L.Brocq conseille d'y ajouter un peu d'acide salicyli([ue
Huile (le cade vraie 100 grammes.
Extrait fluide de Panama 10 —
(ilycérine 84 —
Amidon 7 —
Acide salicylique (i —
Essence de girofle 10 —
Ce traitement, en général assez bon, a le défaut d'être souvent impraticable en raison de l'odeur désagréable de l'huile de cade.
Il n'en est pas de môme du traitement par l'acide clirysophanique (Balmanno Squuu;), mais celui-ci a l'inconvénient d'être très irritant pour les yeux, de tacher le linge et de colorer en violet la peau saine, en jaune brun les ongles, les poils et les cheveux; on peut l'employer soit sous forme de pommade à 10 p. 100, soit en badigeonnant les plaques avec le médicament dissous dans le chloroforme ou l'éthcr, en le recouvrant ensuite d'une couche de traumaticine (dissolution d'une partie de guttapercha purifiée dans dix parties de chloroforme).
Les mêmes procédés peuvent être employés en substi-
CHATELAIN. — 2^' liuiT. 21
PSORIASIS.
luaiit à l'acide clirysophanique l'acide pyrogallique, mais à doses moitié moindres et en usant de grandes précautions pour éviter toute intoxication que l'on constaterait au début par l'apparition d'une teinte noire ou rosée dans les urines. Certains dermatologistes préfèrent à ces traitements ceux parles mercuri aux (que T. Mapother, de Londres, emploie à l'intérieur et à l'extérieur), les divers goudrons, l'anthrarobine, l'acide phcnique, le naphtol,la créoline, etc.
L'étliylate de soude, à la dose de 2 grammes dans 100 grammes d'huile d'olive, aurait, dans un cas, amené en vingt jours la dispai ilion presque complète de l'affection (Gamberini etMoNARi, de Bologne).
P. EicHHOFF a publié deux cas de guérison rapide (en quinze jours) par des applications d'aristol en pommade ou en collodion à 10 p. 100.
Nous-même avons essayé à diverses reprises les applications répétées tous les deux jours sur cbaque placard d'ichthyol ammonium pur avec, dans l'intervalle, des frictions avec des pommades à l'iclithyol au dixième. En quinze jours, trois semaines au maximum, nous avons, dans des cas oti les placards étaient en petit nombre, obtenu leur disparition ; dans les cas oii les taches étaient nombreuses, l'amélioration qui se manifestait au début du traitement par un affaissement et une décoloration de la lésion cessait bientôt de progresser et nous étions forcé de revenir aux traitements classiques.
A l'intérieur, l'ichtbyol ne nous a semblé donner aucun résultat bien appréciable, sinon dans certaines variétés se rapprochant beaucoup de l'eczéma séborrhéique de Unina.
l'SOUOSl'EU.MOSE FO L L I C U L Alll E VEGÉTA.NTE. -il!)
PSOROSPERMOSE FOLLICULAIRE VÉGÉTANTE
DE DaKIEK
[AnfjiofuUiculite cornée psorofipe/'/nifjtie, irrltativc, séborl'hcique, prolif crante ^ végétante.)
Définition. — E. Besnier et A. Doyon désignent sous cette dénomination une afTection de la peau « qui cessera d'être rare quand on saura la reconnaître » et déjà décrite sous le nom ^hypertrophie générale du système sébacé par LuTZ et de kératose folliculaire par J.-C. WiirrE, mais dont ces auteurs ignoraient la nature coccidiennc.
E. Besnier et A. Doyon décrivent cette affection de la façon suivante :
Symptomatologie. — « Au premier stade de l'affection cutanée, et maintenant patente pour un observateur prévenu, l'efflorescence est un soulèvement papuliforme plan, arrondi ou conique, léger, quelquefois de la couleur normale de la peau dans les points où le système pileux prédomine sur le sébacé, mais, dans les autres, blanc sale, grisâtre, jaunâtre, quelquefois noir oii noirâtre, selon la couleur de la peau et le degré de la séborrhée, sans orifice folliculaire appréciable ni trace d'ombilic, et traversé ou non, ou côtoyé par un poil. La main passée à la surface de ces éléments perçoit une sensation de rugosité, de râpe, plus ou moins accentuée.
Si Ton cherche à ruginer l'elllorcscence, on éprouve une
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résistance vive; il faut faire effraction de la couche cornée pour enlever une petite masse en forme de clou à tète plan-convexe, dont la partie inférieure représente une véritable petite corne, enchâssée dans une dépression infundibuliforme par une extrémité conique ou cylindrique, d'un blanc sale, de consistance demi-molle et un peu grasse au doigt. La dépression de la peau qui reçoit cette extrémité est im infundibulum à bords un peu saillants, papuleux; il correspond manifestement à l'orifice dilaté d'un follicule pilo-sébacé. Si plusieurs éléments sont enlevés à la fois, la peau apparaît inégale, rugueuse, criblée de petits orifices en entonnoir; l'épiderme est conservé, et il n'y a pas de suintement sanguin. »
L'aspect varie toutefois avec les localisations anatomotopographiques, selon que la région atteinte est plus ou moins riche en follicules pilo-sébacés, sébacés, sudoraux.
Au cuir chevelu et sur les régions pileuses, l'affection ressemble, au début, à la séborrhée sèche ; plus tard seulement, elle prend un aspect papillomaleux.
Ailleurs, dans les sillons et plis cutanés, ce sont des placards croûteux, noirâtres ou huileux, coïncidant alors avec des comédons indépendants, d'après Daiueb, de la psorospermose.
A la face dorsale des mains et des doigts, l'éruption consiste en petites papules blanchâtres, peu saillantes, très confluentes et adhérentes ; aux régions palmaires et plantaires, « l'extrémité des doigts, les lignes papillaires, sont couvertes de petites perforations ponctuées, peu profondes, sans altération de la couleur normale ou de points jaunâtres (cas de Darier) très fins, saillants, ou déprimés, nodules cornés microscopiques fondus dans le revêtement épidermique corné de la région; ils ne desquament pas et ne sauraient être extirpés.
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« Dans le second stade, stade de végétation, les éléments cutanés consistent en saillies folliculaires à pertuis central, dont le revêtement corné est, en partie, éliminé, autour de l'infundibulum d'abord, lequel apparaît entouré d'un anneau rouge à teintes variées, mollasse, bourgeonnant, suintant, fétide, et occupé par un comédon imparfait ou simplement par de l'exsudat puriforme. Aux régions de confluence, ces éléments se juxtaposent inégaux, les uns comprimant, les autres comprimés, en môme temps que la région entière est épaissie et soulevée. Le tout exhale une odeur indéfinissable et absolument intolérable. »
Chez deux malades (cas d'E. Besnier et de J.-C. WmxE) on a constaté l'existence de leucokératoses linguales et buccales.
Pronostic. — Aucun trouble fonctionnel ne coexiste avec cette affection à marche progressive et symétrique dont le diagnostic est cependant très sérieux en raison de sa généralisation et de sa résistance aux traitements.
Diagnostic. — Le diagnostic se fera toujours par l'examen microscopique qui déterminera la nature de la maladie due, comme l'a démontré Darier, à des psorospermies ou coccidies, organismes de la classe des sporozoaires.
Traitement. — Aucun traitement n'a réussi jusqu'à présent; ni les acides phénique ou salicylique, ni le goudron, le soufre, etc.; les mercuriaux semblaient, dans le cas d'E. Besnier, agir sur la prolifération des éléments psorospermiques, mais ne pouvaient malheureusement pas être employés d'une façon continue.
1>URP l'UA.