ULCÈRE PHAGÉDÉNIQUE DES PAYS CHAUDS
Synonymie. — Ulcci-e annamite.
C'est une maladie exotique succédant toujours à une solution de continuité quelconque, due probablement à un microbe spécial et se présentant sous deux formes : la forme légère et la forme grave.
Dans la première, la lésion initiale s'agrandit phagédéniquement et donne lieu à un ulcère sanieux, séci'étant une grande quantité de pus et dont les bords sont tuméfiés et indurés.
Au bout d'un certain temps, la plaie devient atone, recouverte de rares bourgeons charnus et ne reprend un processus d'activité réparatrice que plus ou moins longtemps après, parfois plusieurs mois.
Dans certains cas, l'affection marche rapidement, se complique d'eschares, de nécroses, de décollements plus ou moins vastes, etc., et constitue alors la forme grave qui peut se terminer par la mort.
Traitement. — Le traitement consiste en pansements antiseptiques, en un traitement général tonique et approprié, en une hygiène prophylactique sévère.
Les noirs brûleraient ces ulcérations par la chaleur rayonnante (Roux, de Brignoles). Cette application locale de la chaleur a été utilisée comme moyen de traitement
UllIUROSE.
des ulcères syphilitiques, do jambe, etc., par A. Stépanovv, de Saint-Pétersbourg.
URIDROSE
Synonymie. — Sueurs urineuses.
On désigne sous le nom d'uridrose l'état de la sueur contenant les principes constitutifs de l'urine.
Cet état a été constaté dans quelques cas rares où l'on a pu recueillir sur la peau, peu de temps avant la mort du sujet, de petites lamelles cristallines contenant de l'urée (givre d'urée).
On attribue généralement ce phénomène à une sorte de suppléance par les glandes sudoripares des fonctions rénales.
E. Besnier el A. Doyon, qui pensent qu'il faut rejeter l'uridrose comme on a rejeté la galactidrose, croient qu'il n'en est pas ainsi et que les « observateurs qui ont cru rencontrer des dermatoses uriques [itrémides), ont simplement relevé une série d'éruptions multiformes que l'on observe en réalité chez certains urémiques, mais qui n'ont rien de spécifique et dont la pathogénie composite ne répond pas à d'aussi faciles théories ».
URTICAIRE
URTICAIRE
(Voir la planche XLYIII.)
Synouymie. — Fièvre orliee. — Scarlatine ortiée de Sauvages. — Epinyctis pruriginosa. — Cnidosis d'AuBERT. — Porcelaina de Liectaud. — Febris urlicata de Yogel. — Purpura orticatadc Junker.
Définition. — L'urticaii'e, considérée soit comme une affection cutanée propre, soit comme symptôme précédant [urticaire prémonitoire ou prodromique d'E. Besnier et A. Doyon) ou compliquant diverses maladies de la peau ou de l'organisme en général, est toujours caractérisée par des élevures papuliformes, rouges, roses ou blanches, souvent blanches au centre et rouges au bord, analogues aux saillies développées sous l'influence des piqûres d'orties (urtica dioïca, grande ortie et urtica urens, urtica miner, petite ortie ou ortie grièche).
Symptomatologie. — Ces élevures, accompagnées toujours d'un prurit très intense, de chaleur, de picotements, ont pour caractère spécial de paraître et de disparaître très rapidement.
Au point de vue objectif, l'éruption peut se montrer sous des formes bien diverses et variées, soit successivement, soit simultanément, sur les diverses parties du corps. Les saillies sont de grandeur variable, allant de la dimension d'une pièce de cinquante centimes à celle d'une pièce de cinq francs en argent ou plus, leur coloration n'est pas tou-
URTICAIRE
jours semblable ; elles peuvent être blanches au centre et rouges à la périphérie [urticaire porcelaine), om d'un rouge hémorrhagique au centre [purpura urticans de Willan, urticaire hémorrhagique de Bazin), leur forme est allongé», arrondie ou irrégulière ; elles sont disposées soit en plaques conlluentes [urticaria conferta), soit sous forme de lignes [urticaire figurée, gyratée, linéaire, cîVcfnee), parfois s'effaçant au centre et progressant à la périphérie [urticaire annulaire).
Les éléments peuvent être simplement des macules [urticaire maculeuse)., ou être papuleux [urticaire papuleuse de Neumann), tubéreux [urticaire géante de Hardy), vésiculeux ou huileux [urticaire vésiculeuse, huileuse), œdémateux (Hardy) quand l'urticaire siège sur des régions dont le tissu cellulaire est lâche, comme aux paupières, aux aisselles, aux régions génitales.
Ces lésions existent sur les muqueuses diverses: buccale, pharyngée, vulvaire, etc., y produisent un œdème considérable d'oii parfois des troubles sérieux laryngés, bronchiques, œsophagiens, vésicaux, etc., dus surtoutaux élevures volumineuses de l'urticaire géante (Milton).
Comme symptômes concomitants, on a noté du malaise, des douleurs vagues dans les membres; l'urticaire peut même quelquefois s'accompagner de fièvre plus ou moins inlcnse [fièvre ortiée, urticaria febrilis); ce qui ne manque jamais, ce sont les sensations de prurit, de cuisson, de démangeaison, de brûlure, sensations variables suivant les sujets, mais presque toujours très intenses, apparaissant avec l'éruption ou la précédant un peu.
Marche. — Un des caractères spéciaux de l'urticaire c'est la rapidité de son évolution, son apparition et sa disparition rapide après quelques heures [urticaire aiguë eva-
Pl. XLVIII. — Urticaire.
Û' t.cHATEUAlH
URTICAIRE
nida), ou quelques jours de durée, laissant quelquefois une pigmentation légère.
Dans ce qu'on désigne sous le nom d'urticaire chronique [urticaria perstans, urticaire récidivante), les éléments ne persistent pas indéfiniment mais se renouvellent incessamment pendant des mois etdes années, parfois d'une façon exclusive la nuit ou le jour.
Terminaison. — L'urticaire ne laisse pas de traces; quelquefois, cependant, persiste pendant quelques heures un léger œdème; dans l'urticaire hémorrhagique, on voit une tache ecchymotique; enfin, l'urticaire huileuse peut laisser après elle une pigmentation brunâtre plus oumoins foncée.
Pronostic. — Presque toujours l'urticaire se termine par la guérison, mais les récidives sont fréquentes.
Diagnostic. — Le diagnostic ne comporte de difficultés qu'eu égard aux affections cutanées que l'urticaire peut accompagner ou précéder (prurigo de Hebra).
On se gardera de la confondre avec les érythèmes papuleux et tuberculeux qui n'ont point les symptômes subjectifs accentués de l'urticaire.
A sa période de décroissance, elle simule parfois la syphilis.
Étiologie. — L'urticaire peut apparaître sous l'influence d'agents extérieurs : l'ortie, les méduses de mer, certains insectes, pous, puces, chenilles, cousins, etc., mais elle se développe souvent par suite d'une idiosyncrasie particulière chez quelques sujets après l'absorption de certains , aliments [urticaria ah ingestis), les moules en particulier.
URTICAIRE
la charcuterie, les poissons, les fraises, l'eau de seltz, etc., etc., ou de certains modicaraenls : copahu, cubèbe, térébenthine, clîloral, iodures et bromures, etc., etc. [ni^ticaire patho génétique de Bazin).
Elle peut accompagner les fièvres éruptives {urticaire rubéolique, scarlatineuse ,variolique , succédera l'irritation des séreuses [urticaire hyclatique en particulier).
De vives émotions peuvent être la cause d'une éruption urticarienne qui se développe encore pendant le cours de certaines affections gastro-intestinales, dans l'impaludisme {^urticaire paludéenne) , dans la goutte et chez les rhumatisants [urticaire rJiumatismale de Hardy).
Enfin, le tégument de quelques individus est le siège d'un phénomène spécial que l'on a rapproché de l'urticaire [urticaire autographique^ urticaire anestkésiciue^ etc.), pour lequel nous avons proposé le nom de pseudo-urticaire dermographique (voir ce mot).
Anatomie pathologique. — L'élevure urticarienne est un œdème aigu et circonscrit de la peau résidant dans une congestion vasculaire des papilles, d'où extravasalion séreuse, et, dit E. YiDAL, diapédèse de leucocytes.
Traitement. — Le traitement interne, indispensable souvent, doit s'appliquer à l'état général du sujet urticarien.
Outre un régime alimentaire sévère, on prescrira aux nerveux les bromures, les valérianates ; aux arthritiques, les alcalins; aux paludiques, le sulfate de quinine ouïes préparations arsenicales; aux dyspeptiques, le traitement approprié à la forme ou à la cause de la dyspepsie, et par suite, suivant les cas, une saison à Vichy, Royat, Evian, Néris, etc.
URTICATUE.
Comme médication interne propre à l'urticaire ellemême, on a conseillé l'atropine (Scwimmer, E. Bksnier, Frantz), Fiodure de potassium {E. Steun, de Manheim, dans l'urticaire chronique), l'arsenic, l'ergotine, la teinture de strophantus hispidus à la dose de 'IS à 20 gouttes par jour (10 guérisons sur 10 cas, Rifat), la quinine et la belladone que L. Brocq combine dans la préparation suivante :
Bromhydrate ou Hydrochloiate de quinine. Os"', 05 centigr.
Ergoline Og'',0o —
Extrait de belladone 08',002 milligr.
Excipient et glycérine q. s.
(Pour une pilule.)
de huit à seize par jour, toutes les deux heures, par une ou deux à la lois.
Nous nous sommes très bien trouvé, dans certains cas, chez les nerveux, de l'antipyrine donnée quotidiennement à la dose de un gramme, un gramme cinquante et deux grammes.
Localement, on emploie contre l'urticaire un grand nombre de moyens :
Les lotions, légèrement alcoolisées, ou phéniquées ou vinaigrées ; la formule suivante :
Eau de laui^ier-cerise 50 grammes.
Chloral 5 —
Eau -200 — .
(QUINQL'AUD.)
Les bains, parfois utiles, souvent nuisibles. Les poudres inertes additionnées de camphre l/oO, de salicylate de bismuth d/10, d'acide salicylique 1/100.
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P. CoLOMBUM a obtenu d'excellents résultats avec la lotion suivante :
Menthol 5 à 10 grammes.
Alcool 100
OU la pommade :
Oxyde de zinc )
aa 2o erammes.
Foudre d amidon )
Menthol Ok',50 centigr. à 3 —
Vaseline 50 —
On pourrait aussi, dit L. Brocu, essayer l'enveloppement ouaté de L. Jacquet.
URTICAIRE PIGMENTÉE
Synonymie. — Xanthêlasmoidea de Fox. — Urticaire persistante de GooDii.vRT etPicK. — Érythéme permanent de Baker. — Urticaire pigmentaire d'E. Besnier et A. Doyon.
Définition. — L'urticaire pigmentaire est une affection rare, constituée par des saillies urticariennes suivies de taches brunâtres persistant longtemps.
Symptomatologie. — L'éruption, ordinairement urticarienne au début, devient rapidement colorée en jaune, en brun plus ou moins clair, en rouge plus ou moins foncé (peau de léopard) ; les plaques éruptives sont plus ou moins saillantes {^urticaire nodulaire maculeuse mixte), plus ou moins confluentes, plus ou moins grandes, couvrant parfois le tronc presque entièrement.
URTICAIRE PIGMENTÉE.
Les démangeaisons sont quelquefois très intenses, surtout au début et quand apparaissent de nouveaux éléments, car c'est un des caractères de l'affection de se manifester par poussées successives se compliquant assez souvent d'éléments vésiculeux ou huileux.
On a noté aussi l'existence d'adénopathies multiples.
Siège. — Les lésions siègent surtout sur le tronc et les membres.
Marche. — La marche de la maladie est très lente, huit ou dix ans en moyenne (P. Raymond).
Pronostic. — Le pronostic est toujours favorable.
Étiologie. — L'étiologie de l'urticaire pigmentée est inconnue.
Nature. — On peut la classer, disent E. Besxier et A. DoYON, dans les érythèmes angionévrotiques type ortié persistant, comprenant Yurticaire persistante simple, V urticaire persistante jjiç/mentaire , Wirticaire persistante et pigmentaire nécrosique ou érythème ortié nécrosiqiie, toutes dermatoses trophiques à origine vraisemblablement centrale.
Traitement. — Aucun traitement spécial n'est à recommander contre cette affection (voir le traitement de l'urticaire).