‹ Précis iconographique des maladies de la peauChapitre 113 sur 120 · SÉBORRHÉE HUILEUSE OU ADIPEUSE OU OLÉAGINEUSE · texte numérisé non relu

SÉBORRHÉE HUILEUSE OU ADIPEUSE OU OLÉAGINEUSE

Synonymie. — Stéatorrhce. — Stéarrhéc. — Soborrhagic.

Ce type est dù probablement à l'hypersécrétion commune des glandes sébacées et siidoripares et se présente sous deux formes distinctes : la forme fluente et la forme concrète.

A. FORME FLUENTIi:

Synonymie. — Écoulement graisseux. — Peau onctueuse. — P^luxus sebaceus. — Acné sébacée fluente de C.vzenave. — Acné sébacée liquide ou huileuse d'E. Besnier et A. Doyon. — Seborrlitea oleosa scu adiposa de Hebra et Kaposi. — Hyperidrose huileuse de L. BROcg.

La forme fluente est caractérisée par la production toujours renouvelée d'une couche huileuse et grasse qui se dépose à la surface de la peau.

Symptomatologie. — La couche huileuse est plus ou moins abondante ; chez certains malades, il faut, pour la déceler, appliquer sur la région atteinte un morceau de papier à cigarette sur lequel on voit se développer un semis de points graisseux correspondant aux orifices glandulaires; ceux-ci sont dilatés, béants, plus apparents qu'à l'état normal; ils donnent au tégument l'aspect d'une peau d'orange et l'on peut voir sourdre à leur niveau une petite gouttelette de liquide. La région malade est grasse, brillante, sale par suite des poussières qui s'y attachent [se~

SÉBORRHÉE.

borrhaea nigricans des paupières de Néligan et Wilson, hléphai'omélsena (Lara).

La peau peut avoir conservé sa coloration ordinaire; généralement, elle est rouge, comme épaissie et enflammée, souvent couverte de manifestations acnéiques.

On n'observe aucune sensation de démangeaison ou de cuisson, parfois quelques picotements.

Siège. — Cette forme siège le plus ordinairement au visage et est particulièrement fréquente sur les parties latérales du nez, sur les joues, le front, les tempes et le menton; on la rencontre aussi au cuir chevelu, aux parties génitales de l'homme (gland, face interne du prépuce, sillon balano-préputial, smegma pre-pudï) et de la femme (petites lèvres et clitoris) ; elle peut d'ailleurs envahir tout le tégument.

Étiologie. — La séborrhée huileuse se montre surtout chez les jeunes strumeux.

Pronostic. — Elle ne constitue qu'une affection sans gravité, exception faite de sa durée et de sa ténacité.

B. SÉBORRHÉE CONCRÈTE

Celte forme peut accompagner la séborrhée huileuse, lui succéder ou exister séparément.

Symptomatologie. — Elle se présente sous l'aspect de croûtes formant des placards adhérents au tégument. Ces croûtes, constituées par un mélange de matière sébacée et de squames, couvrent le cuir chevelu d'une couche de

SÉBORRHÉE.

crasse, plus ou moins sèche et dure ou graisseuse, jaunâtre, analogue à de la cire [croûtes de lait, crasse de tête, toiizet (vulgo); chez les adultes, où elle dépasse souvent le cuir chevelu, la séborrhée forme des plaques brillantes, feuilletées, amiantacées; au-dessous, la peau est humide, lisse, couverte d'une pellicule brillante au bout d'un instant, ou rouge et facilement excoriée, ou encore eczémateuse ; les cheveux viennent facilement.

Sur les téguments, la séborrhée est plus ou moins étendue; chez les nouveau-nés elle peut être généralisée {vcrnix caseosa du fœtus , desquamatio^ exfoliatio epidermidis neonatorum, ichthyose congénitale de quelques auteurs, icJithyose sébacée ou séborrhée squameuse des nouveau-nés de Kaposi; cutis testacea) ; ce vernis, par suite de la tension qu'il détermine, donne lieu à des fissures douloureuses de la peau. Celle-ci est brillante, d'une couleur rouge brunâtre, ressemblant à du lard rôti (Hebra).

Cet état, d'après Kaposi, serait passager et curable.

Chez les vieillards, la séborrhée consiste en petits disques arrondis, aplatis, légèrement saillants, d'une couleur allant du gris jaunâtre au gris noirâtre, siégeant plus particulièrement au cou et au tronc [verrues plates séborrhéiques des vieillards) ; ou bien, ce sont de petites plaques croûteuses, épaisses, rougeàtres, noirâtres, sales, irrégulières, mais à bords nettement limités, siégeant au visage (paupières, nez, tempes, etc.), et sous lesquelles le derme saigne avec facilité [acné sébacée concrète). Cette forme, comme le fait remarquer L. Brocq, est souvent la première phase, la phase la plus superficielle du cancroïde [carcinome séborrhagique de Wolkmann).

Dans certains cas, la séborrhée concrète peut envahir de grandes surfaces couvrant tout le visage d'un masque croùteux et graisseux, de couleur jaune sale, gris jaunâtre

SÉBORRHÉE.

OU jaune noirâtre, ou envahissant la plus grande partie de la surface tégumentaire [cutis testacea ou ichthijosis sebacea), plus particulièrement le tronc et les membres qui sont couverts de croûtes d'un brun verdâtre et noirâtre, soit minces, aplaties, divisées en petits fragments correspondant aux sillons cutanés, soit accumulées et saillantes; elles adhèrent alors assez fortement à la peau et présentent à leur face profonde des prolongements coniques qui pénètrent dans les orifices glandulaires, élargis et entr'ouverts. Au-dessous de ces croûtes, le tégument est rouge, légèrement humide, un peu tuméfié, douloureux.

Les malades accusent parfois des sensations de chaleur, de cuisson, de démangeaison.

Siège. — Un rencontre la séborrhée concrète au cuir chevelu [seborrhœa capillitii), aux sourcils, aux cils qu'elle dépile et sur toute la surface du corps.

Pronostic. — L'alfection est plus rebelle chez les adultes que chez les enfants : elle est surtout tenace à la face.

Diagnostic. — Le diagnostic est parfois difficile dans l'acné sébacée concrète de la face facile à confondre avec V ('pithélioma et le lupus énjthémateux.

h'épithélioîna a des bords plus nets, souvent perlés; le derme sous-jacent est induré, friable, et saigne facilement.

Les croûtes du lupus érythémateiix sont plus sèches, plus squameuses, plus adhérentes que celles de la séborrhée; la peau, dans la séborrhée, n'est point épaissie et infiltrée comme dans le lupus; enfin, caractère plus pi'écis, ce dernier laisse après lui des cicatrices.

Au cuir chevelu, le psoriasis à squames minces et furfuracôes diffère de la séborrhée par ses croûtes toujours plus

ECZÉMA SÉBORRHÉIQUE.

sèches, plus larges, plus épaisses, l'aspect du derme sousjacent qui est coloré et malade, l'étendue de la lésion, souvent bien plus considérable que dans la séborrhée, dans laquelle, en outre, les cheveux tombent généralement plus ou moins.

Étiologie. — La séborrhée se montre souvent chez les sujets débilités, chloro tiques (Hebra).

ECZÉMA SÉBORRHÉIQUE (Hebra) (Voir la planche XLIV.)

Cette forme est constituée par des placards croûteux et graisseux, circinés ou arrondis, roses ou bistres, siégeant simultanément sur le sommet de la tète et sur les faces antérieure et postérieure du thorax.

Cette dernière localisation a reçu des noms très divers : eczéma flanellaire banal, eczrina acnéique de Bazin, lichen annulalus serpiginosiis de Wilson, seborrhca corporis de L. A. DuHBiNG, eczéma séborrhéique de U.nn'a.

Les placards eczémateux dont le centre est rosé ou jaunâtre, un peu squameux, ont des contours nets, plus ou moins arrondis, des bords un peu saillants, excoriés parle grattage; ils s'étendent par extension et se réunissent souvent les uns aux autres. (Voir la planche XLIV.)

C'est une affection très prurigineuse.

(Voir aussi l'article Eczéma.)

Traitement. — Le traitement de la séborrhée doit nécessairement comprendre un traitement général et un traitement local.

SEBORHHEE.

Au point de vue général, les indications thérapeutiques à remplir seront dictées par la constitution du sujet séborrhéique; aux uns (nerveux) on donnera les antispasmodiques; aux autres (arthritiques et goutteux), les alcalins; aux lymphatiques conviennent l'huile de foie de morue et le sirop d'iodure de fer; aux anémiques les ferrugineux et l'arsenic. Ce dernier médicament a été considéré par certains dermatologistes comme une médication héroïque de la séborrhée.

L.-A. DiiHRiNG donne le soufre et les sulfures pendant très longtemps; nous nous sommes, nous, bien trouvé de l'usage interne de l'ichthyol à la dose moyenne de 1^"",50 par jour.

Le sujet atteint sera, en outre, soumis à une hygiène régulière.

Localement, il y a lieu de séparer le traitement de la séborrhée des régions glabres de celui de la séborrhée des régions pileuses.

La séborrhée sèche du visage (pityriasis simplex) sera traitée par les lotions savonneuses, simples, salées, ou faites avec des savons médicamenteux au soufre, à l'ichtliyol.

On peut appliquer une pommade au tanin et au calomel, à l'acide salicylique, etc.

La forme croûteuse réclame d'abord l'emploi des moyens destinés à faire tomber les croûtes : onctions, pulvérisations, cataplasmes, etc., puis il faut frictionner avec les savons déjà indiqués et appliquer ensuite ime pommade soufrée ou mieux à l'ichtliyol :

IchUiyol 3 grammes.

Lanoline )

aa d.-) —

Vaseline . . )

Chez certains sujets, les lotions soufrées conviennent davantage.

Pl. XLIV. — Eczéma séborrhéique

SÉBORRHÉE.

S'il y a lieu, on fera le soir, ou le matin et le soir, si c'est possible, des frictions ou même des applications de savon vert de potasse.

Dans l'hyperidrose huileuse, les poudres sont préférables; après le savonnage, on saupoudrera avec une poudre soufrée quelconque contenant, pour 100 grammes d'excipient (amidon, magnésie, talc, etc.), de 10 à 20 grammes de soufre pulvérisé. L. Buocq recommande la formule suivante:

Acide salicylique 2 grammes.

Chlorhydrate de pilocarpiiii' pulvtMisé . . 1 —

Soufre pulvérisé 12 —

Borate de soude 5

Poudre d'amidon 10 —

Poudre de talc 70 —

Dans certains cas rebelles, il faut recourir aux scarifications linéaires (E. Vidal).

C'est encore ce traitement qu'E. BcsNiERet A. Doyon préconisent contre certaines localisations faciales de la séborrhée (séborrhée de la portion exposée de la surface rouge des lèvres, séborrhée du nez et de la partie attenante des joues).

On pourra néanmoins, dans ces localisations, essayer d'abord les pommades astringentes.

Aux régions génitales, on se servira surtout de poudres isolantes : lycopode, talc, kaolin, oxyde de zinc, etc.

Dans les régions pileuses, le cuir chevelu principalement, il faut, contre la séborrhée sèche, employer les lavages avec le savon à l'ichthyol par exemple, puis faire une onction avec une pommade soufrée ; on peut aussi, suivant les cas, user de lotions soufrées.

Dans les formes croûteuses et huileuses, après avoir fait tomber les croûtes et les squames (ce qui est quelquefois

SÉBORRHÉE.

fort difficile à bien faire chez les femmes à longue chevelure que l'on ne veut et que l'on ne doit pas, autant que possible, sacrifier, mais dont une portion plus ou moins considérable, déjà non adhérente, se détache et tombe, ce dont il faut avoir soin de prévenir la malade qui ne manquerait pas d'attribuer ce résultat à la médication employée) au moyen d'onctions huileuses, de lavages avec la décoction de bois de Panama, la décoction de saponaire, etc., le savon noir parfois, quand le cuir chevelu n'est pas trop irritable, on applique le traitement à proprement parler.

Celui-ci se compose généralement de l'emploi de préparations soufrées ou sulfureuses, mercurielles ou à l'ichthyol.

On frictionnera quotidiennement le cuir chevelu avec une brosse trempée dans de Feau chaude additionnée pour un verre d'une, de deux ou de trois cuillerées à soupe de la préparation suivante :

Polysulfure de potassium. . . . )

,„ . , , , : . aa h grammes.

Teinture de benjoin )

Eau 300 —

Ou bien, procédé plus actif, on appliquera, avec un pmceau, sur les parties malades une couche de

Soufre précipité / ... . orv

, , , / aa a 30 crammes.

Alcool camphre ]

Eau distillée 250 —

(L. Brocq.)

Les applications de soufre en poudre conseillées par certains auteurs nous semblent moins bonnes que les pommades soufrées appliquées quotidiennement; on emploie d'ordinaire la formule suivante après le nettoyage de la tête :

Soufre précipité 3 grammes.

Vaseline 30 —

Si le cuir chevelu est irrité on ajoute de J'oxyde de zinc.

Oxyde de zinc ) „

„ •'„ aa 2 grammes.

Soufre. ) ^

Vaseline pure 40 —

L'usage des mercuriaux comprend les frictions avec une solution de sublimé, la liqueur de Van Swieten par exemple, puis une friction avec

Précipité jaune 1 gramme.

Vaseline 30 —

OU bien

Turbith minéral 1S'',50

Beurre de cacao 10 grammes.

Huile de ricin 50 —

Baume du Pérou 1 —

L'ichthyol, que nous conseillons très volontiers dans la plupart des cas, s'emploie en pommade :

Ichthyol 3 grammes.

Vaseline

Lanoline

aa 1 5 —

en solutions

Ichthyol ' . . o il 30 grammes.

Éther

Alcool à 90°

aa 50 ■ —

(L. Brocq.)

Nous avons très rapidement obtenu des améliorations persistantes par l'application d'ichthyol pur qui, néanmoins, a le léger inconvénient de déterminer une sorte de constriction désagréable des parties malades.

Enfin, on a aussi employé le naphtol (Kaposi), les acides lactique, citrique, borique (Pincus), l'acide phénique (L.-A. Duhring), l'acide acétique (Cotte), le bicarbonate de soude

ECZÉMA SÉBORRHÉIQUE.

que H. Paschkis, de Vienne, emploie en faisant pratiquer des lavages avec une solution de 20 grammes de bicarbonate de soude et de 80 ou 100 grammes de savon pour un litre d'eau; en outre, il fait faire des lotions avec

Résorcine o grammes.

Alcool 120 —

Huile de ricin 2 —

et, plus tard, des frictions toniques àla quinine et au tanin :

Sulfate de quinine 1 gramme.

Alcool 60 —

Eau de Cologne 30 —

Tanin là o grammes.

Alcool q. s.

Huiles d'amandes douces ..... 40 —

Lorsqu'on doit diriger le malade sur une station minérale, on choisira : Spa, Salins, Ludion, Cauterets, Uriage, la Bourboule, etc.

Traitement de l'eczéma séborrhéique. — L'eczéma séborrhéique réclame principalement un traitement externe ; mais, disent E. Besnier et A. Doyon, « bien que la médication externe soit souvent suffisante à elle seule et demeure prépondérante, on a toujours intérêt à tenir compte des conditions particulières du sujet. Les sulfureux, les alcalins, les arsenicaux doivent être administrés dans tous les cas rebelles oii l'indication particulière en est relevée. L'arsenic est l'agent principal de la médication interne et il est absolumcni nécessaire d'en élever les doses jusqu'aux limites de la tolérance. »

Localement, on peut employer d'abord les préparations anodines comme les pommades à l'oxyde de zinc, mais très rapidement il faut i-ecourir aux pommades suivantes

ECZÉMA SÉBORRHÉIQUE.

dont l'activité devra toujours être surveillée par le médecin :

Borate de soude. Oe'jSO centigr. à lsr,50

Acide salicylique 08'',2b centigr.

Oxyde de zinc ))ulvérisé 2 grammes.

Vaseline 8 —

(L. Brocq.)

Soufre précipité 3 grammes.

Vaseline pure 30 —

Soufre précipité. . 2 grammes.

Naphtol p.. .... 1 —

Vaseline

Lanoline

aa 1 6

Huile de cade 1 à o grammes.

Glycéré d'amidon 30 —

Pi'écipité jaune. . Os', ."jO centigr. à 1 gramme.

Huile de cade vraie là 3 —

Vaseline pure 20 —

recommandée par L. Brocq dans l'eczéma séborrhéique des plis articulaires.

Acide salicylique 1 gramme.

Teinture de benjoin 2 —

Vaseline oO —

(Lassar.)

Acide pyrogallique là 3 grammes.

Vaseline 50 —

Acide chrysophanique .... ."i à 10 grammes. Vaseline 30 —

Ichthyol 3 à 10 grammes.

Vaseline. . 30 —

Ce dernier médicament, employé à l'état pur, en badigeonnages, sur des régions limitées, nous a, à l'encontre de ce qui a été dit par certains de nos confrères, donné souvent d'excellents résultats.

STROPHULUS.

Tous les médicaments précités sont facilement applicables sous forme d'épithèmes, de pâtes, de gélatines, etc., et l'on s'en servira utilement en se rappelant le conseil d'E. Besnier et de Unna d'employer, dans les formes humides, les médicaments doux, le soufre et l'oxyde de zinc mélangés, et, dans les formes sèches, toutes les autres préparations.

STROPHULUS

Synonymie. — Feux de dents.

Le strophulus est une affection actuellement peu ou pas diagnostiquée parles dermatologistes, du moins en France, On a, en effet, isolé du cadre général strophulus une série de variétés pour les ranger, les unes, comme le strophulus albidus, le strophulus candichis, le strophulus volaticus, dans V urticaire infantile : une autre, le strophulus pruriginosus de Hardy, scrofulide boutonneuse bénigne de Bazin, dans le prurigo de Hebra, etc.

Définition. — On peut encore, néanmoins, conserver ce nom à un genre d'éruption infantile caractérisée par une éruption de papules plus ou moins grosses, plus ou moins confluentes^ mais toujours distinctes et accompagnées de prurit.

Symptomatologie. — Les papules, toujours nombreuses, peuvent être plus ou moins considérables; quelquefois petites comme un grain de millet, en général, du volume

STftOPHULUS.

d'une tète d'épingle; leur sommet, vésiculeux, est souvent excorié et recouvert d'une croùtelle jaune ou brune; leur coloration, rouge, rayonne plus ou moins en dehors de la papule : strophulus intertinctus de Willan dans le premier cas, strophulus confertus dans le deuxième. Lorsque les papules sont blanches avec une aréole rouge, le strophulus est dit : albidus; s'il n'y a point d'aréole, on l'appelle strop>hulus candidus.

Les lésions déterminent des démangeaisons assez vives, surtout le soir, d'oii grattage et excoriation des papules.

Ordinairement, la santé générale est assez bonne ; toutefois, l'éruption est presque toujours précédée de quelques troubles digestifs et d'une lièvre légère.

Siège. — Les papules sont disséminées çà et là sur la surface tégunientaire sur laquelle elles apparaissent simultanément, mais elles siègent plus particulièrement aux fesses, sur le ventre, aux membres inférieurs, aux avantbras, moins souvent à la face.

Marche. — Durée. — Lamarche du strophulus est aiguë ; l'éruption, parfois récidivante ou à poussées subintrantcs [slfopltulus colaticus) , peut ne durer que quelques jours ou persister pendant plusieurs semaines.

Pronostic. — Le pronostic est peu grave en dehors de l'insomnie et des récidives.

Diagnostic. — C'est surtout par élimination que l'on pourra, mais quelquefois avec difficulté, différencier le strophulus des prurigos parasitaires [gale, plithiriase, etc.), des urticaires, des éruptions sudorales, du prurigo de IIebra, etc.

SUDAMINA.

Étiologie. — Les troubles digestifs (indigestion, sevrage mal conduit), les accidents de la dentition (feux de dents), sont les causes les plus fréquentes de l'éruption qui s'observe plus particulièrement chez les nouveau-nés et les enfants à la mamelle. Bazin considérait la scrofule comme une cause prédisposante.

Traitement. — L'étiologie commune du strophulus commande sa thérapeutique, qui consistera surtout dans une hygiène alimentaire sévère, en particulier dans l'usage exclusif du lait.

Localement, on aura recours aux soins de propreté minutieux, aux lotions émoUientes ou faiblement alcoolisées suivant les cas et à l'emploi de poudres inertes : oxyde de zinc, amidon, talc, etc.

A l'intérieur, suivant la méthode de A. Blaschko, de Berlin, on peut donner le soir une cuillerée à café de :

Antipyrine 2 grammes.

Eau distillée )

. , aa 2o —

Sirop simple )

(A. Blaschko et E. Gebert.)

SUDAMINA

Synonymie. — ÏMiliaire pellucidc (Trousseau). — Miliaire cristalline (Hebra). — Bourbouilles.

Symptomatologie. — On désigne sous ce nom de petites vésicules roses ou blanches, à peine grosses comme une fine tête d'épingle, transparentes et contenant un liquide

SUDAMINA.

clair et acide. Lorsque leur confluence est grande, elles peuvent, par leur réunion, donner lieu à un soulèvement épidermique buUeux.

Elles ne déterminent, en général, aucun symptôme subjectif.

Siège. — Elles siègent surtout h la face antérieure du tronc et de l'abdomen, aux aines, aux aisselles et au cou.

Marche. — Elles se rompent très rapidement ou s'affaissent par suite de la résorption du liquide donnant lieu à une desquamation épidermique furfuracée.

Étiologie. — Elles coïncident presque toujours avec des sueurs abondantes et s'observent dans un grand nombre de maladies générales : rhumatisme, fièvre typhoïde, fièvres intermittentes.

On les considère comme formées par des gouttelettes de sueur retenues au-dessous de Tépiderme.

Traitement. — On évitera toutes les causes de produc tion de chaleur : bains, chaleur, boissons échauffantes, exercices violents, etc., etc.

On fera des lotions légèrement alcoolisées et astringente s et surtout des applications largd mami de poudres absorbantes.

SYCOSIS.

SYCOSIS

(Voir la planche XLV.)

Synonymie. — Mentagre. — Sycosc mentonnière. — Acné nicntagre. — Sycosis menti de Bateman. — Sycosis simple. — Varus mentagre d'An- BERT. — Impétigo pilaire de Devergie. — Sycosis non trichopliytique. — Adénotrichie (Hardy).

Définition. — Ce nom, sans qualificatif, est réservé actuellement aux lésions d'inflammation profonde des follicules pileux des régions velues, du visage principalement, quelle qu'en soit l'origine.

Symptomatologie. — Au début, on ne constate tout d'abord que quelques petites pustules inflammatoires, isolées, rouges, arrondies; peu saillantes, qui siègent à l'orifice du follicule pileux; elles sont presque toujours centrées par le poil.

Elles peuvent être plus ou moins nombreuses et de leur confluence ou de leur dissémination résultent des aspects un peu distincts : lorsqu'en effet les pustules se rompent, si elles sont disséminées çà et là, la petite croùtelle isolée qui les recouvre tombe rapidement et l'affection ne persiste que grâce à de nouvelles poussées pustuleuses successives; d'autres fois, existent des placards arrondis de la dimension d'une pièce de cinquante centimes ou de celle d'une pièce de cinq francs en argent, sur lesquels apparaissent des végétations papillaires, saillantes, rouges, suintantes

SYCOSIS.

et saignant facilement, d'où formation de croûtes épaisses; lorsque les lésions defolliculitc soûl conlluentes, elles donnent lieu à des noyaux pustuleux, véritables abcès dermiques, plus ou moins indurés, de volume variable, perceptibles à la vue et au toucher; les croûtes, de couleur brunâtre, étendues, volumineuses, couvrent alors des espaces considérables; elles sont sèches, adhérentes et laissent à leur place une surface rouge, humide, suintante, plus ou moins excoriée; elles sont suivies de cicatrices.

La peau participe au processus inflammatoire : elle est épaissie, gonflée, infiltrée, mamelonnée.

Le poil perd son adhérence, il tombe et l'on peut constater que sa racine est épaissie, engainée, infiltrée de pus dont on voit parfois une gouttelette sortir de l'orifice du follicule; la repousse se fait généralement, sauf cependant quand la folliculite a été assez intense pour amener une atrophie du follicule pileux; parfois, le poil repousse frisottant, comme athrepsié.

Comme dans toute inflammation le malade ressent des élancements, des picotements, des sensations de chaleur et de brûlure. La santé générale reste bonne.

Siège. — Le sycosis est une maladie des régions pileuses, de la face particulièrement, envahissant surtout la lèvre supérieure, le menton et les joues.

Marche. — L'affection a presque toujours une marche chronique; les pustiiles se montrent souvent par poussées successives pendant des mois et des années.

Pronostic. — Le sycosis est rebelle et tenace; quand la guérison survient, il ne reste ni alopécie, ni cicatrice; sauf dans certains cas indiqués plus haut.

SYCOSIS.

Diagnostic. — Le diagnostic peut être épineux : le sif/cosis parasitaire se reconnaîtra au trichopliyton.

Les lésions de Veczéjyia pilaire, sans induration profonde, sont plus superliciellesque celles du sycosis qu'elles peuvent cependant compliquer.

Les acnés vraies siègent plutôt sur les parties découvertes.

Enfin, certains cas de lupus, arrivés à la période croûteuse, pourraient simuler d'assez près le sycosis pour qu'un examen très attentif soit nécessaire.

Étiologie. — Toutes les irritations extérieures : savons de mauvaise qualité, pommades rances, poussières irritantes, coryza, tabac chez les priseurs, etc., peuvent développer cette affection qui semble, d'après les classiques, plus rebelle et plus longue chez les lymphatiques, les scrofuleux et les arthritiques.

Nature. — L'opinion générale est que, dans le sycosis, l infection des follicules est causée par les microbes pyogènes vulgaires [sycosis coccogenic de Bockhart, en opposition au sycosis hypogenic ou trichophy tique) pénétrant jusqu'à eux par une excoriation quelconque : plaies faites parle rasoir, écorchure, etc. On a décrit récemment (Tom- MASOLi et Ukna) un bacille, « le bacillus sycosiferus fœtidus », parasite d'un troisième sycosis, le sycosis bacillogenic.

Traitement. — Le sycosis réclame surtout un traitement externe. Celui-ci consiste, après que l'on a calmé les symptômes inflammatoires, s'ils existent, en lotions, pansements, applications d'emplâtres ou pommades antiseptiques mercurielles, soufrées, à l'ichthyol, en badigeonnages iodés, etc., combinés avec les scarifications et

SYCOSIS.

surtout l'épilation, cette dernière faite ici particulièrement dans les meilleures conditions possible d'antisepsie.

RosENTHAL recommande l'application bi ou tri-quotidienne de la pommade suivante :

Acide tanique ^ . . . l f^ramme.

Lait de soufre 2

Vaseline jaune 20 —

et pendant la nuit, une pommade émolliente.

GoTTHiiiL emploie au début la pommade ci-dessous :

Laudanum de Sydenhani ... 2 à 4 grammes.

Acide phénique pur Os^oO centigr.

Cold-cream 30 grammes.

et plus tard:

Précipité blanc 2 grammes.

Vaseline. .30 —

TÉLANGIECTASIES

Les télangiectasies sont constituées par de petites taches roses, rouges, violettes, diffuses, sur lesquelles rampent des vaisseaux dilatés donnant à la peau un aspect marbré.

Localisées, elles sont idiopathiques [télangiectasie icUopalhiqiie de Hebka, angiome simple de Hardy) et siègent alors le plus souvent à la face (joues, nez, paupières) ou symptomatiques d'autres affections (acné, chéloïde, kératose pilaire, etc.).

Lorsqu'elles sont généralisées, elles rentrent dans l'étude de maladies générales comme l'asthme', l'asystolie, etc.

Traitement. — Actuellement, le seul traitement rationnel des télangiectasies consiste dans l'emploi méthodique et régulier des scarifications linéaires.

TRICHOPTI LOSE (Litïré et Devergie)

Synonymie. — Trichoxéi'osis. — Scissura piloFum. — Fragilitas crinium. — Dissociation des fibres pileuses du poil de KOlliker.

C'est une affection qui consiste dans le fendillement des cheveux ordinairement secs ; ce fendillement peut se pro-

TRICHOPHYTIE.

duire à, l'extrémité du poil, à la racine ou dans la longueur de la tige.

Elle est idiopathique ou coïncide soit avec des affections du cuir chevelu, soit avec des maladies graves comme la phtisie; on rencontre la trichoptilose surtout aux cheveux des femmes, un peu moins souvent à la barbe des hommes.

Traitement. — Les auteurs ne conseillent d'autre traitement que do couper le poil entre son point d'implantation et le point fendillé.

TRICHOPHYTIE

C'est à Hardy que l'on doit la proposition du nom de trichophytie pour désigner les diverses lésions que peut produire le parasite végétal connu sous le nom de trichopliyton tonsurans, découvert en 1844-1840 par Gruby et Malmsten, et auquel sont dus :

1" La teigne tondante ou trichophytie du cuir chevelu;

2° Le sycosis parasitaire ou trichophytie de la barbe;

3" \i herpès cir ciné ou trichopliytie cutanée;

4 " La trichophytie des ongles ou onychomycose trichophytiquc.

Parasite. — Le champignon est composé de mycélium et de spores.

Le mycélium, que l'on rencontre surtout dans les la-

TRICHOPHYTIE.

nielles épidermiques, est formé de tubes longs, peu Ilexueux, ramifiés à des intervalles espacés.

Les spores rondes ou ovales, incolores, à surface lisse, d'un diamètre variant entre O^^jOOS et 0™'",008 (Robin), écartent les fibres des poils et se rencontrent dans l'intérieur des follicules pileux ou les plaques épidermiques; elles sont en amas ou en chaînes longitudinales, régulières et parallèles.

Divers auteurs ont étudié et classé un certain nombre de variétés du trichophyton.

Les travaux les plus récents sur ce sujet sont ceux de Neebe et FuRTHMANN qui ont réussi à cultiver quatre espèces bien nettes de trichophyton et de R. Sabouraud qui décrit aussi quatre types humains d'espèces tricliophytiques :

« 1" Le trichophyton à 'petites spores, parasite ordinaire de la teigne tondante et qu'on ne trouve jamais sur les régions glabres.

« 2° Le trichophyton à grosses spores, parasite moins fréquent de la teigne tondante, auteur habituel des trichophyties de la barbe, causant environ la moitié des irichophyties circinées tégumentaires.

« 3° Le trichophyton à grosses spores à culture spéciale, cause de la moitié des tr ichophyties circinées tégumentaires et spécialement de celles qui affectent le type de folUcuUte agminée. Il n'a pas été rencontré dans les cheveux.

« 4" Le trichophyton à grosses spores inégales trouvé une fois dans une teigne tondante d'aspect spécial. »

TRICHOPHYTIE DU CUIR CHEVELU

TRICHOPHYTIE DU GUIR CHEVELU (Voir la planche XLVI.)

Synonymie. — Porrigine toiisuraiite cI'Ai.ibert. — Porrigo scutulata de WiLLAN et Bateman. — Teigne tondante de Mahon. — Herpès tonsurant de Cazenave. — Teigne tonsurante. — Tricliomyces tonsurans de Malm-

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