‹ Précis iconographique des maladies de la peauChapitre 118 sur 120 · VÉGÉTATIONS · texte numérisé non relu

VÉGÉTATIONS

Synonymie. — Condylomes acuminés, pointus. — Verrues à pointe en forme de figue, saillantes, molles et humides. — Végétation dermique. — Excroissance en chou-fleur.

Définition. — Symptomatologie. — On doit réserver ce nom à des tumeurs verruqueuses de forme irrégulière, groupées en masses confluentes, comparables à des crêtes de coq, des champignons, des framboises, etc., sessiles ou pédiculées, rosées ou rougeâtrcs, parfois d'un rouge brillant; elles sont sèches ou humides et, dans ce dernier cas, ont une odeur très pénétrante, fétide.

Siège. — Elles siègent surtout aux organes génitaux, chez l'homme au gland et à la face interne du prépuce, chez la femme aux lèvres, à la vulve, dans le vagin; on les trouve encore à l'anus, à l'ombilic, aux aisselles, entre les orteils.

Marche. — Elles peuvent s'accroître indéfiniment ou disparaître facilement.

Étiologie. — Elle sont favorisées par la blcnnorrhagie, la leucorrhée de la grossesse.

Traitement. — Il faut les enlever au thermo-cautère, au galvano-cautère.

VERRUES

LLCAs-GiiA.Mi'iOiNNiÈRE Conseille des badigeonnages phéniquc%, Tarnier une solution aqueuse concentrée de tanin. On a employé aussi l'acide acétique, le nitrate d'argent, le chlorure de zinc, les acides salicylique et acétique :

Acide salicylique 2 grammes.

Acide acétique 30 —

(GiRO Urriol.v.)

le plomb caustique :

Oxyde de plomb 0"-,2o centigr.

Solution de potasse caustique à 33". T^^oO

(BOCKHAKT et TCHERNOiaORDIK.)

l'acide tricliloracétiquc (A. Lanz, de Moscou), la sabine :

Sabine pulvérisée 5 grammes.

Sulfate de fer pulvérisé 8 —

Alun calciné pulvérisé 8 —

(Neum.vnn.)

Il est bon de noter que d'une part ces derniers moyens ne sont souvent que palliatifs, mais que, d'autre part, les moyens chirurgicaux ont parfois provoque l'avortement (Velpeau, (îailleton).

VERRUES

Définition. — Symptomatologie. — On désigne sous le nom de verrues [poireaux) de petites tumeurs cutanées rondes, rugueuses ou lisses {verrues' g labres), granuleuses, papuliformcs, mamelonnées {acrothymion), plus ou moins nombreuses, d'un volume variable, grosses comme ungrain

VERRUES

de millet ou un gros pois, ayant la coloration normale de la peau ou une couleur jaune, brunâtre, ou noirâtre, indolentes, siégeant sur les parties découvertes et disparaissant spontanément {verrues caduques), ou persistant indéfiniment [verrues persistantes) .

Outre cette forme vulgaire, les auteurs en distinguent ordinairement deux autres :

1° Les VERRUES SÉNILES;

2° Les VERRUES JuvÉxn.ES [verrues de croissance).

Verrues séniles. — Les premières, les verrues séniles, s'observent surtout chez l'homme, au thorax principalement.

En raison des rapports qu'elles afTeclent avec la séborrhée, on les décrit aussi sous le nom de verrues plates séborrhéiques des vieillards.

Verrues juvénu.es. — Les verrues juvéniles sont surtout groupées à la face et sur le dos des mains; elles sont petites, nombreuses, lisses, brillantes, ressemblant assez au lichen plan; c'est à cette forme que l'on rattache les verrues télangiectasiques [angiokératome de Mibelli). (Voir l'article pseudo-lymphangiomes.)

Traitement. — On recommande, à l'intérieur, la magnésie, l'arsenic (Pulun et P.MuLLER),la teinture de thuya occidentalis à la dose de 60 à 80 gouttes par jour.

Localement, il faut employer la destruction par lescaustiques chimiques, le galvano-cautère, le thermo-cautère, le raclage, etc. Sur le visage, on pourra d'abord essayer des pommades, savons, emplâtres mercuriels, au naphtol, à l'acide salicylique, etc., etc.

On a obtenu des résultats par des applications d'onguent gris additionné de o à 10 p. 100 d'arsenic suivies de cautérisations avec l'acide nitrique (Altschul).

VITILIGO. 493

Ch. Szadeck de Kiev, préconise la résorcine sous forme de pommade :

Résorcine 5 grammes.

Vaseline 20 —

On a conseillé aussi l'emploi des collodions suivants (L. Brocq) :

Acide salicylique 1 gramme.

Alcool à 90° 1 —

Éther à 62° 2 ,30

CoUodion élastique S^'jSO

Bichlorure d'hydrargyre 1 gramme.

Collodion riciné —

(Kaposi.)

Le D"" Petzek, d'Oppeln, détruit les verrues par l'électricité en enfonçant au milieu d'elles une aiguille positive, une autre négative immédiatement au-dessous de la surface de la peau, puis fait passer le courant qu'il augmcnt<> graduellement jusqu'à ce que survienne de la douleur. Deux séances de cinq minutes de dui'ée chacune suffiraient habituellement pour dessécher la verrue qui tomberait ensuite.

VITILIGO

Synonymie. — Achrome vitiligne cI'Alibert. — Albinisme partiel. — Leucodermie partielle. — Dystrophie pigtncntaire. — Dyschromie cutanée. — Dermatose à la fois achromateuse et hyperchroinateuse.

Définition. — Le vitiligo est une dystrophie pigmentaire,une ataxiepigmentaire, disent E. Besnier et A. Dovon,

VITILIGO.

caractérisée par des taches Manches, achroniiques, bien circonscrites, entourées d'une zone plus pigmentée qu'à l'état normal (hyperchromique).

Symptomatologie. — Les taches de vitiligo sont ordinairement multiples, le plus souvent rondes ou ovalaires, parfois irrégulières ; leur dimension est des plus variables: tantôt très petites, de quelques millimètres de diamètre, tantôt larges comme la paume de lu main et même plus.

Au niveau des plaques décolorées, la peau parait saine et les diverses fonctions (sensibilité, tact, etc.) sont le plus habituellement conservées.

Marche. — Les taches apigmentaires grandissent souvent peu à peu d'une façon lente et graduelle pendant des années entières, puis peuvent s'évanouir complètement; parfois l'affection disparait pour revenir ensuite [vitiligo ambulant, intiligo intermittent d'E. Besnier et A. Doyon).

Siège. — Toutes les régions du corps peuvent être atteintes de vitiligo; on le signale néanmoins plus fréquemment aux parties génitales, à la figure, au cou, à la face dorsale des mains, au cuir chevelu.

Lorsqu'il existe sur des régions couvertes de poils, ceuxci sont blancs.

On a constaté assez souvent une symétrie bien nette dans la distribution des taches achromiques.

Pronostic. — Le pronostic est défavorable puisque l'affection est presque toujours incurable, mais elle ne constitue en somme qu'une simple difformité.

Diagnostic — Le diagnostic ne serait difficile que dans

Pl. XLIX. — Vitiligo.

VITILIGO.

quelques mélanodermies partielles comme dans certaines formes de sclérodermie.

Étiologie. — Parfois congénital, le vitiligo se montre habituellement dans l'âge adulte et la vieillesse; il semble plus commun dans les pays chauds, mais on a surtout fait intervenir dans son apparition des phénomènes d'ordre nerveux.

Anatomie pathologique. — Dans ces cas, les anatomopathologistes ont décrit une lésion anatomique de la partie périphérique du système nerveux.

Traitement. — Au point de vue local, on peut essayer d'agir sur les régions hyperpigmentées avec des irritants divers : sublimé, naphtol, vésicatoircs, etc.

Phillips Moro Byler, de Corrientes, aurait obtenu de très bons résultats en quelques jours par des frictions fréquentes avec :

Teinture d'iode 4 grammes.

Onguent merciu iel double 10 —

Au point de vue général, on a employé tous les modificateurs du système nerveux intus et extra : bromures, douches, électricité; les courants continus longtemps prolongés nous ont donné, chez une do nos malades, un résultat certainement appréciable.

2o ÉDIT.

XANTHOM E

Synonymie. — Plaques jaunâtres folliculeuses. — Plaques jaunes des paupières (Rayer). — Vitiligoïdea (Addison et Gull). — Molluscum sebaceum et Xanthélasma (Erasmus Wilson). — Molluscum cholestérique (Bazin). — Xanthoma (W. Frank Smith). — Molluscum lipomatodes et Fibroma lipomatodes (Virchow).

Définition. — Le xanthome est une affection de la peau constituée par des taches jaunâtres, succédant, d'après QuiNQUAUD, à une tache exanthématique congestive ; elles sont plates ou saillantes, indurées, ayant les paupières pour siège de prédilection.

Symptomatologie. — Xanthome localisé. — Localisée aux paupières [xanthélasma des paupières, xanthome plan), l'affection se présente sous l'aspect de petites taches peu (variété papuleuse) ou point (variété maculeuse) saillantes, arrondies ou ovalaires, dans le sens de l'axe transversal de la paupière, ayant une dimension qui atteint au plus deux centimètres. Leur couleur est jaune chamois, jaune citron, jaune paille (couleur feuille fanée); elles sont mollasses au toucher, lisses ou granuleuses.

La peau est parfois épaissie à leur niveau.

Elles ne provoquent aucun symptôme subjectif.

Siège. — Elles siègent sur les paupières supérieures et inférieures vers le grand angle de l'œil, débutant souvent

XANTHOME.

du côté gauche pour devenir bientôt symétriques. On les a observées sur les joues, les lèvres, la conque des oreilles, le prépuce, les muqueuses digestives, buccale, pharyngée, laryngée, etc., et même sur les viscères, les capsules de la rate et du foie, l'aorte, l'endocarde [xanthome nmqueux e\. xanthomatosc viscérale, colique hépatique xanthomatique , liêpatite xanthomatiqueQi xanthome endocardiaque d'E.BES- N[EK et A. Doyoin).

Xanthojie généralisé. — Généralisée au tégument, l'affection est souvent saillante [xanthome élevé ou so^'lant, xanthélasma tuberculeux et tubéreux, xanthome populiforme, xanthome en tumeur d'E. Besnier et A. Doyon) et groupée en diverses régions [xanthelaama multiplex) ou isolée.

Les saillies sont arrondies ou ovalaires, d'un volume variant de celui d'un grain de millet k celui d'un pois ; elles sont molles ou dures, jaunâtres ou blanches; elles adhèrent à la peau et sont douloureuses au toucher.

Elles peuvent, par leur réunion, constituer des lignes plus ou moins irrégulières [xanthelasma lineare vel striatum), parfois disposées le long de trajets nerveux [xanthelasma zonifortne), ou des nodosités du volume d'un pois ou de celui d'une noisette [xanthome en tumeur d'E. Besnier et Doyon).

Siège. — On les rencontre symétriquement aux membres , coudes, genoux [xanthome tubéreux de Chambard et E. Besnier), aux pieds, sur les orteils, aux mains, sur les doigts, au visage, sur les joues, plus rarement aux paupières; elles existent aussi sur les muqueuses: bucco-pharyngienne, trachéale, bronchique (Pye Smith, Wickham,

XAMHOME.

Legg, Chamb4rd), sur les grandes et les petites lèvres et sur la muqueuse du vagin.

Dans ces cas, les lésions peuvent occasionner de la gène et de la douleur lorsqu'elles sont volumineuses.

On a noté souvent une coïncidence entre le xanthome et l'ictère ainsi que l'apparition fréquente d'une teinte jaunâtre spéciale, la xanthechromie de Hardy, xanthochromie d'E. Besnier et a. Doyon on .xa7ithodermle de Carry.

Marche. — Durée. — C'est une affection qui persiste généralement indéfiniment ; on l'a vue rétrocéder et devenir peu apparente.

Pronostic. — Le xanthome n'a aucun retentissement sur la santé générale ; c'est à ce point de vue une affection tout à fait bénigne, sauf dans le cas de généralisation viscérale.

Diagnostic. — Le diagnostic, facile ordinairement, peut quelquefois être très difficile, soit par suite du siège (muqueuses), soit par suite d'un aspect spécial.

Étiologie. — Le xanthome est rare chez les enfants, plus commun chez les femmes que chez les hommes et chez les brunes que chez les blondes ;

On a noté comme causes prédisposantes l'hérédité (Leh- ZEi\, Knauss, h. Kôbner, Jonathan Hutchinson) et l'arthritisme; et, comme causes occasionnelles, les affections hépatiques (Potin, Quimquaud) et le diabète (Addison et Gull, Bristowe, J.-B. Hillairet, Malcolm Morris, Chambard, Au- BERT, W. A. Hardaway, Thomas Barlow, Cavafy, Colcott Fox, E. Besnier, Robinson).

XANTHOME.

Xan'tiiome dks diabétiques. — XuG xanthome des diabétiques [xanthoma diabeticorum, xanthome transitoire^ rémittent ou intermittent des ghjcosuriqnes ou xanthome f/lijcosurique d'E. Besmer et A. Doyon) constitue une forme spéciale, grâce à la rapidité de son évolution, à sa marche, à l'absence de l'ictère, à ses localisations aux coudes, aux genoux, aux poignets, aux fesses, aux chevilles, au cuir chevelu, à la muqueuse buccale, à son absence aux paupières, à l'induration et à l'hyperesthésie de ses éléments, à sa disparition facile chez des sujets diabétiques ou en puissance de diabète, mais identique, aftirment les derniers auteurs que nous venons de citer, au xanthome simple.

Anatomie pathologique. — Les tumeurs du xanthome sont formées par du tissu conjonctif plus ou moins altéré, et des cellules spéciales (cellules xanthélasmiques de Chambard) avec lésion et hypertrophie des vaisseaux, fibres élastiques, etc.

Traitement. — Comme traitement interne, E. Besnier conseille les alcalins et la térébenthine longtemps continuée. Il faut, en outre, traiter l'état général, chez les diabétiques, les arthritiques, etc.

Localement, on peut employer le raclage, l'excision, la cautérisation par les caustiques, le thermo-cautère, l'électrolyse; on s'est servi des badigeonnages de collodion au sublimé (Stern) :

Sublimé 5 grammes.

Collodion 50 —

XERODERMA PIGMENTOSUM.

XERODERMA PIGMENTOSUM (Kaposi)

Synonymie. — Xeroderma de Hebra et Kaposi. — Naevus de forme rare de Geber. — Angiome pigmentaire et atrophique de R. W. 'I'aylor. — Xerodcrina de Hebra, de Duhring. — Liodermie essentielle avec mélanose et télangiectasies de Neisser. — Dermatose de Kaposi, d'K. Vidal. — Mélanose lenticulaire progressive de Pick. — Atrophoderma pigmentosum de Radcliffe Crockeu. — Maladie pigmentaire épithéliomateuse. — I,entigo épithéliomateux de Quinquaud. — Épithéliomatose pigmentaire ou Pigmentose épithcliale d'E. Besnier.

Définition. — Le xeroderma pigmentosum est une maladie de famille, décrite d'abord par Kaposi, qui consiste en taches pigmentaires et cicatricielles, en un état xérodermique de la peau et se terminant par des lésions d'épitliélioma.

Symptomatologie. — Au début, l'affection ressemble à des lentigines (première période) dispersées sur la face, le cou, la nuque, le haut du tronc, la face dorsale des mains et des bras; puis la peau des régions atteintes devient sèche et ridée, couverte d'une desquamation épidermique furfuracée ; elle est comme rétractée ; çà et là on aperçoit des télangiectasies qui disparaissent, laissant à leur place de petites dépressions cicatricielles ; en même temps se produisent des lésions secondaires diverses, impétigineuses, eczémateuses, ulcéreuses (deuxième période). Enfin, certaines taches pigmentées se recouvrent de lésions épithéliomateuses, sarcomateuses ou angiomateusesqui amènent la mort du malade par leur généralisation et leur suppuration abondante.

XERODERMA PIGMENTOSUM.

Pronostic — Jusqu'à présent, le pronostic est défavorable et considéré comme absolument fatal.

Diagnostic. — L'aspect spécial et la marche de l'affcclion distinguent suffisamment le xeroderma pigmentosum des autres lésions pigmentaires.

Étiologie. — L'affection, qui débute presque toujours dans la première enfance, est « familiale ».

Les causes occasionnelles ordinairement invoquées, l'influence du soleil (Pick), de la lumière (Unna), ne semblent pas indiscutables.

Traitement. — En dehors des indications prophylactiques, le traitement du xeroderma pigmentosum est encore à l'étude.

On soulage les malades avec les moyens chirurgicaux employés en dermatologie : rugination, cautérisation, etc.; avec les emplâtres, les poudres d'iodoforme, de chlorate de potasse, etc. , les injections interstitielles.

A l'intérieur, on a donné, sans résultat, l'arsenic, le chlorate de potasse, l'iodure de potassium, etc. « Tout, dit E. Besnier, est autorisé en présence d'une affection aussi fatalement funeste, excepté l'abstention. »

YAWS

Synonymie. — Pian. — Frambœsia. — Mycosis frambœsioides. — Bubas. — Verruga. — Bouton d'Amboine. — Papillonia tropicum. — Verrue.'* endémiques.

Définition. — Symptomatologie . — Ces divers noms désignent une maladie générale, contagieuse et inoculable, caractérisée au début par de petites taches ou des saillies papuleuses, vésiculeuses ou pustuleuses.

A la période d'état, l'affection est constituée par des tumeurs ressemblant à des mûres ou à des fraises, parfois gigantesques, qui peuvent s'ulcérer ou disparaître par résolution.

Marche. — Cette maladie, dont les éléments se montrent successivement, qui possède une incubation et une période prodromique caractérisée par des phénomènes généraux, fièvre, douleurs, faiblesse, etc., dure, en général, plusieurs mois ou'plusieurs années et est récidivante.

Pronostic. — Le pronostic n'est défavorable que dans les cas d'hémorrhagie qui complique quelquefois cette maladie ou lorsque les malades sont épuisés par la longueur des suppurations.

YAWS.

Il serait plus sérieux dans la variété appelée verrue du Pérou, des Andes, de Castille.

Traitement. — On recommande contre cette afTection l'iodoforme, l'iodure de potassium, le soufre, legaiacetles sudorifiques.

Localement, il faut Iraiter les lésions avec l'antisepsie la plus rigoureuse.

ZONA

(Voir la planche L.)

Synonymie. — Herpès zoster. — Zoster. — Feu sacré (ignis sacer). — Hémizona. — Feu de Saint- Antoine. — Ceinturon sacré ou de feu (Alibiîrt). — Ërysipèle zoster (Sauvages). — Érysijièle phlycténoïde (Cullen).

Définition. — Le zona est une affection de la peau caractérisée par des vésicules entourées d'une zone érythémateuse, ordinairement groupées sur un seul côté du corps, le long des trajets nerveux et s'accompagnant de douleurs névralgiques plus ou moins intenses, ne récidivant pour ainsi dire jamais.

Symptomatologie. - — Apparaissant quelquefois subitement comme premier symptôme, l'éruption cutanée est souvent précédée de troubles généraux (période pré-éruptive fébrile de Batkman) tels que frissons, fièvre, malaise général, adénopathies [adénopathies zosté rie unes pré-éruptives, Barthélémy) et surtout, ce dernier phénomène manquant rarement, d'une douleur névralgique plus ou moins violente mais parfois très aiguë au niveau de la région sur laquelle le zona va paraître et le précédant quelque-

Pl. L. — Zona.

ZONA.

fois de plusieurs mois [névrodynies pi'ézosténemiesà'E. Bes- NiER et A. Doyon).

L'affection soit brusquement, soit accompagnée d'une, sensation locale de chaleur ou de prurit, se manifeste tout d'abord par une série de plaques érythémateuses plus ou moins rouges, séparées les unes des autres, quelquefois confluentes, ovalaires à grand axe dirigé suivant les trajets nerveux. Elles apparaissent successivement; quelquesunes restent simplement érythémateuses {zona friisle ou abord f), mais la plupart se recouvrent de vésicules distinctes ordinairement mais groupées en nombre plus ou moins considérable, habituellement de six à huit, de la dimension d'un grain de millet environ et contenant une sérosité claire, limpide et transparente au début : le contenu des vésicules devient ensuite trouble et opalescent, quelquefois même purulent; dans certains cas, la vésicule prend une couleur brunâtre par suite de la présence dans sa cavité d'une certaine quantité de sang {z-ona Iiémorrhagique).

Lorsque les vésicules sont confluentes, elles forment de véritables bulles plus ou moins considérables [herpès phlyctœnoïdes).

La période d'état des vésicules dure généralement de cinq à dix jours; on voit alors se produire, soit l'affaissement de la lésion par suite de la résorption de son contenu, soit sa rupture, d'oii résulte l'écoulement au dehors du liquide qu'elle contenait et sa concrétion en croûtelles d'un jaune noirâtre, plus ou moins épaisses qui, lorsqu'elles tombent un peu plus tard, laissent à leur place ime macule brune ou violacée qui disparait elle-même peu à peu.

Dans certains cas, on peut constater, après la chute des croûtes, soit des ulcérations superficielles ou profondes du

ZONA.

derme [zona ulcérant)^ soit même de véritables eschares {zona gangréymix) donnant lieu à des cicatrices indélébiles; dans les deux cas, existent des macules pigmentées persistant parfois d'une façon permanente.

On a signalé, au niveau des placards éruptifs, des phénomènes d'anesthésie, d'analgésie ou, au contraire, d'hyperesthésie ; on a noté plus souvent des phénomènes de parésie ou même de paralysie.

En dehors des phénomènes généraux qui peuvent exister, de la fièvre qui cesse ou s'atténue quand l'éruption des vésicules est terminée, on a constaté, assez souvent, l'engorgement des ganglions lymphatiques correspondants, des accidents cérébraux, des hallucinations visuelles ou auditives, du côté atteint, dans le zona trifacial (hallucinations unilatérales, homonymes dans le zona de la face, Féré), et aussi des complications pulmonaires ou rénales.

La douleur qui accompagne le zona offre des caractères d'une grande variabilité; précédant ou accompagnant l'éruption, forte parfois [zona névralgique)^ insupportable dans d'autres cas [zona hyjjernévralgique), elle est ordinairement lancinante comme celle des douleurs névralgiques ; quelquefois le malade accuse une sensation de brûlure ; chez certains, existe plutôt une sorte de démangeaisonqu'une véritable douleur. Celle-ci, enfin, peut complètement manquer [zoim indolent)^ en particulier chez les enfants, ou persister très longtemps après la disparition de l'éruption.

Tous ces accidents sontplus manifestes pendant la nuit; P. FABRE,de Commentry, ajustement insisté sur l'insomnie zostérienne.

Siège. — La caractéristique del'affection est d'être uni-

ZONA.

latérale [hémizona de Hardy); on a cilé néanmoins des cas de zona double; mais, dans l'immense majorité des cas, le zona n'existe que d'un seul côté du corps et quel que soit son siège.

Celui-ci peut varier : le zona est plus fréquent au tronc (voir la planche L), dans les régions thoracique et abdominale [zona pectoral, intercostal ou dorso-pectoral, zona abdominal, dorso-ahdomincd et lombo-inguinalàe. Bjîrensprung), constituant le zona du tronc des anciens auteurs (Rayer, etc.); on le rencontre ensuite par ordre de fréquence aux membres inférieurs [zona lombo- fémoral et fémoral), à la face [zona facial, zona totcd oxxpartiel du trijumeau, en particulier le zona ophthalmique, variété importante en raison des accidents qu'elle détermine du côté de l'organe delà vision: ulcérations de la cornée, iritis, irido-choroïdite, paralysies musculaires, au cou [zona occipito-collaris ou cervical de B/erensprung ou zona nucJix de Hebra , zona descendant ou cervico-subclavicnlaris de B^rensprung), au membre supérieur [zona brachial ou ceririco-brachial) , au périnée [zona périnéal, zona sacrogénital on sacro-ischiatique de Bjsrensprung, :;o?î« ^(/nzVa/), enfin au cuir chevelu [zona capillitii).

On a décrit aussi (Hardy, Kaposi, B.erensprung, Perroud, Paget, Remack, h. Fournier, etc.) un zona des muqueuses (joues, langue, pharynx, muqueuses anales, génitales, elc).

Marche. — Dans sa forme ordinaire, le zona est une affection cyclique dont la durée varie de sept à vingt jours environ; il dure parfois davantage en raison de la persistance de lésions consécutives [zona c/ironique de Leudeï ou mieux zona atypique, zona jiersistant, zona prolonge d'E. Besnier et A. Doyon) ; il ne récidive en général jamais.

ZONA.

Pronostic. — ■ Le zona est bénin chez l'enfant, plus grave chez le vieillard, d'un pronostic variable chez l'adulte suivant sa forme et sa localisation.

Diagnostic. — L'aspect de l'affection, joint à son caractère d'unilatéralité et à l'allure de sa marche permet, dans l'immense majorité des cas, de poser facilement le diagnostic.

Le zona se différencie de l'eczéma grâce aux vésicules eczémateuses, plus petites, plus confluentes, éphémères, suivies de croùtelles jaunâtres, survenant sans fièvre, avec des démangeaisons prononcées et non des sensations de douleur et de brûlure.

h' herpès ressemble objectivement au zona; celui-ci se distingue par ses caractères d'unilatéralité, de limitation à un territoire nerveux, de non-récidivité.

Le diagnostic est parfois très épineux en face d'éruptions zostéroïdes ; il ne se fera que par l'étude complète de l'affection envisagée.

Étiologie. — L'étiologie du zona est très obscure; la maladie se développe à tous les âges, peut-être plus souvent chez l'homme que chez la femme; on a cité comme causes prédisposantes l'arthritisme, la tuberculose pulmonaire; comme causes déterminantes, on a signalé le refroidissement, les émotions morales, le traumatisme.

Pathogénie. — Les auteurs qui ont étudié la nature du zona se divisent en deux camps ; pour les uns comme H. Ler.oiR, c'est une trophonévrose, pour les autres comme Lan- DOUZY et L. Broco, c'est une maladie infectieuse [zosterzymotique).

ZONA.

Anatomie pathologique. — On a constaté (Neumann, BiÉsApECKi, Haight, etc.) une dilatation des vaisseaux de la couche papillaire, une infiltration des papilles par la sérosité et une prolifération du tissu conjonctif. Les altérations des nerfs consistent en vascularisation du névrilcme, infiltration du tissu cellulaire environnant par des leucocytes, altérations diverses des tubes nerveux eux-mêmes.

Traitement. — Pour avoir quelque efficacité, le traitement interne doit s'adresser à l'état constitutionnel du malade.

Localement, on peut, au début, essayer d'arrêter l'éruption par les applications avec le pinceau d'une solution alcoolique, dit E. Besnier, de perchlorure de fer, d'acide phénique, de nitrate d'argent. Plus tard, les pansements antiseptiques conviennent mieux.

Contre la douleur, on emploiera les solutions de cocaïne, les liniments chloralés ou chloroformés, les pommades opiacées, le chlorure deméthyle en badigeonnages (Bailly^ de Chambly), les pulvérisations de chloral (Leroy), les injections hypodermiques de morphine, de cocaïne. I n auteur anglais, M. G. K. Smith, attribuant le zona à une congestion du nerf amenant la compression des filets nerveux à l'endroit oii le nerf traverse la dure-mère spinale ou crânienne, a réussi, dans plusieurs cas, à faire disparaître presque immédiatement la douleur en pratiquant une saignée locale abondante, aussi près que possible du point d'émergence du nerf, mais sans intéresser la zone inflammatoire entourant les pustules.

Contre les douleurs consécutives, on aura recours, outre les moyens précités, aux applications de pointes de feu à la racine du nerf et aux points d'émergence des branches

ol2

ZONA.

perforantes (E. Besnier et divers), enfin à l'électricité.

Dans un cas, nous avons été satisfait de Temploi en injection hypodermique de la solution suivante conseillée par A. Damiens :

Ichthyol Oe^OS centigr.

Eau distillée 1 gramme.

INDEX ALPHABÉTIQUE

Celle table constilue une sorte de répertoire de terminologie dermatologique destine non seulement à simplifier les recherches dans le Précis, mais encore à faciliter la lecture des classiques français ou étrangers.

Pafjes.

Abcès dermiques 21, 217

Abcès froids 217

Abcès ossifluents 219

Abcès scrofuleus ....... 217

Abcès sous-dermiquo 21

Acaromanic 213

Acarus folliculoi'um 41

Acarus scabiei 210

Achores li

Achor 128

Achorion Schoenleinii 202

Aclirochordon 308

Achromasie 19

Achronae vitiligne 495

Achromie 19

Achromie cutanée congénitale. 48

Achromie des ongles 49

Acné 19, 20, 458, 473

Acné albida 44

Acné anthracoïde iodo-potas-

sique 23

Acné arthritique 34

Acnés artificielles 23

Acné atrophique. . . . 20, 34, 286

Acné boutonneuse 20

Acnés bromiques 23

Acné cachecticorum 23

Acné cancroïdale 47

Acné chéloidienne 20, 37

Acné chéloïdique 37

Acné à cicatrices déprimées . . 34

Acné congestive 28

Acné cornée 20, 42

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