‹ Précis iconographique des maladies de la peauChapitre 7 sur 120 · C. L'ulcère · texte numérisé non relu

C. L'ulcère

A. L exulcération., dans laquelle le corps papillaire est plus ou moins détruit, ne laisse pas de cicatrice. C'est à cette variété que l'on peut rattacher les fissures ou rJiagades [riime cutis., voir la planche I, fig. 11, b).

Les ulcérations se rencontrent dans l'eczéma, la gale, etc.

B. Lulcération (voir la planche I, fig. 11, a), dans laquelle la couche papillaire est toujours profondément

NOTIONS PRÉLIMINAIRES

intéressée. La forme, l'étendue, la couleur des ulcérations sont variables à l'iufini; leur caractère commun est d'être toujours suivies de cicatrices.

On les rencontre dans le lupus, la lèpre, etc.

C. Lidcèvr, nom qui s'applique particulièrement aux ulcérations profondes, à marche chronique et envahissante, détruisant le derme et les tissus sous-jacents comme on le voit dans la lèpre, le carcinome, l'ulcère variqueux, etc.

4° Les cicatrices (voir la planche I, fig. 12) sont des tissus de nouvelle formation destinés à combler des pertes de substance; elles peuvent avoir toutes les formes et varier considérablement d'aspect. Tantôt elles sont rouges [cicatrices récentes) (voir la planche I, fig. 12, g) ; tantôt elles sont blanches ou pigmentées [cicatrices ancieruies) (voir la planche I, fig. 12, b), lisses, luisantes, douces ou indurées, rugueuses, saillantes. Certaines d'entre elles sont très intéressantes au point de vue diagnostique rétrospectif.

Toutes ces lésions élémentaires peuvent être ou très nombreuses ou en petit nombre, coexister, se distribuer sur le tégument de mille manières, donnant lieu à la configuration spéciale de l'éruption cutanée. Celle-ci est dite :

Simple, quand elle ne comporte qu'un seul genre d'éléments ;

Multiforme, ou polymorphe lorsque l'éruption se compose de papules, tubercules, macules, etc. ;

Solitaire, s'il n'y a qu'une seule lésion éruptive ;

Discrète, quand les éléments éruptifs sont isolés ;

Confluente [aggregata, conferta)^ lorsqu'ils sont agglomérés et nombreux;

NOTIONS PRÉLIMINAIRES

Disséminée [sparsa), si les lésions sont éparses çà et là ;

Circonscrite, quand elles sont bien limitées à une région ;

Punctata, quand les éléments ressemblent à des points ;

Guttata, lorsqu'ils sont semblables à des gouttes ;

Nummulaire, lorsque l'éruption affecte la forme d'une pièce de monnaie ;

Discoïde, si elle ressemble à un disque ;

Orbiculaire, quand la forme est arrondié ;

Marginée, quand les bords de l'éruption sont bien nets ;

Centrifuge, lorsque la lésion évolue excentriquement ;

Serpigineuse, si cette évolution se fait en sinuosités irréguliôres ;

Circinée, lorsque l'éruption simule des segments de cercle ;

Annulaire, quand les éléments, la tache, etc., présentent la forme d'un anneau entier ;

Iris, si l'éruption est composée de cercles concentriques,

ACHROMIE

Synonymie. — Leucopatliïe. — Leucodermie. — Acliromasie.

Ce nom désigne l'absence complète ou la diminution de la pigmentation normale de la peau.

Lorsqu'elle est congénitale, elle constitue une difformité : Y albinisme (voir ce mot).

Lorsqu'elle est acquise, elle est le symptôme de maladies graves comme la lèpre, la sclérodermie, la piès des Sartes [vitiligo endémique du Turkestan de Grégoire Munch ; leucodermie endémique du Turkestan d'E. Besnier et A. Doyon).

Quand elle coïncide avec l'hyperchromie, l'achromie constitue une entité morbide spéciale : le vitiligo (voir ce mot).

ACNÉ

On a rangé jusqu'à présent sous le nom commun d'acné toutes les lésions matérielles et tous les troubles fonctionnels du système sébacéo-pilaire, quelle que soit la manière d'être de ces altérations. Nous suivrons l'exemple de nos devanciers, « l'état de la science dermatologique, disent

ACNÉ INFLAMMATOIRE.

E. Besnter et A. Doyon, n'dtant pas actuellement en état de légitimer une classification systématique et fermée des acnés ».

Toutefois, suivant que les manifestations acnéiques s'accompagnent ou non de phénomènes inflammatoires, on peut diviser les acnés en deux groupes :

1° Les acnés inflammatoires;

2" Les acnés non inflammatoires.

Le premier groupe comprend cinq variétés :

\° V acné inflammatoire jjroprement dite ;

2" L'acné rosacée ;

3" IJacné hyper tropidque ;

4° L'acné alrophique ;

5° L'acné chébyiclienne.

Le second groupe renferme trois variétés :

1" L acné ponctuée ;

2° V acné cornée;

3° Lacné miliaire.

ACNÉ INFLAMMATOIRE (Voir la planche II)

Synonyniio. — Acné inflammatoire de Bazin. — Acné vulgaire de Fucus. — Acne juvenilis de Hardy. — Acné pustuleuse disséminée. — Acné simplex. — Acné boutonneuse, etc., etc.

Définition. — C'est une affection papuleuse, papulopustuleuse ou papulo-tuberculeuse due à l'inflammation des follicules sébacés ou pilaires.

Symptomatologie. — Au début, cette inflammation produit sur le tégument une saillie rougeàtre, plus ou moins conique, hémisphérique, ou ovalaire [acné hordeolaris),

Pl. II. — Acné vulgaire.

ACNÉ INFLAMMATOIRE.

de volume variable, grosse comme une tète d'épingle ou comme un pois, entourée d'un petit cercle érythémateux [acné papuleuse).

Rapidement, en même temps que survient une légère sensation de chaleur, une légère cuisson, le sommet de la papule jaunit, puis se rompt au bout de deux ou trois jours, laissant échapper une petite gouttelette de pus mélangé à de la matière sébacée [acné pustuleuse de Hebra, acné vulgaris de Fucus, cœné simple, acné disséminée, acné juvenilis de Hardy), qui se dessèche ou non en croùtelle. Bientôt, il ne reste plus qu'une petite tache rouge brun, disparaissant plus ou moins vite et à laquelle succède parfois une cicatrice minuscule.

Ces phénomènes qui se suivent rapidement sont à peine accompagnés de cuisson et de prurit, sans démangeaison aucune.

Si la saillie acnéique plus volumineuse, grosse comme un pois par exemple, est considérablement indurée ; si la base en est résistante, de couleur livide ou violacée, douloureuse, elle prend le nom à' aou indurée ou tuberculeuse, forme dans Laquelle les pustules, souvent disséminées, quelquefois confluentes, mais toujours distinctes, laissent longtemps après elles une induration généralement suivie de cicatrice.

Si la réaction intlammatoire arrive à produire un petit abcès dermique ou sous-dermique, la lésion reçoit le nom d'acné phlecjmoneuse (H. Leloir et E. Vidal) ; dans ce cas encore, il y a toujours une cicatrice consécutive.

La réunion de ces éléments éruptifs, confluents ou disséminés [acné disséminée), reposant sur une peau grasse et huileuse, et des lésions dues aux troubles fonctionnels des glandes sébacées, constitue Vacné polymorphe des strumeux. (Voir la planche IL)

ACNÉ INFLAMMATOIRE.

Siège. — Toutes ces formes d'acné ont des sièges de prédilection; c'est ainsi qu'on les rencontre de préférence à la face, à la partie supéro-antérieure et surtout postérieure du dos, aux épaules ; l'acné juvenilis de Hardy se développe plus particulièrement au front et aux tempes.

L'acné peut d'ailleurs naître sur toutes les régions du corps, sauf à la paume des mains et à la plante des pieds où il n'existe pas de glandes sébacées.

Marche. — L'acné inflammatoire, malgré l'évolution rapide de ses éléments qui arrivent en quelques jours à leur période terminale, a une marche toujours lente, chronique, grâce à la production de poussées éruptives successives dont la guérison, cherchée quelquefois en vain pendant des années, peut arriver chez certains sujets {amé juvenilis) spontanément.

Pronostic. — Le pronostic varie donc suivant les cas et, pour ces raisons, doit être un peu réservé, eu égard surtout à la récidive des poussées acnéiques et aux cicatrices que l'affection laisse fréquemment à sa suite.

Diagnostic. — L'acné inflammatoire est facile à diagnostiquer lorsqu'on envisage l'aspect des pustules, leursiège, leur marche, l'absence de douleur et de symptômes subjectifs accentués.

Seules les sijphilides papiileuses on pustuleuses {syphilides acnéi formes) du tronc ou du front (corona Veneris) pourraient arrêter un instant le diagnostic qui se fera néanmoins, grâce aux localisations moins nettes de l'éruption syphilitique, à son groupement spécial, à sa couleur cuivrée, à sa marche relativement aiguë comparée à l'évolution chronique de l'acné et aux autres manifestations spécifiques.

ACNÉ INFLAMMATOIRE.

Étiologie. — Affection fréquente et commune aux deux sexes, l'acné inflammatoire vraie s'observe surtout dans la jeunesse, en raison de la suractivité que subit alors le système sébacé.

Elle est parfois héréditaire.

On invoque comme causes prédisposantes l'arthritisme et le lymphatisme (Bazin), les affections des organes génitourinaires, l'abstinence sexuelle (Hardy), la masturbation (E. BESNiERet A. Doyon), la dilatation de l'estomac (Ch. Bouchard), la dyspepsie qui ne fait que préparer le terrain sur lequel se développera le germe acnogène à condition qu'il trouve dans la séborrhée concomitante un terrain favorable (T. Barthélémy), les excès ou les écarts dans le régime alimentaire, les irritants externes : vent, froid, chaleur, épilation, cosmétiques, pommades, parasites vulgaires introduits dans les follicules ; les irritants internes : ingestion de bromures, d'iodures, etc. [acnés artificielles, ou mieux, comme dit L. Brocq, acnés médicamenteuses ; bromiques, iodiqiies ou ioduriqaes, iodo-potassiques, acné anthracoïde iodo-potassique d'E. BEsxiiiR, acné du goudron, etc.).

La cachexie peut donner lieu aussi à une acné spéciale, Y acné des cachectiques de Hebra, peu abondante à la figure, occupant surtout le tronc et les membres et consistant dans la production de papules et de pustules indolentes, livides ou violacées, ressemblant beaucoup aux eftlorescences syphilitiques (Kaposi) ; cette acné a une marche très lente et laisse toujours des cicatrices consécutives.

Anatomie pathologique. — La pathogénie de l'acné inflammatoire réside toujours en une lésion inflammatoire folliculaire et péri-folliculaire pilaire ou sébacée : rétention de la matière sébacée, microbes pathogènes venus du dehors et pénétrant dans la cavité du follicule, microbes patho-

ACNÉ INFLAMMATOIRE.

gènes contenus dans le sang et s'éliminant par la peau, etc. (H. Leloir et E. Vidal).

Traitement. — L'étiologie de l'acné inflammatoire fournit déjà quelques indications thérapeutiques, car, malgré la haute autorité de Hardy qui déclare inefficaces les médications générales contre les acnés inflammatoires, il n'est point douteux que les lésions acnéiques guéries par un traitement local se renouvelleront très rapidement si le malade n'est point soustrait aux causes qui les engendrent. Le traitement général aura donc pour but :

1° De modifier l'état constitutionnel du sujet arthritique, lymphatique, anémique, par les moyens appropriés : les alcalins dans le premier cas, l'huile de foie de morue dans le second, les ferrugineux et l'arsenic dans le troisième;

2° De combattre les divers états pathologiques (affections du tube digestif, des organes génito-urinaires, etc.), capables de provoquer les manifestations acnéiques;

3" De mettre le malade en garde contre les écarts antihygiéniques qu'il pourrait commettre ;

4° Enfin quelques médicaments ont été vantés comme ayant une influence particulière sur l'acné : tels le chlorure de sodium donné par Hardy à l'intérieur, en solution, à la dose de 2 grammes par jour, dans les cas d'acnés indurées intenses etrebelles ; l'ichthyol qui a été surtout prescrit parlJNNAqui fait prendre à ses malades, matin et soir, dans un peu d'eau, de 15 à 50 gouttes de la solution suivante :

Ichthyol.. de 4 à 8 grammes.

Eau distillée 20 —

Ce médicament nous a très souvent réussi, nous le donnions soit sous forme de pilules dosées à 10 centigr. ; 5, deux fois par jour ; soit sous forme de capsules contenant chacune

ACNÉ INFLAMMATOIRE.

25 centigr., prises en nombre variant de 3 à 9 par jour.

D'autres médicaments : l'arsenic, le perchlorure de fer, rergotine,la teinture d'hamamelis virginicaont été recommandés ; ils ne nous ont pas semblé donner des résultats bien nettement appréciables dans les quelques cas où nous les avons employés.

Le traitement externe consiste en une irritation locale substitutive graduée de façon à atteindre le but sans le dépasser; il est donc impossible de tracer une règle s'appliquant indistinctement à tous les cas.

Un auteur anglais, G. -H. Fox, a fait remarquer très justement que chez les acnéiques dont la peau était souple et fine, facilement congestionnée, le traitement général réussissait mieux que le traitement local applicable surtout aux peaux épaisses, rugueuses, huileuses.

Quel que soit le traitement employé, il doit être exécuté matin et soir; il consiste en lotions, frictions, douches, applications de pommades ou de substances médicamenteuses diverses qui pourraient être rangées, eu égard à l'intensité de leur action, à peu près de la façon suivante :

Tout d'abord des lotions très chaudes, soit simplement d'eaii bouillie appliquée deux fois par jour sur les points acnéiques, soit d'eau additionnée en plus ou moins grande quantité (moitié, tiers, quart) d'eau de Cologne ou d'alcool camphré ; on peut employer aussi une solution de sublimé à 1/500, à 1/300, à 1/230. L. Brocq se sert encore de lotions ainsi formulées :

Sublimé l gramme.

Clilorhydrale d'ammoniaiiue. ... de 2 à o —

Alcool à 90° dOO —

Eau distillée 400 —

qu'il fait couper au début de moitié d'eau.

. Un traitement plus actif consiste dans l'emploi du savon noir et des préparations sulfureuses et soufrées sous forme de pommades, de pâtes, etc.

Le savon noir peut s'employer surtout chez les sujets dont la peau n'est pas irritable ; on gradue son intensité en faisant faire chaque soir ou un lavage pur et simple, ou bien une friction rude suivie ou non de l'enlèvement de la mousse de savon, ou encore une application plus ou moins prolongée ; on usera du savon soit pur, soit additionne d'alcool ou mélangé d'eau suivant le degré d'irritation que l'on veut obtenir.

Parmi les préparations sulfureuses, on peut choisir la suivante :

Sulfure sec de potassium. . . )

rr ■ , , , . . > aa o grammes.

leinture de benjoin ) "

Eau distillée 300 —

Usage externe.

dont on mettra une, deux ou trois cuillerées à soupe dans un verre d'eau très chaude pour lotions biquotidiennes.

Hebp.a conseille d'appliquer pendant la nuit, avec un pinceau, une couche d'une pâte soufrée :

Lait de soufre 10 grammes.

Carbonate de potasse 5 —

Extrait de savon de potasse. ... 10 —

Glycérine )

Huile de caryopliyllée . . . . ) '

Huile de menthe ) ^

Huile de romarin )

F. s. a. une pâle.

Fr. Payne emploie la lotion suivante :

Soufre précipite' 1 gramme.

Glycérine 12 —

Eau de chaux 18

Alcool camphré. V gouttes.

ACNÉ INFLAMMATOIRE.

HiLLER prescrit l'usage biquotidien de la pommade suivante :

lodure de soufre 0,60 centigr.

Lanoline 30 grammes.

Nous faisons fréquemment appliquer toute la nuit une couche de la pommade :

Soufre 4 grammes.

Acide salicylique 0,25 centigr.

Teinture de benjoin XV gouttes.

Vaseline )

aa 20 grammes.

Lanoline )

Les préparations soufrées sont actuellement remplacées avantageusement pour beaucoup de dermatologistes par l'ichthyol qu'ils emploient sous forme de savon, de solution dans l'eau, l'éther ou l'alcool; généralement, nous l'employons pur et il est fort bien supporté.

E. Besnier emploie, pendant la nuit seulement, une pommade à la résorcine :

Résorcine de 3 à 5 grammes.

Poudre d'amidon )

n 1 1 • aa o —

Oxyde de zinc )

Vaseline 15 —

Lassar fait faire, pendant huit ou quinze jours, des applications d'une pommade au naphtol à 10 p. 100, pendant une demi-heure ou une heure, suivies de lavages savonneux. — Il conseille encore dans les cas rebelles les applications, mais pendant un quart d'heure seulement, de la môme pommade additionnée de 10 p. 100 de camphre.

On aurait obtenu de bons résultats (Leviseur, de New- York) par des applications courtes, mais répétées, d'eau très chaude.

Néanmoins, quels que soient le médicament employé

ACNÉ ROSACÉE.

et la formule adoptée, il y a souvent lieu de calmer l'irritation trop forte provoquée par la médication. Le meilleur moyen consiste à faire appliquer dans la journée une pommade analogue à celle-ci :

Oxyde de zinc

Sous-iiitrule de bismuth Vaseline

et à saupoudrer par-dessus avec la poudre d'amidon.

En dehors de ces soins divers auxquels les malades doivent avoir recours d'une façon quotidienne, il en est d'autres que le médecin peut appliquer lui-même, très utiles dans les cas rebelles. Ce sont: la teinture d'iode appliquée sur ou à l'intérieur de la pustule d'acné, le nitrate d'argent, l'acide phénique, le nitrate acide de mercure, l'acide chrysophanique (que le D"" Metcalf emploie en pommade à la dose de 15 à 30 centigrammes pour 30 grammes de vaseline), le grattage et la scarification des points malades, la cautérisation des pustules acnéiques à l'aide du thermocautère ou de l'électro-cautère. Enfin de bons résultats ont été obtenus par l'usage externe (douches, bains, pulvérisations) d'eaux sulfureuses comme celles d'Aix-la- Chapelle, de Barèges, de Louèche, etc.

aa 3 grammes.

ACNÉ ROSACÉE

Synonymie. — Acné rosée. — Acné congestive. — Acné érythomateusc — Goutte rosacée. — Goutte rosée. — Couperose.

Définition. — Ce nom s'applique à la réunion sur la peau du visage de deux lésions qui sont différentes d'aspect comme de siège anatomique; l'une est l'acné inflamma-

ACNÉ ROSACÉE.

toire à ses divers degrés, et accompagnée de phénomènes séborrhéiques ; l'autre consiste en une altération par dilatation des vaisseaux capillaires.

Symptomatologie. — On voit d'abord, précédées ou non par quelques pustules d'acné inflammatoire, mais généralement en rapport avec une peau plus ou moins séborrhéique [érytJième sébacé ^acné eczématique , eczéma acnéique ou stéatosique de la face, E. Besnter et A. Doyon) apparaître de petites taches rouges ou rosées, limitées au nez, aux joues, au front, au menton, parfois envahissant tout le visage ; ces taches sont passagères, survenant plutôt le soir que le matin et pendant le travail de la digestion. Cette période érythémateuse, qui correspond au premier degré de l'acné rosacée [acné érythémateuse simple d'E. Besnier et A. Doyon), peut constituer à elle seule toute l'affection.

Plus ou moins longtemps après le début de ces accidents, les taches deviennent permanentes et sont sillonnées alors en tous sens par des dilatations vasculaires irrégulières et sinueuses, qui, à peine visibles dans les premiers temps, augmentent peu à peu de volume de manière à former de véritables varices [télangiectasies, acné télangiectasique), parfois du volume d'une plume de corbeau (Kaposi), parcourant les régions malades. Celles-ci sont rouges, lisses, luisantes, comme gonflées, desquamant même dans certains cas. Concurremment existent des papules, des pustules et des tubercules acnéiques (lésions d'acné inflammatoire) et des troubles séborrhéiques.

Les malades accusent une sensation de chaleur incommode (le nez, d'un rouge violacé, est cependant froid au toucher) augmentant pendant la digestion, etc., et s'accompagnant, parfois, de légers signes de congestion céré-

ACNÉ ROSACÉE.

brale (étourdissements, bourdonnements d'oreille, etc.).

Ces phénomènes constituent la deuxième période ou le deuxième degré de la couperose, l'acné rosacée vraie (erythème 'profond, acné érythémato-pustuleuse, acné tuberculeuse, acné infiltrée, acné déformante d'E. Besaier et A. DoYON, couperose variqueuse de L. Brocq).

Quand les phénomènes intlammatoires s'accentuent encore, la peau, surtout au nez, s'hypertrophie d'une façon considérable ; c'est alors que se trouve établie Vacné hypertrophique ou rhinophyma, terminaison, soit de l'acné pustuleuse, soit de la couperose.

Siège. — Cette affection n'occupe que le visage où elle est parfois limitée au nez, mais elle atteint, le plus souvent aussi, les pommettes, le front, le menton ; on l'a vue au cuir chevelu, chez les individus chauves, au cou, à la nuque, une fois à la région inguinale (Bazin).

Marche. — L'acné rosacée est une affection à marche chronique; elle peut s'arrêter dans son évolution, se borner et rester stationnaire à l'un de ses degrés, persister plus ou moins longtemps ou disparaître d'une façon complète surtout lorsque les causes qui l'engendrent viennent ellesmêmes à cesser.

Pronostic. — Le pronostic ne comporte une certaine gravité que par le siège et la durée de la maladie.

Diagnostic. — L'acné rosacée se différencie de Veczé?na, par l'absence de démangeaisons, de desquamation, et de toute sécrétion séro-purulente antérieure ;

Du lupus érythémateuXjT^diV ses dilatations veineuses ; de plus, la rougeur du lupus érythémateux est plus vive, ses

ACNÉ ROSACÉE.

bords sont plus nets, il est couvert de squames minces, jaunes, adhérentes; enfin il se termine par une cicatrice spéciale.

\J engelure du nez se reconnaît grâce à la douleur qu'elle provoque et à ses commémoratifs.

Pour L. Brocq, l'Akéralose pilaire faciale diffère de l'acné rosacée par son siège (cette affection étant localisée aux régions malaires et préauriculaires) et par le fin granité qui parsème les plaques érythémateuses et télangiectasiques.

Les adénomes sébacés congénitaux ont un siège spécial, un début dans le jeune âge, une évolution autre.

Les tubercules du lupus vulgaire sont mollasses, d'une coloration jaune. .. et s'ulcèrent.

Enfin, certaines sijphilidcs acnéiformes, surtout si elles se développaient sur un terrain couperosique, pourraient être confondues avec l'acné rosacée, mais ce sont des lésions à marche plus rapide et, d'ailleurs, le traitement spécifique sera la pierre de touche du diagnostic.

Étiologie. — L'acné rosacée est commune aux deux sexes, n'apparaît qu'après la puberté, mais est plus fréquente chez la femme ; elle atteint un développement plus considérable chez l'homme.

Comme causes prédisposantes, on doit citer : l'hérédité, l'influence des tempéraments sanguin et nerveux (Hakdy), l'arthritisme (Bazin), les climats froids et humides, les troubles menstruels, la ménopause (Hebra).

Comme causes accidentelles, on a incriminé le mauvais fonctionnement du tube digestif (dyspepsie, constipation, etc.), les affections du foie, de l'utérus, invoquées par les uns (BiETT et Cazenave), niées par d'autres (Hardy).

Il faut encore noter, comme causes occasionnelles, les

ACNÉ ROSACÉE.

excès de table, l'abus des alcools, du vin {;nez alcoolique et nez vineux, Hebra), les lésions chroniques des fosses nasales, la kératose pilaire (L. Brocq), et enfin le travail de cabinet, l'action du froid, de la chaleur, du vent violent, l'hydrothérapie (Kaposi), toutes causes qui augmentent la congestion céplialique.

Anatomie pathologique. — Outre les lésions de l'acné inflammatoire proprement dite, la couperose consiste en une congestion des vaisseaux profonds de la peau (réseau cutané profond) ; en une dilatation de ces vaisseaux et des réseaux sanguins périfolliculaires, dont les parois sont souvent amincies, et en une formation de vaisseaux nouveaux (H. Leloir et E. Vidal).

Traitement. — Dans un certain nombre de cas, le traitement est le môme que celui de l'acné inflammatoire, surtout au point de vue général.

Au point de vue local, les mercuriaux semblent plus particulièrement indiqués ; on peut se servir soit d'emplâtre de Vigo que le malade gardera pendant toute la nuit, soit de la pommade au protoiodure de mercure, conseillée par Hardy :

Proto-iodure de mercure . . 0,10; 0,15; 0,23 centigr. Onguent rosat 13 grammes.

Contre l'élément vasculaire, le traitement véritablement utile consiste uniquement dans les scarifications linéaires quadrillées.

Unna donne à l'intérieur chaque jour 50 centigrammes d'ichthyol et fait faire des lotions d'ichthyol dissous dans l'eau, et en outre des savonnages répétés avec le savon d'ichthyol.

ACNÉ HYPERTROPHIQUE.

Pendant la nuit, il ordonne d'appliquer une couche de :

Soufre 2 grammes.

Poudre de riz 3 —

Pommade d'oxyde de ziuc 20 —

ACiNÉ HYPERTROPHIQUE

Synonymie. — Rhinophyma(H. von Hebra). — Pfundnase {Nez d'une livre). — Ae: en betterave ou en pomme de terre.

Pour beaucoup d'auteurs, l'acné hypertrophique est la dernière phase de la couperose ou de l'acné indurée, c'est une hypertrophie des éléments constitutifs de la peau, une sorte de pachydermie (L. Brocq).

Symptomatologie. — L'organe atteint est plus ou moins augmenté de volume; le nez peut doubler d'épaisseur, acquérir la dimension du poing et même un volume plus considérable ; il s'hypertrophie en masse ou présente une série de nodosités distinctes et de volume variable, pédiculées ou non, disséminées ou agminées; ces tubérosités sont molles, rouges ou violacées, sillonnées et entourées de dilatations veineuses, pointillées par les orilices béants formant entonnoir des glandes sébacées, d'oij un aspect assez spécial, comparé communément à celui d'une peau d'orange; le nez est huileux, grâce au flux sébacé qui s'écoule incessamment.

Si le malade éprouve parfois une sensation de chaleur et de cuisson, il ne se plaint cependant jamais de douleurs ni de démangeaisons.

Siège. — Comme le nom de l'affection l'indique, c'est le nez qui est le plus souvent atteint; néanmoins, d'autres ré-

cHATELAiN. — 2" Éurr. 3

ACNÉ ATROPHIQUE.

gions, les joues, le front, où les nodosités peuvent simuler les tubercules de la lèpre [acné léontiasique), les cuisses (Hardy), peuvent participer au processus pathologique; mais les lésions y sont, en général, moins accentuées.

Diagnostic. — Le diagnostic s'impose dans tous les cas.

Pronostic. — Quant au pronostic, il]dépend de l'intensité de la lésion.

Anatomie pathologique. — L'affection consiste en une dilatation des glandes sébacées [variété glandulaire de H. Leloir et E. Vidal), et en lésions d'œdème chronique {variété éléphantiasique des mômes auteurs).

Traitement. — Le traitement de l'acné hypertrophique proprement dite est presque exclusivement chirurgical : il consiste en cautérisations avec le thermo ou le galvanocautère, en scarifications et, en dernier lieu, dans l'ablation des tumeurs au bistouri.

ACNÉ ATROPHIQUE

Synonymie. — Acné ulcéreuse. — Impétigo rodens de Deveuoie. — Acné pilaire de Bazin. — Acné impétiginiforme. — Acné frontale ou varioliforme de Hebra et Kaposi. — Acné frontale ou nécrotique de Cœsar Bœck. — ■ Lupoid aCQO de Bulkley. — Acné rodens de H. Leloir et E. Vidal. — Acné à cicatrices déprimées ou acné arthritique d'E. Bes- NiER et A. DoYON. — Uléry thème acnéiforme de Unna (1).

Définition. — Cette acné est caractérisée par ses localisations aux régions pilaires et sa terminaison toujours cicatricielle.

(1) E. Besnier et A. Doyon rapprochent de l'acné alrophique Vulénjthème

ACNÉ ATROPHIQUE.

Symptomatologie. — L'affection débute par une petite papule indolente, rosée lorsqu'elle se forme et qu'elle est grosse comme un grain de millet, violacée lorsqu'elle atteint la dimension d'un pois ou d'un élément acnéique vulgaire. Cette papule qui entoure l'orifice du follicule pilo-sébacé se centre d'une pustulette traversée ou non par le poil et se transformant rapidement en une croùtelle d'un jaune brunâtre impétiginiforme un peu enchâssée dans la peau et très adhérente ; au-dessous, siège une ulcé ration plus ou moins profonde qui devient visible après la chute de la croûte. A cette ulcération succède une cicatrice arrondie, profonde, déprimée, d'une couleur rouge sombre ou brunâtre qui blanchit peu à peu et devient semblable à une cicatrice variolique.

Les éléments éruptifs, parfois diffus, peuvent se grouper en nombre variable suivant divers modes, parmi lesquels la forme circinée est des plus fréquentes, d'où la confusion faite assez souvent entre l'acné atrophique et les syphilidea tiiberculo-pustideuses du cuir chevelu et de la face.

Siège. — L'affection possède des localisations bien spéciales : elle siège au voisinage ou au centre des régions pilaires : au front, aux tempes, à la nuque, dans la barbe, le long des branches montantes du maxillaire inférieur,

acnéiforme de Unna « qui s'en distinguerait cependant d'après l'auteur : a par le manque total de nécrose centrale ;

h par le manque total de toute suppuration et de toute ulcération; c par l'existence de comédons ;

d par la forme de l'atrophie cicatricielle, laquelle présente le relief mais ne rappelle jamais les cicatrices de la variole.

L'affection est absolument locale, limitée au pourtour d'un certain nombre de follicules pileux, et probablement de nature parasitaire.

Après s'être présentée sous l'aspect d'un érythème inflammatoire pei'manent avec kyperkératinisation et comédons, elle aboutit à la rétraction élastique du derme raréfié et à l'atrophie cicatricielle.

Le lieu d'élection serait le centre des joues, les oreilles. »

ACNÉ ATROPHIQUE.

sur les crânes alopéciques, sur les ailes du nez et dans le sillon naso-génien et enfin sur les parties antérieure et postérieure du thorax.

Pronostic. — C'est une affection très tenace et très rebelle dont le pronostic est assombri surtout par son caractère de récidivité et sa terminaison cicatricielle.

Elle coïncide souvent avec des troubles des systèmes digestif ou hépatique.

Diagnostic. — L'acné atrophique est fréquemment confondue avec les lésions de la syphilis; elle s'en distingue par ses localisations bien nettes comparées à la généralisation plus grande de la syphilis qui s'accompagne souvent, en outre, d'autres signes spécifiques, et par sa marche, au cours de laquelle on observe fréquemment la récidive d'éléments éruptifs semblables aux éléments disparus ou en voie de disparition.

Étiologie. — Depuis Bazin on s'accorde généralement à admettre l'influence sur la production de l'acné atrophique d'une prédisposition individuelle spéciale (arthritisme) aidée dans sa manifestation par un élément parasitaire quelconque.

Cette maladie peut exister chez les sujets de tout âge, mais on l'observe surtout entre trente et quarante ans ; elle semble plus fréquente chez les hommes que chez les femmes!

Anatomie pathologique. — D'aprèsH. LELomctE. Vidal, l'acné atrophique serait produite par une « péri-folliculite pilo-sébacéenécrobiotique profonde, avec destruction complète du follicule pilo-sébacé et processus de vésico-pustulation accentué dans l'épiderme sus-jacent au follicule ».

ACNÉ CHÉLOIDIENNE.

C'est une nécrose d'une portion du derme consécutive à un processus inflammatoire atteignant le follicule pileux et le tissu périfolliculaire.

Traitement. — Le traitement par les alcalins et les eaux minérales comme Yichy, Royat, Plombières, Evian est indiqué contre les rechutes.

On conseille aussi l'iodure de potassium, l'huile de foie de morue.

Localement, il faut user des lotions et poudres antiseptiques et, dans certains cas, de la cautérisation par les caustiques, comme le nitrate acide de mercure, ou par l'électro-cautère.

ACNÉ CHÉLOIDIENNE (Lailler) ou CHÉLOIDIQUE (Bazin)

Synonymie. — Chélo'ide acncique de la nuque et Sycosis papillomateux et chcloïdicn (E. Besnier et A. Doyon).

Définition. — C'est une affection que L. Brocq croit être celle que Kaposi, James Nevins Hyde, Jackson décrivent sous le nom de dermatitls papillaris capillitii; c'est une acné caractérisée par ce fait que son processus terminal consiste en une induration plus ou moins volumineuse, rappelant l'aspect des chéloïdes (voir ce mot).

Symptomatologie. — Outre les pustules acnéiques, on constate une infiltration profonde du derme ; les follicules pileux sont malades, souvent détruits; ceux qui persistent produisent des poils gros, mal plantés, émer-

ACNÉ CHÉLOIDIENNE.

g-eant en bouquet du milieu ou des bords de l'induration chéloïdienne.

Les lésions, hémisphériques ou ovalaires, parfois disposées en bandes indurées plus ou moins volumineuses, plus ou moins rouges, au moins au début, entourées d'un tissu résistant, sont souvent groupées [tumeurs chéloïdiennes) ; elles sont le siège de télangiectasies visibles surtout ù la périphérie et, lorsqu'elles sont très volumineuses, peuvent être le point de départ de douleurs névralgiques dues, d'après E. Vidal, à la compression des filets nerveux par le tissu sclérosé.

Siège. — L'acné chéloïdienne a pour siège de prédilection la région de la nuque, oli elle forme, à la racine des cheveux, une série de nodosités disposées transversalement sur la région soumise incessamment au frottement du col des vêtements ; on la rencontre aussi sous le menton et dans la région sus-hyoïdienne.

Étiologie. — On ignore les causes de l'acné chéloïdienne ; elle semble ne se produire que chez des sujets prédisposés.

Anatomie pathologique. — H. Leloir a démontré histologiquement que « l'acné chéloïdienne n'est autre chose qu'une périfolliculite pilaire dans laquelle le tissu embryonnaire qui entoure les follicules, au lieu d'aboutir à la suppuration, comme dans les folliculites suppurées ordinaires, tend à la formation d'un tissu scléreux. C'est une périfolliculite pilo-sébacée chronique à tendance scléreuse. »

Traitement. — Le traitement de l'acné chéloïdienne

ACNÉ- PONCTUÉE.

est difficile. En dehors des médications ordinairement employées contre l'acné, on a conseillé la compression permanente, les emplâtres. E. Besnier et A. Doyon indiquent surtout les emplâtres résorcinés de 10 à 20 p. 100. L. Brocq s'est bien trouvé de l'alcool absolu sursaturé d'acide borique en lavages et en applications soit pur, soit coupé d'eau. E. Vidal insiste sur les scarifications linéaires profondes. On a aussi employé la rugination et les caustiques comme les flèches de Canquoin, moyens délicats et {l'un maniement difficile.

ACNÉ PONCTUÉE (Voir la planche II)

Synonymie. — Comédons. — Crinons. — Acné punctata. — Varus comedo (Alibert).

Définition. — On désigne sous ce nom une affection siégeant le plus ordinairement à la face et caractérisée par un semis de points noirs, parties visibles de la matière sébacée accumulée dans les glandes et leurs conduits excréteurs.

Symptomatologie. — Ces points [acné ponctuée) jaunâtres ou noirâtres, dont la coloration est due à l'action des poussières extérieures, ou, suivant Unna, à de la matière pigmentaire, rappellent l'aspect de grains de poudre enchâssés dans la peau, dépassant un peu ou non le niveau du tégument; ils sont entourés d'une collerette épidermique, et, lorsqu'on exerce avec les ongles ou une clé de montre une pression à leur circonférence, on fait sortir de l'orifice glandulaire un filament d'un blanc gri-

ACNÉ PONCTUÉE.

sâtre OU brunâtre semblable à un petit ver blanc à tête noire {vei-de peau du vulgaire).

On désigne sous le nom de double comédon une variété décrite par Ohmann Dumesnil, dans laquelle le comédon possède plusieurs orifices cutanés.

L'acné ponctuée est discrète ou confluente [verrues sébacées de Hebra, disque de comédons de Ribbentrop) et coïncide souvent avec les autres lésions acnéiques.

Siège. — Elle existe surtout sur le visage aux ailes du nez, au front, aux tempes, au menton, quelquefois sur l'oreille (Hardy) ; on la trouve aussi sur les faces antérieure et postérieure du thorax et même sur la verge (Hardy).

Marche et Pronostic. — D'une durée indéfinie, celte affection n'a d'autre inconvénient que la laideur qu'elle entraîne.

Diagnostic. — Le diagnostic n'offre aucune difficulté, grâce à l'existence du point noir caractéristique et à l'expulsion de la matière sébacée toujours facile à provoquer mécaniquement.

Étiologie. — L'étiologie de l'acné ponctuée est obscure; on ne connaît, dit Hardy, ni ses causes prédisposantes, ni ses cavises occasionnelles ; Bazin la rattache à la scrofule; ce qui est cerlain, c'est qu'elle est surtout fréquente chez les jeunes gens. Les troubles digestifs, la chlorose y prédisposent (L.-A. Duhring).

Anatomie pathologique. — Résultat de l'accumulation dans la glande et surtout dans son conduit excréteur de

ACNE PONCTUEE.

la matière sébacée, l'acné comédon est souvent accompagnée du Demodex follicidonnn ou acarus f olliculorum découvert par Simon [Simonea f olliculorum) et Henle en 1 841 et 1842, bien décrit par Moquin-Tandon et Lakquetin, que l'on trouve aussi (Balzer) même dans les glandes sébacées saines, mais non dans les comédons anciens.

Ce Demodex manque dans une variété spéciale de comédons [comédons de rcufance) décrite par les auteurs anglais ColcottFox, StephenMackensie, Radcliffe Cuocker, variété disposée en groupes confluents, probablement contagieuse et se développant chez les enfants au-dessous de quinze ans.

Traitement. — Le traitement de l'acnée ponctuée consiste d'abord dans l'avulsion mécanique du comédon qui s'opère facilement, soil au moyen d'instruments spéciaux comme le Comedonenquetscher des Allemands, soit plus simplement à l'aide d'une clé de montre, appliquée brusquement et avec force sur le tégument au niveau du point noir, de façon à ce que celui-ci corresponde à l'ouverture du tube, ou encore en exerçant avec les ongles une pression latérale sur le comédon. Ceci fait, on doit procéder à un lavage alcoolique destiné à dissoudre les substances grasses. Hardy recommande les lotions alcalines :

Borate de soucie 10 à 15 grammes.

Eau 300 —

et des lotions astringentes avec des solutions d'alun ou de sulfate de fer. Les lotions sulfureuses sont préférables aux pommades; enfin, on obtient de bons résultats des eaux minérales chaudes sulfureuses ou alcalines, prescrites sous forme de douches et de bains.

ACNÉ CORNÉE.

UniNA fait faire matin et soir une onction avec :

Kaolin 4 grammes

Glycérine 3 —

Acide acétique. . . 2 —

(Fermer les yeux pendant Tapplication.)

Il prescrit encore :

Lanoline

Onguent simple

Chlorure de calcium liquide..

Eau oxygénée

Soufre précipité 4 —

OU, pour obtenir très rapidement la décoloration des comédons :

Eau oxygénée de 20 à 40 grammes.

Vaseline 20 —

Lanoline 10 —

aa 10 grammes.

ACNÉ CORNÉE

Synonymie. — Acné keratosa. — Acné sébacée cornée de Hardy. — Angio-folliculite kératosique simple d'E. Besnier et A. Doyon.

Définition. — L'acné cornée est constituée par la concrétion de la matière sébacée dans l'intérieur du canal de la glande et à son orifice, de façon à former une sorte de saillie jaune ou brune, acuminée, dure, véritable cône corné, dépassant parfois de quelques millimètres le niveau du tégument et adhérant aux follicules par un prolongement.

Symptomatologie. — L'affection est sou vent confluente; elle se présente alors sous forme de plaques de quelques centimètres de diamètre, offrant une sensation spéciale.

ACNÉ CORNÉE.

râpeuse, quand on passe la main sur la peau du malade.

En exerçant une pression à la base de la saillie cornée, on peut expulser le cône dur et l'orifice du follicule reste entr'ouvert.

Siège. — On rencontre cette affection surtout au cou, puis à la face (angle de l'œil), sur le dos, à la ceinture, enfin sur les membres (coudes et genoux).

Diagnostic — Le diagnostic de l'acné cornée doit se faire avec les éruptions àQ.\di,psorospermosefolliculairevégéta7ite qui constituerait, d'après Darier, l'acné cornée, mais qui en diffère par lasymptomatologie et l'examen histologique.

Dans le pityriasis pilaire et le lichen scrofulosorum , les papules sont rouges et la saillie est squameuse, non croûteuse.

Les saillies de l'acné cornée peuvent aussi ressembler aux saillies papuleuses de Vichthyose, mais celle-ci est congénitale.

Anatomie pathologique. — Pour H. Leloir et E. Vidal, c'est une folliculite pilaire avec épaississement considérable de l'épiderme corné du follicule et du canal.

Traitement. — Les pommades mercurielles, soufrées, à l'acide salicylique :

Acide salicylique Vaseline

1 gramme.

A l'acide tartrique :

Acide tartrique Vaseline. . . .

1 gramme.

ou mieux :

Acide tartrique

1 gramme.

Glycérine,

ACNÉ MILIAIRE.

Les emplâtres mercuriels et à l'huile de foie de morue donnent de bons résultats.

ACNÉ MILIAIRE (Hardy)

Synonymie. — Milium. — Grutum. ■ — Tubercule miliaire. — Tubercule sébacé. — Tubercule perlé. — Acné albida. — Varus miliaire (Aubert). — État granité de la peau (Hautgries).

Définition. — L'acné miliaire est un véritable kyste sébacé.

Symptomatologie. — Elle est formée par de toutes petites tumeurs, discrètes ou plus rarement conlluentes, ne dépassant pas généralement le volume d'un grain de millet, atteignant rarement le volume d'un pois [acné pisiforme du scrotum^ Haudy), arrondies, opalines, d'un blanc jaune ou laiteux, brillantes, ordinairement superficielles, sousépidermiques. Elles sont parfois très dures lorsque la matière sébacée qu'elles renferment est, comme dans le cas de FoRSTER, de Boston, calcifiée, constituant alors de véritables calculs [calculs cutanés ^ pierres de la peau).

Siège. — On les rencontre à la face, aux paupières, surtout à l'inférieure, aux tempes, au front, aux joues, aux organes génitaux de l'homme ou de la femme, isolées ou groupées.

Marche. — Elles s'accroissent parfois d'une façon très lente, mais sont toujours indolores.

Pronostic. — Le pronostic n'a aucune importance.

AGRODYNIE.

Diagnostic. — Le diagnostic est toujours facile. Au cas oii, sur le visage, on penserait aux siidamina, on verrait, en incisant la saillie, que, dans le milium, elle contient de la matière sébacée; et du liquide (sueur), dans les sudamina.

Étiologie. — L'acné miliaire existe parfois isolément, mais elle coïncide assez souvent avec d'autres variétés d'acné. L. Brocq l'a observée fréquemment à la suite de scarifications, chez les lupiques.

Anatomie pathologique. — L'acné miliaire est constituée par une fine couche de tissu fibreux renfermant des cellules épidermiques et des matières grasses et sébacées.

Traitement. — Kaposi a obtenu l'exfoliation des corpuscules de milium par des applications réitérées de savoi;i noir; le mieux est d'énucléer chaque élément après avoir ouvert sa loge avec la pointe d'un bistouri fin ou d'un scarificateur; on peut ensuite cautériser la poche avec une solution d'acide chromique ou la teinture d'iode.

ACRODYNIE

Synonymie. — Érythèmc endémique.

Symptomatologie. — Les manifestations cutanées de l'acrodynie, maladie épidémique observée principalement à Paris en 1828, ayant une certaine analogie avec la pel-

ADÉNOMES SÉBACÉS.

lacjre et déterminée par l'usage de la farine de froment altérée, se résumaient en érythèmes à types variables (simple, polymorphe, huileux, etc.), siégeantaux membres, plus particulièrement aux membres inférieurs et surtout aux faces palmaires et plantaires, et en une coloration brunâtre de l'épiderme. Les symptômes généraux constatés consistaient en troubles digestifs, convulsions, douleurs dans les membres.

Pronostic. — L'affection était souvent mortelle.

Traitement. — Gomme traitement on employait principalement la révulsion sur le rachis.

ACTI NOM YCOSE (maladie de Rivolta)

C'est une affection qui détermine, dans les tissus profonds et sur la peau, des tumeurs de forme et de consistance variables et qui est causée par un champignon appelé actinomyces (Hartz).

ADÉNOMES SÉBACÉS (P. Balzer et P. Ménétrier)

Définition. — « Cette dénomination, disent E. Besniek et A. DoYON, sert provisoirement à désigner pourl'étude actuelle diverses tumeurs, malignes ou bénignes, simples ou

AIiNHUM.

ulcéreuses, qui sont ou ont été considérées comme ayant pour siège anatomique un des éléments du système sébacé. »

Variétés. — Ils en distinguent deux groupes :

1" Les ADÉNOMES SÉBACÉS ULCÉREUX CANCROÏDAUX [cLCné Caïl-

croïdale, acné sébacée partielle^ acné sénile) (voir l'article séborrhée) ;

2° Les ADÉNOMES SÉBACÉS BÉNINS.

Ceux-ci, confondus avec les nxvi vascidaires verruqueux de Darier {adénomes sébacés cojtgénitaux de J.-J. Pringle), sont « des épithéliadénomes lobules sébacés bénins ».

Symptomatologie . — Ce sont de petites saillies, parfois discrètes, plus souvent confluentes, ne dépassant guère le volume d'un pois, peu colorées en général, mais toujours plus ou moins vasculaires.

Siège. — Elles siègent à la face, principalement sur les parties latérales du nez et dans le sillon naso-génicn.

Traitement. — Le traitement doit consister dans Féradication des petites tumeurs au moyen de la curette, de l'électro-cautère, du thermo-cautère, puis en pansements antiseptiques.

AINH U M

Définition. — Symptomatologie. — L'aïnhum est une maladie spéciale, exotique, des orteils, exclusivement ob-

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