‹ Précis iconographique des maladies de la peauChapitre 48 sur 120 · ÉLÉPHANTIASIS · texte numérisé non relu

ÉLÉPHANTIASIS

raie, l'affection est toujours plus accentuée d'un côté, le pied et la moitié inférieure de la jambe, deux ou trois fois plus gros qu'à l'état normal, sont absolument déformés ; ils ressemblent à un gros bourrelet coudé et séparé, au niveau de l'articulation du cou-de-pied par un sillon profond qui en indique la place; les orteils, aplatis les uns contre les autres, ne sont plus indiqués à leur face dorsale que par des rainures superficielles.

Quand les parties génitales sont envahies, ce qui est assez rare dans nos climats, la verge et le scrotum peuvent être atteints simultanément ou séparément : le pénis est volumineux, œdématié, en tire-bouchon; le scrotum peut descendre jusqu'aux genoux.

Chez la femme, ce sont les grandes et les petites lèvres ainsi que le clitoris qui sont pris.

Aux membres supérieurs, le gonflement intéresse surtout les doigts et la face dorsale de la main.

A la face, ce sont plutôt des hypertrophies et des bouftissures circonscrites que l'on observe aux paupières, aux lèvres, au nez.

Marche. — Durée. — Terminaison. — C'est une maladie chronique mettant dix, quinze, vingt ans à atteindre son maximum d'intensité et persistant alors indéfiniment, sauf complications capables d'entraîner la mort.

Pronostic. — L'éléphantiasis, maladie incurable, comporte donc un pronostic grave, assombri encore par les complications locales.

Diagnostic. — Le diagnostic est facile. Au cas où l'on songerait à un œdème, il suffirait de se rappeler que, dans ce dernier cas, la peau est amincie, d'une couleur plutôt

ÉLÉPHANÏIASIS.

pâle et qu'enfin la durée de l'affection n'est jamais aussi longue que celle de l'éléphantiasis.

Étiologie. — L'éléphantiasis s'observe plus fréquemment chez les individus qui habitent les climats chauds et qui sont soumis à une très mauvaise hygiène ; il se développe principalement à l'âge adulte et est plus fréquent chez l'homme que chez la femme.

L'éléphantiasis est souvent consécutif à des états divers : ulcères de jambe, eczémas, lésions chroniques de la scrofule et du lymphatisme ; il est fréquemment dû à la filariose, maladie produite par un parasite microscopique, la filaire du sang [fdaria sanguinis hominis).

Anatomie pathologique. — Les lésions de l'éléphantiasis sont multiples ; elles intéressent la peau qui est hyperpigmentée, le derme et le tissu cellulaire sous-cutané qui sont indurés, lardacés [éléphantiaùs scléreux), les vaisseaux qui sont dilatés, parfois oblitérés, les lymphatiques qui sont épaissis, dilatés, indurés; enfin, les os euxmêmes ont été rencontrés augmentés de volume, parfois nécrosés.

Traitement. — Le traitement général de l'éléphantiasis ne comprend que la prescription d'une hygiène rigoureuse, au point de vue de l'habitation, du vêtement, de l'alimentation, etc.

Au moment des accès, on donnera le sulfate de quinine, un purgatif ou un vomitif suivant le cas, les diaphorétiques ; on prescrira le repos absolu au lit et l'élévation du membre atteint que l'on recouvrira de cataplasmes de fécule de pommes de terre, de compresses imbibées d'eau blanche, etc.

ÉPHÉLIDES.

Contre l'éléphantiasis à la période d'état, le traitement le plus communément employé consiste en une compression élastique appliquée méthodiquement sur tout le membre malade, après que les surfaces atteintes ont été mises en état.

Gomme moyens adjuvants, on conseille le repos et l'élévation du membre atteint, le massage, la faradisation, les courants continus.

D'autres traitements ont été appliqués : la ligature et la compression digitale de l'artère du membre, l'ablation de la partie malade, les scarifications, l'ignipuncture, les incisions (Le Dentu), les vésicatoires, les cautères, l'électrolyse, etc., etc. ; ils ne sont pas employés en France, tout au moins par le plus grand nombre des dermatologistes, sauf en ce qui concerne l'éléphantiasis localisé aux parties génitales qui est absolument justiciable du traitement chirurgical.

ÉPHÉLI DES

Définition. — D'après Hardy on doit réserver le nom d'éphélides « à des taches grises ou brunes, circonscrites, plus ou moins étendues, plus ou moins régulières, mais uniformément arrondies, ne présentant ni desquamation, ni démangeaison et détei-minées par l'accumulation anormale du pigment cutané dans diverses régions ».

Symptomatologie. — La coloration des taches varie du gris-jaunâtre (couleur pain d'épice) au brun-jaunâtre;

EI'HELIDES.

leur forme est irrégulière, leur dimension allant de celle d'une pièce de cinquante centimes à celle de la paume de la main.

Leur surface est complètement lisse, non desquamante. Elles ne sont le siège d'aucune sensation de chaleur ni de douleur.

Siège. — On rencontre les éphélides principalement sur les régions découvertes : face, cou, face dorsale des mains où elles affectent une forme arrondie et une coloration brune ou noire augmentant avec les années, ce qui les aurait fait désigner, dit Hardy, sous le nom de taches de mort.

J. HuTCHiNsoN et W. DuiîKEuiLH ont obscrvé clicz les vieillards des taches noires au voisinage desquelles finit par naître un épithélioma. J. Hutchinson a nommé cette affection lentigo infectieux des vieillards.

Marche. — Elles persistent parfois indéfiniment, mais sont bien plus marquées pendant l'été que pendant l'hiver.

Pronostic. — C'est plutôt une infirmité qu'une maladie.

Diagnostic. — Hardy range dans les éphélides les taches delà grossesse [chloasma).

On peut distinguer les éphélides ( éphélides solaires de G. Thibierge) du lentigo [éphélides lentiginemes du même auteur), dont les taches sont arrondies, petites et habituellement très nombreuses.

Le pittjriasis versicolor, par son siège et surtout sa desquamation, ne se confondra pas avec les éphélides.

Étiologie. — Les éphélides paraissent surtoutinfluencées

ÉPHIDROSES.

dans leur évolution par les rayons solaires et les agents atmosphériques.

Traitement. — Voir le traitement du chloasma.

ÉPHIDROSES

Synonymie. — Hyperidroses locales.

L'éphidrose ou hyperidrose localisée est beaucoup plus commune que l'hyperidrose généralisée ; ses diverses formes ont reçu le nom générique d'éphidroses ; on la rencontre plus particulièrement aux mains [éphidrose palmaire), aux Y^^ài^iéphidrose plantaire), aux aisselles {éphidrose axillaire), au cuir chevelu [éphidrose cranieiine), à la face [éphidrose faciale). On diàécYiiVhémidrose, variété dans laquelle l'hyperidrose était limitée à une moitié du corps.

ÉPHIDROSE PALMAIRE

Aux mains, la sueur est surtout abondante sur leur face palmaire et sur les bords latéraux des doigts ; on la voit perler des orifices glandulaires.

Les mains sont humides, gluantes, froides au toucher, s'accompagnant parfois d'une véritable acromégalie localisée (E. Besnier et A. Doyon) ; dans certains cas se produisent des éruptions vésiculeuses ou huileuses (voir l'article Dysidi^ose).

ÉPHIDROSE AXILLAIRE.

JG9

L'éphidrose palmaire est une véritable infirmité gênant considérablement les personnes qui y sont sujettes dans leurs relations mondaines, leurs professions qu'il leur est parfois impossible d'exercer.

On l'observe surtout chez les jeunes filles chlorotiques, anémiques, etc.

ÉPHIDROSE PLANTAIRE

Cette forme, dont beaucoup d'individus peuvent être atteints par hasard, après une longue marche, à l'époque des chaleurs, est pour ainsi dire constante chez d'autres, datant alors de l'enfance.

Par suite de l'humidité et de la chaleur due à l'enveloppement constant par les chaussures, l'épiderme se macère, surtout entre les orteils, se soulève sous forme de bulles; les pieds se gercent et s'écorchent, et la marche devient extrêmement pénible, parfois môme complètement impossible.

L'éphidrose plantaire s'accompagne communément de bromidrose (voir ce mot).

ÉPHIDROSE AXILLAIRE

C'est à l'aisselle, « le centre de la sudation » (E. Besnier et A. Doyon), que l'hyperidrose localisée est la plus fréquente.

Elle est commune chez la femme, accompagnée fréquemment de complications d'ordre érythémateux ou eczé-

Page 1