montre qu'ils peuvent être héréditaires. »

PSEUDO-URTICAIRE D ERMOGR APH IQ U E

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