PEAU LUMINEUSE
Synonymie. — Sueur phosphorescente.
Ce phénomène a été observé à la période consomptive do la phthisie et de maladies chroniques; après un violent
PELADE
exercice (Koster) ; dans la miliaire (L.-A. DuHRI^•G) ; chez un médecin qui avait mangé d'un poisson phosphorescent (Panceri, de Florence).
On pourrait rapprocher de ce phénomène l'état diamanté de la peau, chez les sujets qui ont absorbé du salophen à la dose de 2 à 8 grammes, dans lequel, le tégument, après évaporation de la sueur provoquée par l'administration du médicament, se recouvre de milliers de petits cristaux scintillant comme le diamant (Drasche).
PELADE (Bazin) (Voir la planche XXXIV.)
Synonymie. — Area Celsi. — Area Joii. Jonstoni. — Alopécie en aires. — Alopecia areata de Sauvages. — Porrigo dccalvans de Willan et Bateman. — Tinea decoloi-ans. — Vitiligo de Cazenave. — Alopécie aréatée de Hebra. — Teigne aréatéc d'AxoERSON.
Définition. — Le nom de pelade désigne aujourd'hui une affection du système pileux, plus fréquente au cuir chevelu et à la barbe, caractérisée par une chute des cheveux ou des poils, localisée ou généralisée.
Dans sa forme la plus ordinaire, la pelade se présente sous l'aspect de plaques dénudées, lisses, circonscrites, à contours arrondis, plus ou moins larges, et plus ou moins nombreuses.
Symptomatologie. — La maladie commence souvent par des démangeaisons légères que nous avons vues parfois persister très intenses pendant toute la durée de l'af-
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fection ; les cheveux perdent leurs caractères normaux pour devenir secs, ternes, poudreux, amincis et faciles à arracher; bientôt, ils tombent pour ainsi dire spontanément ; d'autres fois, ils peuvent se casser à quelque distance du cuir chevelu. Outre ces caractères, on constate aussi que les cheveux peladiques sont atrophiés et décolorés, présentant alternativement des dépressions et des renflements ; leur racine est mince et pointue ou ti'onquée et recourbée en forme de crosse. A l'examen microscopique, on voit que la moelle a disparu, remplacée par des bulles d'air.
La chute des cheveux ou des poils, premier symptôme constaté généralement par le malade, peut être rapide ou lente; tantôt il n'existe qu'une seule plaque dénudée, tantôt il y en a plusieurs ; les dimensions de ces plaques d'alopécie sont variables, comme leur nombre : elles peuvent être grandes comme une lentille, comme une pièce de cinquante centimes, de deux francs, etc., ou atteindre dix centimètres et môme plus de diamètre ; souvent, elles se réunissent et forment des îlots d'alopécie plus ou moins grands, dont les bords, plus ou moins circulaires, rappellent toujours l'existence des plaques primitives arrondies (voir la planche XXXI V), sauf quand, généralisée à tout le cuir chevelu, la pelade dénude complètement ou à peu près toute la tête.
Ces plaques dénudées sont absolument lisses ou recouvertes d'un duvet très léger, décolorées, d'un blanc de lait, comme empâtées et quelquefois affaissées, constituant ce que Bazin appelait la pelade achromateiise pour la différencier de ce qu'il nommait la pelade décalvante, dans laquelle la peau conserve sa couleur normale et dont la marche est beaucoup plus rapide.
D'autres fois, il existe sur la plaque quelques cheveux
Pl. XXXIV. - Pelade
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clairsemés, cassants ou présentant les signes indiqués plus haut [pseudo-pelades de Bazin, pelades pseudo-tondantes de L ailler, /je/at/e? à cheveux fragiles d'E. Besniek), formes dans lesquelles Vaillard et Vincent ont trouvé des diplocoques [folliculites microbiennes tonsurantes du cuir chevelu de H. Nimier).
Dans tous les cas, les cheveux qui entourent les plaques malades sont altérés à un degré plus ou moins élevé.
En dehors de ces symptômes facilement reconnaissables, on a signalé, quand la pelade était généralisée à tout le système pileux, de l'amaigrissement, de la dyspepsie, de l'anémie (Hardy).
Marche. — L'affection débute, le plus souvent, par une plaque unique qui s'agrandit rapidement, suivie ou accompagnée de plusieurs autres. Arrivée à sa période d'état, la maladie peut rester stationnaire plus ou moins longtemps ou envahir peu à peu le système pileux et déterminer une alopécie locale ou générale plus ou moins complète. D'ordinaire cependant, dans les cas traités méthodiquement, on voit au bout d'un temps variable (de quelques semaines à plusieurs mois) le léger duvet cotonneux qui existait sur les plaques être remplacé par des cheveux d'abord minces, clairs, parfois même blancs et pouvant quelquefois ne reprendre jamais complètement leur couleur primitive, mais le plus souvent recouvrant peu à peu leur force et leur coloration normales.
Siège. — C'est au cuir chevelu et à la barbe que l'on observe le plus fréquemment la pelade; cependant, comme nous l'avons déjà dit, toutes les régions velues peuvent être envahies.
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Pronostic. — Le pronostic de la pelade n'est en général pas mauvais, puisque cette affection n'entache ordinairement en rien la santé générale et que souvent la guérison est aussi complète que possible ; mais il faut savoir que la pelade peut durer longtemps, récidiver, et se terminer parfois par une alopécie définitive plus ou moins complète.
Diagnostic. — Le diagnostic est facile presque toujours.
La calvitie de la séborrhée a des signes spéciaux et le cuir chevelu séborrhéique n'a pas l'aspect qu'il a dans la pelade.
Les pelades pseudo-tondantes se distinguent de la trichophytie du cuir chevelu grâce aux caractères des poils qui s'arrachent facilement sans se casser ou, quand ils se cassent, ne s'écrasent pas dans les mors de la pince à épiler.
\Jalopécie post-favique, outre son aspect cicatriciel, diffère de l'alopécie peladique soit par son irrégularité, soit lorsqu'elle est généralisée à toute la tête, par la couronne de cheveux qu'elle respecte presque toujours.
Le lupus érythérnateux, en dehors des cicatrices qu'il présente souvent au centre de la lésion, n'est pas entouré de cheveux à l'aspect peladique.
La syphilis dénude en clairières.
Enfin, les alopécies peladiformes [cilopécies innominées, alopécies pseudo-cicatricielles atrophiques, irritatives, folliculiles décalvantes, etc.) se distinguent de la pelade vraie par une étude clinique et microscopique suivie.
Étiologie. — Les observateurs sont divisés en deux camps d'un avis opposé sur la nature de l'affection ; les uns admettant, les autres repoussant la nature parasitaire
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de la pelade. Pour ces derniers, il s'agirait d'une trophonévrose [peladoïdes trophoneuro tiques de H. Leloir).
Dans bien des cas, toutefois, la contagion et, par conséquent, l'origine probablement parasitaire de la maladie, n'est absolument pas douteuse ; un très grand nombre d'auteurs autorisés et nous-même en ayant publié des exemples typiques.
Anatomie pathologique. — Cette maladie est caractérisée anatomo-pathologiquement par une lésion des follicules pileux et une atrophie consécutive du derme qui explique la sensation de conslriction ressentie par quelques malades sur le sommet de la tête (J.-B. Hillairet et E. Gaucher). '
Sébastien Giovannini, de Turin, a constaté comme première et plus importante altération, une infiltration périvasculaire de leucocytes, atteignant de préférence la partie inférieure des follicules pileux.
Traitement. — La nature contagieuse de la pelade réclame un traitement prophylactique sévère : isolement des sujets atteints ou tout au moins occlusion parfaite des plaques malades, soins de propreté et antiseptiques observés avec rigueur.
Gomme traitement général, tous les dermatologistes s'accordent à conseiller une hygiène parfaite] du corps et de l'esprit, un traitement approprié à la constitution du sujet atteint, etc.
Au point de vue local, tous les traitements indiqués, et ils sont nombreux, ont pour but une excitation, une irritation directe de la région malade, après l'avoir isolée, pour ainsi dire, comme le veut E. Besnier, par une zone épilée. Cette irritation, qui ne doit pas être poussée trop
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loin, dans la crainte de développer une dermite suivie de folliculites qui déterminent une alopécie définitive, peut être obtenue par la friction quotidienne avec une boulette de coton imprégnée de quelques gouttes du Uniment suivant :
Hydrate de cliloral. o grammes.
Éther officinal 2o — •
Acide acétique cristallisant, de l a 3 —
(E. Besnier.)
la vésication à l'aide du vésicatoire liquide de Bidet(E . Vidal) ; les frictions bi-quotidiennes avec :
Alcool à 90° 100 grammes.
Sulfate de quinine 1 — •
Essence de bergamote 10 —
Essence de Wintergreen 2 —
la friction matin et soir avec :
Camphre 1 gramme .
Turbith minéral 2 —
Axonge 30
(Hardy.
le badigeonnage hebdomadaire avec l'iodo-phéno-chloral (mélange de G. Cutler) :
Acide phénique \
Chloral | aa parties égales.
Teint, d'iode )
(L. Brocq.)
le badigeonnage quotidien avec un pinceau de coton trempé dans :
Essence de cannelle de Chine. . . 10 grammes. Éther sulfurique 30 —
(BUSQQET.)
médication trop irritante à notre avis pour être employée d'une façon courante ;
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les lotions avec la liqueur de Fowler préconisées récemment par GiPOULOu, do Libos.
Tous ces traitements, appliqués directement sur les plaques par les malades eux-mêmes, doivent être accompagnés de lotions savonneuses et antiseptiques quotidiennes du cuir chevelu et de lotions générales légèrement excitantes ou antiseptiques comme les suivantes :
AlcoolaL de lavande 12o g^rammes.
Salol ou acide salicylique. de o à 0s^,'60 centigr.
(E. Besnier.)
Lassar prescrit un savonnage quotidien de toute la tête, une lotion avec :
Eau distillée 150 grammes.
Sublimé Os'",oO centigr.
Glycérine.. . . : )
„ j „ , > aa oO grammes.
Eau de Cologne ) °
une seconde lotion avec :
Alcool 100 grammes.
NaphLol Os^SO centigr.
enfin, une friction avec :
Huile de pied de bœuf 100 grammes.
Teinture de benjoin 3 —
Acide salicylique 2 —
Deux autres traitements ont été préconisés dans ces derniers temps; ils ont tous deux trouvé leurs partisans et leurs détracteurs, mais possèdent sur tous les autres l'avantage de pouvoir sans grande perte de temps être appliqués facilement par le médecin lui-même dans les polycliniques.
Le premier, traitement Moty, consiste dans l'injection sous-cutanée au niveau des plaques de une, deux, trois, etc. gouttes suivant l'étendue de la lésion, d'une solution de