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ÉRUPTIONS ARSENICALES

Ce sont : des taches grises pigmentaii^es, comme on l'a observé chez les psoriasiques traités par l'arsenic à l'inté-

ERUPTIONS ARTIFICIELLES

rieur; des éruptions eczémateuses, vésico-pustuleuses, pustuleuses, ecthymateuses, des ulcérations à aspect chancreux siégeant aux mains, aux avant-bras, à la face et sur les parties génitales chez les ouvriers qui manipulent des substances arsenicales.

On constate en outre de la sécheresse de la gorge, de l'inappétence et des troubles de la digestion.

Traitement. — Dans les éruptions artificielles, qu'elles soient de cause externe ou de cause interne, la première indication à remplir est la suppression de l'agent provocateur de l'éruption.

Quant à la lésion elle-même , il faut s'attacher à diminuer l'irritation qu'elle a pu déterminer; on emploiera à cet effet des cataplasmes émollients de fécule de pommes de terre, des lotions boriquées ou légèrement astringentes suivant les cas ; on saupoudrera avec des poudres inertes, ou bien on se servira de pommades boriquées, parfois de glycéré cadique. 11 est impossible de tracer des règles générales.

A l'intérieur on peut essayer, contre les intoxications médicamenteuses, les laxatifs et les diurétiques. On a recommandé d'une façon particulière contre les iodures, l'arsenic, l'atropine, la belladone, l'eau de Vichy; contre les bromures, l'arsenic (à titre préventif), et le sulfure de calcium; contre la quinine, l'acide bromhydrique ; contre la chrysarobine, le pyrogallol, le soufre, l'acide chlorhydrique.

ERYTHEME NOUEUX.

ÉRYTHÈME NOUEUX

(Voir la planche XII.)

Synonymie. — Dermatite ou dcrmite contusiforme. — ■ Urticaire tubéreuse (Franck, Willan'). — Érythème tubcreux.

Définition. — L'érythème noueux, qu'il soit ou non, comme nous le croyons d'ailleurs, une simple variété de l'érythème polymorphe, forme très évidemment une entité morbide bien individualisée.

C'est une affection inflammatoire caractérisée par la production sur les membres et principalement sur les membres inférieurs de saillies rouges et dures.

Symptomatologie. — Les nodosités de l'érythème noueux peuvent être plus ou moins nombreuses, plus ou moins volumineuses, plus ou moins saillantes; elles ont une forme oblongue, arrondie ou ovalaire, une coloration rouge foncé au début, variable ensuite ; elles sont toujours dures et parfois rénitentes au toucher. Elles sont toujours symétriques.

Quelquefois douloureuses spontanément, elles le sont toujours plus ou moins à la pression.

Leur apparition s'accompagne, dans la plupart des cas, de malaise, courbature, fièvre, phénomènes gastriques et de douleurs rhumatoïdes. parfois même de véritable arthrite.

Fréquemment, existent des complications analogues à

El. XII. — Erythême noueux.

ERYTHEME NOUEUX.

celles que l'on observe dans l'érythème polymorphe (péricardites, endocardites, pleuro-pneumonie).

Siège. — L'érythème noueux siège surtout aux deux jambes, à la face antérieure du tibia, à la face dorsale des pieds; on le voit plus rarement aux cuisses et aux bras, jamais sur le tronc.

Marche. — L'affection a une marche aiguë ; les placards, rouges au début, gardent cette coloration pendant deux ou trois jours, puis ils deviennent violets, ensuite d'un bleu jaunâtre comme les ecchymoses; ces phénomènes se produisent graduellement et se montrent du centre à la périphérie. Peu à peu la saillie cutanée diminue, et l'élément noueux disparaît en l'espace de quinze jours environ, en laissant à sa place une pigmentation brunâtre ; mais, comme il se produit de nouvelles tubérosités, l'affection dure généralement plusieurs septénaires, trois, quatre, cinq, six et même davantage.

Pronostic. — Le pronostic est favorable; cependant l'affection peut incommoder le malade par ses poussées successives.

Diagnostic. — Le diagnostic repose sur la saillie des tubercules sensibles au toucher, sur le siège spécial de l'éruption, sur la transformation ecchymotique. Des lésions de traumatisme peuvent simuler celles de l'érythème noueux: mais, dans ce dernier cas, on trouvera toujours des éléments jeunes de couleur rouge.

Les gommes syphilitiques et tuberculeuses non ulcérées diffèrent des nodosités de l'érythème noueux en ce qu'elles sont indolentes, plus faciles à délimiter entre les doigts,

ÉRYTHÈME NOUEUX.

et, signe fort important pour L. Brocq, (f il est toujours possible dans un élément érythémateux noueux ou induré de déterminer facilement une cupule marquée par une pression digitale légère prolongée quelques minutes

Enfin, les nodosités l'humatismalea vraies ne sont pas érythémateuses et sont moins faciles à circonscrire que celles de l'érythème noueux.

Étiologie. — La constitution des sujets (rhumatisants) chez qui on l'observe, son association à des plaques d'érythème papuleux, sa physionomie spéciale, l'ont fait rapporter tantôt à l'arthritisme [dermopathie rhumatismale d'E. Besnier), tantôt à l'érythème polymorphe et tantôt l'ont fait considérer comme une affection spéciale (Hardy, etc.).

On le rencontre dans l'arthritisme et le lymphatisme, plus souvent chez les filles (en relation avec le surmenage, accompagné de violentes douleurs dans les muscles : éryllième imluré des jeunes filles, Bazin) que chez les garçons, plus fréquemment au printemps et à l'automme (influence du froid et de l'humidité).

Anatomie pathologique. — Les lésions anatomo-pathologiques de l'érythème noueux consistent en une infiltration séreuse et en une stase sanguine dans les tissus affectés.

Traitement. — L'érythème noueux ne réclame pas d'autre traitement que celui des divers érythèmes étudiés plus haut. Dans le cas de douleur violente, on pourrait user de tous les liniments calmants employés en médecine générale.

ÉRYÏHÈME PERNIO.

ÉRYTHÈME PERNIO (Bazin)

Synonymie. — Engelure. — Congélatioa. — Dcnnite par congélation. Érythème papuleux pernio (E. Besnier).

Définition. — L'érythème pernio est une forme d^éryihème produite par l'action du froid.

Symptomatologie. — Il consiste en taches d'un rouge livide ou violacé au centre et d'un rouge vif à la périphérie, luisantes, de dimension variable allant de celle de l'ongle à celle d'une pièce de cinq francs en argent; elles sont plus ou moins saillantes ou de forme arrondie ou ovalaire.

Parfois ces taches sont le siège d'ulcérations de mauvais aspect [érythème pernio ulcérant) qui succèdent à des phénomènes phlycténulaires ; les bords en sont déchiquetés, le fond sanieux, couvert de bourgeons charnus, pâles et sanguinolents; ces ulcérations peuvent laisser après elles des cicatrices indélébiles.

D'abord insensible, le tégument au contact de la chaleur devient chaud, brûlant; il est le siège de picotements, de démangeaisons parfois très vives.

Siège. — L'érythème pernio a pour siège les mains (doigts), les pieds (orteils, talons), le nez, les oreilles, les joues.

Marche. — Les lésions évoluent avec les changements de température; en même temps que le froid cesse, les taches sont le siège d'une exfoliation épidermique, elles s'affaissent; les ulcérations se cicatrisent et le tégument

ÉRYTHÈME PERNIO.

reprend son aspect antérieur sauf sur les points cicatriciels.

C'est une affection essentiellement récidivante et les sujets prédisposés, lymphatiques (Marjolin) en sont presque fatalement atteints chaque année.

Pronostic. — Le pronostic varie dans chaque cas avec l'intensité de l'affection.

Diagnostic. — L'érythème pernio et le lupus érythémateux pourraient parfois être pris l'un pour l'autre; en dehors des commémoratifs, le diagnostic du lupus érythémateux s'établira surtout grâce à ses petites cicatrices superficielles caractéristiques.

Traitement. — Au point de vue général, on obéira aux indications particulières fournies par l'état du sujetatteint. En outre, L. Brocq dit s'être bien trouvé dans deux cas de l'emploi des pilules suivantes :

Sulfate de quinine ) „

^ . ^ aa O'',0o centigr.

Ergotine )

Poudre de feuilles de digitale. . . 0=',00o milligr.

Extrait de belladone 0'',001 —

(Pour une pilule, 4 par jour, avant les repas.)

Gomme prophylaxie, on interdira l'exposition directe au feu, on prescrira l'usage quotidien de bains tièdes dans une décoction de feuilles de noyer, les frictions excitantes avec l'eau alcoolisée, suivies de l'application de la poudre suivante :

Salicylate de bismuth . ...... 10 grammes.

Amidon - 10 —

(L. Brocq.)

ÉRYTHÈME PERNIO.

OU d'un badigeonnage avec :

(ilycérine pure 30 grammes.

Teinture d'iode )

... aa 1 —

Teinture d opium )

(Mo.MN.)

On a aussi prescrit de nombreuses pommades employées en onction deux ou trois fois par jour; telles sont les suivantes :

Graisse de bœuf. . . .

Graisse de porc ....

Oxyde noir de fer. . .

Essence de térébenthine Essence de bergamote.

Camphre en poudre. .

Craie blanche

Huile de lin

Haume du Pérou. . . .

Menthol

Salol

Huile d'olives

Lanoline. .......

Quelques auteurs (Unna, Klonk, Lokenz, Carl Kopp, Nils. OsN. Gadde, Charles Arnold, A. Damiens et DujardlvBeal- METz et nous-même) ont employé avec succès les préparations ichthyolées.

On a conseillé encore le collodion simple (E. Vidal), iodé au 1/-40 (Buxroth), iodoformé.

Quand les engelures sont ulcérées, il faut faire des lavages avec des solutions boriquées, de sublimé, appliquer le Uniment oléo-calcaire, les emplâtres à l'oxyde do zinc ou rouge de Vidal.

aa 25 grammes.

aa 3 —

0"',20 centigr.

(L. Brocq.)

1 gramme.

l«^oO

(Kaposi.)

2 grammes.

oO —

(StEFFEiN.)

ÉRYTHÈME PO L Y M O R P H E (Kaposi) (Voir les planches XIII et XIV.)

Synonymie. — Eryllirme exsudatif multiforme de Hebra. — Maladie de Hebra. — Polvmorpliie aiguë de L. Brocq.

Définition. — L'érythènic polymorphe est une aft'ection à marche cyclique dont les manifestalions cutanées peuvent appartenir à toutes les formes des lésions élémentaires : macules, papules, tubercules, vésicules, bulles.

Symptomatologie. — Le caractère le plus net de cet érythème, c'est la localisation des lésions qui siègent principalement au dos des mains et aux poignets, au coude-pied et aux parties latérales du cou.

Ces lésions, précédées parfois par une sensation do cuisson, apparaissent à peu près simultanément et leurs formes, variables, donnent lieu à un certain nombre de variétés de la maladie.

Lorsque l'affection ne consiste qu'en simples taches , disséminées, grandes au début comme une tète d'épingle, mais s'élargissant plus tard, de couleur rouge vif ou couleur cinabre (à la période d'état, le centre, déprimé, est cyanosé, rouge, bleu et la partie périphérique rouge clair), lisses, ou très légèrement saillantes, disparaissant momentanément sous la pression du doigt, c'est Yérytlmnc lisse [érythème en taches, érythème en plaques) pouvant être circiné, annulaire, marginé^ figuré, gyraté.

Lorsque la lésion est constituée par une papule plus ou moins saillante , à contours plus ou moins réguliers, c'est

Pl. XIII. — Erythême polymorphe.

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