‹ Précis iconographique des maladies de la peauChapitre 110 sur 120 · PURPURA · texte numérisé non relu

PURPURA

Ihof, 'purpura fehrilis de Willan, scorbut de terre ou scorbut endémique).

Dans d'autres cas, il dépend d'affections générales infectieuses ou non : purpura idiopathique aigu [typhus angiohématique de Gomot), purpura hémorrhagique primitif ào. Martin de Gimart, purpura contagiosa [purpuras variolique , rubéolique, scarlatineux, septicémique , etc.) , purpura scorbutifj[ue, purpura nerveux (IlENOcn et Couty), purpura myélopatliique (Faisans) .

Il peut être encore en rapport avec la cachexie [purpura cachectique) quelle qu'en soit la cause; l'absorption de certaines substances comme l'iode [purpura-iodique ou iodo-potassique d'E. Besnier, lodisme pétéchial, Fournier, AuspiTz), l'alcool, l'arsenic, l'ergot de seigle (Lailler), etc., ou tenir au changement brusque des conditions de la circulation [purpura des nouveau-nrs, Kaposi).

Il peut coïncider avec d'autres affections cutanées : l'ur- \'\c?àve[purpura //y'//ca?<.s), l'éry thème polymorphe, l'eczéma, le psoriasis [purpura papideux de Herra, lichen lividus de Willan).

Traitement. — 11 faut d'abord instituer le traitement de la cause dont le purpura paraît dépendre, et insister sur un repos absolu des régions affectées.

RHINOSCLÉROME (Hebra et Kaposi)

Définition. — Symptomatologie. — C'est une affection rare, attaquant habituellement le nez, la lèvre supérieure et les régions voisines.

Elle se manifeste par des plaques et des nodosités bien limitées qui infiltrent la peau, confluentes ou isolées, douloureuses à la pression, dures mais élastiques; le tégument est rouge ou conserve sa couleur normale ; l'épiderme est lisse ou fissuré.

Par suite de l'induration et del'épaississementdes tissus qui augmentent peu à peu, les parois des narines se rapprochent, l'ouverture de la cavité buccale se rétrécit et la lésion finit par envahir la bouche, les gencives, le palais, le pharynx et le larynx.

Ces localisations amènent des troubles fonctionnels parfois très sérieux.

Pronostic. — La maladie qui ne rétrocède jamais comporte donc un pronostic très grave, mais n'entraîne la mort qu'à très longue échéance.

Diagnostic. — Le diagnostic, en général facile, doit dans certains cas être fait avec la sypJiiln, le lupus et le carcinome.

RUPIA.

Nature. — On admet généralement qu'il s'agit d'une maladie de cause inconnue, probablement parasitaire.

Traitement. — Les divers traitements locaux dont le but était toujours la destruction partielle ou générale de la néoplasie ne semblent pas avoir donné jusqu'à présent de résultats satisfaisants.

RUPIA

Définition. — Le plus grand nombre desdermatologistes (français) sont d'avis qu'il ne faut plus considérer aujourd'hui le rupia comme une espèce nosologique distincte ; ils désignent sous ce nom un processus ulcératif arrivé à la période croûteuse dans lequel les croûtes, constituées par la concrétion d'un liquide jaune brun, mélange de sérosité, de pus et de sang, qui distend l'épiderme sous forme de bulles d'abord, puis de pustulo-bulles, offrent un aspect spécial.

Symptomatologie. — Au fur et à mesure que la lésion produit une croûte entourée d'une aréole inflammatoire intense, elle évolue excentriquement de manière à former une série de croûtes de plus en plus larges, de telle sorte que la première est soulevée par la seconde, la seconde par la troisième et ainsi de suite. Ces croûtes, conchyliformes, forment une masse stratifiée d'un aspect particulier, d'une couleur grisâtre ou noirâtre et tombent spontanément si l'on n'intervient pas, au bout d'un temps pouvant varier entre deux et quatre semaines, laissant parfois des ulcéra-

RUPIA.

lions à fond blafard, saignant, à bords épais et livides, sécrétant un liquide sanieux. Dans les deux cas, la lésion se termine soit par une macule rougeàtre, brunâtre, violacée, souvent déprimée; soit par une cicatrice brunâtre, suivant la nature ou l'intensité de l'ulcération qui lui a donné naissance.

L'éruption du rupia est généralement discrète et disséminée çà et là, mais procède par poussées successives.

On ne constate ordinairement que peu ou pas de douleur loco dolenti, mais l'éruption est souvent accompagnée de symptômes généraux, fièvre, amaigrissement, etc., dus à l'état de débilité de l'individu malade.

Étiologie. — Le rupia se rencontre, en effet, plus particulièrement chez les sujets cachectiques; on l'observe aussi dans certaines formes de syphilides.

Siège. — 11 siège surtout aux membres inférieurs, aux cuisses et aux lombes.

Les auteurs qui décrivent le rupia comme entité morbide distincte en admettent trois variétés :

1 " Le riipia simplex ;

2° Le rupia proemmom ;

3° Le rupia escliarotica [ccthyma gangrnieux de Hardy).

Traitement. — Le traitement interne a pour but de relever l'état du malade par des toniques appropriés. (Pour le traitement local, voir l'article Ecthyma.)

SARCOMES CUTANÉS

La sai'comatosc culan(''0 compi'ond des tumeurs l'essemblanl clinlquement au cancer et divisées actuellement on deux grandes classes :

4° Les SARCOMES MÉLANIQUES ;

2° Les SARCOMES NON iMÉLANIQUIiS.

Le sarcome mélanique cutané primitif est rare, il débute ordinairement au niveau d'un nœvus, par une petite tumeur, dure et arrondie, grosse comme un pois environ, de couleur brunâtre, bleu-foncé ou noirâtre. Au bout d'un temps variable après le début de l'affection, se montrent d'autres tumeurs plus ou moins confluantes dont les unes s'atrophient et disparaissent, tandis que quelques-unes se ramollissent et s'ulcèrent. Peu à peu, la généralisation se complète et le malade meurt dans la cachexie.

Les sarcomes non mélaniques comprennent :

1° Le sarcome localisé; 2" Le sarcome généralisé.

\° Le sarcome localisé siège d'ordinaire aux extrémités où il affecte la forme d'une tumeur ne dépassant pas un cerlain volume, parfois de couleur rouge, plus souvent de la couleur de la peau, rugueuse, quelquefois ulcérée, pouvant guérir sans récidive parle traitement chirurgical.

2° Le sarcome non mélanique généralisé [sarcomatose généralisée 'pigmenlaire de Kaposi) débute par les mains et les pieds sous forme de nodosités de la grosseur d'un grain

SARCOMES CUTANÉS.

de plomb ou d'une fève, d'un rouge brun ou bleu, disposées çà et là ou confluentes, formant des placards saillants et bosselés, déformant les régions épaissies ou douloureuses. Peu à peu les tumeurs gagnent les avant-bras, les jambes, la face et le tronc; les unes s'affaissent et disparaissent laissant à leur place des dépressions cicatricielles pigmentées ; d'autres se tuméfient, s'ulcèrent, mais toujours superficiellement. Enfin au bout de plusieurs années (de trois à cinq) surviennent des symptômes généraux : fièvre, diarrhée, hémoptysie, etc., auxquels succèdent le dépérissement et la mort.

L'affection, limitée aux extrémités, ressemble à lasyphiiis, à la lèp/'e, au lupus^ dont elle est difficile à distinguer.

Le pronostic est fatalement mortel.

Traitement. — Le traitement chirurgical est inutile dans la sarcomatose cutanée, les tumeurs ont toujours récidivé. On a essayé des injections interstitielles de naphtol camphré et des injections hypodermiques de liqueur de Fowler coupée par moitié d'eau à la dose de deux à neuf gouttes par jour, suivies dans deux cas de la guérison (KoBNER et Shattuck).

A l'intérieur, aucun médicament n'a réussi jusqu'ici.

SCLÉRÈME DES NOUVEAU-NÉS (Ghaussier

Synonymie. — Induration des tissus cellulaires des nouveau-nés. — Algidité progressive (Hervieux). — Décrépitude ou alhrepsie infantile (Parrot).

Le Siclérème des nouveau-nés, bien distingué par Parrot, est caractérisé par une rigidité toute spéciale de la

SCLÉRODKRMIE.

peau débutant par les membres inférieurs et envahissant rapidement tout le corps.

Le tégument est induré, rigide, tantôt blanc, tantôt rouge, tantôt livide, froid au toucher, l'affection est précédée et accompagnée de symptômes athrepsiques auxquels succombe bientôt (entre le second et le dixième jour) le petit malade atteint généralement dans les premiers jours de la vie.

Traitement. — En présence d'un cas semblable, il faut employer les frictions et le massage, réchauffer le corps artificiellement ou au moyen de la couveuse. On a publié un cas de guérison obtenu par les frictions mercurielles (A. Money).

SCLÉRODERMIE (1]lie Gintrac)

Synonymie. — Sclërëiuic (Alibert). — Scicrème des ndultcs (Thirial).

— Chorionitis. — Sclérostciiose cutanée (FoRoiiT). — Cutis tensa chronica (FucHs). — Kéloïdo d'ADDisoN. — Élcphantiasis sclércus (Ramussen).

— Sclérème cutané cicatrisant (Wernickh). — Sclcrosis telse cellulosEe et adiposse (Wilson). — Dermato-scloroses (E. Besnier).

Définition. — Cette affection est caractérisée par une induration toute spéciale de la peau et souvent des tissus sous-jacents pouvant aboutir à une atrophie plus ou moins complète de ces tissus.

On en décrit trois formes :

1° La SCLÉRODERMIE GÉNÉRALISÉE [sclérémie d'E. BES.NIERet

A. Dovon) ;

2° La SCLÉRODERMIE PARTIELLE : morphéc, sclérodermie en

SCLEHODEUMIE (.ENÉUALISÉE.

plaques et sclérodermic en bandes [sclérodennic cl'E. Bes- >iER et A. Doyon) ;

3° La SCLÉRODACTYLIE dc BaLL.

SGLÉRODERMIE GÉNÉRALISÉE

Synonymie. — (Edématie coucrète de Doublet. — Sclérodermic œdcmamaleuse de Haiiuy. — Sclérodcrmie généralisée diffuse progressive des adultes.

Symptomatologie. — La sclérodermie généralisée est constituée à sa période d'apogée par un état tout spécial des tissus, rigides et résistants, qui sont gonilés comme par une sorte d'œdème dur; ils sont tendus, luisants, sans mobilité ni souplesse, « offrant une consistance pierreuse ». La peau est froide, blanchâtre, résistant sous la pression du doigt; plus tard elle est rétractée, éraillée, le malade éprouve une sensation de tension; la sensibilité taclile est conservée, le toucher est quelquefois même douloureux. Les altérations tégumentaires existent symétriquement et le tégument sain se continue insensiblement avec le tégument malade.

Cet état est généralement pi'écédé d'une période prodromique pendant laquelle existent des troubles de la sensibiUté décrits par E. Vidal : algidité, asphyxie locale, phénomènes pré-sclérodermiques comprenant encore des troubles vaso-moteurs, des sensalions de chaleur, de froid, de prurit, des douleurs diverses dans les muscles, les nerfs, les articulations.

Marche. — Le début est quelquefois brusque, mais la maladie apparaît (U'dinairement d'une façon progressive;

SCLÉUODERMIE G ÉNÉ K A LI SK E.

]a marche et l'évolution peuvent dans certains cas être rapides; mais, généralement, l'affection marche lentement. La maladie peut rester stationnaire ou rétrocéder : le plus souvent elle continue à évoluer d'une façon très lente mais progressive jusqu'à ee que le malade finisse par succomber dans le marasme ou à une complication viscérale.

Siège. — L'alfeclion atteint d'ordinaire la l'ace et la moitié supérieure du corps, moins souvent les membres inférieurs; elle peut envahir tout le corps.

A la face, le visage est absolument sculptural, impassible, dur; les tissus sont collés au squelette et comme atrophiés, d'oii résulte une gêne parfois considérable pour les diverses fonctions, parole, alimentation, etc.; les larmes s'écoulent continuellement des paupières immobilisées.

Aux mains, les doigts, effilés et amincis, ressemblent à des baguettes rigides ou crochues.

Ces lésions tégumentaires peuvent s'accompagner et s'accompagnent souvent de troubles de vascularisation ou de pigmentation, hyperchromics et dyschromies; celles-ci peuvent être diffuses, linéaires, ponctuées [vitiligo ponctué de Féréol) ; dans certains cas surviennent des gangrènes des doigts [sclérodermie mutilante).

Pronostic. — La sclérodermie généralisée, tant en raison des troubles qu'elle engendre, que du peu d'empire qu'ont sur elle les médications, comporte un pronostic mauvais.

SCLÉRODERMIE LIMITEE.

SCLÉRODERMIE LIMITÉE

La sclérodermie comprend deux grandes classes : 4° La sclérodermie en plaques ; 2° La sclérodermie en bandes.

La première se divise en plusieurs variétés : \?i sclérodermie en plaques morpltœa alba atrophicaQi surtoutla morpliéc [morphœa alba plana).

MORPHÉE (Erasmus Wilson) (Voir la planche XLIII.)

Synonymie. — Sclërémie partielle cI'Alibert. — Kéloïdo vraie cI'Addison. Chéloïde blanche de Bazin.

Symptomatologie. — La principale caractéristique de cette forme de sclérodermie est la coloration spéciale de ses plaques.

Au début, ce sont de petites taciics, en général planes [morphœa alba plana), quelquefois saillantes [morphœa luberosa), rosées ou d'un violet pâle, mauve, parfois foncées [morphée noire), rondes, ovales ou irrégulières, d'une étendue variable, en général de quelques centimètres de diamètre. Les taches s'agrandissent peu à peu en se décolorant par places isolées au centre, et, lorsqu'elles ont atteint tout leur développement, elles présentent un aspect absolument typique.

Pl. XLIII. — Morphée.

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