‹ Précis iconographique des maladies de la peauChapitre 65 sur 120 · LICHEN RUBER PLA.NUS · texte numérisé non relu

LICHEN RUBER PLA.NUS

tion sont les suivantes : les avant-bras et les poignets (face antérieure), le cou, le creux poplité, la partie antéro-externe de la jambe, la cuisse, les parties latérales du tronc (pression du corset, Ekasmus Wilson), enfin le front (J.-B. HiLLAiREï), la face, le cuir chevelu (E. Vidal et L. Brocq), le gland et les régions génitales (Duncan Bulkley), les extrémités (Kaposi), régions palmaires et plantaires où les lésions ressemblent à des vésicules sans cependant contenir la moindre trace de liquide. Jamais les ongles ne sont altérés (E. Vidal),

Sur les muqueuses et principalement sur la muqueuse buccale (Erasmus Wilson, Crocker, Neumann), à la face interne des joues, sur la langue, le palais, le rebord des lèvres, les lésions forment des plaques d'un blanc mat, blanc d'argent, fendillées, un peu saillantes, avec de petits points plus saillants encore.

Marche. — La marche de l'affection est généralement chronique; la maladie se développe lentement et progressivement ou par poussées successives pendant des années et peut persister indéfiniment.

Parfois la marche est rapide [lichen plan aigu de Feu- NAND Lavergne); l'affection envahissant de vastes surfaces sur lesquelles le tégument est épaissi, desquamant, sillonné de plis quadrillés; les papules sont petites ou volumineuses et, dans ce dernier cas, sont rouges et confluentes.

Quand l'affection guérit, les papules disparaissent; les placards éruptifs s'affaissent, laissant à leur place parfois de petites dépressions, régulièrement une pigmentation de couleur plus ou moins foncée, persistant toujours fort longtemps et quelquefois même indéfiniment.

Pronostic. — L'affection est peu grave en elle-même,

LICHEN RUBER PLANUS.

elle ne comporte un pronostic sérieux qu'en raison de sa durée et des troubles nerveux qu'elle détermine.

Diagnostic. — C'est surtout avec la syphilis papuleuse que le lichen plan a été confondu ; les papules du lichen sont brillantes, cireuses, fréquemment ombiliquées, polygonales, prurigineuses, et localisées à des régions bien nettes; les papules syphilitiques siègent plus particulièrement aux mains, à la face; elles sont arrondies, cuivrées, non déprimées au centre, non prurigineuses.

\J eczéma papuleux diffère du lichen par la coexistence de vésicules rouges et par sa desquamation.

h& psoriasis ponctué, discret, se développe rapidement; ses papules sont plates, ses squames sont abondantes et micacées.

Le pityriasis rubra pilaire, outre sa rougeur diffuse, desquame sous forme de lamelles et de pellicules et ne présente ni papules, ni épaississement de la peau.

Anatomie pathologique. — • D'après Kaposi et les auteurs allemands « la maladie a son siège principal dans les follicules pileux et dans le tissu péri-folliculaire le plus immédiat; c'est essentiellement ime hyperplasie des cellules de la gaine externe de la racine à la partie inférieure de la tige du poil, une excroissance de cette gaine en forme de prolongement avec dilatation consécutive, ampulliforme des follicules pileux, ainsi qu'une infiltration cellulaire des papilles qui environnent le follicule, et une prolifération du réseau muqueux qui les recouvre. Cet état anatomique n'a rien de caractéristique pour le lichen. »

Traitement. — Que l'on soit ou non convaincu de l'cfficacitc de son action, il est admis actuellement que l'on doit donner l'arsenic à l'intérieur.

LICHEN RUBER ACUMINATUS.

Comme traitement externe, il faut employer contre le prurit des lotions vinaigrées, de sublimé, phéniquées, les onctions avec les pommades à l'acide salicylique,

Sublime 0S'',30 centigr.

Acide salicylique 3 grammes.

Vaseline iiO —

(W. DuBREUiLU et J. Sabrazès.)

à l'acide pyrogallique, au goudron, au naphtol.

Les placards seront couverts d'emplâtres divers à l'acide salicylique, à l'acide pyrogallique, de Vigo, tous à surveiller de près. S'ils sont trop irritants, on les remplacera par des pommades calmantes.

Enfin, il y a souvent avantage à user des bains prolongés au tanin, au goudron, bains d'amidon vinaigrés, etc.

Depuis quelque temps, L. Jacquet, persuadé que l'affection est une dermatonévrose, une névrodermite, préconise très judicieusement l'hydrothérapie sous forme de douches tièdes à 35° environ, de deux à trois minutes de durée au maximum, avec le minimum de percussion, prises quotidiennement et suivies d'une courte affusion froide.

Plusieurs autres formes de lichen ont été décrites à côté du lichen plan :

LICHEN RUBER ACUMINATUS ou NEUROTICUS de Unna (1)

Cette affection est constituée par de petites papules rouges, coniques, acuminées, de la grosseur d'un grain

(1) Le Lichen nibei- acuminalus de Hebra, Kaposi, etc., est le Pityriasis rubra pilaire de Devergib, E. Besnier, Richaud (voir cet article).

LICHEN RUBER OBTUSUS.

de millet ou d'une tête d'épingle, recouvertes de squames adhérentes et développées autour d'un follicule pileux, sans dépression centrale. D'abord isolées, elles forment ensuite, par leur confluence, des placards étendus, de couleur rouge bleuâtre, au niveau desquels la peau est épaissie, sèche, fendillée et est le siège de démangeaisons violentes ; cette affection est en effet très prurigineuse. Elle est accompagnée d'un état général grave (ataxo-adynamie).

La marche est aiguë, et, si l'on n'intervient pas à temps, la maladie peut devenir rapidement mortelle.

Lorsque l'affection s'étend à toute l'enveloppe tégumentaire [lichen ruber géncralisc) elle offre alors les caractères du pityriasis rubra pilaire.

LICHEN RUBER OBTUSUS de Unna L. Brocq en décrit deux formes :

1° Le LICHEN RUBER OBTUSUS VRAI « coustitué par une éruption de papules de moyenne grosseur, demi-circulaires, hémisphériques, semi-coniques ou aplaties à leur sommet, polies, sans squames, semblables à de la cire transparente, portant souvent à leur centre une petite dépression et variant comme coloration du rouge bleuâtre au rouge brunâtre ».

C'est une dermatose peu prurigineuse, circonscrite ou envahissanttout le tégument sous forme de larges placards.

Quand la guérison arrive, les éléments éruptifs laissent à leur place quelquefois une cicatrice superficielle, toujours une pigmentation brunâtre.

2° Le LICHEN RUBER OBTUSUS CORNÉ coustitué par d'assez

LICHEN RUBER OBTUSUS.

grosses papules siégeant surtout sur les membres supérieurs et inférieurs; « elles débutent sous la forme de papules ari'ondies, hémisphériques, à peine colorées en rose blanchâtre et qui sont le siège de vives démangeaisons. Puis, ces éléments grossissent peu à peu, fort lentement; à mesure qu'ils augmentent de volume ils prennent une coloration brunâtre plus ou moins foncée suivant leur développement, et se recouvrent à leur centre, puis sur toute leur surface, de squames sèches, grisâtres, des plus adhérentes, qui se stratifient et qui finissent par donner à la lésion un aspect corné. Presque toutes les papules restent discrètes. L'évolution de la maladie est des plus lentes. » (L. Brocq.)

Le même auteur range à côté de cette forme le lichen ruber en collier de corail Ag. Kaposi [lichen ruber moniliformis), remarquable par ses bourrelets chéloïdiens, jaunâtres, brillants, durs, aplatis, disposés en réseaux larges, au milieu desquels on voit des papules caractéristiques et des taches pigmentaires punctiformes.

Le LICHEN RUBER coRiNÉ [Hchcn planus corne' d'E. Vidal, lichen hfjperkératosiqiie) est caractérisé par des placards arrondis ou irréguliers, de dimension variable, siégeant surtout à la face antéro-externe de la jambe au niveau desquels la peau est épaissie, indurée, cornée; la surface en est sèche, rugueuse, comme raboteuse, ponctuée par les orifices pileux très apparents ; la couleur est souvent d'un bleu noirâtre.

Cette affection, très prurigineuse, a une marche fort lente; elle est excessivement tenace.

LICHEN DES SGROFULEIJX.

LICHEN PLAN ATROPHIQUE (de Kaposi) LICHEN PLAN SGLÉREUX (d"H. Hallopeau-Darier)

Cette forme est reconnaissable à ses cicatrices réticulées, étendues, plates, légèrement déprimées, d'un aspect blanc brillant et entourées d'un liséré brun rouge.

Traitement. — Le traitement du licben ruber planus est applicable à ces diverses formes : l'arsenic réussit surtout dans le lichen ruber acuminatus; le lichen ruber corné réclame souvent l'emploi de la curette, la rugination ou la destruction électro-caustique.

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